CPS Solstice origine noel en trois parties
Voici un résumé détaillé de la source intitulée "[1/3] Noël, le Solstice et la Raison Raisonnante : Retour aux Origines de Noël | CPS Solstice [1/3]" [Nouveau YouTube Source].
La vidéo est une conférence de SEPA sourcé qui revient sur les origines de Noël, un sujet déjà abordé mais avec des éléments exclus de précédentes vidéos, notamment celle de 2016. L'objectif est de revenir aux origines de Noël et d'examiner la question des origines païennes souvent évoquée, comme l'idée que le christianisme aurait "tout piqué aux païens". Un exemple contemporain de cette idée est donné avec un sketch sur les réseaux sociaux où Jésus vole le solstice d'hiver, avant de se le faire voler par le Père Noël.
La vidéo souligne que même la page Wikipédia sur Noël, dès sa création en 2003, mentionnait que la fête du 25 décembre proviendrait d'une fête païenne, la naissance du soleil invaincu (Sol Invictus). Cette affirmation précède même toute explication sur les traditions de Noël. Cette idée de Jésus copiant des dieux païens a été popularisée par des films comme Zeitgeist, qui affirment que des figures comme Horus, ATIS, Mitra, Krishna et Dionysos partageaient des traits communs avec Jésus, comme une naissance d'une vierge le 25 décembre. Cependant, l'existence de ces similarités, notamment la date de naissance du 25 décembre pour tous sauf Krishna, n'est pas prouvée.
La source se penche ensuite sur la fête du Sol Invictus, dont la première mention se trouve dans le chronographe de 354 (calendrier philocalien). Ce manuscrit, commandé par un aristocrate chrétien de Rome et écrit par le scribe Philocalus, contient un calendrier des fêtes romaines où le 25 décembre est indiqué comme "n invicti cm" suivi de "circensesmus XXX", signifiant "natalis invicti" (naissance de l'Invaincu) avec 30 courses de chars. Natalis désigne l'anniversaire ou la fête annuelle, comme on le voit avec la mention du 30 décembre, "natalis divi Titi" (naissance du divin Titus) avec 24 courses de chars. Bien que certains soient sceptiques, arguant que "invictus" était une épithète portée par d'autres dieux, l'empereur Julien (règne dans les années 360), élevé dans le christianisme mais retourné au paganisme, parle clairement de cette cérémonie. Il décrit comment, après les Saturnales (autour du 17 au 31 décembre), ils solennisent par des jeux magnifiques consacrés au soleil, la fête du soleil invincible (heliou aniketou en grec), ce qui correspond très probablement à la même fête mentionnée dans le chronographe de 354.
Un point crucial est que Noël apparaît dans le même document, le calendrier philocalien, avec une autre entrée au 25 décembre : "natus Christus in Betleem Judee" (naissance du Christ à Bethléem en Judée). Ainsi, la fête du Sol Invictus et Noël sont attestées à la même époque, rendant difficile de prouver que l'une est l'origine de l'autre sans montrer une antériorité. L'entrée du Sol Invictus est même jugée un peu suspecte en raison des 30 courses de chars, un nombre qui ne correspond pas au multiple de 12 habituel dans le calendrier romain, lié à la symbolique solaire et zodiacale des courses de chars.
La source critique ensuite l'idée répandue, popularisée par des figures comme Mircea Eliade et Franz Cumont, selon laquelle le 25 décembre était une date où "tout l'Orient" commémorait la nativité du soleil et où toutes les divinités solaires orientales étaient fêtées. En examinant diverses fêtes solaires dans les cultures en contact avec Rome à cette époque, on constate qu'elles ne se concentraient pas autour du solstice d'hiver. Des fêtes solaires étaient célébrées en août, octobre, mai, ou même en été, ce qui remet en question l'idée d'une célébration universelle du soleil au solstice d'hiver.
La vidéo aborde également l'histoire de la fixation de la date de Noël, soulignant que Noël n'était pas une tradition immémoriale dès le début du christianisme. Clément d'Alexandrie (mort en 215) mentionne que certains ont essayé de trouver la date de naissance de Jésus, proposant des dates au printemps ou en mai, voire le 18 novembre. Hippolyte de Rome mentionne le 25 décembre dans certains manuscrits, mais cette mention pourrait être une interpolation postérieure, et d'autres manuscrits indiquent le 8 avril. De plus, l'établissement de Noël a connu des conflits avec d'autres fêtes comme l'Épiphanie. La vie du Christ a été liée au cycle solaire par des calculs théologiques, comme la création du monde et la conception/mort de Jésus fixées au 25 mars (équinoxe de printemps), menant à sa naissance le 25 décembre. Cependant, la causalité entre le choix du 25 décembre et ces liens théologiques n'est pas univoque.
La question se pose alors de savoir pourquoi païens et chrétiens semblent s'approprier le solstice d'hiver autour des années 350, alors qu'il n'y a pas de traces antérieures d'une importance particulière accordée à cette date. La théorie avancée est que cette appropriation est une conséquence de l'affrontement entre païens et chrétiens. Face aux critiques et aux moqueries, revendiquer une fête à une date objectivement significative comme le solstice permettait de justifier son existence. Des exemples chez les païens, comme les explications allégoriques liées aux fêtes d'ATIS et de Sibelle se référant aux équinoxes, illustrent cette tentative de rationalisation face aux critiques. Ainsi, le fait que Noël soit devenu la date traditionnelle du solstice ne serait pas un hasard, mais pourrait résulter de ce mouvement de balancier entre appropriation et rejet dans le contexte des débats religieux.
La vidéo met en garde contre la tendance à généraliser et à attribuer automatiquement des origines païennes à toutes les fêtes chrétiennes, tout en reconnaissant que des échanges et des reprises de vocabulaire symbolique ou de calendrier ont pu exister.
La deuxième partie de la vidéo explore plus en détail la question des fêtes au solstice et des calendriers antiques. L'idée séduisante selon laquelle le soleil, phénomène céleste le plus visible, aurait naturellement donné lieu à un culte solaire important et à une fête majeure au solstice, point objectivement important du cycle solaire, est remise en question. L'existence de nombreux "festivals du solstice d'hiver" recensés sur Wikipédia ne signifie pas une origine et une signification universelles.
Plusieurs exemples sont examinés :
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Yalda (Iran) : Bien que présentée comme une fête du solstice perse célébrée le 25 décembre, son nom dérive du terme syriaque pour Noël (yalda, signifiant naissance), suggérant une influence chrétienne.
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Païens de Haran (sud de la Turquie) : Bien qu'ils vénéraient le soleil et qu'Ibn Wahshiyya dans son Agriculture nabatéenne leur attribue une fête le 25 de Canoun 1 (correspondant à décembre), il y a plusieurs problèmes. Leur calendrier semble être le calendrier romain, et d'autres sources mentionnent des fêtes à des dates différentes liées à la lune. De plus, il est possible que ces "païens" soient en réalité des néoplatoniciens réfugiés, perpétuant un savoir gréco-romain plutôt qu'une tradition solaire locale. L'Agriculture nabatéenne elle-même est une source problématique, avec une chronologie fantaisiste et des noms de sages cryptés, et son contenu semble dériver de traditions agricoles grecques. L'attribution d'une fête au solstice pourrait être une construction tardive, utilisée par des savants musulmans pour attaquer les chrétiens.
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Al-Biruni et le calendrier des Sabéens : Il mentionne le 17 du premier Canoun (décembre) comme la "grande naissance" (solstice d'hiver), associée à des superstitions et des coutumes qui ressemblent davantage à des traditions du Nouvel An. Noiville suggère que l'intérêt pour le solstice d'hiver était principalement le fait des magiciens et des astrologues, et non une grande fête populaire.
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Bède le Vénérable et les traditions germaniques : Il mentionne que les Anglo-Saxons célébraient le Nouvel An le 25 décembre, appelant cette nuit "Modranicht" (nuit des mères), avec des cérémonies. Cependant, il est possible que ce soit une interprétation folklorique chrétienne de Noël axée sur la maternité, plutôt qu'une fête païenne préchrétienne.
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Yule (traditions germaniques) : Bien que semblant être une fête préchrétienne de milieu d'hiver, sa date exacte et son lien direct avec le solstice sont incertains et ont probablement évolué avec le temps.
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Celtes : Il y a peu d'informations indiquant une préoccupation majeure pour les solstices ou les équinoxes, leurs fêtes principales se situant à mi-chemin entre ces points.
La vidéo avance que un facteur plus important que le solstice lui-même pour les fêtes hivernales est l'année agricole. La fin décembre et le début janvier représentent une période de faible activité agricole, propice aux célébrations, à la convivialité et à la réassurance après les récoltes et en prévision de l'hiver. Les traités d'agriculture romains confirment cette période de repos des travaux agricoles. Cette période de "congé" explique la concentration de fêtes comme les Saturnales, les calendes de janvier, Yule, Noël et l'Épiphanie, sans nécessairement impliquer une reprise directe de fêtes païennes, mais plutôt une réponse à un rythme agricole et climatique constant.
La troisième partie de la vidéo met en garde contre trois idées fausses :
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Les cultes solaires ne sont pas automatiquement les plus importants : Souvent, un dieu solaire existe, mais il est mineur comparé à des dieux ayant une dimension solaire mais d'autres fonctions (ex: Apollon, Mitra). Même en Égypte, où le culte solaire a pris une grande importance, cela a conduit à une dilution des spécificités divines. La question de la nature populaire ou élitiste du culte solaire, notamment sous Julien, est soulevée.
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Le solstice n'est pas un repère si évident ou le plus célébré : Déterminer précisément le solstice n'était pas aisé dans l'Antiquité et nécessitait des connaissances spécialisées en astronomie. Des exemples mésopotamiens montrent des approximations conventionnelles de la durée du jour et de la nuit au solstice. Des astronomes égyptiens connaissaient le solstice, mais leur rôle incluait aussi d'autres compétences. La présence de tels spécialistes et l'intérêt sociétal pour une fête du solstice ne sont pas assurés dans toutes les cultures (ex: Celtes, Germains de l'âge de fer). Des exceptions existent, comme la fête de l'Inti Raymi des Incas, où l'annonce du solstice était faite grâce à des observations astronomiques. L'interprétation de sites comme Stonehenge comme preuve de célébration du solstice est discutable, car des observations du soleil ne nécessitent pas de telles constructions complexes. Des repères temporels plus évidents et pratiques, comme le lever ou le coucher de certaines étoiles (ex: Pléiades), étaient utilisés pour marquer les saisons agricoles. Les calendriers anciens, souvent lunisolaires, pouvaient se décaler du cycle solaire, rendant la fixation de fêtes solaires à des dates fixes problématique.
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Les calendriers antiques ne sont pas toujours bien alignés sur l'année solaire ni très réguliers : La majorité des calendriers étaient lunisolaires, nécessitant l'ajout de mois intercalaires pour se synchroniser avec l'année solaire. Des cycles comme le cycle de Solon, le cycle métonique (et ses améliorations par Callippe et Hipparque) visaient à réguler cela. Cependant, les autorités politiques et religieuses pouvaient manipuler les calendriers (ajout de mois pour des raisons fiscales ou politiques, décalage pour des fêtes religieuses ou des campagnes militaires). Le calendrier romain, initialement géré par les pontifes, était sujet à des manipulations, conduisant à un décalage important avant la réforme de César. L'inertie des calendriers faisait que les fêtes continuaient à être célébrées à leurs dates traditionnelles malgré les décalages. L'uniformisation des calendriers est souvent liée à l'expansion d'empires.
La vidéo se termine en évoquant le mécanisme d'Anticythère comme illustration de la complexité des calendriers et de l'astronomie dans l'Antiquité. Cette machine à engrenages, datant d'environ 70-60 avant notre ère, servait probablement à des observations astronomiques et à la régulation des calendriers. Il comportait des cadrans pour le soleil, la lune, les planètes, les signes du zodiaque, le calendrier égyptien, le cycle des éclipses (saros et exeligmos), le cycle métonique, le cycle callippique et potentiellement un cadran des jeux. La découverte récente de chercheurs spécialisés dans les ondes gravitationnelles suggérant qu'il n'y aurait pas la place pour 365 trous remet en question la base solaire de son fonctionnement. La vulgarisation scientifique tend à sensationnaliser la découverte, occultant le fait que le mécanisme est une source d'information précieuse sur les calendriers grecs. Des tentatives de calibration basées sur des coïncidences astronomiques et des liens religieux avec Isis sont jugées peu convaincantes. La conclusion rappelle que l'attribution automatique de toutes les fêtes du 25 décembre à une origine solaire unique est un problème fondamental qui nécessite une approche plus approfondie. La vidéo annonce une suite pour explorer davantage ce dossier passionnant.
résumé détaillé en rappelant le titre de la source
Voici un résumé détaillé du contenu de la source intitulée "[2/3] La Naissance du Soleil au Solstice ? L'Astrothéologie et l'Égypte | CPS Solstice [2/3]".
La vidéo explore l'hypothèse selon laquelle la fête du solstice pourrait avoir ses origines en Égypte, en lien avec l'astrothéologie, une approche qui interprète les mythes comme des allégories de phénomènes astronomiques tels que les solstices, les éclipses et les constellations. Bien qu'il existe des mythes à caractère astronomique, certaines écoles ont tenté d'analyser tous les mythes sous cet angle.
L'astrothéologie antique considérait que les dieux étaient des allégories du soleil ou de la lune. Des auteurs écrivant sur l'Égypte, tels que le pseudo-Manéthon, Hécatée, Diodore de Sicile, ainsi que des stoïciens mentionnés par Plutarque (bien que réfutant cette idée), Chérémon et Posidonios, ont abordé cette perspective. Un fragment de Porphyre cité par Eusèbe de Césarée rapporte que Chérémon voyait dans les récits d'Osiris et d'Isis, ainsi que dans les fables sacrées, des références aux astres, à leurs levers et couchers, aux phases de la lune, au cours du soleil, aux hémisphères du jour et de la nuit, et au fleuve Nil, ramenant tout à des causes physiques plutôt qu'à des substances incorporelles. Une forme de théologie solaire existait également chez les néoplatoniciens, comme Macrobe.
La question de l'influence de ces idées sur la création de fêtes célébrées à Rome reste incertaine. À l'époque moderne, l'astrothéologie a été reprise, notamment par Charles-François Dupuy, qui considérait le culte du Soleil comme l'origine de tous les cultes et religions. Son projet visait à réduire la complexité de la mythologie à des phénomènes scientifiques et concrets. L'école panbabylonienne a également cherché à voir dans les mythes des allégories astronomiques ou astrologiques dérivant de Babylone, parfois en inversant la chronologie. On trouve des traces de cette pensée dans des textes comme l'Enūma Eliš, où Mardouk établit le zodiaque.
Des exemples modernes d'interprétations astrothéologiques incluent l'idée d'Elias Colbert selon laquelle l'histoire de Jonas et la baleine serait une allégorie du passage de la lune à travers la constellation de la Baleine en 40 jours, liant cela au jeûne de 40 jours. Robert Grant Haliburton pensait que le festival d'Isis mentionné par Plutarque était lié au lever des Pléiades et que de nombreux festivals des morts à travers le monde trouvaient leur origine dans cet événement. Gerald Massey, au XIXe siècle, considérait que la vie de Jésus devait être comprise comme une allégorie astrologique d'un concept de renaissance du dieu solaire. Le livre "Hamlet's Mill" avance l'idée que des mythes anciens pourraient contenir une connaissance de la précession des équinoxes antérieure à sa découverte par Hipparque.
L'astrothéologie a permis une alliance entre certains complotistes, néopaïens, individus new age et sceptiques rationnels souhaitant critiquer le christianisme. D.M. Murdock (Acharya S) a popularisé l'idée que Jésus n'a pas existé et qu'il est une allégorie astrologique, comparé à Krishna et Bouddha, avec 12 disciples représentant les 12 signes du zodiaque. Elle a été impliquée dans le film complotiste "Zeitgeist", qui présentait une vision du christianisme comme un complot masquant une dimension astronomique.
Concernant spécifiquement la naissance du soleil au solstice d'hiver, l'alignement de la ceinture d'Orion et de Sirius est parfois interprété comme indiquant le lever du soleil, symbolisant la naissance du dieu solaire au solstice d'hiver. Bien que le ciel nocturne évolue, permettant de telles interprétations à différentes heures, certains éléments ne correspondent pas à la description des dieux antiques. Le cas de Mitra, dieu solaire romain, souvent associé à la fête du Natalis Solis Invicti, manque de documentation claire sur son calendrier de fêtes. Techniquement, Horus, le dieu solaire égyptien, pourrait mieux correspondre, car Plutarque mentionne sa naissance, sous la forme d'Harpocrate, autour du solstice d'hiver, et des textes évoquent sa résurrection après une piqûre de scorpion. Cependant, ces mythes de guérison semblent spécifiquement liés aux rituels médicaux. "Zeitgeist" ne mentionne pas la résurrection d'Horus. Les parallèles entre la vie de Jésus (trois rois, 12 disciples, baptême) et les mythes solaires sont considérés comme des fabrications.
D.M. Murdock s'est ensuite recentrée sur l'Égypte, publiant "Christ in Egypt: The Horus-Jesus Connection", établissant des parallèles parfois superficiels entre Harpocrate et Jésus, ou s'appuyant sur des citations fabriquées. Ses arguments pouvaient être tautologiques, comme attribuer la date de Noël au comput pascal attribué à Cyprien. Son décès le 25 décembre a ironiquement alimenté des théories complotistes parmi son public. Malgré les critiques, elle a eu un impact significatif sur la compréhension des religions au XXIe siècle, notamment grâce à sa présence en ligne.
Les Pères de l'Église, au IVe et Ve siècles, se plaignaient que certains fidèles célébraient Noël comme le jour du nouveau soleil ("Noem Solis"), incitant à fêter la création du soleil plutôt que le soleil lui-même. Léon le Grand déplorait également ces pratiques, mentionnant des gens saluant le soleil en entrant dans l'église. Une vieille conception romaine associait le solstice d'hiver au premier jour du nouveau soleil et au renouvellement de cet astre, le considérant comme un point logique pour le début de l'année.
Le calendrier d'Antiocus, datant probablement du IIe ou IIIe siècle, contient une entrée au 25 décembre : "Elugenth Leon aux Fos", signifiant "naissance du soleil, la lumière augmente". Contrairement au "natalis" impérial (anniversaire), cela pourrait être interprété littéralement comme une naissance solaire. Ce calendrier est un parapègme, répertoriant des événements astronomiques et météorologiques. La mention spécifique de la "naissance du soleil" le distingue d'une simple indication du solstice d'hiver, qui figure ailleurs dans le calendrier. Parmi les nombreux parapègmes étudiés, seul celui d'Antiocus, le papyrus d'Ébé et le parapègme d'Oxford mentionnent des fêtes, comme la crue du Nil dans le cas du papyrus d'Ébé. La datation du calendrier d'Antiocus est complexe, des manuscrits le situant au IIe ou IIIe siècle, tandis que Mommsen le plaçait au VIe siècle en raison de l'utilisation d'un calendrier julien modifié. Des inscriptions du IVe siècle montrent une numérotation des jours similaire, suggérant une date contemporaine au calendrier philocalien (354) et au calendrier julien modifié. L'influence des calendriers égyptiens utilisés en astronomie pourrait expliquer cette numérotation.
Épiphane rapporte que des statues de Coré (Perséphone) étaient promenées autour de temples à Alexandrie, Éloasa et Pétra le 6 janvier, avec des chants sur la Vierge donnant naissance à Éon, interprétant cela comme une reconnaissance païenne de la date de la Nativité. Ce témoignage est suspect car Épiphane l'utilise pour soutenir la date du 6 janvier contre le 25 décembre, qu'il associait à des fêtes païennes. La similarité de la fête dans trois lieux différents est également étrange. Cosmas de Jérusalem, au VIIIe siècle, a réinterprété cette scène en la plaçant au 25 décembre, désignant la déesse vierge comme Aphrodite et mentionnant des chants sur l'augmentation de la lumière, en écho au calendrier d'Antiocus.
Macrobe, dans ses Saturnales, présente un personnage expliquant que tous les dieux sont en réalité le soleil, utilisant des arguments tirés par les cheveux. Il mentionne que les Égyptiens représentaient le soleil comme un enfant au solstice d'hiver en raison de la brièveté du jour. Plutarque affirme explicitement qu'Harpocrate (Orus enfant) est né vers le solstice d'hiver, le sixième jour du mois de Phaophi, et décrit sa naissance prématurée.
Il est possible que la fréquence des références au solstice dans nos sources (historiens, philosophes, médecins écrivant en grec κοινή) soit due à sa praticité comme point de repère temporel universel, indépendamment des calendriers locaux. Un diagramme d'Hippocrate illustre l'utilisation du lever des Pléiades, du solstice et de l'équinoxe comme marqueurs saisonniers.
Le calendrier égyptien ("année vague") comportait 12 mois de 30 jours plus 5 jours épagomènes, totalisant 365 jours sans année bissextile ni mois intercalaire, ce qui entraînait un décalage progressif par rapport à l'année solaire. Malgré les tentatives de Ptolémée III Évergète pour introduire un jour intercalaire, les prêtres s'y sont opposés, et les pharaons devaient même jurer de ne pas le faire. Auguste a aligné l'année égyptienne sur l'année romaine en 25 avant notre ère, créant le calendrier alexandrin, fixe, qui deviendra le calendrier copte. Sensorin suggère que l'"année vague" a continué à être utilisée après Auguste. La date du lever de Sirius, importante en Égypte, a coïncidé avec le Nouvel An en 139, concluant un cycle de 1460 ans solaires/1461 ans vagues, possiblement célébré. Cela complique l'interprétation des dates égyptiennes données par des auteurs postérieurs, ne sachant pas quel calendrier ils utilisent. Géminus critique l'idée grecque selon laquelle les fêtes d'Isis tombaient au solstice d'hiver, expliquant le décalage d'un mois dû à la nature de l'année égyptienne, où les fêtes se déplaçaient à travers les saisons. Un tableau montre le décalage entre le 19 Athyr et le solstice d'hiver au fil du temps. La question se pose après Auguste de savoir si les sources utilisent le calendrier égyptien ou alexandrin. La théorie de Merkelbach tente d'expliquer les différentes dates des fêtes d'Isis par le passage d'un calendrier à l'autre. Les auteurs gréco-romains attribuaient souvent aux Égyptiens la connaissance de l'année de 365 jours et un quart, ainsi que diverses sagesses et inventions, bien que leur intérêt pour l'astronomie avant l'époque perse et grecque semble moins poussé qu'en Mésopotamie. Le zodiaque de Dendera, souvent cité, date de l'époque romaine et est influencé par l'astrologie grecque. Selon Noisel, l'histoire de l'année de 365 jours et un quart aurait été inventée par les Égyptiens pour justifier un savoir importé. Le débat sur les calendriers égyptiens est complexe, Parker considérant trois calendriers (année vague, lunaire fixe agricole, lunisolaire original) en 1959, tandis que des travaux plus récents suggèrent l'existence d'un seul calendrier, l'année vague, avec une utilisation occasionnelle des phases de la lune. Les tentatives au XIXe siècle de baser le calendrier égyptien sur un calendrier lunisolaire commençant après le solstice d'été montrent l'attraction de ce point de repère, bien que cela induise en erreur pour le système égyptien.
Malgré le décalage de l'année vague, certains éléments fixes rythmaient la vie rituelle égyptienne, comme la crue du Nil et le lever de Sirius. Rufin décrit un rituel au Sérapéum d'Alexandrie où un rayon de soleil tombait sur la bouche de la statue de Sérapis à un jour fixe de l'année, possiblement lié au rituel de l'Union au disque. Le dernier mois de l'année égyptienne, Messôré, signifie "naissance de Ré", et selon la logique de nommage des mois égyptiens (d'après la fête du mois suivant), Messôré pourrait être le Nouvel An, coïncidant avec l'anniversaire du monde et du soleil (premier Thot). Un festival d'Horus est mentionné le 2e jour épagomène. Le 28 Pharmouthi et les jours épagomènes sont d'autres périodes de fêtes. En comparant ces dates avec le solstice d'hiver entre 300 avant notre ère et 300 de notre ère, il n'y a pas de correspondance significative. Cependant, la fête de Koyak, célébrant la mort d'Osiris, tombait très proche du solstice d'hiver après la fixation du calendrier alexandrin. Des tentatives ont été faites pour lier cette fête à Noël. À Fouilles, il existait une fête du couronnement d'Horus. Acharya S associait le dieu Sokar à un "baby sun god". Une procession avec un petit emblème de faucon (Sokar) existait. L'observation de ce rituel par un étranger pourrait avoir conduit à l'interprétation du faucon comme un bébé Horus, expliquant la mention de la sortie d'un enfant du temple. Ran Belmonte a étudié les alignements archéoastronomiques en Égypte, mais les alignements au solstice peuvent être fortuits. Ionov pensait que le solstice coïncidait avec le Nouvel An en 2004 avant notre ère et que ce lien avait été renforcé par l'association perse de Mitra avec le solstice, bien que la preuve d'une fête de Mitra au solstice perse soit faible. Brugsch, au XIXe siècle, identifiait Harpocrate comme le petit soleil du solstice d'hiver, s'appuyant sur une expression égyptienne distinguant un "grand soleil" (équinoxe de printemps) et un "petit soleil" (un mois avant l'équinoxe), ironiquement contredisant l'association automatique du petit soleil avec le solstice. Le cycle solaire en Égypte était principalement quotidien, symbolisant le mouvement et la justice. Il est suggéré de considérer la vie du soleil au fil de l'année plutôt que de se focaliser uniquement sur sa naissance.
résumé détaillé en rappelant le titre de la source
Voici un résumé détaillé du contenu de la vidéo YouTube intitulée "[3/3] Le Soleil aux Enfers : un calendrier secret derrière le Solstice ? | CPS Solstice [3/3]" :
La vidéo explore l'idée qu'il pourrait y avoir un calendrier secret derrière le solstice, en examinant diverses croyances et pratiques antiques liées au soleil.
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L'astrothéologie suggère que certains mythes pourraient faire allusion à des événements astronomiques. L'exemple du mythe de la déesse lointaine partant vers le sud en Égypte (lié à l'œil de Rê et Ator) a été interprété par certains chercheurs comme la crue du Nil, le soleil d'hiver ou la lune. Un autre cas mentionné est celui d'Apollon, un dieu solaire, qui part vers le nord chez les Hyperboréens au milieu de l'été et revient un an après. Cependant, il n'est pas possible de lier ce départ directement à un solstice, même si cela arrangerait certaines théories.
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La vidéo se penche sur un passage de Macrobe qui présente le cycle de vie du soleil de manière annuelle : enfant au solstice d'hiver, adolescent à l'équinoxe de printemps, adulte au solstice d'été et vieillard en automne. Toutefois, l'analogie gréco-romaine et égyptienne entre les âges de la vie et le cycle solaire est généralement liée au cycle quotidien du soleil (matin, midi, soir) plutôt qu'annuel. L'énigme du Sphinx illustre cette conception quotidienne. Bien qu'Ovide et Pythagore aient évoqué une analogie entre l'année et les âges de la vie, il n'y a pas de preuve directe d'une combinaison de ces visions avec le cycle solaire annuel avant Macrobe au Ve siècle.
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Stepan Weinstock a avancé une théorie basée sur le parapegme d'Oxford, un calendrier trouvé dans une compilation du XIe siècle de Michel Psellos. Ce calendrier, daté potentiellement de l'an 15 de notre ère, mentionne des fêtes comme celle d'Arès le 1er mars, la navigation d'Isis le 9 mars et le Nouvel An égyptien le 20 août. Bien qu'il ne mentionne rien de particulier au solstice, il contient deux mentions symétriques intéressantes liées au cycle solaire : "hpsoma eliû" (exaltation du soleil) le 12 avril et "heliodousia" (coucher de soleil) le 22 novembre.
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L'exaltation est un terme astrologique désignant le point culminant du cycle d'un astre dans le zodiaque. Ptolémée situait l'exaltation du soleil dans le Bélier, ce qui correspond bien au 12 avril. Concernant l'"heliodousia", le 22 novembre se situe dans le Scorpion, après la Balance (signe de la dépression du soleil selon l'astrologie).
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La fête des Brumalia, célébrée pendant un mois avant les Saturnales et débutant potentiellement vers le 24 novembre ("Bruma" signifiant solstice d'hiver), pourrait être liée à cette notion d'"heliodousia" et au déclin du soleil à l'approche du solstice. Le calendrier de Claudus Tuscus mentionne également un "proes prélude au solstice d'hiver" le 24 novembre et "kemerinôs tropês et solstice d'hiver" le 9 novembre.
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Macrobe et Porphyre évoquent l'idée que le soleil, pendant l'hiver, passerait dans l'hémisphère inférieur (les enfers) pour réchauffer la terre par en dessous, changeant même de nom (Apollon le jour, Dionysos/Liberpater la nuit). Ce "coucher de soleil" du 22 novembre pourrait symboliser ce passage. Cependant, cette conception coexiste avec d'autres idées (soleil enfant, exaltation astrologique, mort temporaire) qui ne sont pas toujours compatibles.
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Certains ont proposé que le soleil de la nuit pourrait être associé à Saturne dans l'astrologie mésopotamienne et gréco-romaine. Saturne était parfois appelée "l'étoile du soleil" et présentait des similarités avec le soleil (orbite lente, traversée de tout le ciel, absence de phases et de mouvement rétrograde prononcé). Bien que des associations rituelles directes soient rares, des autels mentionnant "Hélioséios" (soleil-Saturne) existent. L'interprétation de statues antiques comme celle de Jupiter Héliopolitain ou de l'autel palmyrénien du Capitole pour prouver cette équivalence reste sujette à caution. L'idée que les Saturnales auraient toujours été une fête solaire via l'équivalence soleil-Saturne manque de preuves solides.
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Les Actes de saint Dassius mentionnent une fête des Cronia (liée à Chronos/Saturne) débutant le 20 novembre, avec la désignation d'un roi sacrifié un mois plus tard. Le martyre de Dassius le 20 novembre, coïncidant avec l'"heliodousia" et le début des Brumalia, pourrait indiquer un lien entre ces célébrations et Saturne. Les munera (combats de gladiateurs) étaient parfois dédiés à Saturne et pourraient être vus comme des sacrifices humains.
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Des rituels mésopotamiens liés aux solstices existaient, comme le déplacement de statues pour symboliser l'allongement et le raccourcissement des jours. Le mythe de la descente de Nergal aux enfers au solstice d'été et sa remontée au solstice d'hiver (bien que les dates précises varient) pourrait également être une forme de fête solaire. Nergal était associé au monde des morts et au coucher du soleil, mais sa planète était Mars, pas Saturne.
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Les papyrus grecs magiques contiennent des calendriers avec des notions intéressantes. Un papyrus de Leyde mentionne quatre temps forts du dieu solaire, dont l'exaltation du soleil (ipsoma), appelée aussi naissance d'Horus, et un tournant descendant présenté comme la naissance du cosmos et du soleil. L'interprétation de ces temps forts comme étant liés aux solstices et aux équinoxes varie. Plutarque mentionne une fête égyptienne après l'équinoxe d'automne, le 23 du mois de Phaophi, célébrant la "naissance des bâtons du soleil" pour soutenir l'astre vieillissant.
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En conclusion, bien qu'il y ait des mentions d'exaltation, de déclin (fin novembre) et de renaissance du soleil (solstice d'hiver) dans diverses sources antiques, il n'y a pas de preuve d'une logique unique et cohérente reliant toutes ces notions à un calendrier secret derrière le solstice. L'étude des calendriers antiques est complexe en raison des variations temporelles et géographiques. Il existe une tendance à vouloir trouver des liens avec le solstice, parfois de manière forcée. Les sources antiques elles-mêmes sont souvent des réinterprétations de traditions antérieures. En définitive, il ne reste que des traces fragmentaires pour tenter de reconstituer une image cohérente. Plusieurs figures érudites de l'Antiquité et du renouveau païen pourraient être à l'origine d'interprétations solaires des mythes et des fêtes. L'émergence de ces interprétations et leur adoption populaire restent des questions ouvertes. Un scénario possible est la fusion d'anciens concepts romains de renouvellement du soleil au solstice avec des idées égyptiennes et gréco-romaines, donnant naissance à des cycles solaires comme ceux trouvés dans le papyrus de Leyde et le parapègme d'Oxford. Cette période a vu la récupération et l'adaptation de cultes locaux par un public gréco-romain plus large. Il est possible qu'un "entrepreneur religieux" ait combiné divers éléments pour créer de nouvelles interprétations. La vidéo conclut en offrant ces éléments comme des pistes de réflexion pour ceux qui affirment l'origine païenne de Noël, tout en soulignant la complexité et le manque de certitudes définitives.