Récentisme d'un auteur de 1940

 Traduction en français aux éditions Didi 18 d’un classique du récentisme de 1940. Wilhelm Kammeier est mort de faim en 1959 en Allemagne de l’est suite à des persécutions. Ses conclusions s’accordent avec les nôtres : il y a eu une falsification générale de l’Histoire à partir du début du 16ème siècle initiée par Rome.


Nous voulons être plus précis. Si la falsification commence au 16ème siècle, c’est parce que l’Eglise catholique romaine prend forme au 16ème siècle. Au 16ème siècle, ce sont les Jésuites qui dirigent la manœuvre de falsifications. Celles-ci portent sur les textes religieux, et la géographie. Pour la géographie, des noms commencent à être déplacés sur la carte, et les anciens noms avant la création de l’Empire sont remplacés par leurs équivalents modernes. Dans le récit, il est maintenant prétendu que ces noms pré-romains sont précisément les noms de l’époque romaine. Ainsi Hispalis devient Séville vers 1530 et Lutèce Paris. Les anciens noms des tribus sont encore maintenus un certain temps, et la Gaule n’est pas encore la France.


Kammeier montre que dans les chroniques médiévales – qu’il démontre ainsi la falsifiées -, on trouve souvent deux fois le même récit à des endroits différents, mais avec des détails différents et contradictoires. Mais ce procédé est clairement utilisé dans l’Ancien Testament. Le Talmud, le Zohar ou le Coran affirment d’ailleurs que la Torah est falsifiée, pas qu’elle n’existe pas sous une autre forme. Ces falsifications sont précoces car la Bible apparaît sous sa forme plus ou moins actuelle dès 1517 à travers la Complutense.


Il montre aussi que dans la transmission littéraire des chroniques et des annales, il y a toujours deux récits contradictoires. On observe ce fait avec les deux ouvrages de Flavius Josèphe, Guerre des Juifs et Antiquités des Juifs, qui se contredisent. Origène produit des passages prétendument tirés de Josèphe qui ne s’y trouvent plus. La version que nous possédons date du 17ème siècle.


Kammeier prétend prouver que les vraies archives allemandes commencent en 1493 : c’est précisément la date de fondation du Reichstag qui est le Sénat romain. Les termes allemands sont trompeurs. L’Empire romain est clairement indiqué au sud et à l’ouest de l’Europe sur les cartes. Les territoires rhénans et la Bavière sont concernés, mais pas les territoires de l’est nommés Magna Germania. De même la loi salique s’applique à l’Empire du sud, notamment la France, et pas à l’Allemagne. Le jésuite Guillaume Postel ne publie un ouvrage pour la défendre qu’autour de 1530.


Kammeier montre qu’avant le droit catholique du 16ème siècle, il n’existe de droit écrit nulle part. Mais ce doit catholique est identique au droit romain de l’antiquité. S’il existait un droit écrit antérieur, il peut s’agit des Lois du Deutéronome et du Lévitique. La mention d’anciens capitulaires francs (perdus !) et d’un droit carolingien également perdu est un reflet du droit romain de l’Empire de l’ouest et du sud du 16ème siècle.


Kammeier emporté contre la description sauvage des Germains faite dans la Guerre des Gaules de Jules César, et Germania de Tacite veut nous convaincre qu’il s’agit de faux. Guerre des Gaules de Jules César est publié en 1526 par Giovanni Giocondo. César va adopter la religion des druides gaulois qui est celle de Yahvé/Jupiter et devenir le grand-prêtre ou flamine du culte. C’est ainsi que se forme l’Ordre du Temple médiéval, les légions qui vont diriger l’Europe. L’histoire liée aux croisades et à la protection des pèlerins est copiée sur celle des Hospitaliers.


Tacite lui aurait écrit vers 1535. Kammeier dénonce des « éditions allemandes » tardives et falsifiées. Mais ces éditions concernent les territoires rhénans qui étaient en possession de l’Empire du sud. La période 1525 à 1555 raconte une histoire similaire de combats des Romains contre les Germains. Charles-Quint est alors en guerre contre les « princes protestants » d’Allemagne. Charlemagne au 9ème siècle est en guerre contre les Saxons « païens ». Héraclius empereur de Byzance vers 600 est en guerre contre les « Sassanides » qu’on suppose de religion zoroastrienne. Précisément la religion de Jules César. Charles-Quint aurait donc une religion un peu différente.


Le zoroastrisme est la religion du Temple de Jérusalem. Ivan IV à la même époque du 16ème siècle est en conflit avec les Chevaliers teutoniques pendant la Guerre de Livonie. Son général lui écrit que les Chevaliers sont l’élite d’Israël.


Quant au fait que Hérodote écrit la même chose des Scythes que ce que Jules César dit des Suèves ou Tacite des Germains, cela ne signale pas nécessairement une falsification, mais qu’un même peuple est appelé de différents noms (Germain et Scythe), ou que certains faits attribués aux Suèves par César peuvent être accordés aux Germains dans leur ensemble mais qu’il ne les a pas connus. Les autres peuples mentionnés par Hérodote au-dessus des Scythes sont les Massagètes, les Issedones et les Hyperboréens. Les Massagètes peuvent être les Samogètes (ou Baltes), les Issedones les Danois et les Hyperboréens les Scandinaves. Ces peuples sont représentés sur les cartes du 16 ou 17ème siècles en Russie, mais les cartographes occidentaux peuvent avoir mal compris Hérodote.


Dans la cité germanique, le prêtre est supérieur au chef militaire et dirige la justice. Kammeier accuse aussitôt l’Eglise d’avoir voulu falsifier en faveur des prêtres. Mais il s’agit d’une tradition d’Israël, dirigée pendant 400 ans par des Juges avant Saul et David. Tacite mentionne comme Dieu principal des Germains Mercure. Kammeier dit qu’il s’agit d’un dieu romain et qu’on a là une falsification. Habituellement, on associe Wotan à Mercure, qui donnent le même jour de la semaine (Wednesday, Mercredi). Mais Mercure est aussi Hermès, qui est une forme de Moïse.


Widukind rédige l’Histoire des Saxons soi disant vers 960. Il s’agit là typiquement d’une des Chroniques médiévales que Kammeier démontre comme falsifiées au 16ème siècle et après. Dans l’Histoire allemande, les Saxons sont certes des adversaires des Carolingiens. Mais à la fin du règne des Carolingiens, ils fondent à leur tour un empire : le Saint-Empire germanique. En 911 avec les Ottonides selon l’histoire officielle. Sur les cartes, un Empire d’Allemagne apparaît en 1648 après la Guerre de Trente ans. Après les « Carolingiens » qui succèdent à Charles-Quint (1530-1556) donc.


Widukind attribue à Otton Ier le roi Saxon d’avoir été désigné empereur par acclamation de l’armée. Kammeier fait remarquer que ce fait est aussi attribué aux rois Carolingiens. Mais il ne dit pas que les récits latins prétendent que les anciens empereurs romains étaient également désignés par les Légions par acclamation. Depuis 1493 et la vraie fondation de l’Empire, l’Empereur est en réalité élu par le Sénat. L’imperator n’est désigné par l’armée que dans les régimes dirigés par l’Ordre du Temple : avant 1493 à Rome, et ensuite seulement en Germanie.


Kammeier s’appuie sur des faux célèbres reconnus de tous pour suggérer que toute la littérature a pu être falsifiée de même. Justement, le fait que même l’Eglise les présente comme des faux suggère leur possible authenticité. Il s’agit de la Donation de Constantin, du Livre des Conciles d’Isidore, et des Capitulaires francs.


La France après le Concile de Trente (1545-1563) s’appuie sur des traditions héritées de Charlemagne pour défendre son église nationale. Telle était donc sa position en tant que roi des Gaulois. Mais Charlemagne va devenir empereur des Romains. Constantin/Soliman relocalise sa capitale à Constantinople. Le concile de Nicée a lieu vers 1520 et la tendance sera alors à la centralisation. La Donation de Constantin donne les territoires de Rome au pape Sylvestre et à l’église de Rome le pouvoir sur les églises chrétiennes. Rome est ici sans doute Constantinople et Sylvestre un pape grec (inconnu à cette époque en occident donc). Clément V qui amène les registres de Rome à Avignon est Clément VII qui en 1523 amène les registres de Paris à Constantinople. Ce Clément est aussi identique au premier pape Clément, auteur de l’épître Clément et contemporain de Paul. Clément écrit que Paul s’est rendu en extrême occident (auprès du roi d’Espagne) pour obtenir son soutien. Il s’agit sans doute de Paul III (1534-1549).


Le Livre des Conciles d’Isidore est amené au concile de Bâle en 1437 (1537) par les Grecs pour soutenir la position de l’Eglise grecque. Le nom du métropolite grec n’est pas précisé. Il est possible qu’il s’agisse alors de Paul III (Saint-Paul), transformé en pape romain, interlocuteur du pape occidental Eugène. Les Etats de l’Eglise sont mentionnés sur les cartes d’Italie à partir de 1550, à l’époque du pape Jules III, qui serait donc le premier pape occidental. Le concile de Ferrare-Florence-Rome n’a pas permis de réunification des églises grecque et latine.


Les capitulaires de Pépin, Charlemagne et Louis le Pieux prétendent que le synode ne peut pas se tenir sans l’autorisation du pape, ni ses décisions s’appliquer sans confirmation par le pape. Ces débats agitaient l’Eglise de France encore en 1570. Il peut s’agir de faux d’origine jésuite, mais la mention de « Pépin » au lieu de Philippe le Beau suggère plutôt une falsification du 17ème siècle, après fabrication du passé médiéval.


Après la falsification de la Bible et de la géographie par les Jésuites, l’école de Joseph Juste Scaliger commence à falsifier la chronologie, et à inventer le passé médiéval dans la seconde moitié du 16ème siècle. A cette époque, les Jésuites sont tombés en disgrâce.


Les rois Valois sont transformés en leur double fantôme : les Mérovingiens, qui fonctionnaient avec une Eglise nationale dirigée par le roi. Les Bourbons qui sont les héritiers de Charles-Quint sont transformés en Carolingiens. Par désir de confusion, on attache le nom de Francs aux Mérovingiens. Mais la Gaule ne devient la France sur les cartes qu’avec l’avènement des Bourbons.


Charlemagne étant Charles-Quint. Vita Karoli d’Eginhard n’a pas pu être écrit avant la seconde moitié du 16ème siècle. Les documents de Grégoire VII se servent d’Eginhard comme précédent pour justifier la déchéance de l’empereur germanique Henri IV au 12ème siècle.


En réalité, Grégoire « sept » est Grégoire XIII vers 1580. Et Henri IV est Henri IV de France. Les châteaux Saxons au sommet des montagnes sont les châteaux des Cathares inféodés à la Navarre d’Henri IV. L’histoire de l’Allemagne au 11ème siècle est ainsi copiée sur l’Histoire de France au 16ème siècle.


Annius de Viterbe fait publier en 1498 (1598) une compilation appelée Antiquités contenant censément les ouvrages de Bérose, Manéthon et Caton. Cette mention est curieuse dans la mesure où les seules textes connus de Manéthon sont les passages cités par Julius Africanus, Eusèbe de Césarée et Georges le Syncelle. Scaliger va aussitôt utiliser le texte de Manéthon pour faire la datation de l’Egypte. La version qu’il possédait était possiblement celle d’Annius. Annius était maire du palais du pape Alexandre VI. Ce titre n’est donc pas attribué à la dynastie carolingienne, mais à des ecclésiastiques.


Jean Trithème (1462-1518) publie une Histoire des Francs attribuée à Hunibald, qui lui permet de relier les Francs aux Troyens. Trithémius est antidaté d’un siècle (1562-1618)


Les archives du Vatican ouvrent en 1612 et créent de faux documents pour toute la période 1198-1612. La présence de l’année de l’incarnation et de l’indiction sont un signal que ces documents sont faux. L’ère de l’incarnation est inventée par Denys en occident au 16ème siècle. L’indiction ne semble pas utilisée sur de véritables documents.


La congrégation des Bénédictins de Saint-Maur naît en 1618, mais commence son activité de faussaires en 1632. Après le retour des Jésuites au sein de l’Eglise, le Jésuite Paperbroch fixe dans la seconde moitié du 17ème siècle les règles d’examen critique et dénonce une falsification systématique des documents les plus anciens par les Bénédictins. Cette falsification est en réalité très récente, mais les Bénédictins ont aussi réussi à inventer l’ancienneté de leur ordre.


Le récit de la Guerre de Trente ans (1618-1648) est donné par Tito Livio Burattini (1617-1681). Burattini est aussitôt transformé en l’ancien Tite-Live, qui évoque le soulèvement des Juifs contre Rome. Ces « Juifs » ou « Chrétiens » sont les Zélotes de Flavius Josèphe et des Evangiles, proches de l’islam et pas des rabbins ou des catholiques. Ils correspondent aux Hassidim de Galilée (ou Hussards) alliés de Juda Maccabée au 2ème siècle av JC. L’éditrice française va même jusqu’à rapprocher l’ancien allemand de l’hébreu.


Le faussaire Eike von Repgau écrit « Le miroir de Saxe » en 1215 comme une compilation écrite du droit coutumier. L’ouvrage est postérieur à 1648 car il mentionne le collège des princes électeurs, nouveauté en Allemagne basée sur le modèle de l’Empire romain originel au sud. Les archives allemandes antérieures auront été détruites en 1648.


Voilà pour un débroussaillage du contexte. Mais le propos de Kammeier ne va pas jusqu’à de telles conclusions. Il se contente de dénoncer une falsification de l’Histoire allemande à partir du 16ème siècle, ce qui est au moins correct.


Voici les arguments présentés par Kammeier :


Les sources sont documentaires (chartes, actes légaux dus au haut clergé, aux empereurs et aux rois), ou littéraires (chroniques, annales).


En ce qui concerne les documents, le Jésuite Paperbroch fixe dans la seconde moitié du 17ème siècle les règles d’examen critique et dénonce une falsification systématique des documents les plus anciens par les Bénédictins. Mabillon pour les Bénédictins réplique par le premier ouvrage de critique des documents. Germon et ses jésuites germonistes prétendent à nouveau que les documents sont faux et la méthode Mabillon sans valeur.


Jean Hardouin, le père du récentisme publie en 1693 son ouvrage de numismatique. Il s’attaque non pas aux documents médiévaux mais aux auteurs grecs et latins, dénonce les Pères de l’Eglise et les décrets des premiers conciles comme faux. Il en accuse une entreprise menée par les Bénédictins entre 1350 et 1480. Il doit se dédire en 1708 sur pression de ses supérieurs. Kammeier – comme moi – pense que Hardouin est très péremptoire mais ne démontre rien, ce qui suggère qu’il en savait plus que ce qu’il a dit. Entre 1750-1756 la congrégation des Bénédictins de Saint Maur avec Toustain et Tassin publie un nouveau traité de diplomatique en 6 volumes, pour appuyer les travaux de Mabillon.


Kammeier dénonce l’Eglise catholique en bloc, sans s’appesantir sur ce conflit entre Bénédictins et Jésuites. Il n’y a à mon avis pas de Bénédictins au 14ème siècle. Ceux-ci apparaissent comme l’Ordre « réformé » (c’est-à-dire catholique, ce qui est une preuve que la Réforme est catholique) des Bénédictins de Saint-Maur au 17ème siècle. Au 16ème siècle, ce sont les Jésuites qui dirigent la manœuvre notamment au concile de Trente et se rendent responsables de falsifications. Il serait surprenant que Hardouin se laisse abuser et croie réellement à une antique existence des Bénédictins. Leur conflit pourrait être une simple apparence pour brouiller les pistes, et ainsi valider les falsifications antérieures des Jésuites.


En 1814 PJF Müller écrit « Mon point de vue sur l’Histoire » où il expose qu’un Empire européen germanique dirigeait l’Europe depuis Rome, mais que des renégats – l’Eglise – y ont pris le pouvoir et détruit la totalité des vrais documents. Il en veut pour preuve l’existence de faux reconnus, de contradictions dans les sources et d’invraisemblances dans la transmission de ces documents. Kammeier dit que Müller extrapole dans ses conclusions sans démontrer avec une méthode éprouvée, mais qu’il a raison sur les faits qu’il expose. Kammeier extrapole aussi quelque peu : il dénonce à juste titre l’Eglise catholique romaine pour les falsifications, mais donne à sa diatribe une conclusion en filigrane : il y aurait un complot contre la véritable histoire de l’Allemagne et une atteinte à sa grandeur, et il ne nous en dit pas plus. Les éditeurs français et allemand suggèrent que c’est l’Eglise catholique et derrière, l’influence juive, qui efface un empire allemand païen !


Mais Kammeier n’en précise pas la mécanique. Comment une institution de religieux aurait-elle pu s’imposer militairement contre un Empire ? Le récit de la guerre permanente que se faisaient le pape et l’empereur a une apparence artificielle. Contre quel genre de pape l’empereur se battait-il ? La Curie était romaine, et l’Empire aussi était dit romain ! Et si la Curie falsifiait, pourquoi accorder un Empire aux allemands ?


Les cartes ne mentionnent pas d’Empire d’Allemagne avant 1648, et jamais de Saint-Empire germanique. Avant cela c’est Magna Germania. Dans les récits du 15ème et 16ème siècle, on nomme des princes de Luxembourg ou de Hongrie empereurs, mais jamais un prince allemand. Le seul Empire romain sur les cartes du 17ème siècle correspond à l’Empire romain antique et n’inclut pas l’Allemagne.


Le 16ème siècle correspondrait aux débuts de l’Eglise. En ce cas, qu’est-ce qui vient avant ? Contre quels « princes protestants » Charles-Quint se bat-il ?


La biographie de Luther par Jules Michelet est présentée comme une « libre traduction » de son autobiographie. Comme le dit Marion Sigaut, Luther ne fait pas de l’Histoire. Luther tombe de cheval sur la route d’Erfurt comme Paul sur le chemin de Damas, renonce aux mortifications comme Ignace de Loyola, affiche sur la porte de son église à Wittenberg 95 thèses critiques envers l’institution romaine. Ces 95 thèses copient les 101 propositions des jansénistes du livre de Quesnel au début du 18ème siècle. Luther est bien entendu augustinien comme Janssen.


Dans Vom Schem Hamphoras, le vrai Johann Martin Luther II (1663-1756), théologien à Erfurt, s’étonne que les bibliothèques des monastères allemands contiennent surtout des ouvrages juifs, que le noms des villages et des habitants de l’Allemagne trahissent une présence juive bien plus importante que ce qui était admis à l’époque.


Le récit de la Guerre de Trente ans (1618-1648) est totalement perdu selon Mme Devon, puisque seul un compte-rendu falsifié nous est parvenu. Il nous reste sans doute le Tite-Live, lorsqu’il évoque le soulèvement des Juifs contre Rome. Il s’agit de Tito Livio Burattini. Les falsificateurs avaient bien travaillé depuis. Kammeier suppose que Rome a détruit les archives allemandes. Oui mais en 1648 !


On prétend que les Traités de Westphalie (1648) donnaient aux princes électeurs de l’Empire le droit de choisir leur religion parmi le catholicisme, le luthéranisme, ou le calvinisme, soit trois versions similaires de l’augustinisme. Mais il n’y a bien entendu pas de luthériens en 1648. D’ailleurs, ce même choix était également offert en 1555 à l’occasion de la paix d’Augsbourg. Il n’y a pas de princes électeurs en Allemagne avant 1648. Ce mode de désignation correspond à l’Empire du sud, à travers le vote des grands d’Europe. François Ier en 1520 et Henri VIII se seraient présentés à l’élection de l’empereur remportée par Charles-Quint.


Tite-Live appelle les rebelles Juifs, mais il ne s’agit pas des rabbins pharisiens. Flavius Josèphe précise bien que les Pharisiens sont du côté de Rome. Il s’agit de ceux que Josèphe nomme les Zélotes. Josèphe les transforme en ennemis du Temple, mais c’est improbable. On a ici les Hassidim de Galilée alliés de Juda Maccabée, autrement dit les Hussards.



On trouve sur les documents falsifiés l’année de l’incarnation, l’anni imperii/regni, l’indiction ou numéro de l’année selon un cycle de quinze ans, l’année d’airain avec le mois et le jour.


L’année de l’incarnation n’a pas pu être introduite avant Denys le Petit. Nous avons montré que Denys vit au 15ème ou 16ème siècle. Kammeier dit que l’indiction n’est présente que dans les faux documents, ce avec quoi nous sommes d’accord. Il ne semble pas que les participants au concile de Bâle (1431-1438) mentionnent l’indiction. Cela suffirait pour nous pour abandonner toute prétention d’authenticité à ces documents, mais il n’en a pas été ainsi.


On a certes identifié une production de faux dans tous les monastères ou paroisses. La profession s’accorde parfois sur 50 pour cent de faux documents, à comparer à un « noyau dur de faits indubitables ». Cette prémisse d’un « noyau dur » de faits dont on ne peut douter vise à préserver le squelette de l’histoire, tout en excluant la moitié des documents qui devraient la confirmer.


Mais le choix des documents qui seraient authentiques se fait de façon arbitraire, et les chercheurs parviennent à des résultats constamment contradictoires.


Theodor von Sickel propose de commencer par identifier les différents scribes d’une chancellerie par leur écriture et leur style littéraire. Il considère que si un auteur est identifié dans des documents s’adressant à des destinataires sans rapport entre eux, alors il n’est pas un faussaire. Kammeier constate que peu après, les chercheurs ont identifié des opérations de falsification régionales (Reichenau, Turin, Cisterciens), où le cas était observé de faussaires ayant justement écrit des documents en faveur de bénéficiaires différents.


Les chercheurs considèrent que les faux sont presque toujours motivés par des raisons pratiques comme le fait d’obtenir des privilèges indus par la production d’un document signé de l’évêque ou du pape.


Il n’aurait d’ailleurs pas été possible de s’appuyer sur ces documents à l’époque d’où ils sont censés provenir, les possessions étant bien établies. Mais il n’aurait pas non plus été possible de les produire des décennies plus tard si le véritable propriétaire avait été en possession du vrai document contenant les privilèges. Il s’en serait suivi des procès avec un risque élevé pour les faussaires.


S’ils avaient été découverts, ils auraient été détruits au lieu de quoi les documents contradictoires se retrouvent dans les mêmes registres sans aucun souci d’authenticité.


De plus ces faux contiennent des lacunes, des contradictions dans les dates par rapport aux supposés vrais documents, et n’auraient justement pas manqué d’être découverts. Bref, ils sont beaucoup trop mal faits pour provenir d’un faussaire sérieux. Sickel dit que ces faussaires devaient être constamment des idiots.


Le fait est que même les documents jugés authentiques contredisent les sources littéraires, produisent des indications de date contradictoires. Parfois l’une des dates confirme les dates mentionnées dans les chroniques, mais pas toujours la même. Presque toujours le jour ou le lieu ne correspondent pas aux données des annales. La méthode proposée ne donne rien : il est toujours impossible de déterminer quels sont les documents authentiques.


Julius Ficker prend le parti inverse de juger authentique la grande masse des documents. Ce faisant, Ficker absolvait les faussaires de l’accusation d’être idiots, pour en accuser des scribes honnêtes. Les imprécisions de la datation s’expliqueraient par la fait que les chancelleries utilisaient une « datation non uniforme » : parfois les scribes auraient écrit la date de la signature de l’acte, parfois celle de sa consignation dans le registre. Mais c’est un peu plus complexe : parfois la date correspond à la signature, le lieu à sa consignation, ou alors c’est l’inverse.


Ficker a aussi montré qu’il y avait presque toujours deux exemplaires d’un même document. Le second imite l’écriture du premier document (et pourquoi ?) mais avec des différences notables dans certaines lettres et parties, des erreurs systématiques comme un changement de date. L’original contient en général un espace vierge pour la date ou le lieu ou les deux, voire le nom des bénéficiaires.


Lorenz montre que personne n’est d’accord sur le document à désigner comme authentique et celui à désigner comme faux. Kammeier lui donne ce point, mais lui reproche de ne pas avoir identifié l’erreur de la méthode.


Kammeier conclut que cela montre que les deux documents sont faux. Les lacunes permettaient d’accorder plus tard les documents entre eux s’il advenait qu’on les complète. Il n’était pas possible de falsifier à grande échelle de façon cohérente. Il était plus simple de créer des documents contradictoires. Quand il n’y a rien de solide, on ne questionne rien. (J’ajouterai que c’est la méthode de communication qui a prévalu dans le contexte Covid.) On déplace des événements ou des personnages dans le temps. On en invente beaucoup. Pour éviter les questions, on ferme les archives au public !


Il n’y a donc pas 50 pour cent de faux, mais 100 pour cent. Ces faux ne sont pas des faux pratiques, d’intérêt local, mais le résultat d’une opération de falsification à grande échelle.


Les registres de la chancellerie concordent avec les originaux et contiennent en général les mêmes lacunes. Le fait qu’ils s’arrêtent au 15ème siècle suggère que la falsification commence immédiatement après. Les registres ne trient pas entre les documents authentiques et leurs copies falsifiées puisqu’on y retrouve deux fois la même lettre dans une version différente, ou à une date différente.


La falsification ne pouvait pas être le fait d’un seul notaire pour le texte et la signature. Le chancelier apposait son sceau. Les autres notaires auraient décelé une supercherie, et l’entourage du pape ou de l’empereur aussi. Il fallait que tous fussent impliqués.


Dans un même document (ceux de Charlemagne notamment), le monogramme, le signe de reconnaissance, le chrisme de la chancellerie, le sceau de l’empereur ne se correspondent pas entre eux. Pour les documents papaux, la devise ne correspond pas à la rota, ni la rota à la bulle de plomb (sceau papal). Un certain Peitz explique que les anciens documents en papyrus se détérioraient et qu’on faisait des copies en parchemin. Mais cela n’explique pas que le nom sur les parchemins est presque toujours gommé et réécrit. On explique ces palimpsestes par le coût de fabrication du parchemin qui justifierait un réemploi. Mais cela n’explique pas que ce procédé de réécriture est systématique pour des documents qui auraient du être archivés, et le maintien d’erreurs systématiques de dates et de contenus.


Le monogramme et la rota sont plus faciles à imiter qu’une vraie signature. On prétendait donc que les rois ne pouvaient pas signer car ils ne savaient pas lire et écrire. Mais les sources sont contradictoires à ce sujet. Les Mérovingiens auraient su lire et écrire. Selon Eginhard, Charlemagne savait le latin, la rhétorique ou l’astronomie mais ne savait pas écrire. Mais la Vita Adalhard dit qu’Adalhard le lui avait appris dans sa jeunesse. Eginhard dit que Charlemagne poussait ses enfants à étudier, mais Louis le Pieux se serait vanter de ne savoir ni lire ni écrire. Les « je soussigné » sont écrits de la même main que le reste du document, y compris la signature, et même pour le chancelier, qui doit tout de même savoir écrire.



La chancellerie romaine tenait des registres qui consignaient des copies des documents originaux. Les copies des registres reprennent les défauts des documents originaux : le nom de la personne ne correspond pas à la date car le sujet est censé être mort, la date et le nom manquent ou sont ajoutés ensuite. Et les registres ne trient pas entre les documents authentiques et leurs copies falsifiées puisqu’on y retrouve deux fois la même lettre dans une version différente, ou à une date différente.


Les registres contredisent parfois le document original. Et les copies des registres contredisent les registres originaux (Grégoire VII). Kammeier accuse la « double comptabilité », qui se signale par d’innombrables erreurs, lacunes, ajouts, omissions de mots de lignes ou de noms. Beaucoup d’événements importants, comme 50 lettres de Grégoire VII, ne sont pas consignés. Il n’y a souvent pas de dates. On dit que la Curie oubliait de consigner certains éléments ce qui expliquait les dates fausses, alors que c’était bien le rôle des registres. Les monastères allemands et français ne négligeaient pas ces événements s’étant déroulés à Rome, mais se contredisent sur les dates.


Les catalogues des papes se contredisent entre eux, et leurs versions se contredisent également. Ils citent des papes aujourd’hui considérés comme inventés.


Ainsi comme les monastères et les paroisses, la Curie romaine falsifiait ses registres. Ceci est la preuve de la main de l’Eglise romaine dans la falsification.


Dans une vidéo associée, les éditions Didi18 disent que Rome a toutes ses archives depuis 1198, mais que les documents antérieurs auraient été perdus suite aux célèbres troubles du 13ème siècle à Rome. Néanmoins les archives de Rome sont pillées en 1404, des documents des archives vendues en 1406. La création des archives centrales date cependant de 1612 (Fomenko fournit d’autres chiffres). Après que Napoléon les a emportées à Paris, un tiers avaient été perdues à leur retour à Rome.


Et comment les événements de 1404, 1406 et liés à Napoléon peuvent-ils avoir existé puisque les registres sont toujours complets depuis 1198 ? On retiendra plus simplement que les archives ouvrent en 1612 et créent de faux documents pour toute la période 1198-1612.


Il est dit qu’en 1314 Clément V emmène les registres de Rome à Avignon et les archives à Assise. Il faut y voir Clément VII qui en 1527 amène les registres de Constantinople à Rome.


Kammeier prétend que les chancelleries des rois et des empereurs n’ont pas de registres. Kammeier dit qu’il aurait été difficile pour la Curie de falsifier un registre impérial, et que les vrais registres et vrais documents ont certainement été détruits.


Les annales impériales falsifiées par Rome montrent des empereurs allemands passant leur vie à cheval. Même malades et en plein hiver, ils font des centaines de kilomètres par jour. Ils sont accompagnés d’un gouvernement curieusement composé d’ecclésiastiques et notamment d’une chancellerie mobile. Ceci est déjà difficile à croire. Néanmoins, les documents impériaux sont encore plus étranges. On trouve plusieurs documents signés du même jour mais à des endroits différents. L’itinéraire suivi dans les chroniques est aussi parfaitement incompatible avec les lieux mentionnés dans les documents. Là aussi on peut avoir recours au principe de la « datation non uniforme ».


Néanmoins il est faux de prétendre que l’absence de registres impériaux est faite pour « humilier les allemands ». Si c’était pour cela, on n’aurait pas attribué aux allemands la direction d’un « Saint-Empire » chrétien. C’est le souvenir du Saint-Empire qui rend Kammeier fier, mais il ne peut pas s’en prévaloir pour le glorieux passé de l’Allemagne, et rejeter tout ce qui ne lui convient pas dans ses chroniques.


Un certain Kern dit qu’au Moyen-Age le droit allemand n’est pas non plus écrit, et tombe en quelque sorte sous le sens comme étant issu de Dieu. Le Saint-Empire n’a pas de loi écrite ! Cela serait là aussi la volonté de la Curie d’humilier les allemands en effaçant les lois de l’Empire. Pourtant, il est fait mention des capitulaires francs (perdus !), d’un droit écrit carolingien, de loi des Alamans, de celle des Frisons, des Lombards, des Ostrogoths, des Wisigoths, du code bourguignon. Au 11ème siècle, tout cela disparaît et la loi n’est plus écrite.


Les archives carolingiennes n’apparaissent semble-t-il pas avant 1422, mais ce que relève Kammeier n’est pas si vrai. Il dit lui-même que Rome prétend avoir des lois depuis le 5ème siècle, mais ne peut produire des registres de façon continue que depuis 1198. Et même le premier recueil officiel de décrets pontificaux est daté de 1230 et Grégoire IX. L’Italie a des lois séculières au 12ème siècle, la France en 1207. Si l’Allemagne ne produit pas de lois avant le 14ème siècle, le « faussaire » Eike von Repgau écrit « Le miroir de Saxe » en 1215 comme une compilation écrite du droit coutumier mis par écrit, parce que la jeune génération ne le connaît pas. L’accusation de Kammeier de léser l’Allemagne au profit d’une antériorité du droit ecclésiastique tombe d’elle-même. En revanche, on peut reconnaître que 1215 est trop tôt pour mentionner le collège des princes électeurs. Ce système est celui de l’Empire romain du sud en 1510. Il n’est pas adapté en Allemagne avant 1648 et la fin de la Guerre de Trente ans.


Avant 1493, les archives allemandes ne contiennent pas de dates et seulement l’initiale pour les noms. Cette date de 1493 n’est pas anodine : c’est la date de fondation du Reichstag qui est le Sénat romain, et donc la date de fondation de l’Empire ! Bien que présenté comme un Parlement allemand, l’Empire romain est l’Empire du sud et non Magna Germania.



La loi salique s’applique également à l’Empire du sud et pas à l’Allemagne. Kammeier dit qu’il n’existe pas de copie de la loi salique avant Charlemagne (sauf une). Les annales de Charlemagne pour l’année 802 disent qu’il a diffusé le droit écrit mais il ne publie toujours PAS la loi salique (qui date de Clovis). Le fait est qu’elle est bien publiée, mais sous Charles-Quint. Le jésuite Guillaume Postel ne publie un ouvrage pour la défendre qu’autour de 1530.


Le fait que toutes les copies de la loi salique divergent est une action de falsification tardive pour antidater une loi qui existait réellement (et s’est réellement appliquée en France sous les Bourbons).


Kammeier dit que la Curie romaine a préféré non pas inventer un droit médiéval, mais simplement antidater le droit catholique. D’abord en datant des sources juridiques canoniques au 9ème siècle. Ensuite en faisant des faux impériaux à partir de 1200 qui suggèrent que les Impériaux l’utilisaient.


Il n’y a pas de volonté d’humilier l’Allemagne. Avant le droit catholique du 16ème siècle, il n’existe de droit écrit nulle part. Il est identique au droit romain de l’antiquité. S’il existe un droit écrit en Allemagne, il peut s’agit des Lois du Deutéronome et du Lévitique.



Concernant la transmission littéraire des chroniques et annales, beaucoup de faux sont également admis. Il y en a même plus à la Renaissance, ce qui pour Kammeier signe l’époque de la falsification. Probablement, il y a aussi un effet civilisationnel : il y a plus de documents produits à mesure que le temps avance. Peut-être les faussaires auront voulu remplacer les documents dans le volume attendu.


Kammeier dit qu’il doit beaucoup à la critique des sources, qui détermine ce qui est issu de l’auteur, et ce qu’il emprunte à d’autres auteurs. Certes, mais il suggère que toutes les similarités impliquent des faux (comme pour Germania de Tacite ou Guerre des Gaules de Jules César). Mais la critique des sources ne tire pas en général de telles conclusions.


Tous les ouvrages historiques existent en plusieurs versions qui diffèrent en contenu en volume, dans l’ordre des passages et la langue. Comme pour les documents, les copistes ont omis, ou modifié des passages, et même ajouté des erreurs ! Kammeier montre que dans le récit de la transmission, l’original a toujours disparu, de même que les copies originales qui seraient les modèles des versions existantes. Il suggère que ces textes n’ont jamais existé et que les versions existantes résultent de l’imagination des présumés copistes.


Tous les bâtiments ont brûlé au moins une fois, mais toutes les annales sont présentes, à l’exception des originaux. Le fait de trouver la même « erreur » dans des copies présumées non liées l’une à l’autre permet d’accréditer l’idée d’un original pré-existant qui aurait contenu cette erreur aussi. Sans oublier l’état de conservation exceptionnel de documents pourtant très anciens.


Il y a toujours deux récits contradictoires, ce que Kammeier nomme la « double comptabilité ». J’ajoute qu’on observe ce fait avec les deux ouvrages de Flavius Josèphe qui se contredisent en permanence. Dans un même ouvrage, on trouve souvent deux fois le même récit à des endroits différents, mais avec des détails différents. Les Annales de Fulda qui présentent la transmission de l’Empire carolingien après Charlemagne raconte deux fois l’histoire dont une fois au mauvais endroit.


Ce procédé est bien identifié dans l’Ancien Testament. Ceci suggère que les ouvrages de Josèphe et l’Ancien Testament sont l’objet de la même entreprise de falsification opérée par l’Eglise catholique. Le Talmud, le Zohar et le Coran prétendent d’ailleurs que la Torah est falsifiée. Origène produit des passages prétendument tirés de Josèphe qui ne s’y trouvent plus.


Selon Kammeier il s’agirait de faux intégraux également. Néanmoins, la mention d’une falsification dans le Talmud, le Zohar ou le Coran suggère qu’ils pensent à une version originale et authentique.



Kammeier prétend que le Germania de Tacite et la Guerre des Gaules de Jules César sont des faux qui font passer les Germains pour des barbares vêtus de peaux de bête (Germania). Le fait est que les Tartares au 19ème siècle portent des peaux de bête dans des pays comme la Finlande. Kammeier fait valoir qu’à l’âge du bronze les allemands connaissaient la roue que les Romains ne possédaient pas. Mais l’âge du bronze est une fiction d’archéologue et ce genre de comparaison n’a pas de valeur pour un récentiste.


L’auteur prétend que les informations de César sur la religion des Germains est fausse. Mais s’il se fonde pour dire cela sur la mythologie allemande du 19ème siècle fondée par Jacob Grimm et les amis de Richard Wagner, on ne peut pas être surpris du remplacement de Mercure et Triston par Wotan et la Lorelei. Mercure ou Hermès est une des formes de Moïse. 


L’éditeur allemand cite en note – également traduite – un auteur juif qui décrit le christianisme comme un prolongement du judaïsme destiné à anéantir la vigueur païenne européenne. Le milieu païen fantasme cette ancienne culture inventée au 19ème siècle, qui aurait été supplantée par les « religions du désert » selon l’expression d’Alain de Benoist. Cette hypothèse est reprise par certains auteurs juifs flattés.


Ce qui est attesté du paganisme – qui est juste une expression méprisante désignant la religion des paysans – se retrouve dans le judaïsme, puisque Jovis ou Jupiter est identique à Yahvé. Les prêtres de Yahvé sont originellement les druides gaulois, avant que leur fonction ne soit reprise par l’Ordre du Temple. Ainsi on trouve l’explication au double héritage du christianisme, qui reprend en grande part des traditions et des textes supposés être juifs, et des éléments jugés d’origine païenne comme la fête de Noël ou les œufs de Pâques.


Kammeier veut voir dans le fait que dans la cité allemande, le prêtre est supérieur au chef militaire et dirige la justice, une preuve de la falsification de la Curie romaine. Le fait est que dans la Bible, Israël est dirigée pendant 400 ans par des Juges avant l’apparition des rois d’Israël que sont Saul (Jules César), David, et Salomon (Charlemagne).


Un certain Frahm remarque que Tacite emprunte au sujet des Germains ce que Posidonios dit des Scythes et des Celtes. Mais les Grecs ne mentionnent pas les Germains, et les Romains ne mentionnent pas les Scythes. Tacite emprunterait à Hérodote, Strabon, Mela, Posidonios, Jules César, Livius, Salluste. Son style est très proche de Salluste. On cite aussi un ouvrage de Pline l’ancien sur les Guerres de Germanie (perdu !).


Kammeier en déduit que Tacite n’a que des sources littéraires alors qu’il aurait dû se renseigner auprès des Germains vivant à Rome ou des Romains qui étaient allé en Allemagne. Mais Tacite n’est pas un nom et signifie probablement « anonyme », et s’il écrit comme Salluste, c’est qu’il est sans doute Salluste. La biographie d’un « Tacite » est entièrement fictive.


Kammeier accuse le fait que le mode de répartition par l’héritage des terres des Germains chez Tacite est le même que celui que Jules César attribue aux Suèves. Ailleurs il dénonce le fait qu’Hérodote, César et Tacite utilisent la même phrase pour décrire trois peuples différents. Veut-il ici encore parler des Scythes, des Germains et des Suèves ? Les Suèves sont après tout bien des Germains, et César ne connaissait de l’Allemagne que les rives du Rhin. On a donc probablement le même peuple sous un nom différent.


Kammeier ajoute qu’aucun auteur antique ne mentionne Germania de Tacite. L’ouvrage réapparaît tardivement en 1455 dans un monastère, et on en fait aussitôt des copies modernes, pour perdre aussitôt l’original. Néanmoins c’est ainsi que la totalité des documents de l’antiquité ont réapparu à la Renaissance, et le récit classique pour les reculer dans le temps. C’est donc le récit de la découverte fortuite du manuscrit dans une bibliothèque où il prenait la poussière qui est falsifié. Sur le fait qu’aucun document antique ne le cite, Salluste est sans doute un auteur tardif, plutôt de 1535 que de 1455. Or de 1525 à 1555, Charles-Quint est bel et bien en guerre contre les « princes protestants » d’Allemagne. Il s’agit de Charlemagne en lutte contre les Saxons. Ce sont précisément les chroniques « falsifiées » de Charlemagne qui disent que les Saxons étaient des païens. Tout un courant de nationalistes britanniques affirme que les Saxons sont le peuple d’Israël. Dans la version byzantine, Heraclius est en guerre contre les « Sassanides » de religion zoroastrienne. Pas de mystérieuse influence du petit peuple juif du Moyen-Orient venant anéantir une glorieuse civilisation païenne.


Le fait que Tacite se contredit beaucoup est en revanche le signe d’une édition continue du texte par la suite. Ainsi nous avons bien un faux, à partir d’un document d’origine sans doute en partie authentique.


On prétend que l’humaniste Eneo Silvio Piccolomini, devenu pape sous le nom de Pie II, joua un rôle important dans la diffusion de l’œuvre. Piccolomini aurait travaillé à la chancellerie de Frédéric III, où il falsifiait « pour l’effet littéraire » selon Brandi. Imprimée pour la première fois à Bologne en 1472, Germania connaît six éditions en Allemagne entre 1473 et 1509.


Chose étonnante : en 1457, Pie II a publié un ouvrage également nommé Germania sur l’Histoire du Saint-Empire (cf wiki). Probablement cet ouvrage est introuvable ! Tacite signifiant anonyme on aura gommé le nom de l’auteur. Peut-être écrivait-il aussi sous le pseudonyme de Salluste.


Guerre des Gaules de Jules César est publié en 1526 par Giovanni Giocondo (modèle pour la biographie de Léonard de Vinci). Il est fait mention du fait que le passage de Jules César sur les druides est similaire à un passage chez Strabon et un autre chez Diodore de Sicile. On ne sait pas s’il s’agit d’une formulation. Mais s’ils disent la même chose, on ne pourra pas les accuser de se contredire. La géographie de Strabon est plus rudimentaire que celle de Ptolémée, donc l’auteur peut être antérieur à Jules César, mais Diodore de Sicile donne l’impression d’être un auteur tardif (17ème voire 18ème siècle).


On ne peut de même pas reprocher à César de s’inspirer de Posidonios quand il décrit les Celtes sans le contredire. Kammeier a trop fondé ses démonstrations sur les contradictions pour se scandaliser des affirmations corroborées.


Plus essentielle est sa remarque sur le fait que César, bien qu’ayant vécu sur le Rhin se trompe sur la géographie du Rhin supérieur et de l’Helvétie, qu’il aurait empruntée à Artémidore. Là encore, la biographie de Jules César est fictive. Si on se réfère à celle du pape Jules II, ce dernier est bien légat (du pape !) en Gaule et mène des opérations militaires, mais ne se rend pas en Allemagne.


Kammeier cite des faux universels reconnus pour montrer que des faux universels existent bien et qu’ils ont été rédigés dans l’intérêt de l’Eglise romaine. Ces faux sont : les Capitulaires bénédictins, la Donation de Constantin, le Livre des Conciles d’Isidore de Séville. Le fait qu’ils soient universellement considérés comme des faux, y compris par l’Eglise qui avait tout intérêt à décréter valides les décrets des conciles comme la Donation de Constantin, est bien de nature à éveiller les soupçons.


Le texte désigné comme les capitulaires bénédictins est un recueil plus vaste, dont les capitulaires de Pépin, Charlemagne et Louis le Pieux ne constituent qu’une petite partie. Ces capitulaires prétendent que la loi de l’Eglise prime sur la loi séculière, que les causes majeures sont de la compétence exclusive de Rome, que le séculier n’a pas à se mêler de la justice des clercs, et que le synode ne peut pas se tenir sans l’autorisation du pape, ni ses décisions s’appliquer sans confirmation par le pape. Les capitulaires sont bien sûr des faux. Ces débats agitaient l’Eglise de France encore en 1570 APRES le concile de Trente. Les français s’en tenaient pour la tradition aux pratiques des églises nationales héritées justement de Charlemagne. Il faut donc que les capitulaires bénédictins aient été publiés fort tard. La congrégation de Saint-Maur au 17ème siècle en est sans doute à l’origine.


La Donation de Constantin des territoires de Rome au pape Sylvestre donne à l’église de Rome le pouvoir sur les églises chrétiennes. Reconnue comme un faux, elle aurait été rédigée au 8ème siècle à Saint-Denis, ou à Rome sous les papes Paul II ou Hadrien Ier, pour des raisons de style littéraire.


Mais Kammeier oublie ici sa méthode. Alors qu’il prouve que produire des faux en termes de privilèges et de possession des terres ne permet pas de se les voir attribuer face à de vrais documents et une tradition ininterrompue, il ne remarque pas que la Donation de Constantin a des conséquences pratiques. Il n’était pas possible pour un clergé sans armes de s’emparer des Etats de l’Eglise si au moins un de ces donations n’avait pas été authentique. Jamais l’Empire ne se serait laissé dépouiller ainsi. Or les Etats de l’Eglise existent bien ! On prétend qu’ils apparaissent au 8ème siècle, bien après Constantin (4ème siècle). En réalité les cartes ne les mentionnent pas avant 1550.


Ainsi un document authentique a été déclaré faux par consensus. Mais cette affirmation n’a elle aussi eu aucune conséquence pratique, puisque la papauté a conservé ces territoires.


Une autre donation est venue se substituer à la Donation de Constantin, puisque la Donation de Pépin le Bref donne à nouveau les territoires de Rome à l’Eglise. Des auteurs du 12ème siècle comme Otto de Freising, puis du 15ème siècle comme Lorenzo Valla, Nicolas de Cues, Reginald Peacock la dénoncent comme une autre falsification. Tous étonnamment sont encore des partisans de l’Eglise de Rome. Quel intérêt des Romains auraient-ils eu à dénoncer les Donations qui favorisaient leur camp ? Les auteurs du 12ème sont certainement également du 15ème ou 16ème siècle. Freising a lui-même été accusé d’être un faussaire de chroniques. Ceci est une des « astuces de faussaire » que Kammeier mentionne, mais il n’avait pas pensé à celle-là.


Par ailleurs, Kammeier se plaint au long cours du fait que les papes ont toujours le beau rôle dans les chroniques par rapport à l’empereur. Comme on l’a dit, si la Curie avait seulement voulu humilier l’Allemagne, elle n’en aurait pas fait un Saint-Empire. Mais ici aussi, c’est l’empereur Constantin qui valide la légitimité du pape et non le contraire. Il en est de même pour les chroniques des rois mérovingiens, dont on dit qu’ils choisissaient les évêques.


Un tel document est en réalité dangereux pour des papes qui se prétendent au-dessus de l’empereur, comme Grégoire VII. Ainsi au début des falsifications, c’est bien l’empire qui est au-dessus du pape. Au 16ème siècle les Jésuites écrivent des utopies en faveur d’une « église universelle au service d’un empire universelle ». C’est donc pour eux l’empire qui dirige et l’Eglise qui le sert. Paul II et Hadrien Ier seraient Paul III (1534-1546) et Adrien VI (1522-1523).


Je suggère que Constantin est en réalité Charlemagne, et qu’il relocalise sa capitale à Constantinople (comme « Soliman »). L’église de Rome est ici Constantinople et Sylvestre un pape grec. Le concile de Nicée a lieu vers 1520 en Grèce. Quand il était roi des Gaulois, Charles validait des églises locales. En tant qu’empereur il préférait centraliser. Adrien VI, Clément VII et Paul III sont sans doute des papes byzantins. Clément VII est le premier pape Clément et Paul son contemporain Saint-Paul. Dans les épîtres de Paul, Rome apparaît parmi des églises grecques et est donc logiquement Constantinople. La Curie n’arriverait en Italie que sous Paul III. Clément nomme Martial évêque à Limoges, et Denys à Paris : ceci n’a pas lieu au premier siècle mais en 1530.


On traite du Livre des Conciles d’Isidore comme un faux. En 856 le pape Nicolas le connaît, ce qui fait qu’on identifie le faux du 9ème siècle, sous le nom de Fausses Décrétales. Il n’y a en réalité pas de pape Nicolas au 9ème siècle, au mieux au 16ème siècle.


Ces décrétales reprendraient les données des capitulaires bénédictins, la Donation de Constantin et les décrets des conciles des trois premiers siècles. Pseudo-Isidore aurait écrit « le pape n’est plus le sujet du roi, il n’est plus seulement à la tête de l’Eglise, mais à la tête du monde entier. ». A sa décharge Kammeier fait remarquer que la Donation de Constantin ne se trouve pas seulement chez Isidore. Et nous avons vu qu’il n’y a pas de raison de la considérer comme un faux.


Le Livre des Conciles avait été amenée au concile de Bâle en 1437, et j’ai suggéré que c’était les Grecs qui avaient amené les documents des conciles s’étant déroulés chez eux. Les conciles étudiés à Bâle étaient ceux de Césarée (effacé avec les Fausses Décrétales), Nicée et Chalcédoine. En termes de conciles « des trois premiers siècles » falsifiés, il n’y a donc que Césarée. Etant donné que les participants au concile de Bâle se réfèrent constamment à celui de Nicée comme étant le premier, il est clair que Césarée s’est en réalité déroulé après. Aucun concile des « trois premiers siècles » n’est donc mentionné dans le Livre des Canons d’Isidore. Isidore dit peut-être que le pape est supérieur au roi, mais sûrement pas à l’empereur, puisqu’il y en a un à Constantinople à cette époque, et qu’il présidait aux trois conciles cités.


Quant au fait que la Donation de Constantin octroie la primauté du pape sur l’Eglise, c’est précisément ce qui était en jeu à Bâle et la délégation grecque a effectivement choisi de suivre un concile séparé avec le pape plutôt que de suivre l’Eglise collégiale de Bâle. Et c’est bien cette centralisation qu’avalise le Concile de Trente. Jamais un simple faux n’aurait emporté l’adhésion sans l’autorité réelle de l’empereur.


C’est certainement le Livre des Canons d’Isidore qui influence la rédaction des capitulaires bénédictins et non le contraire. Il n’y a pas de Bénédictins à cette époque, et un tel faux aurait été découvert.



Beaucoup d’humanistes ont été accusés d’être des faussaires au 15ème et 16ème siècle. On a déjà cité le pape Piccolomini, mais il y a également Nicolas de Cues, Poggio Bracciolini, dont les biographies prétendent qu’ils retrouvaient des documents de l’antiquité dans les bibliothèques poussiéreuses des monastères. On a aussi Annius de Viterbe qui fait publier en 1498 une compilation appelée Antiquités contenant censément les ouvrages de Bérose, Manéthon, Caton, Fabius Préthor.


Or cet ouvrage ne doit pas être disponible, puisqu’on prétend que Manéthon n’est plus connu qu’à travers les extraits mentionnés par Georges les Syncelle, Eusèbe de Césarée ou Julius Africanus. Là, oui, on peut suggérer une falsification, car toutes ces versions se contredisent.


Annius était maire du palais du pape Alexandre VI. Ce titre a été attribué à Charles Martel à la fin de la dynastie mérovingienne (780). On peut donc en déduire que l’ancien pouvoir dit « mérovingien » est caché par les papes qui précèdent l’avènement de Charles-Quint, codé en Charlemagne.


Jean Trithème (1462-1518) était déjà dénoncé en son temps comme un falsificateur. Il publie notamment une Histoire des Francs attribuée à Hunibald, un supposé contemporain de Clovis, qui lui permet de relier les Francs aux Troyens. Néanmoins, sur les cartes, les Francs n’apparaissent pas avant la fin du 16ème siècle. Je suggère donc que Trithémius est antidaté d’un siècle. Trithémius est censé avoir donné l’ouvrage à Maximilien Ier. Il s’agit sans doute de Maximilien III (1568-1618) archiduc d’Autriche. Kammeier fait remarquer que ces faux du 16ème siècle sont de même facture que les faux bien plus anciens. Kammeier dit que ces faux littéraires reconnus sont presque toujours du 16ème siècle au plus tôt, à quelques exceptions antidatées.


La Chronique de Fredegar, basée sur celle de Grégoire de Tours, permet d’inventer l’ancienneté des Francs, et leur christianisme. Elle complète utilement celle d’Hunibald, et doit être de la même époque.


Les Annales impériales carolingiennes (741-829) n’existent que sous la forme de copies, avec des erreurs de dates. L’éditeur allemand écrit qu’elles ont été écrites tardivement au monastère de Lasch.


Les manuscrits de Vita Karoli d’Eginhard sont classés en trois catégories A, B et C, selon leur dépendance à trois modèles de première génération. L’original et les trois copies de première génération ont évidemment disparus. Les modèles A, B et C se complètent ou se contredisent. Eginhard est censé être un témoin oculaire, mais il dit que plus personne de vivant ne pourrait donner de détails sur la jeunesse de Charlemagne. L’histoire officielle s’appuie plutôt sur les Annales de Carloman et le quatrième continuateur de Fredégaire, notamment le partage du royaume de Pépin entre Charles et Carloman. Aussi on prétend qu’Eginhard, qui donne une autre version de cet épisode, commettait beaucoup d’erreurs. Il se trompe sur le nom des épouses et des enfants de Charlemagne ainsi que sur leur nombre, confond les papes. Il dit à un endroit que Pépin est choisi par Zacharie, ailleurs par le pape Etienne suite à la destitution d’Hildéric. Les documents de Grégoire VII se servent d’Eginhard comme précédent pour justifier la déchéance d’Henri IV, mais mentionne lui aussi Zacharie et Etienne sans choisir. Charlemagne étant un pastiche de Charles-Quint. Vita Karoli n’a pas pu être écrit avant la seconde moitié du 16ème siècle.


Widukind de Corvey rédige en 960 l’Histoire des Saxons. Il commence avec les Carolingiens, mais il est dit qu’il les confond souvent entre eux. Il est dit que chez les Carolingiens l’armée victorieuse désigne l’empereur par acclamation. Mais Widukind attribue ce fait non aux Carolingiens mais à Otton Ier le roi Saxon. Or d’autres sources prétendent qu’Otton a été couronné en Italie par le pape. Widukind prétend que c’est seulement après Otton que le pape participe à la désignation de l’empereur.


Pour une fois qu’un auteur ne crédite pas le pape de faire l’empereur, Kammeier l’accuse de falsification. Il aurait pu noter que l’acclamation de l’empereur par l’armée est une pratique de l’ancien Empire romain. Otto Ier le Saxon et Charlemagne le Carolingien sont identiques à Auguste l’empereur romain. La falsification de Widukind se situe dans le fait que depuis 1493 et la fondation de l’Empire, l’Empereur est élu par le Sénat et non pas acclamé par l’armée. Il transforme en roi des Saxons celui qui est l’adversaire historique des Saxons, à savoir Charlemagne.


L’humiliation de l’empereur Henri IV à Canossa est liée au faux récit du moine Lambert, qui imite lui aussi le style de Salluste et Livius, et une lettre du pape Grégoire VII dont Kammeier montre que les registres sont falsifiés.


Il est dit qu’Henri IV opprimait les Saxons. Saxons et Souabes firent la paix avec Henri IV mais lui intimèrent de se rendre en Italie demander le pardon du pape. Henri IV aurait construit des châteaux au sommet de toutes les collines de Saxe. Kammeier fait remarquer qu’on disait la même chose d’Henri Ier. J’ajouterais que le Grégoire « sept » qui se sert d’Eginhard – auteur de la seconde moitié du 16ème siècle – est sans doute Grégoire XIII vers 1580. Les deux sont connus pour leur « réforme grégorienne », et ont été en conflit avec un souverain nommé Henri IV. Henri IV de France va lui aussi s’incliner à travers sa conversion au catholicisme en 1594 et se rendre en Italie recevoir le pardon de Clément VIII. Les châteaux en haut des éminences sont le fait bien connu des Cathares dans le sud ouest de la France, c’est-à-dire la Navarre ou le pays d’Henri IV. C’est son prédécesseur Henri III qui était haï de la population et dont on dit qu’il était chassé de partout après avoir persécuté les catholiques. L’histoire de l’Allemagne au 11ème siècle est ainsi copiée sur l’Histoire de France au 16ème siècle.


Kammeier s’indigne de la légende de la « minuscule carolingienne ». Il n’y a pas vraiment de mystère. Avant la Renaissance, les textes en latin sont en majuscules et « antiques ». L’apparition de la minuscule correspond au 16ème siècle. Tout document antérieur contenant des caractères minuscules est falsifié. Kammeier fait d’ailleurs remarquer que l’utilisation des runes par les allemands est trop tardive si les allemands savaient parler latin au Haut Moyen-Age.


Kammeier prétend que les documents falsifiés font référence aux baillis qui n’existent plus au 16ème siècle. Il n’est pas du tout impossible que ce titre ait été en vigueur au 16ème siècle, la véritable époque de Charlemagne.