Bolchevisme et ploutocratie anglo-saxonne
• QUELQUES MOTS EN GUISE DE PREFACE. Cette brochure n'est pas signée. L'auteur aurait pu la signer. TI préfère un simple point d'interrogation. Son travail est œuvre de bonne foi, sans ostentation et san~ esprit de réclame. Les gens qui « savent >> reconnaitront aisément un vieux ro,utier de la politique, initié à tous les détours du sérail. Ce sera un vrai plaisir d'amateur de chercher qui, parmi les hommes hier mêlés aux organisations et à la vie politique active, a bien pu être au courant des singuliers secrets qu'on dévoile dans les pages prochaines. Un peu de mystère ne messied point à la vérité. · L'ENCERCLEMENT DE L'ALLEMAGNE. • Comme antifas~iste d'hier, nous confessons que l'Alle magne a été en butte à des tentatives systématiques d'encer clement. Le procédé conduisait à la guerre; il aurait été enfantin de supposer que l'Allemagne se laisserait étrangler sans se battre. Et le caractè~e inéluctable d'un conflit sanglant, consé quence d'un état d'esprit inexcusable chez nombre d'anti· fascistes, heurtait notre conception du pacifisme. Nous avons cessé de suivre la bannière rouge quand on nous a révélé que ses plis celaient une criminelle combinaison politique. n y a là des paroles assez faciles à dire, et qui ne convain· cront personne. Mais les faits qui les appuient sont un tantinet plus sensationnels, et feront se frotter les yeux à plus d'un miHtant -qui nous connaît peut-être. Exprimons tout de suite notre méfiance pour les affirma tions trop entières et sans nuances. La vie réelle est infiniment plus complexe que les doctrines et les théories le font supposer. . Nous ne sommes ni antijuif, ni antimaçon, ni anti-quelque chose à priori, sans raisons palpables; tel ce saint connu de tous, nous voulons voir, pour croire ... Nous aurions dû signer 1 « Thomas » ! -5 • • 1 • • • Pour appliquer notre esprit critique, disons que l'encer· dement de l'Allemagne n'est pas une pétition de principe, une affirmation sans preuves d'où va, ici, sortir une foule de conséquences. Au contraire, la volonté d'encerclement a été, à nos yeux non prévenus - ou plutôt prévenus contre la 1 1 • • 1 ' démonstration - démontrée de façon certaine et irréfutable; de même que la volonté de guerre contre l'Allemagne. Tran· chons le mot : des amis, dans un moment d'expansion étour· dissante, nous ont << mangé le morceau »; ils ont, si vous pré· férez cette expression aristocratique, <<mis les pieds dans le plat»! Et ceux-là étaient 'parmi les cuisiniers du banquet infernal qu'on nous préparait! .. UNE PRODIGIEUSE ET CYNIQUE ALLIANCE. Commençons par le commencement. Eri 1929, un commu· niste français imaginait un plan quasi-génial. n voulait susciter une ,organisation mondiale et un mouvement de masse pour appuyer la politique de la Société des Nations, laquelle - comme on sait - était inspirée par l'Angleterre. n estimait que la Société des Nations prendrait alors assez dt' force pour grouper autour d'ella toutes les soi-disant démo· craties. Et alors, pensait-il, la paix !serait assurée : par l'organisation de la sécurité collective. Son calcul ne fut pas approuvé par le Komintern, qui avait, on peut le croire, d'autres idées. Mais, le projet fut cla,ssé; et plus tard, lorsque l'U.R.S.S. vit se dresser devant elle l'Allemagn;.e de Hitler, certains se souvinrent et méditèrent: << Si le mouvement de masse réussit, les puissances démocra· tiques auront réalisé l'encerclement de l'Allemagne, qui ne se résignera pas à abdiquer. Ce sera la guerre. La guerre, c'est-à-dire l'épuisement des peuples, le fumier où germent tous les mécontentements, la meilleure préparation à la révo· lution mondiale, que nous, U.R.S.S., nous pourrons susciter à l'heure H - surtout si nous demeurons hors du conflit. » Nous ne parlons et n'imaginons pas à la légère, ainsi qu'on va le voir plus tard. Une première tentative de réalisation eut lieu. Elle échoua. C'est alors qu'en 1935, un agent du Komintern en France, jeune, remarquablement doué, audacieux et habile, reprit tout à pied d'œuvre; et réussit, au delà de tout espoir, grâce à un concours de circonstances. TI parvint à réaliser une extraordi· naire alliance, allant depuis les syndicats soviétiques, repré· sentés par Chvernik, jusqu'à Lord Robert Cecil, ancien ministre -6 ' • • . • ' • • • • • • • ' • • -1 • • britannique de la guerre 1914-18, en passant par les paci· fistes anarchisants, nos saints évêques et le Comité des Forges; le tout appuyé par n9mbre de francs-maçons, de juifs et de financiers. C'était une joyeuse aventure, digne des contes de fées. On publiait, ces jours-ci, 24 juillet, un entrefilet relatif à l'archevêque de Canterbury : -« La presse du diocèse de Canterbury publie aujourd'hui un article du primat de l'~glise anglicane. L'archevêque écrit textuellement : Nous devons acçorder toute l'aide possible aux bolcheviks qui combattent pour imposer à leurs adversaires une conception politique et sociale ayant une valeur morale. » Le digne homme a signé en 1935 une déclaration en faveur de l'organisatio~ imaginée par le Komintern. La déclaration fut obtf"nue par démarche d'un des secrétaires, présenté à l'archevêque, en son somp· tueux palais, par un ancien député travailliste, le Lt.-Com·· mander Young. L'archevêque est, en effet, un vieux démo· crate : selon Paris-Midi du Il j~et 1937, le Très Révérend prince de I'~glise, fit, en 1931, une croisière .. en Méditerranée à bord du yacht mis à sa disposition par le magnat milliardaire américain J. P. Morgan! Prodigieux ensemble de compromissions, en général dissi· 1 mulées avec soin au public ! Et l'on peut croire que l'alliance antifasciste, couverte du nom de « Rassemblement Universel pour la Paix», eût, avec ., un tel patronage~ un développement sérieux. Réunions, tracts, conférences, brochures, meetings se su~cédaient à un rythme fiévreux. Et non pas de petites manifestations : dès août 1936, le meeting de Saint-Cloud, où le Président Léon Blum prit la parole, avec orchestre comm1miste (des canons, des avions pour l'Espagne ! ), groupait plus . de 500.000 personnes. D .serait vain de nier l'importance des répercussions qu'un mouve· ment aussi vaste a pu avoir sur l'opinion et sur l'orientation politique. • • • LA NAISSANCE DU MONSTRE. • • Le Rassemblement Universel pour la Paix, ou R.U.P., comme on disait couramment, est né au siège du Comité National contre la Guerre et le Fascisme, 237, rue Lafayette, Paris. Barbusse, venait de décéder à Moscou, et son coadjuteur bolchevik, Louis Dolivet, qui dirigeait en fait l'hebdomadaire Monde, était rentré d'U.R.S.S. avec les instructions néces· •• sal.l'es. · Notons que Louis Dolivet s'appelait en réalité Udéanu et • • -7 , ' • • ' • • • 1 • l 1 • • • • qu'il était d'origine roumaine. n n'était pas encore français; mais il fut naturalisé en 1936 par la grâce d'un membre du Conseil de l'Ordre du Gra~d-Orient de France, Laurent, dont le fils était rédacteur à l'Humanité sous le pseudonyme d~ P.-L. Damar. On dit que la qualité de français lui a été retirée depuis juin 1940. na pourtant été, selon les principes commu nistes un excellent soldat, mobilisé dans l'armée française et d'ailleurs installé près de Paris dans un camp d'aviation .••• L'agent bolchevik s'adjoignit, pour se couvrir, un petit radical sans importance, qui reçut comme eau bénite les décla· rations pacifistes du malin Dolivet, et qui eut la candeur d'in· troduire celui-ci auprès d'amis fort utiles : l'ancien député de Paris, Lucien Le FQyer, président du Conseil National de la Paix et grand-maitre d'honneur de la Grande Loge de France; J. Prudhommeaux, secrétaire général de l'Association Fran çaise pour la S.D.N., ami et confident du Professeur Th. Ruyssen le deus ex machina des associations pour la Société de~ Nations à Genève. Louis Dolivet fit son premier voyage officiel à Londres, pour le Rassemblement Universel pour la Paix, avec l'intro duction de Le Foyer et de Prudhommeaux. TI s'agissait de toucher la puissante et riche League of Nations Union, et de décider son chef, Lord Robert Cecil, à patronner l'alliance protéiforme. La prétention n'était pas mince. Pourtant, l'éton nant Dolivet emporta la place. Mais sur quel terrain se fit l'entente du vieux roublard anglais et du jeune combinard • bolchevik? • Officielleme;nt, le Rassemblement Universel pour la Paix prit naissance à Genève et un commun1qué aux agences annonça partout que les grands pacifistes réunis en cette Mecque anglo-saxonne avaien~ eu soudain une idée miracu· leuse. Naturellement, Lord Cecil était déjà désigné aux futurs fidèles comme le prophète, et, derrière lui, s'esquissait la silhouette un peu mince et équivoque de Pierre Cot, futur ministre de l'Air, « client » des bolcheviks. C'était de la frime. TI s'agissait de cacher l'origine exacte du R.U.P. qui, malheu reusement pour la combinaison anglo-russe, est fixée par un article du très qualifié Prudhommeaux dans « La Paix par le Droit » de janvier 1936. On a dindomîé les croyants; on s'est moqué du public. n est à noter, en tous cas, qu'on trouve en cette histoire, dès l'origine, le Komintern, les Conservateurs anglais repré sentés par Lord Cecil, et les Radicaux français représentés par Pierre Cot. L'initiative revient, sans conteste, aux bol cheviks; le développement revient aux Anglais; et, comme il va de soi, les Français se révèlent excellents suiveurs ! -8 • • • 1 1 • QUELQUES DESSOUS DE L'ENTENTE BOLCHE VICO-BRITANNIQUE. Naturellement, on dira que Lord Cecil n'est pas le Gouver· nement de Sa Majesté, et que Pierre Cot est encore moins. Pour Chvernik, il serait un peu plus difficile de le distin guer du Komintern et du Gouvernement de l'U.R.S.S. Pierre Cot, certes, n'a là d'importance que comme symbole. TI lui manquait un mandat de Parti Radical, tout comme à Salomon Grumhach, le député S.F.I.O., juif et anti-hitlérien forcené, un mandat du Parti Socialiste. Mais, Grumhach devint membre de la Commission des Affaires ~trangères, et Pierre Cot devint ministre de l'Air. Si ce n'était pas quelqu'un, c'était déjà quel<pe chose. Cot était lié hien avant avec les bolcheviks. D était président du Groupe Interparlementaire, càricature communiste de l'Union Interparlementaire, depuis 1934. Quant à Grurnbach, il.reçut un appui (sous quelle forme?) du Komintern aux élections de 1936, qui le firent entrer à nouveau au Parlement. Malgré tout, le pivot est Lord Cecil, l'organisateur du célèbre Peace Ballot, l'ancien ministre britannique, le vieilla.rd retors et tenace, initié à tous les détours du pouvoir et à tous les recoins obscurs de la _S.D.N. Or, Lord Cecil ne cacha point, quand il accepta de prendre la présidence -avec Pierre Cot, mais celui-ci_lui cédait toute l'initiative -du R.U.P., que le chef de la League of Nations Union ne pouvait pas accomplir un geste de conséquences internationales aussi grandes sans « mettre au courant » le Gouvernement de Sa Majesté Britan· • . mque. «Mettre au courant»? Doit-on oublier que, à la famille des Cecil se rattachent les Salisbury? Et n'est-ce pas le marquis de Salisbury (1830-1903) qui, en 1895, prit comme ministre des Colonies Chamberlain? Pendant les deux ministères Salis bury-Chamberlain se perpétua ce crime qu'on appelle guerre des Boers, voulue par les hommes de main des Rothschild · pour assurer à ceux-ci un excellent moyen de dominer le marché de l'or. L'assujettissement de. la bande politicienne aux Rothschild est claire, lorsqu'on sait qu'en février 1898 des pourparlers secrets entre le Gouvernement de Guillaume II et. le Gouvernement Britannique eurent lieu chez le baron Alfred de Rothschild, associé de N.M • . Rothschild & Sons (Comte Corti, Maison Rothschild, t. 2, p. 439). Lord Cecil, quand fut posée la question financière concer nant le R.U.P., se mon~a assez évasif .au sujet de l'appui de • • -9 • 1 • 1 • ! • , ' ' la League of Nations Union; il préférait visiblement que les fonds eussent une source moins soumise à contrôle et plus personnelle. Le grand seigneur conservateur laissa entendre qu'un appui important pourrait être fourni, pourvu qu'on lui laissât les mains libres et que de vilains indiscrets ne deman· dassent point l'origine de la bonne «galette » .... Et, avec son sourire fin, il évoqua discrètement le souvenir des appuis qu'en d'autres circonstances il avait reçu d'amis américains richis • sunes .... En fait, les premiers fonds furent trouvés à Paris. Cela ne signifie pas, d'ailleurs, que l'origine des fonds fût fran· çaise. Selon un état' sommaire des dépense~ .et recettes au 17 mars 1936, qui nous est tombé entre les mains, les dépenses visibles se sont montées à 45.631 fr. 10. Là-dessus, le Comité pour la Paix a versé 10.000 francs. Ce Comité pour la Paix était un organisme officieux du Grand-Orient de France, et il était présidé par Laurent, membre du Conseil de l'Ordre, dont il a été parlé plus haut. Pierre Cot figurait pour 1.000 fr. et Olaf Aschherg pour 2.000 fr. L'agent holche vick Dolivet avait souvent recours à Aschherg quand il était embarrassé. Quel était, au fait, ce Aschherg? On en a parlé, récemment, comme d'un «banquier» mystérieux du Komintern. Pas si mystérieux; et ne s'y laissaient prendre que ceux qui voulaient hien; vraiment banquier, au surplus. Aschherg, initiateur de la Banque de Commerce Russe en 1922, avait dès avant cette époque rendu d'importants services aux Soviets pour les vire ments de fonds et les transferts d'or, soit par la Nya Bank, soit par la Svenska Ekonomi A.B., de Stockholm. La presse financière de l'époque a publié maints détails, et, entre autres, que, lor!$ de son voyage en U.R.S.S., le banquier juif Max May, ancien vice-président de la Guarantee Trust Co of New-York, était piloté par Olaf Aschherg, qui -écrit textuellement un grand organe financier -« ami de la première heure du Gou vernement des Soviets, sert tout ensemble de mentor, de guide et . d'impresario à ses associés américains » (Information, 29 novembre 1922). Au Secrétariat International, dont certains comptes nous sont également tombés entre les mains, si l'on se fie à un bilan au 16 juillet 1936, la majeure partie des recettes provient de l'Angleterre, qui avait versé 11.271 francs suisses, alors que l'U.R.S.S. avait versé 2.024,60 francs suisses; et les autres pays pratiquement rien, puisque le total des recettes était de 14.020,60 francs suisses. -10 ~---------,~·.----~--------~-- ' ' • 1 • • Nous n'avons pas d'autres comptes; mais ceux-ci apportent une clarté parfaite sur la réalité de l'alliance entre les bolcheviks et les Anglo-Sa.xons. Ce sont eux qui ont machiné et lancé le R. U.P., avec la collaboration de francs-maçons français et de ' • r l • financiers juifs ou judaïsants américains. ~ LES PREMIERS GESTES ET PERSONNALITES . DU COMPLOT. Nous avons sous les yeux la première et la seconde brochure éditées par le R. U .P. en France. Elles sont significatives. La première, de pauvre apparence, a sa couverture illustrée de trois portraits : Pierre Cot, Lord Cecil et Léf?n Jouhaux; et de quelques signatures :William Elva, archevêque d'York; Lord Cecil; Yvon Delbos; Salomon Grumbach; J. Racamond ~ Henri Rolin;.~mile Borel et CamiJJe Planche. Le texte parait un peu truqué, suiirant rusage bolchevik, et tous les textes, visiblement, ne sont pas destinés au R.U.P., qui a usé de c la foire d'empoigne ». On n'y relève guère, comme «papiers sérieux», élaborés pour l'alliance bolchevico-britannique, que les textes signés : Lord Cecil, Léon Jouhaux, l'archevêque d'York, le général Pouderoux, Th. Ruyssen, Salomon Grum- ' · bach; Henri Rolin, sénateur de Belgique; ~mile Borel; Philip Noêl Baker, ancien député travailliste, fidèle secrétaire de Lord Cecil; Henri van Etten, secrétaire général de la Société Religieuse des Amis (Quakers); Lucien Le Foye:r; et enfin Pierre Cot. · La seconde brochure est luxueuse ; le Pactole a versé · quelques flots. On y trouve des portraits sur papier somptueux: Edouard Benès, président de la République tchécoslovaque; ~douard Herriot, ancien président du Conseil; Manuel Azaii.a, président du Conseil d'Espagne; le juif Victor Basch, président de la Ligue des Droits de l'Homme; Julio Alvarez del Vayo, ancien président de la Commission d'Enquête sur le Chaco, et futur ministre rouge d'Espagne; Salvador de Madariaga, une des illustrations de la S.D.N. Fort habilement, Anglais et Russes passent la main et se dissimulent dans la coulisse • . Les textes sont encore truqués, mais moins que dans la pre mière brochure; on a pu dès lors s'assurer des concours réels. Voici les signatures qui semblent sérieuses : ~douard Herriot (avec des restrictions) ;.~J. Pope,' sénateur américain (pas mal restrictif aussi); Louis de Brouckère; Camille Huysmans, député du Parti Ouvrier Belge; René Mauhlanc; le major Attlee, leader du Parti TravaiJJiste Anglais; Philip Noêl Bàbr; • -11 • • • ' 1 1 • l • • • • Adolph Keller, de l'Office Central d'Entr'aide des ~glises (assez restrictif); le pasteur J. Jézéquel, de l'AJJiance Universelle pour l'Amitié Internationale par les ~glises (qui « marche » des deux mains); Rabindranath Tagore; Friedrich Stampfer, ancien rédacteur en chef du« Vorwaerts » (ça, c'est le bout de l'oreille) : << En Allemagne, dit-il, la vérité est aujourd'hui illégale >>(nous allons comprendre tout à l'heure); J .-W. Alharda, président du Groupe Socialiste Parlementaire des Pays-Bas; Docteur van Embden, sénateur du Parti Libéral Démocrate des Pays-Bas; P.-M. Wihaut, ancien président du Parti Socia· liste Hollandais; Manuel Azaiia; Salvador de Madariaga (truqué, celui-ci); Alvarez del V ayo (pas truqué, l'homme est aux ordres du Komintern}; Heinrich Mann (ce n'est plus le bout de l'oreille, c'est une. déclaration de guerre; nous allons en reparler); Roger Baldwin, président de la Ligue des Droits de l'Homme, Etats-Unis; Renaud de Jouvenel; Docteur L. Sychrava, président de la C.I.A.M.A.C. (pa~iculièrement a.ffirmatif; c'est un Tchèque, et l'on sait que le Komintern avait beaucoup travaillé Prague); Mme C. Malaterre-Sellier, déléguée française à la S.D.N. (très affirmative); J. Hadamard, membre de l'Institut. Suivait un Appel pour le Congrès qui devait avoir lieu en septembre 1936. ll était signé, pour le Bureau Parisien, de : Pierre Cot; René Cassin; Léon Jouhaux; J. Prudhommeaux; H. van Etten; J. Racamond; Lucien Le Foyer; Salomon Grumbach; Carnil1e Planche; le pasteur J ézéquel; Raoul Auhaud, député, secrétaire du Parti. Radical; Marc Sangnier; Victor Basch; le professeur Rivet; le professeur Langevin; Marcel Cachin, Mme C. Mala terre-Sellier; Francis Jourdain, président du Comité Mondial contre la Guerre et le Fascisme, homme du Komintern; et le général Pouderoux. On est, de toute évidence, en face d'un effort considérable; sans doute un peu << sou:fflé » au début; mais l'intention de déve· lopper un immense mouvement de masse est claire. Dans quel but? On peut commencer à se le demander. La réponse est entre~e dans la déclaration de l'émigré alle· mand Heinrich Mann : -<< Tout mouvement en faveur de la Paix doit compter avec le fait qu'il y a des pays dominés par les ennemis (souligné dans le texte) de la Paix. Rien ne ~rait plus nuisible pour la Paix que de fermer les yeux devant ce fait. Les tentatives de s'entendre avec Hitler conduisent à la guerre. La seule Paix véritable, la Paix colleçtive,-n'est possibl~ qu'après la dispa· rition des dictatures. Et puisque, par aucun moyen on ne peut • -12 •' • • 1 ' transformer ces ennemis de la Paix en amis, on devrait appuyer tous ceux qui veulent les renverser. » n y a là une sorte de délire, et l'on s'étonne que .le texte de Heinrich Mann n'ait pas frappé davantage les premiers adhérents du R. U .P. Quelques pacifistes, cependant, et entre autres Félicien Challaye, président de la Ligue Internationale des Combattants de, la Paix, ont protesté dès le début et accusé le R.U.P. -dont ils étaient pourtant loin de deviner les dessous-d'être un rassemblement pour la guerre. Les paroles ' de Heinrich confirment le jugement du professeur Félicien Challaye: c'est un appel à la guerre contre l'Allemagne; guerre voulue de façon délibérée et sans aucun geste préalable de conciliation. LES PREUVES. Bien entendu, les diri'geants de l'alliance bolchevico britannique dissimulèrent du mieux qu'ils purent leurs inten tions derrière des déclarations solennelles et grandiloquentes : la Paix ! la Paix ! ! la Paix ! ! ! Ceci nous rappelle un certain passage du mécréant Anatole France, qui ne croyait à iien, pas même aux grands mots : -« Voulons apaisement, 'ferons apaisement ·quand serons seuls maistres. Est louable faire pacifiquement guerre. Criez : Paix! paix! et assommez. Voilà qui est chrétien. Paix! paix! cet homme est mort! Paix! paix! j'en ai crevé trois. L'inten tion estoit pacifique et serez jugés sur vos intentions. Allez, dites : Apaisement! et tapez dur. » Malgré les discours et les tracts, les preuves apparaissaient pourtant peu à peu aux yeux même prévenus, pourvu qu'ils ne fussent pas par trop fanatisés. D'abord, la collaboration permanente entre le R.U.P. et · les émigrés antihitlériens allemands : l'ancien président dû Conseil Allemand Breitscheidt avait un bureau au siège; c'est · lui qui se rendit, délégué par le R.U.P., à Zurich, pour fonder le Comité Suisse. Les agents russes lui versaient des fonds pour la propagande antihitlérienne parmi les émigrés. Mais -et c'est là que perce l'hypocrisie-les dirigeants du R.U.P. ne voulurent jamais admettre )es émigrés antihitlériens allemands au Congrès de 1936 (du moins officiellemen~), parçe que, disaient-ils, il serait alors impossible d'éviter d'adm~ttre égale· ment les organisations pacifistes d'Allemagne et d'Italie. n se produisit d'ailleurs deux incidents caractéristiques. Une organisation pacifiste allemande notable écrivit, au début -13 • \ \ • l ( • • de 1936, au Secrétariat du R.U.P. à Paris, pour demander les conditions d'admission au Congrès. Le secrétaire chargé des relations extérieures, Louis Dolivet, qui était l'agent bolchevik fit répondre officiellement de telle façon et en tels termes que l'organisation aUemande ne pouvait pas accepter les conditions posées; pas plus qu'aucune organisation d'aucun autre pays. Est-ce que, par exemple, les organisations suisses. auraient pu accepter, pour venir au Congrès, d'assurer que leur Gouver• nement laisserait le R.U.P. développer toute propagande qu'il jugerait bonne en Suisse; alors que le Congrès, qui devait avoir lieu à Genève, fut obligé de se réunir à Bruxelles par suite des difficultés que créa le Gouvernement de la République helvétique? Pourtant, les organisations suisses furent vive· ment sollicitées par le R.U.P.; alors qu'au contraire les diri· geants bolchevico-britanniques du R. U.P. s'arrangeaient pour écarter les organisations allemandes 1 Quelque temps après le premier incident, un autre eut lieu. Le Secrétariat International du R. U .P., à Genève, reçut une lettre d'une organif'ation pacifiste italienne demandant, elle aussi, les conditions d'admission au Congrès. L~ lettre fut renvoyée au Comité de Propagande, à Paris, qui comprenait : Philip Noël Baker; Louis Dolivet; le juif Robert Lange; et ~mile Acker, secrétaire du Comité Belge. La réponse fut la même que celle qui avait été faite à la demande allemande. Ainsi, la volonté de refuser toute conversation loyale avee l'Allemagne et avec l' 1 talie est claire et incontestable. Elle était bien dans l'esprit des dirigeants de l'alliance holchevico-hritannique, qui avaient admis, dès leurs premiers pas, la déclaration incendiaire de Heinrich Mann, qu'on a lue plus haut. OÙ M. BRITLING COMMENCE À VOIR CLAIR • . Au surplus, le machiavélisme anglo-holchevik ne se déve• loppa point sans éveiller des suspicions. Nous avons déjà cité le Professeur Challaye. La chance nous a fait retrouver, en cherchant dans la presse à l'époque du premier Congrès, S("ptemhre 1936, une lettre adressée par un des secrétaires du R.U.P., Louis Launay, au journal belge « Le Rouge et le Noir ll, de Bruxelles. Ce secré taire démissionnait avec fracas, à la veille du Congrès, et accu· sait publiquement les dirigeants : -« Moscou croit, à tort ou à raison, à la guerre avec -14 • ' ' • • • • ' • • l'Allemagne. Depuis la naissance de cette convic~ion, les Soviets arment et cherchent des appuis militaires. Or; ils savent qu'aucune guerre n'est possible sans un fort mouvement d'unité nationale. De là, l'évolution accentuée des communistes prêchant aujourd'hui par la voix de Thorez le Front français.~. TI est aisé de comprendre la place· du Rassemblement Universel pour la Pa~ sur l'échiquier. S'il reste dans les formules vagues -et il y restera : l'appel fait ·aux vieilles vaisselles ébréchées de la politique en est un gage -le R. U .P. devient un admirable instrument de propagande pour la politique de Moscou... On observe que l'Allemagne et l'Italie ne sont pas représentées, en fait, .au Congrès. Aucune tentative n'a été effectuée pour qu'elles le soient. Elles sont fascistes. Elles ne veulent pas du moins leurs di_rigeants -accepter les Quatre Points. 'C'est bien ce qu'on a prévu (souligné dans le texte). L'Allemagne et l'Italie sembleront tout naturellement se tenir en dehors, s'opposer à l'organisation de la paix. Et pour parvenir au Front français et à tout autre front de guerre, il faut que les peuples soient persuadés que l'Allemagne ne veut point la paix, prépare et veut la guerre. On a compris... Ceci ressemble étrangement aux manœuvres nationalistes d'avant 1914, si fructueuses en armèments! » · n est regrettable que le secrétaire démissiQnnaire n'ait pas fait d'autres révélations et qu'il se soit contenté de se retirer de la lutte; mais le peu qu'il a publié suffit à confirmer e~tière· ment les preuves que nous avons données. • • LA VOIX DERRIERE LE FAUX<< PACIFISME». Nous attachons une grande importance à l'aventure du Rassemblement Universel pour la Paix parce qu'on y touche du doigt, mieux qu'én aucune autre à notre connaissance, la collusion des soi-disant « pacifistes » de la Société des Nations avec l'Angleterre et l'U.R.S.S., évidemment, mais aussi avec les financiers et avec les Juifs -ce qui est souvent même et identique chose! Si l'on prend la composition du Comité Français fin 1936, on y trouve, en particulier, Joseph Barthélémy, membre de l'Institut, ancien délégué de la France à la S.D.N., ancien député. Or, Joseph Barthélemy était notoirement lié au fameux Comité des Forges, c'est-à-dire aux marchands de canons!· D était lié également aux Juifs, puisque sa fille a épousé Marcel Laurent-Atthalin, fils du haron Laurent·Atthalin, de la Banque de Paris et des Pays-Bas! Sa présence au R.U.P. souleva des ' -15 1 • ' • 1. l protestations, tant ses attaches étaient visibles et cyniques, et il dut démissionner en 1937. n est devenu depuis président de la Commission de la Constitution, à Vichy ... Mais, si quelques délégués français avaient encore la peau assez sensible à ces piqûres, la vérité leur échappait souvent; et, d'autre part, les délégués anglais et les délégués américains avaient, eux, beaucoup plus d'entraînement. ,. Nous avons en mains un numéro du 4 juillet 1937 du Man chester and Salfort Peace W eek. Le verso' de la couverture est consacré à la League of Nations Union, Manchester District. Le président du Manchester District est Sir Arthur A. Haworth, Bart. Ce baronnet est tout simplement un des administrateurs de la Midland Bank Ltd., une des cinq grandes (Big Fives) banques de la City !..et, au Conseil d'administration de la Midland Bank, on trouve Sir Albert G. Stern, de la maison de banque Stern Brothers, à Londres : on sait que les Stern sont des J nifs, dont la famille est représentée en France, et apparentée aux Rothschild. n est donc peu surpren.ant, pour qui connaît ces faits, et bien d'autres, que le président la League of Nations Union, Lord Robert Cecil, ait eu l'appui des financiers et des Juifs, d'Angleterre et des Etats-Unis. .. Les Juifs, leur main s'étend ouvertement sur l'alliance anglo-bolchevik. Dans le numéro cité, la première page est consacrée à une Peace W eek (semaine de la paix) à Manchester et Salford. On voit, à cette occasion, que la manifestation, faite expressément en faveur du R.U.P. (en anglais, International Peace Campaign), était organisée par un Comité comprenant, notamment, les Synagogues juives et le Manchester and Salford Council of Jews. Le président (chairman) du Comité· était Leonard F. Behrens, juif. Les Behrens, de Manchester, sont alliés directement aux Rothschild : Charlotte Louis a Adela A velin a de Rothschild, née le 3 avril 1873, a épousé le 4 octobre 1899, le major Clive Behrens (décédé en 1935), fils du défunt Edward Behrens, de Manchester. MANIFESTATIONS, MANIFESTANTS ET MARIONNETTES. • Pour qu'il ne subsiste aucun doute, prenons maintenant une grande manifestation en France. ll s'agit de l'Exposition Internationale de 1937. Le 9 juillet, était inaugurée solennellement la «colonne de la Paix» (sic), -16 .· .. abominable chandelle verte qui déshonorait, au simple point de vue artistique, la place du Trocadéro. Les journaux en parlent dans des communiqués visiblement « inspirés ». L'Intransigeant du 9 juillet annonçait 1 -«Vendredi 9 juillet a lieu l'inauguration du Pavillon de la Paix, qui se trouve élevé en hémicycle autour de la colonne verte qui est érigée sur la place du Trocadéro. Des allocutions doivent être prononcées par différentes personnalités politiques et aussi par le Doyen de l'église de Saint-Paul de Londres; par M. Louis de Brouckère, président de l'Internationale Ouvrière Socialiste; par Lord Cecil, Lady Gladstone; enfin par la duchesse d'Atholl. » Paris-soir du. 10 juillet écrivait -avec un petit retard, semble-t-il : -<<Ce soir, enfin, à 18 heures, se dé~oule sur la place du Trocadéro, à l'occasion de l'inauguration du Pavillon ' et de la colonne de la Paix, une importante cérémonie au cours de laquelle les principaux Français et étrangers. du Rassemble ment Universel pour la Paix, qui groupe 400 mil1ions d'adhé rents {sic) à travers le monde, prendront la parole. M. Pierre Cot annoncera l'ouverture de la manifestation, et tout de suite après lui, MM. Léon B\um, Avenol, Lord Cecil, Heiui Rolin, Edouard Herriot, prendront la parole .» On constate que l'affaire ne manquait pas d'ampleur. Le Front Populaire était encore dans tout son rayonnement victo· rieux, et les noms de Léon Blum, d'Edouard Herriot, sans parler de Pierre Cot, étaient significatifs. Le nom de Lady Gladstone ne l'est p's moins, mais dans un tout autre sens. Lady Gladstone faisait partie de la League of Nations Union, où elle représentait l'élément ultra-conser· vateur, ménagé avec soin par Lord Cecil. Quelle prît la parole pour une manifestation de l'alliance anglo-bolchevik est plein de sens. Les Gladstone sont, depuis « belle· lurette » en relations étroites avec les Rothschild. C'est Gladstone -la célébrité de la famiJJe -qui, chef du Gouvernement britannique, fit élever Nathaniel de Rothschild à la pairie. On apprécie toute l'impor tance du fait, quand on lit dans l'historien Corti : -«La reine Victoria, qui s'était jusqu'alors montrée fort distante à l'égard des Rothschild, changea d'attitude, ·et Ferdinand Rothschild, gendre de Lionel, eut, le 14 mai 1890, l'honneur de recevoir la reine d'Angleterre sous son toit .. » {op. cit., t. 8, p. 438). Un Gladstone, Albert Charles, est administrateur de la Banque Ottomane, un des fiefs des Rothschild. En6n, fait en apparence moins « voyant », mais qui a une portée profonde, rapp.elons que l'illustre Gladstone fit, en 1869, • ' -17-• • • 1 • • • d'un de ses amis intimes (son conseiller financier), George Carr Glyn, le baron W olverton. Ce baron W Qlverton, premier du nom, était marié à une fille d'un Grenfell, de la maison de la banque Morgan Grenfell & Co., de Londres, branche anglaise du groupe américain ]. P. Morgan, connu de tous. Comme on se retrouve toujours entre les mêmes ! N'a-t-on pas vu, dans les pages précédentes, que le magnat J. P. Morgan prêtait volontiers son yacht à l'archevêque de Canterbury, l'un des premiers signataires du R. U .P. et fidèle soutien, actuelle· ment, de l'aide britannique à l'U.R.S.S.! Les Américains de finance, juifs ou non, sont moins absents qu'on ne croit de la politique mondiale. Les agents bolcheviks -l'un d'entre eux surtout-ne se sont-ils pas flattés de « toucher » le Président Roosevelt par Mrs. Roosevelt, et de circonvenir celle-ci lors, justement, de l'Exposition ln~emationale 1937? UNITED STATES OF AMERICA. Les Etats-Unis s'étaient, de prime abord, montrés plutôt réfractaires, disons mieux : indifférents, à la combinaison anglo-bolcheviste. Lord Cecil avait lui-même expliqué aux Français du R.U.P. qu'il fallait, avant de tenter d'aborder le~ Yankees, que le mouvement eût l'apparence d'une adhésion européenne -à l'exclusion, bien entendu, des Etats totalitaires, qui étaient cc raca » -; et, surtout, qu'il fallait que la Grande-Bretagne marchât. On a vu que la Grande-Bretagne marchait comme un seul juif. Et Lord Cecil, certes, s'était préoccupé des bienfaisants commanditaires d"'Outre-Atlantique. Toutefois, une expé· dition du général Pouderoux, un des cc héros » du Front Popu· laire, au surplus franc-maçon du Grand-Orient de France, avait plutôt mal réussi aux Etats-Unis. : le général est un piètre orateur, fort peu manœuvrier, et, d'autre part, les communistes américains montrèrent un peu trop'Jeur accord. Bref, ce n'était pas cela. n fallut de l'astuce, de la patience et des circon.stances heureuses pour aboutir. Avec l'hypocrisie coutumière, on cc revit » les principes, les fameux« Quatre Points n, à l'usage des Américains, peu férus de la Société des Nations. On fit, pour eux, juste l'inverse de ce qui fut fait pour les Etats totalitaires : quelles que fussent les réserves, -- c'était parfait, pourvu que les délégués vinssent aux Congrês. L'année 19389 qui fut le dernier 1 exercice 1 actif du Rassem• blement Universel pour la Paix - vit donc de singulières colncidences. • Dans le même numéro, l'Œuvre du 22 juillet 1938 (un an,· presque jour pour jour, après l'inauguration de la «chandelle verte ») publiait, d'une part, en première page : «George VI chez Louis XIV»; d'autre part, plus modestement et en coulisse: « Conférence universelle contre le bombardement des villes ouvertes, organisée par ie R.U.P. - Une délégation de plus de 300 représentants d'Angleterre et des Etats-Unis est arrivée». • • On notait, pour les Etats· Unis, Tp. Dreiser et Mgr Oldham, évêque d'Albany, New-York. Ce n'est pas mal; mais le numéro du 25 juillet est encore plus symbolique. Première•page :«MM. Camille Chautemps et Georges Bonnet exaltent la collaboration franco-britannique » • Camille Chautemps, vice-président du Cabinet Daladier; Georges Bonnet, ministre des A.Haires Etrangères ... Même page : «M. Morgenthau fait d'intéressantes déclarations : l'accord tripartite ne sera pas discuté». Morgenthau, secrétaire d'Etat aux Finances am,éricaine, l'un des. fidèles de l'équipe Roosevelt. Page quatre : « La Conférence internationale pour la Paix, organisée par le R.U.P. ». Dans la dernière séance 'de ce Congrès, où Mgr Oldham, évêque d'A1Hany9 New· York, prit la· parole, le président Pierre Cot lit des télégrammes de Benès, de Tchang Kat Chek, de Negrin et du général Miaja. Les ~tats-Unis se «dégelaient»; la solidarité anglo-saxonne commençait à jouer, au profit de la manœuvre anglo-holchevik. LA PUISSANCE JUIVE. • Mais, était-ce hien la solidarité anglo-saxonne; ou n'était-ce pas plutôt la solidarité juive qui se manifestait sous une de ses formes? · Car, il serait enfantin - parce qu'on parle ici beaucoup du Rassemblement Universel pour .la Paix à titre d'exemple magistral et éblouissant- de penser qu'on dé~igne le R.U.P., organisation de surface et de couverture, simple instrument, comme l'une des pièces maitresses du jeu politique mondial! Derrière le R.U.P., derrière maintes autres combinaisons, il y avait le Komintern, dan& une certaine ,mesure l'~glise catholique, sans aucun doute l'industrie lourde; mais aussi, et surtout, la haute finance juive • --19 ' • • ' ' • • • Nous avons écrit que nous ne sommes pas épris de mystique, . .. . et que nous ne croyons que « sur p1eces », comme un notarre ou un juge. Nous nous en voudrions d'accuser la puissance juive sans apporter des preuves de son existence et de sa subor dination aux financiers de la race élue. La puissance juive, il suffit, pour en avoir le sentiment profond, de puiser aux sources juives mêmes : parcourez la Jewish Encyclopedia, et si vous n'êtes pas frappé du nombre de financiers qui figurent dans cette Encyclopédie juive, de leur importance dans l'existence politique des différents pays, et de leur cosmopolitisme égal à leur esprit de race; si vous ne comprenez pas, alors il vaut mieux renoncer à comprendre! Ce qui frappe le plus, en cette œuvre monumentale, écrite exclusivement par des juifs pour des juifs, c'est l'orgueil . évident avec lequel les juifs font ressortir leur génie financier. On ne trouve rien d'analogue en aucun autre milieu. Nous avons entre les mains un fort curieux ouvrage, très rare, écrit, lui aussi, par des juifs pour des juifs, et qui fournit l'exemple venant illustrer la thèse que nous énonçons ci-dessus • TI s'agit de «L'Œuvre du haron ·Edmond de Rothschild», par David Druck. L'auteur y parle en ces termes du haron James de Roth schild, le premier Rothschild installé en France : -<< En moins d'un quart de siècle, il devint l'homme le plus ric,.he de France. La fortune de tous les banquiers de France était estimée à . 150 millions de moins que celle de Rothschild. Ceci, naturel lement (sic), lui donna une grande influence politique qui allait parfois jusqu'à renverser des gouvernements quand il le voulait. On admet, par exemple, que c'est lui qui renversa le gouver• nement de Thiers. » Dans son Introduction, le juif Nathan Straus, écrit : -« Edmond de Rothschild est devenu un facteur primordial ·dans la vie du peuple juif. Et les juifs du monde entier res sentent une admiration profonde et une véritable tendresse pour cet homme qui a été à juste titre surnommé le plus grand « Chalutz » d'Israël dans la vieille et no~elle Sion. » Et l'auteur lui-même explique ainsi le renom exceptionnel de la famille Rothschild chez les juifs : -«Parce qu'elle était toujours là pour sauvegarder les intérêts juifs et pour aider à réaliser les aspirations juives. » Donc, les juifs sont soumis à la domination des magnats juifs, et les magnats juifs, en particulier les plus puissants d'entre eux, les Rothschild, s'identifient volontairement avec la race juive, dont la puissance est leur propre puissance. -20 ... 1 • \ LE BOLCHEVISME DEVANT LA PLOUTOCRA TIE JUIVE.. · n est incontestable que les dirigeants bolcheviks sont, dans une forte proportion, juifs. Mais le bolchevisme affiche une haine voyante et criarde contre la finance mondiale · : c'est un des «dadas>> de la propagande communiste en tous pays. Nous avons vu qu'au R.U.P., le Komintern accueillait sans sourciller, non seulement le menu fretin juif tél que Salomon Grumbach, Victor Basch, Robert Lange, et bien d'autres; mais aussi, les· points de contact les plus évidents avec la haute finance juive : Joseph Barthélémy, lié aux dirigeants de la Banque de Paris et des Pays-Bas; Sir Arthur A. Haworth et Leonard F. Behrens, liés aux. Rothschild; enfin, Lady Gladstone et Lord Robert Cecil, également liés· aux Rothschild. De même, les États-Unis affichaient, avant la guerre 1939-40,. la plus vive hostilité conhe le bolchevisme. Des enquêtes et d~s poursuites contre les menées communistes avaient lieu au pays de la Liberté éclairant le Monde. Mais la finance juive ne craignait nullement d'armer l'U.R.S:S., qui ne craignait pas davantage d'élaborer d'étranges affaires avec les capitalistes américains. En novembre 1~38, la Revue· Maritime signalait l'achat, · par l'U.R.S.S., de la licence des avions Seversky pour 780.000 dollars. D'autres négociations étaient menées, à la même époque, av:ec la Hall Aluminium Aircraft Corpn, pour l'achat d'un bombardier. Environ un an auparavant, en octobré 1937, la même publication technique annonçait la construction de cuirassés aux États-Unis pour le compte de l'U.R.S.S. D s'agissait de cuirassés de 35.000 tonnes mis en chantier par la Bethlehem Steel Corpn. Et le plus beau de l'histoire, c'est qu'une société américaine, la Carp Export and lmport Co., aurait été constituée pour acheter les cuirassés et leur équipement : le président de cette singulière société était Samuel Carp, beau-frère de Molotoff, le président du Conseil des Commissaires du Peuple à l'époque. L'U.R.S.S. comptait dépense:r de cent à deux cents miJJions de dollars. On voit donc que les mots d'ordre officiels, des deux côtés : U.R.S.S. et lttats-Unis, sont quelque peu bousculés par la réalité des faits; ou, plus exactement, au-dessus des principes affichés, il y a la solidarité juive et les combinaisons financières et politiques des juifs • • • • .. 21· ' • • ... 1 • • Quelque temps avant la guerre 1939-40, le baron Maurice de Rothschild exprimait à sa tahle,.devant ses convives émus de « sentiments divers », l'opinion qu'il fallait trcinsiger avec les communistes •. Le témoin scandalisé qui a raconté le fait est digne d'attention : c'est le Président J. Caillaux. Au surplus, M. le sénateur Maurice de Rothschild a voté, des deux mains, la ratification du pacte franco-soviétique, de fameuse mémoire! Sans doute, le haron Maurice de Rothschild est loin d'avoir la réputation d'une lumière. Son attitude, quoi qu'il en soit, concorde avec la politique du groupe Rothschild, dont le chef effectif de la maison de Paris, René Mayer, s'est rendu, avec le colonel Ernest Mercier, à Moscou. En 1914-18, les meilleurs soutiens financiers des bolcheviks, le groupe Kuhn, Loeh- juif, évidemment- était en termes de concurrence d'affaires avec le groupe Rothschild, allié au groupe J.-P. Morgan. On trouve des preuves, stir lesquelles ce n'est pas le lieu d'insister, dans les documents de la Commis· sion Nye. Depuis, la rivalité s'est effacée devant la solidarité juive. Kuhn, Loeh & Co., dont le centre est aux États-Unis, fait bloc avec le groupe mixte J.-P. Morgan et Rothschi.Jsl, dont le centre est, si l'on peut dire, à la fois aux États· Unis et en Angleterre. , Si l'on tient compte des faits qui précèdent, c'est-à-dire le geste de J.-P. Morgan en faveur de l'archevêque de Canter bury, sympathisant avec les bolcheviks; et l'attitude des Rothschild envers les bolcheviks, on constate que les principales puissances financières juives et judaïsantes d'Angleterre et des Etats-Unis (la France compte si peu!), Rotshchild, Kuhn, Loeb, et Morgan, à la veille de la guerre 1939-40, étaient en collusion cenaine avec le Komintern et l'U.R.S.S., en dépit des oppositions apparentes qui pouvaient servir à duper. le public. EN MANIERE DE CONCLUSION. Une brochure toute récente, Le Communisme Stalinien en France, par G. Sudeine, le dit en propres termes : « Pour vaincre la résistance des bons bougres qui, malgré tout, rechi gnaient à l'idée de se faire tuer pour Dantzig ou Memel, le Komintern eut une trouvaille géniale : il fonda le R. U .P., Rassemblement Universel pour la Paix, où, à longueur de journées, des orateurs stipendiés prêchaient la guerre au nom de la Paix. • Mais il ne suffit pas de le dire; il faut le démontrer. C'est ce que nous avons essayé de faire, et - croyons-nous - ce <22 • • • .. • • • ' • • 1 que nous avons fait, d'autant plus aisément que nous avons la certitude personnelle, intime, vécue, qui manque (ce n'est pas une critique, c'est une constatation) à bien des adversaires de l'alliance bolchevico-anglo-saxonne. Sans aucun doute, certaines affirmations que nous avançons plus haut, ont dû surprendre nos lecteurs. Nous en appelons surtout aux membres d'hier du Front Populaire et de l'anti· fascisme, dont nous faisions partie et dont nous avons partagé -jusqu'à une date -le rôle (;le u poire». Qu'ils réfléchissent bien, et qu'ils examinent bien ce qui se passait autour d'eux, dans la pério~e 1935-39 que nous évoquons. Pour peu qu'ils aient été mêlés aux organisations et aux mouvements, nous serions infiniment surpris que notre exposé -sans violence et sans parti-pris, on en conviendra -ne leur expliquât pas des choses qui étaient demeurées obscures, incompréhensibles, pour eux! • C'est la marque de la démonstration scientifique, sans grands mo\s, froide, logique. Notre brochure n'a pas ,l'allure d'un pamphlet; ce· n'est pas un· travail de propagande, ni de réclame personnelle (l'histoire serait pourtant bien plus joyeuse, avec notre nom !) ; c'est une œuvre de vérité pure, que nous devons à notre amour de la Paix et à notre volonté d'entente entre les peuples