L'histoire et l'avenir du sud-est de l'Asie
1) Le problème de la non-invasion de l'Indochine par la Chine On a vu dans le précédent article que l'élite a fait en sorte de falsifier l'histoire pour expliquer que la Chine n'ait jamais envahi la Sibérie. De la même façon, on peut se demander comment l'élite a traité le problème des états de l'Asie du sud-est. Là-aussi, il n'y avait aucune raison que la Chine n'envahisse pas cette zone, qui était composée de royaumes bien plus faibles qu'elle. Il y a bien eu l'empire Khmer qui a été relativement puissant, puisqu'il contrôlait une grande partie de l'Indochine à son pic de puissance, disons entre 802 et 1227. Mais, même là, ça ne représentait pas grand-chose par rapport à la Chine en termes de puissance militaire. L'explication qui semble avoir été choisie, c'est que la Chine méprisait plus ou moins ces royaumes qu'elle considérait comme barbares. Et du coup, elle a établi un rapport de suzeraineté avec eux. Les royaumes ou empires de cette région étaient ses vassaux et versaient un tribut. Mais du coup, pour que cette explication marche, il fallait quand même des états constitués et avec une civilisation relativement avancée. S'il n'y avait eu que des tribus primitives, il n'y aurait eu aucune raison que la Chine ne s'empare pas de la région. Avec des royaumes avancés techniquement et culturellement, il y avait un échange d'égal à égal en termes de civilisation, ce qui pouvait éventuellement justifier un rapport de vassalité. Ça reste très faible comme explication du non envahissement par la Chine. Mais, vis-à-vis du grand public, ça peut passer. C'est pour ça que l'élite nous a inventé des tas de royaumes et empires dans cette région présents depuis plus de 2000 ans. Histoire "prouvée" par la présence de nombreux monuments et objets. Mais, en réalité, ces états n'ont jamais existé. Comme en Chine, il n'y avait pratiquement rien dans ces régions, à part quelques tribus dispersées et primitives. Les monuments et objets ont été fabriqués par les colons européens au 18ème ou au 19ème siècle, voire au 20ème siècle. Et ça continue encore de nos jours. On "découvre" régulièrement de nouveaux sites et artéfacts (exemple récent pour la Chine, l'armée en terre cuite de l'empereur Qin, "découverte" en 1974). Pour faire passer ça, on nous sort régulièrement le coup de l'autochtone qui a découvert "par hasard" un site ou des objets anciens. Un truc à la mode actuellement, c'est d'utiliser les vues satellitaires, qui "révèleraient" la présence de tel ou tel site caché jusque-là. Un indice qui va dans ce sens concerne la civilisation Khmer. En effet, on nous dit dans cet extrait : "l'effondrement apparemment brutal de l'Empire khmer, suivie par une assez longue période, après 1431, où les récits semblent disparaître ; les prises successives d'Anghor par les forces siamoises du royaume d'Ayutthaya, et enfin, la relative conséquente absence de sources, de chroniques, de témoignages qui s'ensuivirent en partie du fait de la vassalisation du royaume, au point que le souvenir de l'empire fut en grande partie oublié, se transformant en mythe légendaire, avant sa redécouverte au milieu du XIXe siècle." Et ici : "Le déclin est alors si prononcé que les Cambodgiens en sont arrivés à oublier le lien qui les lie à la civilisation angkorienne et doivent attendre les travaux des archéologues du protectorat français à la fin du XIXe siècle pour se réapproprier l’héritage de l’empire khmer." Donc, le souvenir de l'empire fut en grande partie oublié. Eh oui, tout simplement parce qu'il n'a jamais existé. Et il n'a pas été redécouvert au 19ème siècle, mais inventé au 19ème siècle ; évidemment par les français, puisque c'était eux qui contrôlaient alors le Cambodge. Pour d'autres pays de la région, ce sont les anglais, ou les hollandais ou les portugais qui ont dû être à la manœuvre pour inventer des civilisations soi-disant millénaires. A noter que les grands temples et palais sont "découverts" la plupart du temps en pleine jungle (ou en plein désert), donc, dans des endroits où il n'y avait personne jusqu'à récemment. C'est sûr que c'est plus pratique de les construire dans des zones où personne ne peut venir voir ce qui se passe. Et pour éviter que les ouvriers ne révèlent le secret, il suffisait de prendre des prisonniers à vie, déplacés loin de leur lieu de naissance. De la même façon, les religions adoptées par ces peuples ont été inventées à cette époque. Cela dit, l'histoire officielle n'insiste pas trop sur l'histoire de la vassalité, parce que dans ce cas, il est très étonnant que la Chine ne soit pas intervenue pour soutenir des vassaux attaqués par les royaumes ennemis non vassaux. Normalement, il aurait dû y avoir des accords de soutien militaire en échange de la vassalité et des tribus. Et s'ils étaient tous vassaux de la Chine, il est bizarre que celle-ci ait laissé faire certaines guerres sans intervenir. Après tout, il y avait bien un agresseur et un agressé. Donc, la Chine aurait dû prendre le parti de l'agressé. Donc, c'est une vassalité très bizarre à laquelle on a affaire. Et on comprend que les historiens officiels n'insistent pas trop là-dessus. Peut-être qu'à l'avenir, l'élite nous inventera quelque-chose là-dessus, pour combler cette incohérence. Et comme cette histoire de vassalité n'était pas très convaincante, l'élite y a ajouté l'idée que la Chine était un empire naturellement pacifique, peu tourné sur l'expansion militaire, etc… Donc, si la Chine n'a pas attaqué les états au sud, c'est aussi parce que ça n'était pas dans son ADN en quelque sorte. 2) Le problème de la non-invasion de l'Australie par les pays d'Indochine et d'Indonésie Il y a un autre problème, concernant la zone indochinoise cette fois. Puisque l'histoire officielle a inventé des royaumes assez développés pour justifier que la Chine ne l'ait pas envahie, ça entrainait la possibilité que ces royaumes aillent envahir l'Australie. Bien sûr, il n'y a rien eu de ce genre parce qu'en réalité, il n'y avait que des tribus primitives en Indochine. Il n'y avait aucune civilisation avancée et aucun royaume. Mais, si on inventait une histoire millénaire aussi à cette région du monde, avec des états évolués dès le début de notre ère, ça n'allait plus. Les navires étaient supposés être un minimum sophistiqués et donc pouvait sans problème aller en Australie. Et ils pouvaient d'autant plus le faire que l'histoire officielle a inventé des migrations vers les iles du centre de l'océan Pacifique de la part de tribus en pirogues. En plus, le chemin vers l'Australie est constellé d'iles très proches les unes des autres. C'était un jeu d'enfant d'y aller. Par ailleurs, la plupart des iles de l'Indonésie ont été occupées, et là aussi par des états assez avancés. Et l'Indonésie est beaucoup plus proche de l'Australie que l'Indochine. Donc, il n'y avait pas de raison qu'ils ne soient pas allés jusqu'en Australie. Le fait que ces pays d'Indochine et d'Indonésie n'aient pas colonisé l'Australie introduisait donc une bizarrerie importante. L'élite devait fournir une explication. La raison la plus simple est que ces pays étaient occupés à faire autre chose, essentiellement des guerres, externes ou internes, ce qui en plus, épuisait leurs ressources en hommes et en matériel. Donc, dans la zone indochinoise, il fallait qu'il y ait plusieurs pays se faisant constamment la guerre. Idem avec l'Indonésie. Il fallait aussi de nombreuses ascensions et effondrements des pays dominants, justifiant là encore qu'ils aient eu autre chose à faire que d'aller coloniser les pays du Sud-Est. Et en général, durant la période d'ascension, ils se battaient surtout contre les pays limitrophes, puis, durant la période de déclin, ils n'avaient plus l'énergie et les ressources pour aller coloniser le sud. 2.1) L'histoire de l'Indochine On va donc analyser l'histoire de l'Indochine pour voir si c'est le cas. Déjà, de 68 à 550 après JC, on a le royaume du Fou-nan ou Funan. Voici une carte disponible sur Wikipédia : Alors, quand on voit la carte, on a l'impression d'avoir un seul état. Et vu l'importance du territoire, il aurait pu envoyer des expéditions en Australie. Mais en fait, ça n'était pas un état, mais une confédération de plusieurs cité-états, comme on peut le lire sur Wikipédia : "D’après ces sources, le Fou-nan a pris naissance au Ier siècle de l’ère chrétienne, mais des recherches archéologiques ont retrouvé d’importantes traces d’installations sédentaires depuis au moins le IVe siècle av. J.-C.. De même, si les observateurs chinois décrivent un régime centralisé, il est de nos jours communément admis qu’il s’agissait plutôt d’une confédération de cités États qui au gré du temps se faisaient la guerre ou constituaient une entité politique unifiée." Donc, non seulement ça n'était pas un état unifié, mais en plus, les cités-états qui le constituaient se faisaient régulièrement la guerre. Dans ces conditions, on comprend qu'ils aient eu autre chose à faire que d'aller jusqu'en Australie. Mais, même si ça avait été un état unifié et prospère, les historiens de l'élite pourraient avancer que vu l'époque assez reculée, la technique et l'économie n'étaient pas encore assez développées pour envoyer des bateaux aussi loin. Et en fait, dès 400, cette confédération était entamée au nord. On trouve en effet cette carte sur Wikipédia qui montre l'état de l'Asie du Sud-Est vers 400. On voit que le Funan avait déjà perdu une bonne partie de son territoire. De la fin du 6ème siècle au début du 9ème (802), soit environ 200 ans, la zone se morcelle en plusieurs entités. La plus grosse entité territoriale est alors le Chenla. Voici la carte disponible sur Wikipédia : On a longtemps parlé d'un royaume unifié. Mais, là-encore, depuis la fin du 20ème siècle, on parle plutôt d'un agrégat de principautés qui, au gré du temps, s’associaient, reprenaient leur indépendance ou se faisaient la guerre. Sur Wikipédia, il est dit : "Le VIIIe siècle est une période de troubles pour les Khmers. Le royaume du Chenla éclate d'abord en deux royaumes rivaux, le Chen-la de terre (ou Wentan pour les Chinois) au nord et le Chen-la d'eau au sud, puis en cinq principautés. Finalement, les Khmers doivent accepter la suzeraineté de Java (dans l'actuelle Indonésie)." Donc, l'entité du Chen-la n'a duré que 100 ans, de 600 à 700. Entre 700 et 800, elle s'est divisée en deux royaumes, puis en cinq principautés. Au final, ça ne devait pas changer grand-chose, puisque ça n'était qu'un agglomérat de principautés. Mais quand même, l'agglomérat était désormais divisé en deux, puis en cinq, supprimant toute cohésion gouvernementale dans la région. Par ailleurs, on nous dit que les Khmers tombent sous le joug de Java. On ne sait pas trop quelle partie du territoire Khmer contrôlait Java. Mais on peut supposer que c'était le sud du Cambodge. Donc, en plus d'une division en plusieurs états, le sud était sous le contrôle des javanais. Et bien sûr, avant ça, il y avait eu une guerre avec les javanais. Tout ça justifie que les indochinois ne soient pas allés coloniser l'Australie à cette époque. Après le Chenla, arrive l'empire Khmer, de 802 à 1431. D'abord, un prince javanais nommé Jayavarman II (802-850), unifie les différentes principautés khmers et les libère des javanais. Et rapidement, on a un empire qui contrôle pratiquement toute la région Indochine. Entre 1002 et plus ou moins 1100, l'empire s'étend à l'est ; puis, il y a une longue guerre avec les Chams (Wikipédia) : "Suryavarman Ier qui règne entre 1002 et 1050 s'impose face à ses concurrents, fonde une nouvelle dynastie et étend le royaume vers l'ouest. La fin du Xe siècle est marquée par une incursion des voisins de l'Est, les Chams. Les conflits avec les Cham sont une autre composante de l'histoire khmère : on a même pu parler entre eux d'une « guerre de cent ans » de 1130 à 1227." Donc, durant tout ce temps, l'empire est en guerre avec l'ouest ou l'est, mais ne va jamais vers le sud. Le déclin arrive dès 1285 (Wikipédia). "Déclin : 1285-1430 environ Après la mort de Jayavarman VII, le Cambodge plonge dans une forme de déclin, dont la nature exacte est encore sujette à discussion dans la communauté scientifique." On peut voir sur cette carte que dès 1300, l'empire est nettement moins grand. Plusieurs royaumes apparaissent ou prennent de l'ampleur aux dépends de l'empire Khmer. Sud-est de l'Asie vers 1300 Et en 1400, c'est encore plus divisé : Sud-est de l'Asie vers 1400 Après la période Khmer, c'est l'âge sombre du Cambodge. Situation vers 1540 Il y a alors 5 états différents. Durant le 15ème siècle, il semble que le Cambodge soit sous domination siamoise. Puis, au 16ème siècle, elle est sous la domination vietnamienne. A nouveau, au 17ème siècle, elle est sous domination siamoise. A partir de 1767, les alternances de domination de la part du Vietnam et du Siam s'accélèrent. Et à certains moments, le pays est divisé en deux parties. Bref, du 15ème siècle à la fin du 18ème siècle, les deux puissances dominantes sont le Siam et le Vietnam. Mais les deux n'arrêtent pas de connaitre des baisses de puissance. Et tout ce qu'ils sont capables d'envahir durant leur brève période de prospérité, c'est le Cambodge. C'est en 1863 que le roi Norodom signe un traité de protectorat du Cambodge avec la France. Concernant le Siam, celui-ci est loin d'être dans une situation confortable tout au long de ces années. En effet, ici, on a : "Le royaume de Siam est fondé en 1350 par un prince thaï qui fonde Ayutthaya et monte sur le trône sous le nom de Ramathibodi Ier. Le Siam combat à la fois l'Empire khmer, le royaume de Sukhothaï et le royaume du Lanna. En 1431, il conquiert la capitale khmère, Angkor. En 1438, il absorbe complètement le royaume de Sukhothaï." Et concernant l'empire Khmer, il semble qu'il ne l'absorbe pas. Celui-ci devient juste son vassal, ce qui est évidemment très différent. L'état khmer survit, mais en situation de vassalité. Dans toutes ces manipulations de l'histoire par l'élite, les religions et les cultures sont utiles. En effet, elles peuvent varier selon les époques ou les pays. Et un des avantages est que ça permet de justifier l'abandon, voire la destruction de certains monuments, archives, etc… Parce que sinon, se pose la question de pourquoi ces monuments grandioses n'ont pas été utilisés par les générations suivantes. Mais, si c'était des monuments religieux, ou affichant des signes religieux, et que les descendants avaient une religion différente, assez rigoriste et donc ne supportant pas la présence d'autres religions, ça justifiait qu'on ne les ait plus utilisés. Et avoir deux pays avec des cultures différentes permet de justifier que l'une ait fait totalement disparaitre la culture de l'autre. C'est le cas ici avec le Vietnam et la culture Khmer. "En 1660, le Cambodge commence à payer un tribut de vassalité aux Lê du Viêt Nam. L’État khmer, alors sur son déclin, est divisé en trois « résidences » vietnamiennes sous le contrôle d’un Résident général vietnamien auprès de la Cour cambodgienne à Oudong. Les Vietnamiens entreprennent alors de détruire les vestiges de la civilisation khmère, au point que dans la province frontalière d'An Giang à Châu Đốc, cette opération devient (comme pour les Chams) une forme de « génocide » par assimilation culturelle dans le remplacement d’une organisation sociale et culturelle par une autre. C’est ainsi que les temples (pagodons) et autels bouddhiques sont détruits, le port des vêtements vietnamiens et de la coiffure vietnamienne devient obligatoire, la toponymie des lieux, villages et provinces est vietnamisée et finalement le titre de Roi est aboli pour les souverains du Cambodge. Somme toute, ce qu’on appelle ici « génocide » et en Extrême-Orient une « révolution culturelle », est beaucoup plus l’élimination des styles de vie et des modes de pensée et d’action, plutôt que la liquidation physique des personnes." De cette façon-là, on peut justifier qu'une culture ou une religion ait été totalement oubliée jusqu'à récemment. Alors qu'en réalité, elle a tout simplement été inventée récemment. Les périodes de rayonnement culturel sont utiles aussi pour expliquer qu'un royaume puissant et stable n'ait pas décidé de conquérir de nouveaux territoires. Tel royaume est au top de sa puissance ; pourquoi n'essaye-t-il pas de conquérir tel ou tel territoire ? Eh bien c'est parce que le roi préfère développer les arts, la culture, le commerce, etc… Ça n'est pas une période d'opportunités perdues pour le développement territorial du royaume ; non, c'est un âge d'or. Conclusion Donc, pendant plus de 1000 ans, il a été impossible pour les pays de la zone Indochine de s'étendre au sud. Soit tel royaume était en pleine ascension mais s'étendait au nord, à l'ouest ou à l'Est, mais pas au sud. Ou alors, il s'étendait aussi au sud, mais le temps qu'il gagne quelques territoires, il entamait déjà sa chute. Soit on avait plusieurs petits royaumes trop faibles pour s'étendre au sud. Et ce d'autant plus qu'ils se faisaient la guerre. En plus de problèmes propres à cette zone indochinoise, on verra dans le chapitre suivant que la majeure partie du temps, il y a eu un empire puissant en Indonésie, et spécialement sur l'ile de Sumatra, la plus proche de l'Indochine. Donc, même si certains royaumes indochinois avaient des velléités de s'étendre au sud, ils étaient la plupart du temps bloqués par l'empire qui dominait à ce moment-là. Et non seulement ces empires les bloquaient, mais souvent, ils contrôlaient des territoires dans le sud de l'Indochine (la Malaisie principalement), et ils arrivaient qu'ils attaquent les royaumes indochinois. Donc, c'est un peu la situation chinoise, mais inversée géographiquement. Là, ce sont les états de l'extrême sud qui envahissent les états indochinois, ce qui justifie que ces derniers n'aient jamais pu s'étendre vers le sud. A noter que comme les pays ou des cités-états d'Indochine se faisaient régulièrement la guerre, il devait leur être difficile d'investir à la fois dans une armée de terre et une marine. C'est encore une autre raison expliquant qu'ils n'aient pas pu s'étendre en Indonésie, puis en Australie. Donc voilà, la faiblesse, l'instabilité, la décadence, les guerres, et la présence de forces au sud (en Indonésie) a fait en sorte que les pays de la zone Indochine n'ont jamais été capables de s'étendre en Indonésie, puis en Australie. Mais, il fallait qu'il y ait également des états avancés au sud pour justifier que les indochinois ne l'aient pas colonisé et ensuite pas poussé jusqu'en Australie. Ce qui décale à nouveau le problème de la non-colonisation de l'Australie vers le sud, à savoir vers les états d'Indonésie. On doit donc analyser ce qui s'est passé à cet endroit. 2.2) L'histoire des pays indonésiens De la même façon que pour l'Indochine, il n'y avait pratiquement personne dans les iles indonésiennes. Il n'y avait que des tribus éparpillées et aucune civilisation avancée. C'est pour ça qu'il a été si facile pour les européens d'en prendre le contrôle. Mais, là aussi, l'élite devait inventer des grands royaumes et des civilisations millénaires, parce que sinon, il aurait été très difficile d'expliquer que les royaumes indochinois, ou la Chine elle-même, n'aient pas colonisé l'Indonésie, et ensuite l'Australie. Il fallait donc inventer des civilisations indonésiennes puissantes servant de verrou à la colonisation chinoise ou indochinoise vers le sud et le Sud-Est. Et bien sûr, il fallait expliquer pourquoi ces civilisations indonésiennes n'ont pas colonisé l'Australie. C'est ce qu'on va voir maintenant. L'Indonésie est constituée de plusieurs iles, voici une carte pour s'y retrouver. Je vais analyser la situation par ordre chronologique. 2.2.1) Période 500-1450 On trouve des cartes chronologiques très bien faites sur Youtube, aussi bien sur l'Indonésie en générale que sur des iles indonésiennes. Et ces cartes sont souvent très précises. Il y a plusieurs personnes qui en proposent. Seulement problème, les cartes se contredisent les unes les autres, souvent de façon importante selon les auteurs. Ce qui signifie que beaucoup de cartes proposées sont fausses, en plus ou moins grande partie. On ne sait pas si c'est parce que certains auteurs ont fait n'importe-quoi, ou s'ils ont inventé à partir d'informations très parcellaires et ne faisant pas consensus (dans beaucoup de cas, il semble qu'on ait très peu d'informations précises sur l'état de telle zone à tel moment), ou s'ils cherchent à imposer une version de l'histoire par nationalisme (les auteurs sont tous des indonésiens apparemment, et il y a des opposition entre les habitant de Sumatra, Java, de la Malaisie, des Philippines, etc…), ou si ce sont des agents de l'élite qui cherchent à maintenir une confusion maximum sur l'histoire de la région et une possibilité de modifier l'histoire officielle si des petits malins dans mon genre se mettaient à comprendre ce qui se passe. Mais, il y a des informations communes aux différentes cartes. Donc, on peut tirer tout de même une impression générale. Il y aura probablement des erreurs à plusieurs endroits. Mais, globalement, ça sera à peu près valable. Bien sûr, ça serait nettement mieux si les cartes étaient fiables. Mais, avec ce qu'on a, ça devrait suffire. Si vous ne voulez pas entrer dans les détails, vous pouvez ne pas vous embêter avec toutes ces cartes et les évolutions des royaumes et sultanats et sauter directement au résumé. Ceci parce que le simple fait qu'aucun état indonésien n'ait colonisé l'Australie pendant 1500 ans est complètement invraisemblable quelle que soit la configuration, vu la proximité de ces états avec l'Australie et par ailleurs leur capacité à voyager loin par bateaux. Soit on avait un ou des grands empires ayant duré dans le temps. Et alors il est complètement anormal qu'ils n'aient pas poussé jusqu'en Australie. Soit on avait des royaumes divisés. Et il est très bizarre que ça ait duré 1500 ans comme ça. Et même avec un mixe des deux, ça reste invraisemblable. Et ça implique donc une manipulation de l'histoire par l'élite. Et par ailleurs, la stratégie de l'élite pour l'Indonésie peut être résumée en quelques paragraphes. Mais bon, par acquis de conscience, j'ai fait cette analyse des cartes, pour les lecteurs qui voudraient plus de détails. A noter qu'avant le 15ème siècle, les cartes qui montrent telle ou telle zone avec une seule couleur, ne montrent pas toujours forcément un royaume, mais plutôt des zones ethniquement homogènes. Et dans ce cas, en réalité, ce sont essentiellement des tribus séparées les unes des autres, n'obéissant pas forcément à un seul chef. Donc, les cartes peuvent être trompeuses (en plus d'être éventuellement fausses). La période avant 500 La section porte sur la période après 500. Mais, il est intéressant d'étudier rapidement celle avant 500. On y constate une bizarrerie. Sur cette vidéo, on a la situation sur l'ile de Java en 445 après J.C. La personne qui l'a faite a effectué un énorme travail. Néanmoins, elle est honnête et dit que celle-ci n'est pas encore tout à fait exacte. Ce qui est tout à fait normal, vu la complexité du sujet et le flou des sources (qui doivent avoir tendance à changer selon les évolutions de la "science" historique) : "J'attends des critiques et des corrections car cette vidéo n'est certainement pas tout à fait exacte et contient encore des erreurs." Mais, comme c'est le travail le plus abouti, c'est surtout sur lui que je vais me baser. Apparemment, la zone en blanc est encore inhabitée. Et c'est assez formidable, parce que les aborigènes ont colonisé la Papouasie et l'Australie il y a 40.000 ou 50.000 ans selon l'histoire officielle, c'est-à-dire des territoires qui étaient à environ 8.000 kilomètres de l'Afrique, voire nettement plus si on suppose qu'ils ont longé les côtes de l'Inde, de l'Indochine et de l'Indonésie. Mais, les asiatiques, pendant tout ce temps, n'ont pas réussi à franchir les 10-15 km qui séparaient le sud de l'Indochine de l'ile de Sumatra, puis la même distance qui séparait Sumatra de Java (si on tient compte des iles intermédiaires). Sinon, en 445, ils auraient colonisé l'intégralité de l'ile de Java depuis très très longtemps. Manifestement, les asiatiques sont complètement nuls comparés aux noirs. Encore sur Java, on a cette la même carte en 758 : Donc, en 300 ans, les asiatiques n'ont progressé que d'environ 150 km vers l'Est. Incroyable ! Ils n'étaient vraiment pas doués. Eh oui, mais, s'ils avaient progressé rapidement vers l'Est, alors problème pour justifier que l'Australie n'ait pas été colonisée par les asiatiques. Donc, il fallait qu'ils progressent très lentement. Et on peut constater quelque-chose de similaire sur l'ile de Sumatra, qui est encore plus près du continent indochinois. Voilà la carte de 9.000 avant J.C. Donc, on a 2 tribus d'installées. Très bien. Mais, en 130, soit 9.130 ans après, il y a toujours de larges parties de l'ile qui ne sont pas colonisées. Incroyable là aussi. Surtout que ça n'est pas comme si les deux tribus initiales étaient situées uniquement au nord. Elles étaient au centre et au sud. Mais la moitié du sud est toujours inhabitée. Et on ne peut même pas justifier ça par le fait que ça serait une région montagneuse, peu accessible. C'est essentiellement une région de plaine, apparemment très fertile. Et en 428, c'est-à-dire pratiquement 300 ans après, cette partie de l'ile est toujours vide. Alors, certains pourraient répondre qu'il y avait des tribus à ces endroits, mais qu'elles n'étaient pas sous le contrôle des royaumes en question. D'accord. Mais des tribus n'auraient normalement pas pu s'opposer à un royaume développé. Militairement parlant, elles ne faisaient pas le poids. Donc, ça aurait dû être un jeu d'enfant pour ces derniers de placer ces zones sous leur contrôle. Du coup, même dans ce cas, il reste très bizarre que durant 300 ans, les royaumes situés au centre ne les aient pas envahies. Et, comme évoqué plus haut, les zones en gris sont à priori des zones ethniquement homogènes, mais sans états constitués. Ce sont juste des tribus. Donc, ça élimine en principe l'idée que les zones en blanc étaient habitées. Sinon, l'auteur de la vidéo les auraient mises en gris et leur aurait donné un nom. Ou, peut-être qu'elles étaient habitées, mais avec une très faible densité de population, c'est-à-dire juste quelques tribus éparses. Donc, le problème de la non colonisation par les royaumes reste très louche. Mais bon, peut-être que l'élite nous dira que ces cartes sont fausses et qu'il y avait bien des royaumes à ces endroits. Ou alors, elle reconnaitra qu'elles sont vraies. Mais elle "découvrira" par la suite qu'en fait, il y avait tels ou tels royaumes à ces endroits, ce qui permettra de résoudre cette bizarrerie. Le Sriwijaya (ile de Sumatra) Passons maintenant à la période post 500. Sur l'ile de Sumatra, il y avait l'état du Sriwijaya entre 650 et 1088 (certains disent 1482 en considérant que son successeur était en fait la même chose que le Sriwijaya). Voici sa situation en 650 (ici) : Il commence son expansion en 670 : En 690, en seulement 20 ans, il a envahi les deux tiers de Sumatra et une partie de l'actuelle Malaisie dans la zone indochinoise : En 698, il commence à envahir Bornéo : En 2 ans, il fait des progrès importants : Après une pose de 39 ans, il conquiert la moitié de l'ile de Java en 739. Une petite partie supplémentaire sera prise en 753 (le centre nord) : En 770, la situation est la suivante : En 781, seulement 11 ans plus tard, ils ont envahi le sud de l'Indochine : En 792, ils contrôlent la majeure partie de Java. Et en 795, ils poussent un peu plus loin en Indochine : Ils mettent un pied aux Philippines en 800 : Mais, en 851, ils perdent tout d'un coup une partie de Java et de l'Indochine : En 882, ils regagnent une partie de Java, et poussent un peu plus loin sur ses iles voisines : En 897, commence une campagne d'expansion sur Bornéo et les Philippines. En seulement 7 ans, une grande partie des Philippines sont conquises et la bordure nord de Bornéo également. Par contre, des terres sont perdues en Indochine (901-903) et à Java (904-906) : A part une petite expansion sur les côtes du nord de Sumatra (côté ouest) en 943, rien ne se passe pendant 70 ans. Puis, tout d'un coup, en 978, il perd les parties sud et nord de Bornéo, suivi en 982 du nord des Philippines : A la fin du siècle, il y a des remaniements sur l'ile de Sumatra, avec la perte du sud de l'ile et des gains au nord. Mais, entre 1001 et 1003, il s'étend à nouveau fortement en Indochine. Et curieusement, entre 996 et 1000, il s'empare du Sri Lanka (ex Ceylan), au sud de l'Inde. La poussée en Indochine dure très peu de temps, puisque le terrain est perdu dès 1006 : En 1022, après plusieurs reculades successives qui commencent en 1017, le nord du territoire indochinois est perdu, ainsi que la totalité du Sri Lanka. Par contre, le sud de Sumatra est repris et une bonne partie de l'Est de Java : Commence alors une période de bouleversements importants. Entre 1024 et 1025, le Royaume perd une grande partie de Sumatra, une partie du territoire indochinois et une petite partie de Java. En 1027, tout Sumatra et la Malaisie sont perdus. Par contre, les territoires de Java, Bornéo, et des Philippines sont conservés. Ce qu'on ne comprend pas très bien, puisque à priori, le pouvoir central se trouvait sur Sumatra. En fait, Sumatra doit subir une guerre civile ou quelque-chose comme ça, et du coup, doit sombrer dans le chaos : Puis, en 1028, la période de chaos a apparemment pris fin et les territoires de Sumatra et de Malaisie sont à nouveau sous contrôle. Mais, toutes les possessions dans les Philippines et Bornéo sont perdues. Sur Java, la situation reste à peu près stable : Mais, il ne faut pas longtemps avant que Java soit perdue. Ça commence dès 1030. Et en 1036, il ne reste plus qu'un petit bout à l'ouest : Curieusement encore, le royaume remet la main sur le Sri Lanka entre 1045 et 1049. Il parvient même à s'emparer d'un petit bout du sud de l'Inde en 1053. Et il s'étend un peu au nord de la Malaisie (en 1046) : Dès 1071, l'Inde et le Sri Lanka sont perdus. Et en 1088, c'est apparemment la fin de la dynastie des Sriwijaya. Elle disparait au profit du Dharmasraya à Sumatra, et à celle de Tambralingga en Malaisie. Cela dit, selon d'autres cartes faites par la même personne, c'est un peu moins clair. Donc, le fait que l'état du Sriwijaya ait été puissant durant ces 700 ans a empêché les états d'Indochine de prendre sa place. On avait comme un verrou vers le Sud-Est. Et le Sriwijaya, même s'il s'est étendu un peu au Sud-Est, s'est surtout développé au nord et au Nord-Est, ce qui explique qu'il n'ait pas colonisé l'Australie. Et les historiens peuvent justifier ça en disant que c'est au nord que le commerce se faisait et qu'il y avait la richesse. La période 1088-1292 Entre la fin de royaume du Sriwijaya en 1088, et le début de celui du Majapahit en 1292, il y a une période de 200 ans où aucun état ne semble dominer la région. En 1089, apparait l'état du Dharmasraya : Et sur l'ile de Java, on a le Sunda et le Janggala : En 1093 le Sriwijaya a apparemment disparu. Il semble n'être plus être qu'un vassal du Dharmasraya. Quelques états au nord sont apparus : Du côté de Java, le Dharmasraya en contrôle un petit morceau à l'ouest (indirectement, via son vassal le Sriwijaya). Et le reste est principalement constitué du royaume de Sunda et Janggala : Et sur cette carte, on ne sait pas trop si le Sriwijaya est indépendant ou pas. Quoi qu'il en soit, la zone est divisée en plusieurs états. Aucun ne domine comme le faisait apparemment le Sriwijaya jusque-là. A Java, les choses changent en 1106, avec l'apparition du Panjalu qui prend la place de l'ouest du Janggala. En 1135, il ne reste plus que le Panjalu. Sur Sumatra, rien ne change : Le Janggala renait mystérieusement de ses cendres en 1160 : Au niveau de Sumatra et la Malaisie, les choses restent en l'état jusqu'en 1174, ou le Dharmasraya s'étend à nouveau et prend le contrôle de l'ensemble de l'ile et de la Malaisie en 1179. Et voici la région en 1150. On constate plusieurs différences par rapport aux 3 cartes précédentes. Mais, peut-être que l'auteur a pris une année qui lui semblait plus représentative de la période 1150-1200 que l'année 1150 elle-même ; donc, peut-être l'année 1186 : En 1184, le Srwijaya, qui devait être devenu un état vassal est assimilé au Dharmasraya : Sur Java, le Panjalu et le Janggala sont remplacés par le Kediri : Voici la situation générale en 1200 : Sur Java, en 1226, le Kediri est remplacé par Tumapel : En 1251, le Dharmasraya perd un morceau de Sumatra : Sur Java, en 1255, le Tumapel est remplacé par le Singhasari : Voici la situation générale (par le même auteur) en 1250 : Puis, en 1259, le Aru prend son indépendance. Et en 1267, il est suivi par plusieurs pays au nord de Sumatra : Dix ans plus tard, c'est le Singhasari qui devient indépendant : En 1290, le Singhasari a entièrement remplacé le Dharmasraya : Mais, la domination du Singhasari est de très courte durée, puisque le Majapahit et le Palembang le remplacent dès 1293 : Sur Java, le Singhasari est remplacé par le Majapahit en 1293 également : On constate que durant cette période également, il n'y a pas eu d'extension vers le Sud-Est, soit parce que : les royaumes les plus puissants se faisaient la guerre le royaume le plus puissant s'étendait surtout au Nord et au Nord-Est il y avait une instabilité politique importante le royaume le plus puissant de Java ne l'était pas assez pour s'étendre suffisamment loin à l'Est En l'occurrence, le Kediri est allé assez loin à l'Est. Mais pas suffisamment pour coloniser l'Australie. Et ensuite, évidemment, il s'est effondré, ce qui fait que la possibilité de conquérir l'Australie a été une fois de plus manquée. Le royaume Majapahit (1292-1527) Le royaume Majapahit apparait vers 1292. Selon Wikipédia, celui-ci a duré jusqu'en 1478. Mais en fait, c'est un peu plus long, puisqu'il a plus ou moins survécu sous l'égide de princes de Kediri pendant encore 49 ans, jusqu'en 1527. Sur cette vidéo, on voit que ça commence comme ça : Donc, il contrôle déjà un large territoire, et sur des zones espacées. Mais, en 1301, il perd l'ile de Bornéo et du Kampar sur Sumatra : Jusqu'en 1339, à part une expansion à l'Est de Java en 1317, il ne se passe pas grand-chose. Puis, il s'empare du sud de Sumatra et d'une petite partie du sud des Célèbes : A partir de là, on a une expansion fulgurante, puisqu'en seulement 16 ans, ils s'étendent sur une partie de Bornéo et des iles à l'Est de Java. Et ils s'emparent de l'actuelle Malaisie. Sur Sumatra par contre, on ne comprend pas très bien, puisqu'ils perdent le sud de l'ile mais gagnent le nord. Pendant les 11 années suivantes, la conquête se poursuit à un rythme effréné. En 1366, ils contrôlent presque tout Sumatra, tout le pourtour de Bornéo, diverses zones des Célèbes, et de nombreuses iles à l'Est de Java. Tout va à peu près bien jusqu'en 1378 : Puis, des rebellions (Pemberontakan en Indonésien) apparaissent, ce qui conduit à la perte de la Malaisie pendant quelques temps (1380-1391) et d'une petite partie du Nord-Est de Bornéo (1383). Toutefois, le royaume compense à l'ouest de Bornéo (1380-1385) : En 1407, le royaume a perdu le nord de Sumatra (1405). Et le nord de Bornéo se rebelle : La chute continue en 1412 avec la perte d'une grosse partie de Bornéo (1412) et du centre de Sumatra (1411). Le sud de la Malaisie est également perdu (1409). En 1429, le royaume remet la main sur le sud-ouest de Bornéo : En 1444, il s'étend au nord-Est de Bornéo. Une révolte éclate en Malaisie en 1445, qui est vaincue en 1446 : En 1459, une petite partie de Sumatra est perdue (au centre), ainsi qu'une partie de la Malaisie. En 1465, le royaume perd le reste de la Malaisie : En 1478, il perd l'Est de Bornéo. Il a regagné une petite partie de la Malaisie en 1467. Et en 1468, une partie du sud de Java a fait sécession jusqu'en 1478 Selon Wikipédia, en 1478, le royaume passe sous le contrôle des princes de Kediri. En fait, Kediri était une province du royaume à l'Est de Java. Donc, c'était encore plus ou moins des factions internes qui prenaient le pouvoir : A partir de 1499, c'est le début d'un reflux général. La Malaisie est perdue et le royaume commence à reculer à l'Est, près de la Papouasie : En 1512, l'essentiel du royaume est perdu. Il ne contrôle plus que Java et le sud de Bornéo. En 1526, il ne contrôle plus Bornéo : En 1527, le royaume disparait. Donc, en 1365, le Majapahit commence à contrôler la zone Est, dans le carré rouge. Il a même un pied en Papouasie. Il ne s'en désengage qu'en 1500. Donc, à partir de 1337, cet état a réussi à s'étendre sur des distances considérables, en seulement 28 ans. Puis, il a eu 135 ans pour aller en Australie. Mais, non. Là, alors qu'il n'y a pratiquement personne, et que sa puissance est immense, il n'arrive pas à aller plus loin. Mais, on comprend de quoi il retourne en lisant Wikipédia, qui donne par ailleurs cette carte : En réalité, le royaume de Majapahit ne contrôlait qu'une petite partie de l'Indonésie, à savoir l'Est et le centre de l'ile de Java. Tout le reste était constitué d'états vassaux qui lui versaient tribut (les zones en orange pâle). Et vu la faible taille du royaume par rapport à l'ensemble, on avait plutôt affaire à un agglomérat de petits états. "Le Nâgarakertâgama dresse une liste de près de 100 « contrées tributaires » de Majapahit. Outre Bali, Madura et Sunda, la liste va de Pahang sur la péninsule Malaise à Gurun dans les Moluques, en passant par Malayu (Jambi) à Sumatra et Bakulapura à Bornéo. Mises sur la carte, elles couvrent à peu près le territoire de l'actuelle Indonésie." Donc, on avait environ 100 états tributaires. Ça signifie que c'était essentiellement des états très peu puissants. Et évidemment, la cohésion de l'ensemble devait être très faible. Ça ne s'arrête pas là. En effet, pendant à priori une bonne partie de son histoire, le royaume était divisé en deux, une cour à l'ouest et une autre à l'est : "Une ambassade de Majapahit est envoyée en Chine en 1377. Les Chinois notent qu'il existe alors deux cours à Majapahit, une « de l'Ouest » et une « de l'Est ». Le « roi de l'Ouest » n'est autre que Hayam Wuruk lui-même. Le « roi de l'Est » a été identifié comme étant Bhre Wengker, c'est-à-dire le prince de Wengker, Wijayarajasa, l'oncle de Hayam Wuruk. En 1404, une guerre civile éclate entre la cour de l'Ouest et la cour de l'Est. Le roi de l'Ouest est Wikramawardhana ou Hyang Wisesa (règne 1389-1429), neveu de Hayam Wuruk (1350-1389). Le roi de l'Est est Bhre Wirabhumi, le prince de Wirabhumi, fils de Hayam Wuruk. L'année suivante, l'amiral chinois Zheng He aborde à Java dans le cadre de sa première expédition. La guerre civile se conclut par la défaite et la ruine de la cour de l'Est en 1406." Donc, même le cœur du royaume n'était pas unifié. Il était divisé en deux. Et dès 1404, une guerre civile éclate, et aboutit à la défaite de la cour de l'Est en 1406. Puis, des guerres de succession finissent d'affaiblir le royaume : "À la fin du XVe siècle, des guerres de successions affaiblissent Majapahit. En 1478, son territoire passe sous le contrôle des princes de Kediri." Donc, la période d'unification du cœur du royaume, après 1406, n'a apparemment pas duré longtemps. Et on peut voir sur les cartes qu'à partir de 1400 environ, des territoires sont perdus, puis regagnés. Ce qui signifie qu'il y a effectivement des guerres : soit civiles, soit avec d'autres états. Donc, dès 1404, on avait des guerres justifiant une non colonisation de l'Australie par ce royaume. En fait, la stabilité de ce royaume n'a duré qu'un peu plus de 100 ans. Mais, la stabilité durant la période d'apogée n'a duré qu'environ 50 ans. Cet empire a à peine eu le temps de s'étendre et de se stabiliser que les problèmes ont commencé. Donc, il est normal qu'il n'ait pas pu coloniser l'Australie. Et le fait que ce royaume n'était essentiellement qu'un agrégat de très nombreux petits états aide aussi à justifier que bien qu'il ait apparemment contrôlé la région jusqu'à la Papouasie, en fait, il ne contrôlait pas grand-chose et il n'avait aucune capacité à aller jusqu'en Australie. On nous dit que c'est au moment de la guerre Civile que Zheng He est arrivé à Java. Donc, la guerre civile, puis les guerres de succession, auraient été des bonnes occasions pour la Chine de s'emparer de Java. Surtout que la Chine était à l'apogée de sa puissance (époque Ming). Et si ça n'était pas vers 1400, ça pouvait être vers 1500, quand le royaume Majapahit n'était plus que l'ombre de lui-même. Eh oui, mais non, puisque les expéditions lointaines ont été interdites par l'empereur chinois dès 1424. Alors, peut-être que Java n'était pas considéré comme une destination lointaine. Mais, en tout cas, la Chine n'a pas profité de ces divers moments de faiblesse pour envahir Java. 2.2.2) La période des sultanats et des portugais (à partir de la fin du 15ème siècle) Le sultanat de Demak (1478-1555) Après l'avènement des princes de Kediri, le sultanat de Demak a pris le pouvoir entre 1475 et 1554 sur la partie Est et centre de l'ile, en partant du nord de celle ci. Puis, il a également conquis le sud de Sumatra. C'est le premier état islamique à Java. Le voici en 1478 (voir ici) : Puis en 1485 : On note que les royaumes de Sunda et Galuh ont disparu et ont été remplacé par Pajajaran. Voici une carte globale en 1511 (ici) : Donc, en 1511, le sultanat n'est encore qu'un petit état. Vers 1512, le sultanat de Demak commence son ascension : Sur l'ile de Java en 1515 : En 1519, le sultanat commence la conquête de Bornéo et de Sumatra : La conquête de Bornéo est pratiquement achevée dès 1526 : 1527, le centre et l'Est de Java sombrent dans le chaos politique. Un nouveau royaume apparait, le Blambangan : En 1532, le sultanat a conquis la majorité du centre de l'ile : En 1545, le sultanat s'est encore un peu étendu à l'Est de l'ile : En 1547, le Demak est au fait de sa puissance : Mais, dès 1548, il perd entièrement l'ile de Bornéo : En 1551, il perd également Sumatra : Par ailleurs, sur Java, Pajang commence à émerger au sud. C'est le début de la fin pour le Demak : Et effectivement, en 1555, le Demak n'existe plus : Donc, à nouveau, on a un état qui s'est développé surtout au Nord et au Nord Ouest. Ça n'est qu'au bout de 48 ans (en 1526) sur les 77 ans qu'ont duré son existance qu'il commence vraiment à se développer sur l'ile de Java, ce qui lui aurait permis ensuite de se développer vers l'Est et possiblement vers l'Australie. Mais, même au fait de sa puissance, il n'arrive pas à contrôler toute l'ile, et surtout pas la partie Est, qui est la plus importante pour le problème qui nous concerne. Et ensuite, au bout de seulement 22 ans (en 1548), il commence son déclin, ce qui met pratiquement fin à toute possibilité pour les états indonésiens d'envahir l'Australie, puisqu'à ce moment-là, sont déjà arrivés les européens, qui ne vont faire que monter en puissance. Et comme par hasard, les portugais s'installent aux Moluques vers 1529, coupant en grande partie la route des supposés royaumes et sultanats indonésiens vers l'Australie. Voire Wikipédia : "Négociations et traité de Saragosse (1529) : un méridien de séparation est défini dans l'océan Pacifique ; les Moluques reviennent au Portugal ; les Philippines à la Castille, bien que situées à l'ouest du méridien. " On a cette autre page Wikipédia qui donne la liste des colonies portugaises : "Molucas Amboina - colonisation (1576-1605) Ternate - colonisation (1522-1575) Tidore - colonie (1578-1605). Capturée par les Hollandais le 1605." Sur l'Ile de Java après le Demak : la période 1555-1677 En 1555, c'est à nouveau le chaos politique. Le sultanat de Pajang s'étend. Le Demak disparait, le Cirébon apparait. Et le Lampung (Sultanat de Banten) s'empare d'une petite partie de l'ouest de l'ile : Vers 1569, le sultanat de Pajand s'est emparé de tous les petits états à l'Est : En 1580, le Lampung s'empare du Pajajaran : 1582, c'est à nouveau le chaos à l'Est : 1589, le Pajang est remplacé par le sultanat de Mataram : 1618, le Mataram s'est étendu à l'ouest et à l'Est, et s'est emparé du Cirebon, qui n'aura vécu qu'une soixantaine d'années : En 1638, le Mataram s'est emparé du reste de l'Est de l'ile : Mais, en 1677, un nouvel état apparait, le Trunojoyo, qui s'empare de très grande majorité du territoire Mataram. A priori, ça n'est qu'un coup d'état. C'est toujours le Mataram, mais sous une autre dynastie. Et il y a deux zones qui sont restées fidèles à la dynastie Mataram. Et, encore plus important, on constate que la Compagnie des Indes Néerlandaises (VOC sur la carte) a commencé sa conquête de l'ile. C'est le début de la fin pour les royaumes et sultanats de Java : A partir de 1677 et l'arrivée des néerlandais, l'histoire de Java est pratiquement finie. Elle ne renait qu'à partir de 1945, avec l'indépendance de l'Indonésie. Donc entre 1555 et 1677, soit pendant 122 ans, on a une grande instabilité politique, avec des changements incessants dans les frontières, des ascensions rapides de tel ou tel état, suivi d'un effondrement tout aussi rapide, et donc des guerres permanentes. On a d'abord le sultanat de Pajang qui domine l'ile entre 1555 et 1589 (seulement 34 ans). Mais, il ne contrôle que le centre principalement. Puis on a le sultanat de Mataram, entre 1589 et 1677 (88 ans). Celui-ci arrive à dominer pratiquement toute l'ile, mais seulement à la moitié de son règne, en 1638, c'est à-dire seulement 39 ans avant sa chute. Trop court pour envisager une éventuelle conquête de l'Australie. Et de toute façon, le Portugal contrôlait le Timor depuis 1596 (ici), ce qui coupait cette route de l'Australie aux états de Java. Pour rappel, le Timor, c'est ici : A Sumatra et au sud de l'Indochine : période 1475-1824 Voici la carte de Sumatra en 1475. On voit que le Majapahit a déjà fortement décliné. Cela dit, il possède encore la partie Est de l'ile de Java, comme on a pu le voir dans la partie précédente. Et il y a de nombreux nouveaux états : le sultanat de Malaka, le Pagaruyung, Siantar, Pasai, etc… Donc, à nouveau, l'ile est désunie : En 1485, la situation évolue légèrement, avec la conquête du sud de l'ile par le royaume Pajajaran, basé à l'ouest de Java : En 1513, à nouveau la configuration change. Le sultanat de Malaka s'étend au nord de l'Indochine. Le sultanat de Demak remplace le royaume Majapahit. Et le royaume Aru devient indépendant et conquiert le Siantar. Elément important, vers 1514, le Portugal s'empare d'un petit morceau du Malaka (en fait, c'était vers 1511, mais le Demak s'est emparé pendant un court moment de ce territoire). Donc, les européen sont désormais présents : Plusieurs états s'affrontent, et en 12 ans, on arrive à la situation suivante. Les Pasais disparaissent, remplacés par les Aru (à priori, un royaume musulman) et le sultanat d'Aceh. Les Hatorusan s'étendent également. En seulement 2 ans, la situation change encore fortement, cette fois au centre, avec le sultanat de Malaka qui est remplacé par le sultanat de Johor. Et le Pajajaran est scindé en 3 entités : En 1539, le Aru est passé sous domination des Aceh. Et ce dernier conquiert des territoires au centre : En 1542, le Aru redevient indépendant et le Indrapura apparait : En 1551, seulement 9 ans après, le Hatorusan est devenu le Bakkara. Le sultanat de Demak a disparu et a été remplacé par le sultanat de Palembang. Le sultanat de Johor s'est emparé de la partie nord de son territoire. Et plusieurs petits états apparaissent au sud. L'instabilité est extrême. En 1554, les trois territoires au sud deviennent le sultanat de Banten. Entre 1554 et 1630, de sultanat d'Aceh arrive à conquérir quelques territoires limités au nord. Le reste ne change que très peu. Mais, à partir d'environ 1615, il commence son ascension. Et vers 1630, l'Aceh a conquis une grande partie de l'ile. A noter que selon Wikipédia, le Pagaruyung est devenu un état islamique vers cette période. Mais dès 1637, le sultanat de Johor renait bizarrement de ses cendres et le sultanat d'Aceh perd la majeure partie de ses conquêtes. A partir de là, ça bouge moins. En 1667, le Pagaruyung s'est emparé de quelques territoires de l'Aceh. Le Jambi est devenu indépendant. Le Palembang s'est emparé des iles à l'Est. En 1687, l'Aceh a encore perdu quelques territoires. Mais, le plus important est que la Compagnie des Indes Néerlandaises (VOC) s'empare du sud de l'ile. En fait, ça n'est pas tout à fait une conquête militaire. C'est le sultanat de Banten qui devient un protectorat des hollandais. Mais, le sultanat ne regagnera jamais son indépendance, et au contraire, sera de plus en plus sous le contrôle des hollandais, jusqu'à sa disparition pure et simple en 1808 (ici). Donc, on peut considérer qu'à partir de cette date, les hollandais sont présents sur l'ile. Les choses ne bougent pas beaucoup pendant une trentaine d'années. En 1718, le Johor devient le Riau. Mais pour peu de temps, puisque dès 1722, le sultanat de Johor reprend ce territoire. Les anglais se sont emparés de côtes du sud-ouest (EIC) depuis 1700 environ. Mais, dès 1727, le Johor est remplacé par le Siak sur Sumatra : Pendant 40 ans, les choses changent encore assez peu. Mais en 1770, Le Palembang et le Jambi sont apparemment réunis. Puis, en dehors de quelques petits mouvements entre les états autochtones, c'est l'ascension des européens. En 1814, alors que les territoires de la Compagnie des Indes néerlandaises, ont été remis temporairement aux anglais (Inggris), ceux-ci s'emparent d'autres parties de l'ile, au sud. En 1824, les hollandais s'emparent de Palembang. On note qu'entretemps, Padri s'est largement développé. A partir de là, c'est le début de la fin pour les états autochtones. Les Pays-Bas vont progressivement s'emparer de toute l'ile (dès 1834, ils en possèderont déjà la moitié). C'est en 1907 que ça sera réalisé. Donc, durant 349 ans (1475-1824), il y a eu pratiquement constamment une instabilité politique importante. Et, à part pendant quelques années avec le sultanat d'Aceh, aucun état n'a dominé Sumatra. On a en permanence une très importante fragmentation, avec au moins 7 ou 8 états se partageant l'ile. Par ailleurs, les conflits se font principalement entre les états du nord ou du centre de l'ile. L'extrême-sud est laissé tranquille la majorité du temps. Il n'est en tout cas jamais envahi par les états du centre et du nord. Evidemment, dans ces conditions, pas question d'aller coloniser Java et encore moins l'Australie. Et c'était évidemment d'autant moins le cas qu'à partir de 1677, les hollandais commençaient à contrôler Java. Donc, pendant les derniers 147 ans de ces 349 ans, le chemin vers l'Australie leur était fermé. Et c'était même avant ça, puisqu'on a vu que le Portugal contrôlait l'ile du Timor depuis 1596. 2.2.3) L'histoire des Célèbes (Sulawesi), des Moluques, de la Papouasie et du Timor Je remets la carte de la région. On va analyser les zones d'Ouest en Est pour celles qui sont sur la même latitude. Donc, d'abord les Célèbes, puis les Moluques, puis la Papouasie. On terminera par le Timor. Les Célèbes Dans les Célèbes, le royaume le plus important semble avoir été celui de Luwu, qui aurait émergé à partir du 10ème siècle selon Wikipédia. Dans cette vidéo de Lazardi Wong Jogja, on a la carte suivante : An l'an 1000, le royaume contrôle la plus grande partie de l'ile : Et elle garde une position dominante jusqu'en 1399. Mais, le reste de l'ile est éclatée en de multiples royaumes et tribus. Donc, là encore, les guerres entre les divers états ou tribus expliquent que l'Australie n'ait pas été colonisée : A partir de là, c'est le déclin. Mais, en 1500, le royaume reste relativement puissant. Cela dit, sur la version anglaise de la page Wikipédia, on nous dit : "En 1889, l'administrateur néerlandais de Makassar, Braam Morris, a situé l'apogée de Luwu entre le 10e et le 14e siècle, mais n'a pas fourni de preuves claires. La Galigo, un poème épique composé dans une forme littéraire de la langue bugis, est l'inspiration probable de cette datation. La théorie de Morris combine deux concepts plus anciens déjà répandus dans la région, à savoir l'âge dit "primordial" décrit dans La Galigo et la croyance répandue dans d'autres régimes politiques bugis du sud de Sulawesi, qui considéraient les souverains de Luwu comme la lignée la plus ancienne de tous les souverains bugis. Cependant, les historiens et les archéologues ont exprimé des doutes quant à ces affirmations. Ils ont noté que les archives historiques et les chronologies de Luwu étaient "décevantes et superficielles" et "dépourvues de toute preuve"." Donc, toute cette histoire du royaume Luwu semble complètement bidon. D'ailleurs, sur Wikipédia, on a : "Au XIXe siècle, Luwu n'est plus que l'ombre de sa grandeur passée. James Brooke, qui deviendra plus tard rajah de Sarawak, écrit dans les années 1830 que "Luwu est le plus ancien État bugis, et le plus décadent. [...] Palopo est une misérable bourgade consistant en quelque 300 maisons, éparpillées et délabrées. [...] Il est difficile de croire que Luwu ait jamais pu être un État puissant, excepté dans un état très bas de civilisation indigène."" Ce qu'on peut retrouver sur la version anglaise de Wikipédia : "Au 19e siècle, Luwu était devenu un lieu isolé. James Brooke, futur Rajah de Sarawak, écrivait dans les années 1830 que "Luwu est le plus ancien État bugis et le plus délabré. [...] Palopo est une ville misérable, composée d'environ 300 maisons, dispersées et délabrées. [...] Il est difficile de croire que Luwu ait jamais pu être un État puissant, si ce n'est dans un état de civilisation autochtone très peu développé."" Donc, en 1830, il n'y avait en réalité pratiquement personne dans la "ville" de Palopo, soi-disant la capitale du royaume Luwu. Et s'il n'y avait pratiquement personne à Palopo en 1830, c'était certainement le cas aussi dans cette région en général. Et logiquement, il devait y en avoir encore moins avant. Ce qui va dans le sens de ce que je dis, à savoir que la région était pratiquement inhabitée quand les européens sont arrivés. Les plus récentes recherches aboutissent à l'idée qu'ils ne sont arrivés que vers le 14ème siècle : "Des études et des fouilles approfondies à Luwu ont révélé que le royaume de langue bugis est plus jeune d'un siècle environ que les plus anciennes communautés du sud-ouest de la péninsule. La plus ancienne référence textuelle à Luwu se trouve dans le poème de la cour de Majapahit, Desawarnana (vers 1365), qui cite Luwu, Bantaeng dans la partie sud de l'île, et Uda (peut-être Cina) comme les trois principales puissances de la péninsule. Cependant, il n'existe aucune preuve archéologique convaincante de colonies Bugis dans la région de Luwu avant environ 1300." Donc, selon la version officielle, avant le 14ème siècle, il n'y avait aucun royaume avancé sur l'ile. Et même à partir de là, jusqu'au 15ème siècle, il n'y avait apparemment pas grand-chose d'évolué. Cela dit, ça ne s'oppose pas au narratif de l'élite. Le fait qu'il n'y ait eu qu'une civilisation relativement primitive et une population dispersée permet d'expliquer que les indonésiens n'aient pas colonisé l'Australie (et même pas la Papouasie apparemment). En fait, ici, l'élite a le choix entre avoir soit des petits royaumes relativement primitifs, ou un royaume un peu important avec plusieurs autres royaumes et ethnies comme sur les cartes précédentes, ou seulement des tribus primitives. Et comme l'élite a installé un gros flou historique vis-à-vis de tout ça, elle peut naviguer d'une théorie à l'autre. Le fantomatique royaume de Luwu persiste jusqu'en 1577, date à laquelle le sultanat de Ternate commence son ascension : En 1580, soit en seulement 3 ans, il est déjà presqu'à son apogée. Extraordinaire… Et on peut noter que les portugais ont été expulsés de Ternate. Cette situation est confirmée par cette carte de Wikipédia . Mais, ici, on a la situation également sur les Moluques et l'extrême Ouest de la Papouasie. Et on constate que le sultanat de Ternate a pris le contrôle de ces zones dès le début de sa phase d'apogée : On a une carte un peu différente sur cette autre page de Wikipédia, qui est supposée être la situation d'expansion maximum en 1585 : Le voici en 1604, juste avant sa chute : Il ne dure pas longtemps (28 ans environ). Mais, il a eu le temps d'imposer l'islam sur une grande partie des Célèbes. Et également à l'introduire en Papouasie. C'est en fait ça les deux choses importantes ici. En 1606, les hispano-portugais (les deux pays n'en formaient qu'un à ce moment-là) reprennent possession des Moluques et s'emparent de la partie Est des Célèbes. Donc, l'expulsion des européens des Moluques n'aura duré que 30 ans environ : Mais, ça ne dure pas longtemps, puisque dès 1626, ils perdent une partie des Célèbes au profit du sultanat de Gowa-Tallo : Et en 1636, ils ont perdu l'intégralité de l'ile : Et 1642, l'Espagne (désormais séparée du Portugal) perd d'autres iles : Donc, vu que l'état de Gowa-Tallo était musulman, ça veut dire que tout le reste des Célèbes est devenu musulman. En 1647, la Compagnie des Indes Néerlandaises prend possession de l'ile de Buru. Et en 1657, ils mettent un pied sur l'ile principale des Célèbes : A noter qu'en 1663, les espagnols perdent les Moluques. On y reviendra ensuite : En 1667, c'est l'effondrement du sultanat de Gowa-Tallo. On en revient à une division par ethnies, tribus, royaumes, sultanats, etc… Le sultanat de Ternate reprend la partie Est de l'ile. La Compagnie des Indes Néerlandaises s'empare d'un petit bout du sud des Célèbes. Ce qu'on peut se dire, c'est que si l'ancienne organisation est revenue si facilement (même si dans une forme un peu différente), c'est que le sultanat de Gowa-Tallo devait être une fois de plus une construction fragile, avec surtout des vassaux, des clients, etc… Mais, toutes ces "provinces" devaient garder une certaine indépendance. Et dès que le pouvoir central a disparu, celles-ci le sont redevenues entièrement. Tout ça, si on reste dans la théorie officielle bien sûr : En 1681, le sultanat de Ternate prend le nord du pays : Mais, il est remplacé alors par la Compagnie des Indes Néerlandaises en 1684 : Ils prennent possession d'une partie supplémentaire des Moluques vers 1781 : La situation reste à peu près la même jusqu'en 1899, date à laquelle les hollandais recommencent leur conquête de l'ile, dont ils prennent entièrement possession en 1908 : Les Moluques Concernant les iles Moluques (Maluku en anglais), on n'a pas de cartes chronologiques. Et les informations sont très rares. On a ça sur Wikipédia : "Les noms d'Ambon, des îles Gorong, de Maluku et de Céram sont attestés dès le XIVe siècle dans le Nagarakertagama, poème épique écrit en 1365 sous le règne d'Hayam Wuruk (1350-1389), roi de Majapahit dans l'est de l'île de Java. Ce texte mentionne en effet « Ambwan », « Gurun », « Maloko » et « Seran » parmi les quelque cent « contrées tributaires » du royaume. En réalité, le territoire contrôlé par le royaume de Majapahit ne s'étendait que sur une partie de l'est et du centre de Java. Les « contrées tributaires » étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s'assurer que ces comptoirs ne s'adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume." Donc, on a un premier document sur les Moluques qu'en 1365. Et il ne s'agit que d'un simple poème épique. Avant ça, on n'a rien. Peut-être que dans le futur, l'histoire officielle nous inventera des documents antidatés, si l'élite en éprouve le besoin ; mais pour l'instant, il n'y a rien. D'ailleurs, sur Wikipédia, il est reconnu que les sources écrites sont rares avant 1500 : "Les sources écrites concernant la région sont rares jusqu'en 1512, date de l'arrivée des colonisateurs portugais." "Bien que Ternate, également connu sous le nom de Gapi, ne soit pas explicitement mentionné dans les sources antérieures à 1500, il était le principal royaume local des Moluques depuis le début de l'histoire documentée, et attirait des commerçants venus de loin." S'il n'y a pas d'archives, ça veut donc dire que les autochtones ne maitrisaient pas l'écriture. Par ailleurs : "En 1505, Ludovico di Varthema affirme avoir visité "Monoch", qui signifie probablement Ternate, et qui était le centre de production de clous de girofle. Il tourne en dérision les habitants qu'il qualifie de primitifs et ne mentionne pas qu'ils sont musulmans." Donc, une des seules sources disponible dit qu'en 1505 les habitants de Ternate étaient primitifs et n'étaient même pas musulmans. Pour le deuxième point, les historiens officiels disent que c'était les dirigeants qui étaient musulmans et pas le peuple. En tout cas dans un premier temps. Mais, ce qui nous intéresse plus ici, c'est le fait qu'ils étaient primitifs. Ça va tout à fait dans le sens de ce qu'on a vu pour les Célèbes. Et il n'y a pas de raison qu'ils l'aient été moins avant. Donc, jusqu'en 1500, la civilisation des Moluques était primitive, comme celle des Célèbes. En fait, l'élite était obligée d'avoir des iles très primitives à cet endroit pour justifier que l'Australie n'ait pas été colonisée par les indonésiens. Elle pouvait inventer des états civilisés en Indochine, à l'ouest et au centre de l'Indonésie ; mais pas à l'Est de l'Indonésie. S'il y avait eu un royaume avancé à cet endroit depuis longtemps, la civilisation indonésienne se rapprochait très dangereusement de l'Australie, et elle aurait donc dû la coloniser pendant tout ce temps. Comme des indigènes seulement un peu moins évolués étaient supposés se trouver en Papouasie et en Australie, les habitants des Célèbes et des Moluques d'avant 1500 ne pouvaient pas les coloniser, parce qu'ils n'étaient supérieurs ni en nombre ni technologiquement. Alors, c'est logique. Mais, le problème, c'est qu'étant primitifs, ils auraient alors dû se faire coloniser par les pays plus avancés situés à Sumatra, Java ou Bornéo. Là, le narratif de l'élite trouve sa limite. On arrive en effet à cette chose extrêmement louche que les indonésiens étaient présents à Sumatra, Java et Bornéo depuis 1000 ans, qu'ils étaient développés depuis longtemps, qu'ils envoyaient leurs bateaux faire du commerce jusqu'en Chine, que les royaumes étendaient militairement leur territoire à des milliers de kilomètres en seulement quelques dizaines d'années, mais qu'en 1000 ans, ils n'ont jamais colonisé les iles Moluques et la Papouasie, qui étaient encore dans un état très primitif et avec une population très peu nombreuse. Alors, une des solutions de l'élite pour résoudre ce problème logique, c'est de laisser entendre que les royaumes situés sur les autres grandes iles situées à l'Ouest n'étaient pas si puissants que ça militairement parlant et fonctionnaient surtout par système de vassalité. La plupart des régions apparemment contrôlées auraient été seulement, au mieux des vassaux, au pire de vagues comptoirs commerciaux. Seulement, si c'était le cas, alors, les royaumes indochinois auraient dû les envahir. Et si les royaumes indochinois n'étaient pas si puissants, alors, la Chine aurait dû le faire. Et là, on ne peut pas dire qu'elle n'était pas puissante (au moins à certains moments). Pour continuer dans la chronologie des Moluques, tout commence en fait vers 1500, avec l'ascension des sultanats de Ternate et de Tidore. On a vu plus haut que le sultanat de Ternate avait pris possession d'une grande partie des Célèbes. Donc, on pourrait se dire que c'était un sultanat originaire des Célèbes. Mais, en fait non, à l'origine, il venait des Moluques (de la petite ile de Ternate). Durant la deuxième partie du 16ème siècle, il est clair que c'est le sultanat de Ternate qui est le plus fort des deux, puisqu'il contrôle la plus grande partie des Célèbes. Mais, à partir du début du 17ème siècle, le sultanat de Ternate perd la plupart de ses territoires. Et les deux sont alors plus ou moins à égalité. Il semble qu'ils soient tous les deux implantés en Papouasie occidentale. Le sultanat de Ternate reprend une partie des territoires perdus dans les Célèbes en 1667. Mais, ça ne dure que 14 ans, puisqu'en 1681, il les perd à nouveau. Donc, à la fin du 17ème siècle et durant tout le 18ème siècle, ils sont à nouveau à égalité en termes de puissance. Du coup, à partir de 1681, ils ne représentent plus grand-chose en termes de puissance. Ils ne contrôlent que les Moluques, qui forment un petit territoire. L'ile principale fait 350 km du Nord au Sud, et au maximum 150 km d'Ouest en Est. Et encore, d'Ouest en Est, c'est généralement entre 25 et 50 km. En tout, ça fait 74 500 km². C'est grand comme l'Irlande (70 273 km²). Donc, déjà, ça n'est pas terrible pour s'étendre jusqu'en Australie. Avec des états aussi faibles, il est normal qu'ils ne puissent pas la coloniser. Alors, ils contrôlent l'Ouest de la Papouasie, ce qui pourrait faire penser qu'ils sont tout de même assez puissants. Mais, sur cette ile, ils ne contrôlent en fait pas grand-chose. Et le problème, c'est que durant le début du 16ème siècle, les portugais leur mettent des bâtons dans les roues. Donc, ça mine toute capacité à s'emparer au moins d'une partie de l'Australie. En effet, on apprend sur Wikipédia que, durant tout le milieu du 16ème siècle, il y a des luttes de pouvoir entre le sultanat de Ternate et les portugais, qui veulent mettre la main sur la région. Au début, les portugais mènent plus une lutte d'influence qu'une lutte armée, via des coups d'états. C'est vers 1560 que des combats se déroulent, parce que les objectifs hostiles des portugais sont devenus clairs aux yeux des sultans. Les portugais arrivent à dominer, puis perdent le contrôle, puis le reprennent, etc... Ça dure jusqu'en 1575, date de leur expulsion définitive. Donc, pendant presque tout le 16ème siècle, les portugais ont suffisamment déstabilisé la région pour expliquer qu'il n'y ait pas eu de colonisation plus importante de la Papouasie par les indonésiens, et évidemment, pas de colonisation de l'Australie. Alors, comme on l'a vu, à la fin du 16ème siècle, le sultanat de Ternate gagne énormément en puissance en s'emparant de la majeure partie des Célèbes. Mais, ça ne dure pas longtemps, juste une trentaine d'années (1577-1606). Et comme pour tout ce qu'on a vu jusque-là, ils ne s'étendent pas vers l'Australie, mais à l'Ouest. Ensuite, c'est la Compagnie des Indes Néerlandaises qui s'immisce dans la vie politique des Moluques. Donc, en dehors de l'épisode de 29 ans, les Moluques sont constamment déstabilisées par les européens. Voir Wikipédia : "En 1605, les Hollandais de la Compagnie unie des Indes orientales (VOC) se sont emparés d'Ambon dans le cadre de leur politique de contrôle du commerce lucratif des épices. L'étape suivante a été l'invasion de Tidore et la défaite de la garnison portugaise en mai de la même année. Ce fut la fin de la présence portugaise aux Moluques." Et encore sur Wikipédia : "La Compagnie néerlandaise des Indes orientales s'est alliée au nouveau sultan de Ternate et a lancé sa propre expédition en 1607, qui a récupéré une partie de Ternate. En conséquence, Ternate devint fortement dépendant des Hollandais, qui firent également des incursions à Tidore au cours des années suivantes et s'emparèrent de quelques forts côtiers." Au 17ème siècle, le sultanat de Ternate est donc fortement dépendant des hollandais. Le sultanat de Tidore reste sous l'influence des espagnols jusqu'à leur départ, en 1662. Il devient alors indépendant, mais est quand même sous la domination de la Compagnie des Indes Néerlandaises. Il n'est pas sous leur contrôle direct. Mais il ne fait pas tout ce qu'il veut non plus (Wikipédia) : "Un sultan relativement favorable à la VOC, Saifuddin, est monté sur le trône en 1657 en écartant l'autre lignée royale. Il a convenu avec les Néerlandais d'éradiquer tous les arbres à girofle de son royaume, conformément à la politique de monopole de la VOC sur le commerce des épices. En échange, il reçoit une compensation annuelle. Les Espagnols présents aux Philippines, qui avaient besoin de toutes les ressources disponibles pour se défendre contre le seigneur pirate sino-japonais Koxinga, décidèrent de se retirer du Tidore en 1662. Cette décision a été mise en œuvre en 1663-1666. Après le départ des Espagnols, un nouveau contrat conclu en 1667 définit les relations entre la VOC et le Tidore. Au XVIIe siècle, le Tidore est devenu l'un des royaumes les plus indépendants de la région, résistant au contrôle direct de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC). Sous le règne du sultan Saifuddin (1657-1687) en particulier, la cour de Tidore a su utiliser les paiements néerlandais pour les épices comme cadeaux afin de renforcer les liens traditionnels avec la périphérie de Tidore. En conséquence, il était largement respecté par de nombreuses populations locales et n'avait guère besoin de faire appel à l'aide militaire des Néerlandais pour gouverner le royaume, comme Ternate l'a souvent fait." Concernant le 18ème siècle, on a ça : "Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le Tidore est resté un royaume indépendant, malgré de fréquentes ingérences néerlandaises." Donc, c'est toujours indépendant, mais tout de même, la Compagnie se permet d'interférer fréquemment avec ses affaires. On a clairement un rapport de dominant à dominé. "Les troubles ont amené les autorités de la VOC à déposer Jamaluddin en 1779 et à forcer son successeur Patra Alam à conclure un nouveau contrat qui abrogeait l'ancien de 1667. Avec ce document (1780), le Tidore passe du statut d'allié à celui de vassal et perd ainsi son indépendance." Donc, on a des troubles qui conduisent la Compagnie à transformer le Tidore en vassal et donc à perdre son indépendance en 1780. A partir de là, aussi bien le sultanat de Ternate que celui des Tidore sont des vassaux de la Compagnie des Indes Néerlandaises, puis des Pays-Bas. Donc, voilà, l'histoire des Moluques commence seulement vers 1500. Dès 1520 environ, les deux sultanats commencent à subir l'ingérence du Portugal (qui devient ensuite l'union hispano-portugaise, puis l'Espagne). Puis, à partir de 1607, ils subissent aussi l'ingérence de la Compagnie des Indes Néerlandaises, qui se transforme en domination pour le sultanat de Ternate (vers 1607). Les espagnols quittent Tidore en 1662. Mais, la Compagnie des Indes Néerlandaises renforce sa domination au fur et à mesure du temps, et Tidore devient un vassal de celle-ci en 1780. Donc les deux sultanats n'ont jamais vraiment eu la possibilité de s'étendre vers l'Australie. Et de toute façon, quand le sultanat de Ternate a été dans sa phase d'ascension, il s'est étendu vers l'Ouest et pas vers l'Australie. La Papouasie Pour la Papouasie, pas besoin d'analyse poussée. On sait qu'elle était peuplée d'aborigènes et qu'elle était peu peuplée et encore à l'âge de pierre, que ce soit avant ou après l'arrivée des européens. Et pourtant, ce sont eux qui ont colonisé la Papouasie et l'Australie il y a 40 ou 50.000 ans en venant d'Afrique. Incroyable. On va voir un peu plus loin de quoi il retourne. Et on sait grâce à ce qu'on a vu avant que la colonisation par les sultanats des Moluques n'a commencé qu'à partir de 1500. Dans cette vidéo de Lazardi Wong Jogjia, on voit que le sultanat de Ternate n'a envahie la Papouasie qu'en 1580. Le voici en 1579 : Et le voici en 1580 : Donc, ça ne serait même pas avant 1580 que le sultanat de Ternate aurait pris le contrôle d'une partie de l'Ouest de la Papouasie. Cela dit, peut-être que le sultanat de Tidore y était déjà avant 1580 et que le sultanat de Ternate lui a pris ces territoires. Donc, peut-être que l'Ouest de l'ile était colonisé depuis plus longtemps que ça. En tout cas, avant ça ou par la suite, les deux sultanats devaient posséder chacun une partie du territoire papou, puisqu'en 1660, le sultanat de Tidore a obtenu un accord de partage de la Papouasie occidentale avec le sultanat de Ternate (Wikipédia). "Le sultanat de Ternate et celui de Tidore ont contrôlé et maintenu une sphère d'influence sur certaines parties de l'ouest de la Nouvelle-Guinée, tout au long de leur histoire. En 1660, un accord est trouvé entre le sultanat de Tidore et le sultanat de Ternate pour le partage de l'île de Papouasie. Cet accord, conclu sous la supervision du gouvernement des Indes orientales néerlandaises, aboutit à la reconnaissance de la possession de l'île de Papouasie dans son entièreté par le sultanat de Tidore." Le fait que le Tidore ait soit récupéré toutes les terres possédées par Ternate, soit récupéré toute l'ile (ça n'est pas complètement clair, puisque, comment Tidore pouvait recevoir la propriété de toute l'ile alors que jusque-là, même à deux, ils n'en possédaient que la partie Ouest) a son intérêt pour la suite. Mais, ce qui nous intéresse ici est de savoir quelle a été l'ampleur de la colonisation par les sultanats des Moluques. Cette carte disponible sur Wikipédia nous révèle la situation en 1800 : Le sultanat de Ternate (en rouge) et celui de Tidore (en orange) en 1800. En orange clair, les sultanats vassaux de celui de Tidore. Les deux sultanats étaient alors sous le contrôle de la Compagnie des Indes Néerlandaises. Donc, vers la fin du 17ème siècle, avant de devenir un vassal de la Compagnie des Indes Néerlandaises, le sultanat de Tidore contrôlait cette partie de l'Ouest de la Papouasie. Et c'est là que le fait que le sultanat de Tidore ait reçu en 1660 le territoire précédemment possédé par le sultanat de Ternate et qu'il soit resté indépendant jusqu'en 1780 prend tout son intérêt. En supposant que les sultanats aient été présents en Papouasie depuis disons 1520, ça a donné 120 ans de plus pour implanter l'Islam dans l'Ouest de la Papouasie. A ajouter aux 140 ans précédents (1660-1520). Alors, sur Wikipédia , il est dit que l'islam aurait commencé à se répandre seulement depuis 1606 : "Durant le XVIIe siècle, certaines régions de la Papouasie (Waigeo, Misool, Waigama et Salawati notamment) avaient embrassé l'islam. Thomas W. Arnold rapporte : « Certaines tribus papoues de l'île de Gebi, entre Waigyu et Halmahera, sont musulmanes. [...] dans le centre de l'île même, seules quelques personnes ont adopté l'Islam. Cette religion a été introduite pour la première fois sur la côte ouest par des commerçants musulmans qui essayaient de prêcher parmi la population, et ce depuis 1606." Mais, dans ce cas, la période jusqu'à 1660 serait encore plus courte. Il n'y aurait eu que 54 ans entre le début de l'islamisation et la période où la Papouasie a été donnée au sultanat de Tidore. Si la Compagnie des Indes Néerlandaises avait remplacé le sultan par un gouvernement à elle, ça en aurait été fini de l'islamisation de l'ile. Donc, la période de 120 ans supplémentaire d'indépendance de Tidore est d'autant plus importante pour justifier l'islamisation de l'ile. Donc, le fait que le sultanat de Tidore soit resté indépendant si longtemps selon l'histoire officielle est encore une fois une volonté de l'élite. Dans le narratif officiel, ça a permis de renforcer la colonisation et le contrôle de l'Ouest de la Papouasie par ces sultanats. Ce qui a permis de le faire appartenir à la future Indonésie. Et la durée de ce contrôle a participé à légitimer l'attribution de l'Ouest de la Papouasie à l'Indonésie. Par ailleurs, ça a permis de justifier une implantation de l'Islam dans la population. Alors que sinon, cette histoire d'Islam dans l'Ouest de la Papouasie aurait été plus compliquée à faire passer. Pourquoi était-il important que l'Ouest de la Papouasie devienne musulman et fasse partie de l'état indonésien dans le futur ? C'est ce qu'on va voir un peu plus loin. Contacts entre indonésiens et aborigènes australiens Comme les historiens de l'élite ne pouvaient pas dire qu'il n'y avait eu aucune relation entre les indonésiens et les indigènes australiens, ils ont quand même été obligés d'inventer de vagues et sporadiques contacts. Mais, ils les font remonter au mieux au 16ème siècle. Ils parlent de relations plus importantes à partir des années 1750. Mais évidemment, avec la présence des européens dans la région des Moluques, c'était déjà trop tard pour initier une colonisation. Comme c'est pratique (Wikipédia) : "Bien que certaines preuves suggèrent que des contacts sporadiques entre les peuples de l'archipel indonésien et les indigènes australiens ont eu lieu dès le 16e ou le 17e siècle, ce n'est qu'avec le début du commerce du trepang dans les années 1750 que des relations significatives ont été développées pour la première fois. Les trepangers partaient des ports de l'est de l'Indonésie, principalement Makassar et Kupang, et à leur arrivée en Australie, ils construisaient des abris et des usines en plein air pour transformer le trepang en vue de son commerce avec la Chine. Bien qu'ils n'aient pas établi de colonies permanentes en Australie, il y a eu des mariages mixtes avec les indigènes australiens et leurs descendants sont restés dans les communautés du nord jusqu'à aujourd'hui. Au plus fort de la traite, les trepangers parcouraient des milliers de kilomètres de côtes australiennes, arrivant chaque année en décembre avec la mousson. Leurs bateaux (perahu) transportaient jusqu'à 30 membres d'équipage et on estime que jusqu'à 1 000 trepangers arrivaient chaque année. Les équipages établissaient des installations temporaires en divers points de la côte pour faire bouillir et sécher le trepang avant de rentrer chez eux pour vendre leur cargaison. Marege, qui signifie "pays sauvage", était leur nom pour la Terre d'Arnhem, de la péninsule de Cobourg à Groote Eylandt dans le golfe de Carpentarie, tandis que la côte nord-ouest était désignée sous le nom de Kayu Jawa." (note, le trepang, c'est l'holothurie, un animal marin, une sorte de grosse limace de mer. Makassar est une ville au Sud-Ouest des Célèbes. Et Kupang est située à l'Ouest du Timor) Et s'ils disent que ça n'est pas arrivé avant le 16ème siècle, c'est qu'il y aurait un problème s'ils l'avaient fait avant. Là, il aurait été anormal qu'ils ne colonisent pas l'Australie alors qu'ils en connaissaient l'existence et qu'ils s'y rendaient régulièrement. Donc, les historiens de l'élite sont obligés de placer les premiers contacts vers le 16ème siècle. L'avantage de les placer à cette époque est que comme les portugais et surtout les hollandais étaient déjà là, ou étaient sur le point d'arriver, et qu'ils allaient déstabiliser la région, le commerce en question ne risquait pas de se transformer en colonisation. Sans compter la grande instabilité politique qui régnait à cette époque. Le Timor Le Timor est également important à traiter, puisqu'il est lui aussi très près de l'Australie. En fait, il en est encore plus près que les Moluques. On aurait tendance à se dire que puisqu'il n'est pas très loin de Java, et qu'il est très accessible (très faible éloignement entre les iles menant au Timor à partir de Java), un royaume javanais aurait dû en prendre le contrôle très tôt. Mais, ça n'est pas le cas, comme on peut le voir sur Wikipédia : "La première mention historique de l'île de Timor figure dans le Zhu Fan Zhi chinois du XIIIe siècle, où elle est appelée Ti-wu et mentionnée pour son bois de santal. Plus tard, dans le Nagarakretagama javanais du XIVe siècle, Canto 14, Timur est identifiée comme une île du royaume de Majapahit. Le Timor a été intégré aux anciens réseaux commerciaux javanais, chinois et indiens du XIVe siècle en tant qu'exportateur de bois de santal aromatique, d'esclaves, de miel et de cire, et a été colonisé par les Portugais, à la fin du XVIe siècle, et par les Hollandais, basés à Kupang, au milieu du XVIIe siècle." Donc, les premiers rapports historiques concernant le Timor ne datent que du 13ème siècle. Avant ça, personne n'en avait jamais parlé. Et donc, on ne sait rien de ce qu'il y avait avant cette époque. Logiquement, ça devait être très primitif. Et comme ça n'était incorporé à aucun royaume avancé, il y avait peu de chance qu'ils aillent en Australie. Ensuite, il aurait fait partie du royaume Majapahit. Donc, normalement, celui-ci étant tout près de l'Australie aurait dû pouvoir y aller. Mais non. Ce qui est intéressant également est les ethnies présentes. Ici, on nous dit : "Les Timorais de souche sont mélanésiens. Les plus importante sont les Atoni présent surtout dans l'ouest de Timor et qui furent repoussés dans les montagne par les Tetum qui s'installèrent dans les vallées centrales au XIV émé siècle en provenance de la région Malaise." Or, les mélanésiens sont manifestement des noirs, comme on peut le voir sur Wikipédia. Alors, avec l'arrivée de populations plus indonésiennes, c'est-à-dire, plus de type asiatique, il y a eu du métissage. Mais, apparemment, on avait une population plutôt noire, comme en Papouasie. Ça permet de dire que si jamais il y a eu des mouvements de population du Timor vers l'Australie entre l'an 0 et l'an 1500, c'est impossible à savoir, puisqu'ils avaient à peu près le même type physique que les aborigènes australiens. Chose qu'on peut dire aussi des habitants de Papouasie. Et par ailleurs, encore dans le cas de mouvements de population vers l'Australie, comme il s'agissait de populations primitives, elles ne risquaient pas de créer un ou des royaumes avancés en Australie. Ils ne pouvaient créer que des tribus tout aussi primitives que celles des aborigènes. Et la présence de noirs au Timor permet de dire que les royaumes indonésiens n'ont jamais organisé une colonisation de peuplement sur cette ile. Idée qui est renforcée par le fait que la population est chrétienne dans son écrasante majorité (90 %), ce qui signifie que les sultanats javanais n'ont pas eu le temps de conquérir cette ile et de la coloniser. Donc, comme pour les Moluques et la Papouasie, il n'y avait pas d'état avec une civilisation avancée sur cette ile, ce qui justifie que ses habitants ne soient pas allés coloniser l'Australie. Sauf que c'est très étonnant. Vu qu'ils étaient encore à l'âge de pierre et qu'ils devaient être très peu nombreux, il aurait dû être facile pour un royaume comme le Majapahit ou d'autre situés sur l'ile de Java de prendre possession de l'ile et d'organiser une colonisation de peuplement. Donc, au Timor aussi, le narratif de l'élite trouve sa limite. Et à partir de la fin du 16ème siècle, ici aussi, les européens arrivent et bloquent le passage vers l'Australie. Les portugais d'abord, puis les hollandais, milieu du 17ème siècle. Résumé et réflexions Donc, alors qu'il y avait des civilisations avancées et des états puissants en Indonésie depuis au moins 1.500 ans, ceux-ci ont été incapables de coloniser l'Australie. Et ce, malgré une durée de vie quand même assez importante pour certains royaumes (ex. le Sriwijaya ou le Majapahit). Pour justifier ça, les historiens de l'élite ont à nouveau utilisé la méthode d'avoir des royaumes se développant à l'opposé de la zone problématique. Ici, ils se sont étendus surtout au Nord à l'Ouest et au Nord-Est plutôt qu'au Sud-Est. Ou alors, ils ont arrêté de s'étendre, mais ils ont été obligés de se défendre (attaques d'autres pays ou rebellions) au Nord, à l'Ouest et au Nord-Est. Une autre méthode permettant de justifier cette situation, c'est de dire que les royaumes en question étaient des agglomérats de nombreux petits états sous la domination d'un état un peu plus important. C'est-à-dire soit un royaume avec des vassaux, soit un royaume dominant une sorte de fédération, soit un mélange des deux. Tout ça ayant une cohésion assez limitée. Donc, les royaumes étaient beaucoup moins forts que l'impression qu'on peut avoir en regardant les cartes. Et les expansions territoriales ne devaient souvent pas vraiment être des conquêtes, mais des incorporations volontaires dans cette sorte de fédération. Et même dans le cas de vraies conquêtes, le royaume central n'avait qu'une capacité limitée à maintenir la zone conquise sous tutelle. Et elle ne la contrôlait que faiblement. Mais du coup, les petits états vassaux les constituants n'étaient pas capables de s'étendre d'eux-mêmes. Et ils l'étaient d'autant moins qu'ils devaient être généralement moins avancés que le royaume qui dominait l'ensemble. Et ce dernier étant finalement relativement peu puissant et étendu, sa capacité d'expansion était assez limitée. Ce qui explique que ces royaumes puissants seulement en apparence n'aient pas pu pousser jusqu'en Australie. Si on ajoute à ça le fait que les guerres étaient la plupart du temps orientées vers le Nord et l'Est, on peut ne pas remarquer la bizarrerie du non développement vers le Sud Est ou le Sud. Un autre argument est que l'activité commerciale se situait essentiellement vers Sumatra et la Malaisie. Donc, comme c'était là que la richesse se trouvait, c'était la zone qui intéressait les plus puissants états indonésiens. Donc, logiquement, ils se développaient plutôt vers le nord que vers le sud. Et comme l'Est et le sud étaient peu développés et avaient une faible population, les royaumes n'étaient pas très intéressés commercialement par ces zones. Cela dit, plus on se rapproche des temps modernes, et plus l'élite justifie l'absence de colonisation de l'Australie par l'instabilité politique en Indonésie. Eh oui, même avec tous les arguments précédents, il aurait quand même été bizarre qu'on continue à n'avoir aucun développement vers le Sud-Est une fois arrivés aux temps modernes. Donc, à partir du 15ème siècle environ, l'élite invente une instabilité très importante, avec des royaumes et sultanats qui n'arrêtent pas d'apparaitre et de disparaitre. Ainsi, l'élite peut continuer à faire accepter aux gens le fait qu'aucun état indonésien ne se soit étendu jusqu'en Australie. Un autre élément qui permet à l'élite de justifier l'absence d'invasion de l'Australie durant les temps modernes, c'est l'arrivée des européens. La force dominante devenant assez rapidement européenne, il n'y a alors plus d'état indonésien assez puissant pour aller coloniser l'Australie. Et il y en a d'autant moins que les européens fomentent ou soutiennent des coups d'états et des rebellions, ce qui augmente l'instabilité politique de la région. Et comme par hasard, les européens commencent leur prise de contrôle en envahissant les zones au Sud-Est de l'Indonésie, à savoir, le Timor, les Moluques, les Célèbes, puis Java, créant une barrière entre les états indonésiens et l'Australie ; et justifiant ainsi que les états autochtones n'aient pas pu pousser jusque-là. Malgré tout ça, l'absence d'expansion vers, le Timor, les Célèbes et les Moluques, et au final l'Australie, reste très louche. Il y a quand même a eu deux états puissants capables de se développer vers l'Est, puis le Sud-Est. Le royaume du Sriwijaya avait environ 400 ans pour le faire (650-1088). Et le royaume de Majapahit, dont la phase d'expansion, puis d'apogée a duré 186 ans, de 1292 à 1478 (et 123 ans pour la phase d'apogée elle-même, entre 1355 et 1478), aurait pu aller bien plus loin vers le Sud-Est. D'une façon générale, il n'y avait même pas besoin des royaumes et des sultanats. Vu qu'il n'y avait que très peu de monde au Sud-Est, les habitants des régions les plus peuplées et avancées, comme ceux de Java, auraient dû y migrer naturellement. Alors, l'élite pourrait résoudre le problème en disant que le Timor, les Moluques et les Célèbes avaient une population assez nombreuse et que c'est pour ça que les javanais ne les ont pas colonisées avant l'an 1500. Mais, déjà, on a vu que c'est certainement faux, même en restant dans le cadre officiel. Et même s'il y avait une population un peu nombreuse, mais primitive et éclatée en diverses tribus indépendantes les unes des autres, elle n'aurait pas pu résister à des royaumes avancés. Donc, à cause de la proximité du Timor, des Célèbes et des Moluques avec l'Australie et l'impossibilité de déplacer à nouveau le problème plus loin, l'élite est obligée de laisser une contradiction dans son narratif. Heureusement pour elle, comme il s'agit d'une zone où il n'y a pas grand monde et où il ne se passe pas grand-chose, presque personne ne s'intéresse à son histoire et ne se pose ce genre de question. Mais donc, on arrive à cette situation extraordinaire où sur au moins 1.500 ans d'histoire, il n'y a pas eu un début d'ombre de colonisation de l'Australie par les indonésiens, alors qu'on nous dit que celle-ci l'a été par les aborigènes il y a 40.000 ans ou plus. Et ceci alors qu'il y a des tas d'iles entre le sud de la Papouasie et l'Australie, qui ne sont généralement espacées que de 10 à 30 km (la plus éloignée l'étant d'environ 50 km). Et par ailleurs, les indonésiens de Sumatra et de Java ont été capables de voyager régulièrement sur des milliers de kilomètres d'iles en iles vers les Philippines ou les Moluques. On peut noter également que tous ces états et les changements très réguliers de la situation politique induisent une complexité très importante pour toute personne qui s'intéresserait à l'histoire de la région. Complexité qui augmente encore plus à l'époque des sultanats. Ça évite que les gens ne se penchent dessus. Et pour les très rares qui le font, ils ne comprennent rien à ce qui se passe. Au final, pratiquement seuls quelques historiens professionnels vont l'étudier. Et même là, ça ne conduit à aucune remise en cause, puisque pour découvrir le plan à l'œuvre, il faut être récentiste, voire récentiste extrême. Et évidemment, aucun historien professionnel ne l'est. De toute façon, comme ce sont des esclaves de l'élite, ils ne vont pas remettre en cause l'histoire officielle. Ça signerait la fin de leur carrière professionnelle. La complexité impliquait évidemment la présence de nombreux petits états assez faibles. Et ça, c'était nécessaire pour d'expliquer pourquoi les européens ont pu s'implanter si facilement. S'il n'y avait eu qu'un ou deux états très puissants, ça aurait été très bizarre. Normalement, ils auraient dû être rejetés à la mer. Parce que ça n'est pas avec quelques centaines d'hommes armés d'arquebuses très imprécises et au rechargement très lent qu'ils auraient pu s'imposer face à un état puissant ayant à sa disposition des dizaines de milliers d'hommes. L'avance technique militaire des européens ne leur donnait qu'un avantage assez faible, qui ne tenait pas un instant face à un désavantage numérique important. Donc, la prise de contrôle de régions entières était très louche s'il y avait un ou deux états importants en Indonésie. Mais, avec des petits états et donc des petites armées, ça s'expliquait sans problème. Et c'était d'autant plus possible que la présence de nombreux petits états et l'évolution presque permanente de la situation politique impliquait des guerres, des révoltes et des révolutions de palais, etc.., ce qui permettait de justifier une prise de pouvoir de la part des européens via le soutien à telle ou telle faction. Donc, la complexité servait deux objectifs : rendre incompréhensible la situation, et justifier la prise de contrôle progressive de cette partie du monde par les européens. C'est pour ça que, comme par hasard, les grands royaumes ont tout d'un coup cessé d'exister à partir de l'arrivée des européens. On a avait encore le sultanat de Demak qui était puissant en 1550. Et après ça, plus rien. Il n'y avait plus que des royaumes et sultanats de faible ou de moyenne importance. La réalité, comme pour l'Indochine, c'est qu'il n'y avait que des tribus éparses en Indonésie quand les européens sont arrivés. La population était très peu nombreuse et il n'y avait aucun état avancé. Mais, la race blanche était encore trop faible et trop occupée à coloniser l'Amérique du Nord et l'Est de la Russie pour envisager une colonisation de l'Asie. Et même là où il n'y avait pas de colonisation de peuplement, l'élite engageait des forces armées et des agents d'influence pour faire en sorte que tous les pays soient à sa botte dans le futur. C'était le cas en Afrique et en Amérique du Sud. En fait, l'élite envoyait des forces armées et des agents partout dans le monde. Elle devait être au maximum de ses capacités de déploiement. Dans la mesure où les asiatiques se multipliaient eux aussi à grande vitesse, essayer de coloniser toute l'Asie aurait conduit à un dispersement des forces dans le reste du monde. Donc, en Asie, les colons européens n'auraient pas pu submerger les autochtones. Ils n'auraient représenté qu'un petit pourcentage de l'ensemble qui aurait fini par disparaitre, ou qui n'aurait pas eu de capacité d'influence. Il fallait donc faire autrement. Il valait mieux avoir deux zones complètement blanches : le nord de l'Asie (en Sibérie) et le sud de l'Asie (l'Australie), et par ailleurs manipuler les asiatiques pour permettre dans le futur un grignotage par le nord et par le sud. Dans cette optique, le développement de la religion musulmane en Indonésie devait permettre de provoquer des conflits externes et internes dans le futur dans toute la zone asiatique et permettre ensuite la colonisation de l'Asie par les blancs. Bien sûr, il n'y aura pas que ça. Par exemple, l'élite fera en sorte que la Chine s'effondre et éclate en plusieurs entités. Mais, c'est tout de même un élément important. Et ils ont fait en sorte que les indonésiens deviennent plus nombreux qu'ils n'auraient dû l'être, afin qu'ils puissent peser fortement sur la géopolitique de l'Asie. Peut-être aussi que les chiffres démographiques sont truqués pour faire croire qu'ils sont plus nombreux qu'en réalité. Certains diront que ça n'est pas possible que le européens aient imposé la religion musulmane aux autochtones. Mais, pour la plupart des gens, ça ne pose aucun problème que les premiers sultans aient imposé la religion musulmane aux dits autochtones, qui étaient bouddhistes ou indouistes. De la même façon que ça ne leur pose aucun problème qu'Henry VIII, en Angleterre, ait imposé la religion anglicane en 1534, ou que l'empereur Théodose ait imposé la religion chrétienne comme la religion officielle de l'empire romain en 392. Et pour l'Indonésie, il faut voir qu'il s'agissait de peuplades primitives, probablement sans religion, donc, facilement manipulables et contraignables. En réalité, c'est le fait que des peuples avancés changent de religion si facilement qui est bizarre. Le fait que des tribus primitives le fassent l'est beaucoup moins. Note : pour expliquer l'intérêt des européens pour la région, on nous parle du commerce des épices et autres bien locaux. Mais en réalité, le but n'a jamais été le commerce. C'était déjà l'élite qui était derrière l'envoi de navires en Asie. Et l'élite de l'époque n'avait évidemment rien à faire de quelques ridicules épices ou de services en porcelaine. Dès le départ, le but était la colonisation. Si le but avait été seulement le commerce, pourquoi s'embêter à aller coloniser l'Australie ? Il suffisait de laisser ensuite les indonésiens s'y installer, développer le pays, et de faire ensuite du commerce avec eux. Même chose pour la partie Est de la Sibérie. Autant laisser les chinois s'y installer et y développer le commerce. 3) La compagnie des Indes Néerlandaises En Europe, on ne connait pas l'histoire de l'Indonésie et on ne connait pratiquement rien de l'histoire de la Compagnie des Indes Néerlandaises. On sait que ça a existé, on connait le nom. On sait que ça faisait du commerce avec l'Asie. Mais c'est tout. Du coup, on a tendance à penser que celle-ci a possédé quelques comptoirs on ne sait pas trop où en Asie et que ça n'a pas duré très longtemps. Mais, ça n'est pas le cas du tout. La Compagnie des Indes Néerlandaises a contrôlé un très vaste territoire pendant longtemps. Et ça, c'est important pour la suite des évènements. Il est donc nécessaire d'étudier l'histoire de cette compagnie. On va reprendre les cartes là où on les avait laissées. On va d'abord commencer par celle de Java, puis par celle de Sumatra. Et je compléterai ça par des cartes montrant toute la région. Voici donc celle de Java. En 1618, la Compagnie des Indes Néerlandaises (VOC sur les cartes) ne possède alors qu'un tout petit bout de territoire au Nord-Ouest : En 1638, le Mataram s'est emparé du reste de l'Est de l'ile. La Compagnie continue à ne contrôler qu'un territoire minuscule, même s'il s'est agrandi : En 1677, la Compagnie étend nettement son territoire. Mais, il reste très limité : La conquête hollandaise est très rapide, puisqu'en seulement 2 ans, le Trunojoyo est presque complètement remplacé par la compagnie des Indes Néerlandaises (en 1679) : En 1685, le Mataram a regagné une partie de son territoire. Et le Trunojoyo n'existe plus : En 1707, la compagnie des Indes néerlandaises a augmenté son territoire et le Mataram est devenu le Pakubuwono (ver 1704). Cela dit, ça a duré peu de temps, puisque dès 1710, il redevient le Mataram : Entre 1739 et 1748, le Mataram expulse la compagnie des Indes de la partie centrale de l'ile. Mais dès 1748, la compagnie des Indes reprend le territoire perdu et la situation redevient comme avant. En 1757, la compagnie des Indes s'empare de tout le territoire Mataram. Et en 1770, elle s'empare du territoire du Blambangan : Vers 1800, les Provinces-Unies (les Pays-Bas) sont envahies par les troupes de napoléon. Et Guillaume V d'Orange-Nassau envoie des instructions pour que les territoires de la compagnie des Indes soient cédés aux Anglais. La compagnie des Indes est dissoute en 1799 et ne renaitra jamais de ses cendres. C'est le gouvernement néerlandais qui prendra le contrôle de ces territoires une fois les Pays-Bas redevenus indépendants : En 1811, l'ile est contrôlée par l'India Inggris, ce qui désigne certainement les anglais, qui avait pris le contrôle des possessions hollandaises pour éviter qu'elles ne soient contrôlées par Napoléon : Mais, dès 1817, les néerlandais redeviennent propriétaire des lieux : De 1825 à 1827, le Diponegoro lance une révolte et arrive à s'emparer de la partie centrale de Java. Mais, dès 1830, il est totalement vaincu et les néerlandais possèdent à nouveau toute l'ile : A partir de là, pratiquement rien de change pendant plus d'un siècle (à part la prise de l'ile à l'Est, à savoir Bali, vers 1848). Donc, à partir de 1679, les royaumes et sultanats locaux ne vont faire que décliner et succomber à la Compagnie des Indes Néerlandaises, puis à la Hollande elle-même. Et ils ne renaitront jamais de leurs cendres, puisque lors de l'indépendance de l'Indonésie, en 1945, ils feront partie de cette dernière. Voyons maintenant ce qui s'est passé pour Sumatra. La Compagnie des Indes Néerlandaises (VOC) s'empare du sud de l'ile en 1687 en faisant du sultanat de Banten un protectorat. : Les choses ne bougent pratiquement pas pour la Compagnie pendant 137 ans. Ce n'est qu'en 1824, que les hollandais s'emparent de Palembang. Puis, en 1827 les néerlandais étendent encore un peu plus leur territoire : En 1834, ils se sont emparés de la moitié de l'ile : Ça continue en 1840 : En 1858, ils s'emparent du Siak : En 1904, ils conquièrent l'Aceh. Et en 1907, toute l'ile est conquise : A noter que vers la fin du 19ème siècle, les anglais s'emparent de l'actuelle Malaisie. La conquête sera achevée vers 1915 : Voyons maintenant les cartes montrant toute la zone indonésienne. En 1650, la Compagnie des Indes Néerlandaises est présente surtout sur les iles de l'Est (Moluques et Timor) : En 1700, la Compagnie a très fortement étendu son territoire. On constate qu'elle contrôle une partie de Ternate et des Moluques, ainsi que des iles à l'Est de Java, dont le Timor : Voici la situation en 1750 : En 1800 : En 1850, son territoire s'est à nouveau très fortement étendu : En 1900, elle contrôle presque toute l'Indonésie, en dehors de l'actuelle Malaisie : Comme, on l'a vu plus haut, la Hollande finit sa conquête de l'Indonésie vers le début du 20ème siècle. Donc, quelques territoires supplémentaires seront annexés. On l'a vu pour Sumatra et les Célèbes, qui sont totalement conquise respectivement en 1907 et 1908. Le rôle de la Hollande est important pour l'histoire de la déstabilisation de la région pendant la période 1600-1800. Mais, il est tout aussi important par rapport à sa prise de contrôle progressive de l'Indonésie. C'est ce qu'on va voir maintenant. 4) Pourquoi l'islam en Indonésie et pourquoi augmenter autant la population d'Indonésie ? En avançant dans l'étude de l'histoire de la région, il y a une autre bizarrerie qui apparait et qui implique plusieurs évolutions futures : le fait que l'Indonésie soit musulmane. Alors, ça n'est pas une impossibilité historique. Ça n'est pas une incohérence majeure. Mais c'est quand même très bizarre. On ne voit pas trop comment l'Islam aurait réussi à s'imposer aussi facilement. Déjà, il n'y avait pas le substrat ethnique pour le faire. La population indonésienne est essentiellement asiatique, même si elle diffère légèrement des asiatique du continent. Donc, on ne peut pas dire que ça vient d'un remplacement de population ou de quelque-chose comme ça. Et il y avait déjà une longue présence du bouddhisme et de l'hindouisme dans la région avant que ne s'impose la religion musulmane. Donc, on ne voit pas pourquoi les gens auraient si facilement changé. L'histoire de princes qui se convertissent, et qui du coup obligent leurs peuples à le faire également, sans rencontrer trop de résistance, et qui, comme par hasard, ont des succès militaires immédiats, ce qui leur permet d'étendre leur royaume et donc la religion musulmane dans toute la région, est quand même un peu trop belle pour être vraie. Déjà, on ne voit pas pourquoi ces derniers auraient fait ça (l'explication des avantages commerciaux n'est pas très convaincante). Et d'autre part, il aurait dû y avoir des résistances bien plus importantes de la part du peuple et du clergé. Donc, même dans le cadre historique officiel, cette histoire est louche. Cela dit, dans ce cadre, on peut se dire pourquoi pas et laisser tomber. Mais, quand on est conspirationniste et qu'on connait l'existence de l'élite, il n'y a aucun doute sur le fait que ça n'est pas une situation naturelle, liée aux hasards de l'histoire. Ça vient forcément d'une manipulation de l'élite. Avec ce qu'on a déjà vu par ailleurs, il est clair qu'il n'y avait en réalité aucun musulman en Indonésie quand les européens sont arrivés. Ce sont les européens qui ont imposé cette religion aux locaux. Et il est tout à fait possible qu'il n'y ait pas encore eu d'autochtones dans certaines régions de l'Indonésie, et que ce soit les européens qui les aient fait venir, puis leur ait donné cette religion. Et derrière les européens, il y a l'élite. Et bien sûr, c'est l'élite qui a fait en sorte d'augmenter très fortement la population musulmane en Indonésie pour arriver à environ 270 millions de musulmans dans cette région. Et comme déjà dit plus haut, il est très possible que les chiffres démographiques officiels soient trafiqués à la hausse par l'élite, pour faire croire que les indonésiens sont plus nombreux qu'ils ne le sont en réalité. J'ai vu sur ce topic que dans beaucoup de pays du tiers monde, les autorités ont intérêt à surestimer la population afin d'obtenir des aides plus importantes de la part du FMI, des pays occidentaux et des organisations humanitaires. Donc, il y a une incitation non négligeable à mentir sur les vrais chiffres. Par ailleurs, quand on regarde la carte de Java par exemple, ça ne semble pas correspondre. Donc, la question est : pourquoi l'élite a-t-elle fait ça ? A priori, ça ne sert à rien. La religion bouddhiste ou hindouiste ne posait aucun problème dans cette région. Mais, l'élite ne fait pas ce genre de choses sans raison. Il y a toujours un ou plusieurs objectifs politiques majeurs derrière. On avait vu dans le précédent papier qu'il y aurait probablement une invasion du nord de la Chine par la race blanche dans plusieurs siècles. Et j'avais dit que, dans le même temps, l'élite ferait en sorte de déstabiliser le sud par l'arrivée massive d'indiens ou/et de noirs. Mais, il est possible que ce rôle soit dévolu aussi aux indonésiens. Avec 270 millions d'Indonésiens (dont 230 millions de musulmans), ceux-ci représentent une force suffisamment importante pour envahir l'Indochine. Ils peuvent aussi émigrer dans le sud de la Chine et islamiser une partie de cette dernière, entrainant une déstabilisation de la région. C'est pour ça que l'Indonésie est très peuplée actuellement alors qu'il ne devait y avoir pratiquement personne il y a 500 ans. L'élite voulait que l'Indonésie devienne une menace pour l'Indochine et la Chine. Et pour ça, il fallait qu'elle soit très peuplée (en plus d'être musulmane). Donc, l'élite a fait en sorte de favoriser au maximum la natalité des indonésiens, à partir du 19ème ou du 20ème siècle. Alors, une bonne partie de ces évènements serait possible aussi avec une Indonésie uniquement bouddhiste ou/et hindouiste. L'Indonésie pourrait envahir l'Indochine sans être musulmane. Et de nombreux indonésiens pourraient émigrer en Chine. Mais, la religion musulmane a une image bien plus agressive que les deux autres. Et comme c'est une religion différente de celles qu'il y a en Chine et en Indochine, ça a un potentiel de déstabilisation bien plus important. Des indonésiens bouddhistes qui migreraient en Chine n'auraient pas spécialement de raison d'être un ferment de subversion, alors que des indonésiens musulmans, oui. Déjà rien que le fait que ce soit une religion très différente est une source de problèmes. Par ailleurs, la religion musulmane peut éventuellement expliquer une différence de dynamisme démographique. La religion musulmane pousse à faire des enfants. Or, il faudra qu'il y ait beaucoup de musulmans dans cette région pour avoir assez d'hommes pour faire la guerre à l'Indochine et avoir beaucoup d'immigrés en Chine. Et elle fera très probablement la guerre aussi à l'Australie. Ça serait possible de l'expliquer autrement, mais ça aide. Et justement, une des explications possibles à l'immigration indonésienne vers la Chine sera une différence de dynamisme démographique. La Chine ne fera plus d'enfants. Elle reviendra à une population de 500 millions, vieillissante qui plus est. A côté de ça, l'Indonésie aura désormais 500 millions d'habitants, avec une natalité encore élevée et une population jeune. Du coup, ça justifiera que la Chine accepte une immigration en provenance de l'Indonésie (et aussi de l'Inde). Bien sûr, la Chine sera réticente pendant quelques décennies, histoire de faire bonne mesure. Mais elle finira par accepter. Et rapidement, les indonésiens musulmans représenteront 20 ou 30 % de la population dans le sud de la Chine, les indiens 10 ou 20 %, etc… D'ailleurs, quelques jours après avoir pensé à ça (octobre 2023), j'ai vu un sujet au journal de 20h mettant en avant le problème démographique de la Chine, qui était en plus comparé à la situation de l'Inde. La prévision pour la Chine était justement de 500 millions d'habitants. Et pour l'Inde, elle était de 2 milliards. Je crois que c'était une prévision à un siècle. Donc, l'élite nous prépare déjà à un effondrement démographique de la Chine, et à des problèmes par rapport à ses voisins plus ou moins immédiats, demeurés plus prolifiques. L'élite pourra également mettre en avant l'obscurantisme de l'Islam pour justifier un effondrement technologique du sud de la Chine. Et elle pourra rappeler la tendance au morcellement des états musulmans pour justifier un éclatement politique du sud en plusieurs sultanats. Mais on aura très probablement aussi des régions restées bouddhistes, démocrates, communistes, etc… On aura un véritable chaos qui durera des centaines d'années. L'élite en profitera pour faire grignoter petit à petit le territoire par les blancs, par le nord. Et on peut penser qu'il y aura un métissage de plus en plus important entre chinois et blancs dans le centre de la Chine. 5) L'Australie et le projet d'extension de la race blanche en Asie Et il n'y a pas que contre la Chine que l'Indonésie musulmane sera utile. A mon avis, l'élite a aussi un objectif du côté de l'Australie. Elle va probablement attaquer l'Asie également par le sud. Et c'est l'Australie qui se chargera de le faire. Donc, l'élite va attaquer l'Asie à la fois par le nord (Est de la Russie) et par le sud (Australie) : Ce qu'on peut penser, c'est que l'Australie fera la guerre à l'Indonésie et s'emparera petit à petit de ses différentes iles. Pour que l'Australie apparaisse comme l'innocent agressé et pas comme le méchant blanc colonisateur, ça sera probablement l'Indonésie qui déclenchera la guerre. Peut-être qu'elle la gagnera en partie dans un premier temps, histoire de faire craindre une disparition de l'Australie. Mais finalement, après de nombreux revers, l'Australie finira par gagner. Et elle s'emparera alors de la Papouasie, où elle sera accueillie en libératrice par les autochtones et par les médias occidentaux. Puis, d'autres guerres conduiront à ce que l'Australie s'empare de Java. A ce moment-là, ce seront les blancs qui auront une natalité galopante alors que celle des indonésiens sera en berne. Du coup, il y aura une submersion démographique de la Papouasie et de Java par les blancs. Peut-être que ça sera favorisé aussi par des expulsions massives de musulmans vers les iles voisines. Et bien sûr, les médias présenteront alors les blancs comme des libérateurs et l'invasion comme une chose souhaitable, voir indispensable. Il est possible que l'Indonésie agresse un ou plusieurs pays d'Indochine en même temps que l'Australie, afin d'apparaitre encore plus comme le grand méchant. Et quand la coalition entre les pays d'Indochine et l'Australie gagnera, et s'emparera des territoires indonésiens, ça aidera à ne pas faire passer l'opération comme le retour du colonialisme blanc. Avec un état islamique, l'élite pourra présenter ça comme un conflit de civilisation. Comme il y aura eu la 3ème guerre mondiale avant, qui aura opposé les occidentaux contre les musulmans arabes et noirs, ça rappellera de très mauvais souvenir. L'Islam servira à nouveau utilement de méchant de service. Alors, il y a évidemment le problème du nombre de soldats pour gagner une guerre face à un ennemi à largement plus nombreux. En apparence, c'est impossible. Mais, il faut compter avec l'arrivée des robots-soldats. C'est en plein développement. Pour l'instant, c'est encore loin d'être parfait. Mais, dans 200 ou 300 ans, ça sera certainement au point, et même très probablement bien avant ça. Donc, on pourra avoir une population de peut-être 100 millions d'australiens face à 500 millions d'indonésiens. Mais, avec l'apport des robots, le rapport de force sera complètement inversé. C'est vrai qu'on pourrait répondre que les indonésiens auront aussi accès aux robots. Mais l'élite fera en sorte que ça ne soit pas le cas, ou en quantités bien plus limitées. Elle justifiera ça par une récession économique, ou le fait que l'islam est fondamentalement obscurantiste, ou d'autres raisons. Et du coup, l'élite pourra justifier une défaite militaire malgré une population plus importante. Et peut-être que l'Australie aura 250 millions d'habitants à ce moment-là, tandis que l'Indonésie aura régressé à 300 millions, rendant sa supériorité numérique bien moins importante. Il est possible aussi que l'Indonésie soit éclatée en plusieurs états autonomes, alliés ou non selon les circonstances, permettant ainsi à l'Australie d'avoir la supériorité à chaque fois. Il y aura peut-être aussi une aide militaire de la part des USA. Comme l'élite veut éliminer les non-blancs, peut-être qu'il y aura vraiment des morts du côté asiatique. Mais, on peut penser que, là aussi, les batailles seront bidons pour l'essentiel et qu'il y aura très peu de morts ou pas du tout. L'important sera que les indonésiens accepteront de partir de leurs terres parce qu'ils se croiront vaincus et que celles-ci reviendront aux blancs, qui pourront alors se multiplier et augmenter encore leur espace vital au détriment des asiatiques. A la base, il y avait un autre scénario possible pour l'Asie. On pouvait penser que l'élite ne cherchait qu'à empêcher une avancée des asiatiques vers l'ouest, sans volonté d'extermination. Une sorte de politique d'endiguement, de confinement. Mais, la présence des musulmans en Indonésie fait plutôt pencher la balance du côté d'une volonté d'extermination. Au passage, encore par rapport à la discussion pour savoir qui domine, les juifs ou une autre élite, les juifs auraient pu décider de coloniser l'Australie au 19ème siècle. Il n'y avait personne et le territoire était immense. Et le gouvernement anglais leur mangeait dans la main. Donc, ils auraient pu trouver n'importe quel prétexte pour attribuer une bonne partie de l'Australie aux juifs, voire tout le pays. Ça aurait pu commencer avec la déportation de nombreux juifs en Australie et la limitation de l'immigration de non juifs, puis, les juifs étant le groupe le plus nombreux, le pays aurait pu faire sécession. Et rapidement, la religion juive serait devenue la religion officielle et le pays aurait pu s'appeler Israël. Ça aurait été bien plus intéressant que la Palestine démographiquement parlant. Et c'était aussi une zone bien plus sûre. Alors, on pourra répondre que c'est parce que les leaders juifs voulaient absolument reprendre le territoire historique de la Palestine. Mais s'il n'y a rien eu de tel, ça n'est pas pour des raisons historiques de fanatisme religieux, c'est parce que ça n'est pas les juifs qui sont au sommet de la pyramide. C'est une élite blanche. Et du coup, elle y a installé des blancs (et particulièrement purs). En tout cas, ce qui est sûr, c'est que si c'était les juifs qui étaient les vrais leaders du monde et qu'ils voulaient exterminer la race blanche, dans la mesure où ce projet était déjà acté en 1800, et ce depuis longtemps, ils n'auraient jamais fait coloniser l'Australie par des blancs, mais par des indonésiens. Et même si on voulait tergiverser et dire que le projet d'extermination de la race blanche était plus tardif et datait de 1850, là, c'est absolument sûr qu'il était déjà conçu. Or, en 1848, il n'y avait encore que 332.000 colons blancs en Australie. Donc, les leaders juifs pouvaient sans problème arrêter l'immigration blanche et la remplacer par des indonésiens et éventuellement des noirs pour obtenir rapidement un pays presque totalement non-blanc. S'il n'y a eu rien de tel, c'est donc clairement que ce ne sont pas les juifs qui sont au sommet de la pyramide. On peut se demander quand cette expansion en Asie va arriver, et combien temps elle va durer. Vu que le monde blanc va devoir digérer le Moyen-Orient avant de faire ça, on peut penser que ça ne va pas se faire avant au moins 200 ans, si ça n'est pas 300 ans. Et ça prendra bien 300 ans de plus pour se faire. Donc, ça nous amène à 2300 pour le commencement de l'opération, et l'an 2600 pour sa fin. Et ça, c'est si l'élite n'a pas prévu d'absorber l'Afrique d'abord. Sinon, ça pourrait retarder ce plan d'encore 500 ou 600 ans. Bien sûr, l'élite pourrait réaliser 2 projets en même temps : l'Afrique et l'Asie. Mais, vu les morceaux énormes que ça représente, on peut penser qu'elle fera ça l'un après l'autre. A priori, elle devrait faire l'Afrique avant l'Asie. En effet, on a vu dans un précédent papier que les métis blancs-noirs et une partie de leurs alliés blancs vont être très probablement expulsés vers l'Afrique après la 3ème guerre mondiale, afin d'opérer un métissage à l'envers des noirs africains, et créer une tête de pont pour une future colonisation blanche. Donc, on peut penser l'élite sera obligée de lancer le projet Afrique à ce moment-là. Mais, comme il faudra réaliser le projet Moyen-Orient d'abord, l'évolution sera relativement lente pendant tout ce temps. Ça n'est donc que vers 2300 que le projet Afrique commencera à atteindre sa vitesse de croisière. Et il se terminera disons vers 2600. Donc, c'est vers 2600 qu'elle lancera le projet Asie. Cela dit, elle ne le finira peut-être pas le projet Afrique d'une traite. Peut-être qu'elle le mettra en pause à mi-parcours et commencera le projet Asie à ce moment-là. Ce dernier commencerait alors vers 2450. Au stade où on en est, beaucoup de scénarios sont possibles. De futurs fanatiques en Australie ? On a vu que l'élite aime bien faire assurer son travail de colonisation par des fanatiques religieux, quand il y a des populations autochtones à expulser. Fanatiques qui sont souvent expulsés eux-mêmes de leur pays pour dissidence religieuse. Pour l'Australie, il n'y en a pas eu besoin parce qu'il n'y avait personne. Donc, l'élite a pu faire venir des colons normaux. Il y a bien eux les prisonniers au départ. Mais rapidement, l'immigration économique a suffi. Et si l'Australie doit coloniser l'Indonésie, il est possible que l'élite fasse naitre un tel mouvement, puis expulse ses adeptes vers l'Indonésie. Le fait d'avoir un mouvement religieux permettra aussi que les colons fassent un maximum d'enfants. 6) Réflexions alternatives sur l'histoire des Célèbes, des Moluques et de la Papouasie Tout ça fait comprendre un certain nombre de choses concernant les Célèbes, les Moluques et la Papouasie. Un premier élément qui est bizarre, c'est qu'il n'y a apparemment aucun état évolué qui domine la région avant 1500. Et alors que les portugais sont déjà arrivés dans la zone, tout d'un coup, on a deux sultanats qui apparaissent et qui se mettent à contrôler une grande partie de la région en quelques décennies. Plutôt bizarre. Mais, c'est logique. L'élite voulait qu'il y ait des musulmans aussi dans cette zone. Mais, des sultanats dominant la région, ça signifiait une civilisation relativement avancée. Et ça, ça posait problème par rapport à l'Australie. Donc, il fallait qu'il n'y ait que des primitifs jusqu'en 1500, pour justifier que l'Australie n'ait pas été colonisée par des royaumes évolués venant de ces iles. Et il fallait qu'il y ait tout d'un coup deux sultanats à partir de 1500. Puis, il fallait que ces sultanats s'étendent rapidement, parce que dans le narratif de l'élite, les hollandais allaient arriver rapidement et dominer la région. Si ces sultanats avaient mis des siècles à s'imposer, de vastes zones auraient été vierges de l'influence musulmane. Donc, il fallait que les sultanats arrivent à contrôler la région très rapidement. En fait, les sultanats arrivaient suffisamment tard pour pouvoir expliquer qu'ils n'aient pas colonisé l'Australie, mais suffisamment tôt pour pouvoir justifier une islamisation de toutes les Célèbes et des Moluques. Et le fait que les portugais, puis les hollandais se soient installés dans la région vers 1500 permet de justifier aussi que les sultanats ne se soient pas étendus vers l'Australie. Cela dit, quand les européens sont arrivés, l'Islam n'était pas encore implanté depuis suffisamment longtemps pour justifier de façon assez convaincante que ces deux iles soient devenues musulmanes par la suite. Si les européens avaient purement et simplement annexé ces territoires et imposé un gouvernement de type européen et multiconfessionnel, la proportion de musulmans serait restée très faible. C'est pour ça que l'élite à fait sorte que, dans le narratif officiel, les sultanats restent relativement indépendants pendant longtemps, même quand ils étaient sous la domination de la Compagnie des Indes Néerlandaises, ce qui a permis de justifier une continuation de l'implantation de l'islam dans la région. Et le fait que l'élite ait fait coloniser ces iles par une entreprise privée au lieu de l'état hollandais lui-même a participé à justifier que la religion musulmane n'ait pas posé de problème aux colonisateurs. Si ça avait été l'état hollandais lui même qui avait colonisé la région, il aurait normal qu'il impose la religion chrétienne aux autochtones. C'est vrai que les Pays-Bas étaient protestants et donc relativement libéraux en matière de religion, mais quand même. Là, avec une entreprise privée, l'élite pouvait justifier que la religion n'ait pas été un problème. Et ensuite, quand la Compagnie des Indes Néerlandaises a cessé d'exister au début du 19ème siècle et que l'état hollandais l'a remplacée, l'Islam était implanté depuis suffisamment longtemps pour qu'il ne puisse plus être remis en cause. 7) La période hollandaise L'étude de la période hollandaise permet de compléter cette analyse. La chose importante ici, c'est que la Hollande a colonisé toute l'Indonésie. Pourquoi l'élite a-t-elle fait ça ? Eh bien, coloniser toute l'Indonésie était nécessaire pour créer l'entité indonésienne actuelle. En effet, ça permettait créer un sentiment de communauté entre les habitants des différentes iles. Sentiments qu'ils n'avaient aucune raison d'avoir dans le narratif officiel, puisque l'Indonésie était supposée avoir été une constellation changeante d'états depuis plus de 1000 ans. Difficile de justifier une proximité entre les habitants de l'Indonésie dans ces conditions. Alors qu'avec l'oppression du colonisateur européen, ça devenait possible. Tous étaient unis dans le rejet du tyran hollandais. Un autre problème qui s'opposait à la création de l'entité indonésienne, c'était le langage. Les différentes iles de l'Indonésie étaient supposées avoir de nombreux langages différents. En effet, comme il était nécessaire pour l'élite d'avoir une histoire très chaotique de la région, on ne pouvait pas avoir une seule langue, mais au contraire, des tas de langues et de dialectes divers. Pour obtenir un état unifié, ça posait problème. La colonisation hollandaise a permis d'imposer un langage commun. En effet, on peut voir dans cette vidéo que c'est la Hollande qui a imposé le malais comme deuxième langue officielle avec le hollandais. Ensuite, un dérivé du malais, l'indonésien, est devenu la langue officielle de l'Indonésie. Comme par hasard, l'écriture était dérivée de l'arabe. Donc, ça renforçait la crédibilité du commerce millénaire entre l'Indonésie et la péninsule Arabe. Et ça renforçait aussi la crédibilité d'une histoire millénaire de l'Indonésie. Et le fait que les Pays-Bas aient colonisé lentement l'Indonésie a permis de justifier une meilleure implantation de l'Islam. C'est vrai que dans la mesure où l'Islam est arrivé officiellement à partir d'environ 1500, celui-ci aurait déjà été bien installé si les Pays-Bas avaient colonisé l'ensemble de l'Indonésie vers 1700. Mais, en 1800/1850, l'élite pouvait le faire apparaitre comme incontournable ; et ceci, pratiquement partout. Ça n'aurait pas été le cas si les Pays-Bas avaient colonisé toute l'Indonésie dès 1700. Ou en tout cas, ça aurait été moins convaincant. Et on peut penser que c'est pour ça que l'élite a fait en sorte que la colonisation portugaise reste limitée dans la région, et soit vite évincée. Il ne fallait pas que la colonisation soit faite par un état catholique et assez prosélyte. Donc, Si l'élite a fait en sorte que les hollandais contrôlent toute l'Indonésie, c'était pour obtenir l'actuelle Indonésie. S'ils n'avaient pas contrôlé Sumatra ou Java ou Bornéo, etc.., l'Indonésie actuelle aurait été bien moins puissante. Il fallait qu'ils étendent leur contrôle à toute cette région, pour obtenir un ensemble puissant et unifié, pour que celui-ci puisse mener des guerres contre l'Indochine, la Chine et l'Australie dans le futur. Et c'est pour ça que le Japon a poussé jusqu'en Indonésie durant la 2ème guerre mondiale. Ça participait à justifier à la fois une rébellion globale, la fin de la mainmise hollandaise sur cette région et d'avoir ensuite une Indonésie unifiée. En effet, on apprend sur Wikipédia que le Japon a favorisé le mouvement nationaliste indépendantiste durant la période où il contrôlait l'ile. "Les Indes orientales néerlandaises furent occupées par l'empire du Japon durant la Seconde Guerre mondiale de mars 1942 à 1945." "Les effets les plus profonds et les plus durables furent cependant plus visibles sur les Indonésiens que les Néerlandais. Optimistes, ils avaient d'abord accueillis les Japonais en libérateurs. Ce sentiment changea rapidement, l'occupation japonaise s'avérant la plus brutale et ruineuse de l'histoire du pays. En conséquence, les Indonésiens se politisèrent pour la première fois jusque dans les campagnes. Une partie de cet éveil politique était souhaité par les Japonais : à Java, et dans une moindre mesure à Sumatra, ils éduquèrent, entraînèrent et armèrent de nombreux jeunes Indonésiens et promurent leurs dirigeants nationalistes. De sorte qu'en détruisant le régime colonial néerlandais et en aidant le nationalisme indonésien, ils créèrent les conditions de la proclamation de l'indépendance de l'Indonésie. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Indonésiens connurent cinq ans de lutte diplomatique, militaire et sociale pour assurer cette indépendance." Donc, à cause des japonais, il y a eu une politisation de tout le peuple indonésien, et l'émergence d'une rébellion à l'échelle du pays et pas limitée à telle ou telle ile ou même à telle zone de telle ile ; autrement dit, une rébellion au niveau national et pas régional. Sans les japonais, il était difficile de justifier ça. La tendance naturelle aurait été d'avoir des révoltes locales. Et en supposant qu'elles aient toutes réussi, ça aurait abouti à la création de plusieurs pays dans la région indonésienne, et pas à la création de l'Indonésie actuelle. Et ça n'est pas ce que voulait l'élite. Là, avec un front uni, on pouvait justifier une défaite militaire de la Hollande et ensuite la création d'un immense pays, à savoir l'Indonésie. Et ce front uni, seul le Japon, pouvait en justifier la création à ce moment-là. L'élite aurait pu faire justifier une rébellion globale via le communisme chinois après la 2ème guerre mondiale. Mais, il n'aurait pas été tellement dans l'intérêt de la Chine de favoriser l'émergence d'une grande force politique au sud de son territoire. Donc, ça aurait été louche. Ça n'était en fait pas dans l'intérêt des japonais non plus. Mais, dans l'hystérie des grands mouvements d'idées de l'époque et dans la fureur de la guerre, ça pouvait ne pas sembler trop suspect. S'il n'y avait pas eu de leaders nationalistes et pas de rébellion à l'échelle de l'Indonésie, ça aurait posé problème. En effet, comme on avait différentes iles, s'il y avait eu des mouvements isolés, il aurait été facile de justifier une victoire des Pays-Bas, qui aurait pu les attaquer de façon isolée. Ou au moins, les Pays Bas auraient pu conserver une bonne partie de ses territoires. Or, l'élite voulait que les hollandais perdent toute l'Indonésie. En non seulement les japonais ont créé les conditions du soutien du peuple à la cause de l'indépendance indonésienne, ont soutenu les mouvements nationalistes, mais ils les ont en plus armés. Parce que sans les armes, ils n'auraient rien pu faire. Enfin, ce sont les japonais qui ont donné son indépendance à l'Indonésie quand ils sont partis, ce qui a obligé les hollandais à se battre avec des troupes rebelles bien armées, unies et possédant un gouvernement. Mais, malgré les conditions particulières (nationalisme japonais, guerre), cette politique du Japon est très louche. Premièrement, on ne voit pas pourquoi le Japon aurait cherché à favoriser la création d'un gigantesque état au sud de son territoire. Alors, d'accord, ce territoire était déjà uni, sauf qu'il était sous le contrôle des hollandais. Mais, avoir une colonie sous le contrôle d'un petit état situé à 10.000 km à l'ouest, ça n'est pas le même degré de danger que d'avoir le même territoire, mais indépendant. D'autant plus que dans le cas présent, la Hollande ne cherchait qu'à exploiter économiquement le territoire, pas à faire une colonisation de peuplement. Et c'était le cas de tous les colonisateurs occidentaux de la région (hors Australie). En fait, si les hollandais n'étaient pas capables de vaincre un simple mouvement rebelle après la guerre, il valait beaucoup mieux avoir ce pays extrêmement très faible aux commandes qu'un énorme état indonésien. Ce dernier pouvait avoir tôt ou tard des velléités d'hégémonisme sur la région. Deuxièmement, on ne comprend pas très bien pourquoi le Japon a développé le nationalisme indonésien alors qu'il contrôlait l'ile. Il n'avait aucune raison d'abandonner ce territoire dans un futur proche. Donc, pourquoi aller financer et armer des gens qui risquaient de se retourner contre le Japon relativement rapidement, surtout vu sa politique tyrannique envers les indonésiens ? Concernant ce dernier point, on peut en effet lire sur Wikipédia : "La perception de l'occupation japonaise varia considérablement selon le lieu de résidence et la position sociale de chacun. Beaucoup de ceux qui vivaient dans des zones importantes pour l'effort de guerre furent victimes de tortures, d'esclavage sexuel, d'arrestations et d'exécutions arbitraires et d'autres crimes de guerre. Plusieurs milliers de personnes furent déportées comme travailleurs forcés (romusha) pour des projets militaires japonais, dont la Voie ferrée de la mort entre la Thaïlande et la Birmanie, et beaucoup moururent de mauvais traitement et de faim. Entre 4 et 10 millions de romusha furent obligés de travailler pour l'armée japonaise à Java. Environ 270 000 d'entre eux furent envoyés dans d'autres régions d'Asie du Sud-Est, dont seulement 52 000 furent rapatriés sur l'île, soit un taux de mortalité de 80 %. Un rapport des Nations unies tardif déclare que quatre millions de personnes sont mortes de famine ou du travail forcé en Indonésie durant cette période, dont 30 000 civils européens morts en captivité." Alors, c'est vrai qu'à partir de 1943, il était clair que l'Allemagne allait être vaincue. Donc, le Japon envisageait probablement qu'il allait être expulsé de l'Indonésie dans peu de temps et que les hollandais allaient reprendre possession du pays. Mais, on ne voit pas trop pourquoi il était important pour le Japon de mettre fin à la domination hollandaise. Si le Japon était obligé de quitter la région, qu'est ce que ça pouvait bien lui faire que ça soit les hollandais ou les indonésiens qui contrôlent la région ? A ce moment-là, ça n'était plus son problème. Surtout que, dans l'histoire basique qui nous est enseignée, le Japon n'était pas connu pour avoir développé une attitude d'union des nationalismes dans la région. Apparemment, c'était le Japon uber alles, point. Le Japon cherchait seulement à protéger ses intérêts vitaux immédiats, ou à développer un empire. Toutes ses conquêtes se basaient sur un projet purement nationaliste. L'élite a anticipé le problème et a créé une histoire ignorée du grand public, mais qu'elle peut ressortir dans le cas où quelqu'un comme moi émettrait l'argument que je viens de présenter. C'est ce qu'on peut voir dans cette vidéo. Apparemment, derrière l'attaque des Philippines, de l'Indonésie et d'une partie de l'Indochine, la Japon aurait eu en partie pour but d'expulser les occidentaux de l'Asie. Il y aurait donc eu une volonté anti-occidentale derrière ça. Les japonais auraient été les chefs de proue d'un mouvement de révolte contre l'hégémonie européenne dans la région. Alors, c'est vrai que l'objectif principal était de conquérir les colonies des occidentaux et de les remplacer en tant que force dominante dans la région. Mais, si ça n'était pas possible, il y avait un objectif secondaire qui était que les occidentaux perdent leur influence dans la région. Dans ces conditions, le soutien aux rebelles indonésiens et indochinois devient logique. Sauf que ça n'est pas crédible. Ça fait très artificiel comme histoire. Ça ne colle pas avec l'objectif principal, qui était de conquérir les colonies occidentales pour mieux les remplacer. Qu'il y ait eu une petite façade d'altruisme, ok, mais une véritable volonté de le faire, c'est très peu vraisemblable. Et puis, le problème, c'est que pour faire passer le Japon comme le méchant de l'histoire, l'élite a fait en sorte d'inventer des massacres de la part de l'armée japonaise et d'une façon générale, un comportement extrêmement dur, voire méprisant, envers les populations locales. Par exemple, on peut trouver sur Wikipédia une explication à propos du massacre de Nankin : "L'influence de la propagande impériale qui décrivait les étrangers et surtout les autres populations asiatiques comme des « êtres inférieurs » faits pour être dominés, voire du bétail (kichiku), fut certainement aussi significative." Et elle a fait en sorte que le Japon colonise lui aussi d'autres pays (Corée, Mandchourie, Chine) bien avant la 2ème guerre mondiale. Donc, ça ne fait pas vraiment comportement de dirigeants qui se soucient de l'indépendance des autres pays. Le côté "libérons nos frères du joug de l'oppresseur occidental" en prend un sacré coup. Donc, le problème initial demeure. Une fois la menace de la défaite bien présente, le Japon n'ayant pas montré un grand altruisme panasiatique, il n'avait aucune raison de soutenir des mouvements de rébellion. Il n'en avait plus grand chose à faire de l'avenir de l'Indonésie et de l'Indochine. Troisièmement, les japonais auraient dû se dire que s'ils étaient vaincus, au moins dans la région, le mouvement nationaliste ou même le gouvernement indonésien n'avait que très peu chances de survivre à leur départ. Si les Alliés gagnaient en Europe (et ils étaient en train de le faire), ils allaient revenir et réimposer leur autorité dans la région. Et une fois vaincus, les japonais ne pourraient plus alimenter la rébellion armée. Celle-ci était donc destinée à disparaitre. C'est vrai que les Pays-Bas n'avaient pas une population importante. Mais, ils avaient réussi à tenir la région depuis 100 ans. Et une rébellion sans grands moyens ne pouvait pas faire grand-chose face à une armée officielle moderne. Donc, ça ne servait à peu près à rien de soutenir cette résistance. Quand un état sait qu'il ne risque pas de disparaitre et qu'il pourra soutenir une révolte pendant des dizaines d'années, il y a des chances que ça réussisse. Quand l'URSS soutenait des rébellions communistes en Afrique, ça avait du sens. Mais, de la part d'un état sur le point d'être vaincu, c'est pratiquement inutile. Comme on sait comment les choses ont tourné, on a une vision biaisée où on se dit que c'était logique que les hollandais perdent l'Indonésie après la guerre. Mais, à ce moment-là, il n'y avait aucune raison que ça arrive. Donc, ça ne servait strictement à rien d'alimenter une rébellion. Alors, pourquoi les dirigeants japonais l'ont quand même fait ? Eh bien, c'est parce qu'ils savaient que la rébellion allait gagner. Parce que derrière le Japon, aussi bien que derrière la rébellion et le gouvernement hollandais, il y avait l'élite. On peut ajouter qu'en ce qui concerne l'indépendance de l'Asie par rapport aux occidentaux, ça n'était vraiment pas malin d'aller provoquer ces derniers, dont le plus puissant d'entre eux, les USA. Dès le départ, ils étaient pratiquement sûrs d'être vaincus. Et alors, le seul état encore indépendant de la région aurait été mis en coupe réglée. Donc c'était vraiment stupide. Et, c'était encore plus aberrant de le faire avant d'être sûr qu'Hitler ait gagné contre les russes. Concernant le timing, il fallait que la rébellion se fasse à ce moment-là et dans ces conditions. Sans le soutien d'un puissant état, elle ne se faisait pas. Et sans l'éviction des hollandais, ça ne se faisait pas non plus, parce que, même avec le soutien d'un puissant état, les hollandais tenaient suffisamment bien le terrain pour qu'une rébellion n'ait aucune chance de succès. Par ailleurs, on peut lire que les japonais ont permis d'unir la population contre les hollandais. Sans l'invasion, ça n'aurait pas pu se faire. Les rebelles indonésiens seraient restés désunis face aux hollandais. Il y aurait eu une rébellion propre à Sumatra, à Java, ou à Bornéo, etc.., mais pas une rébellion "nationale". Et il est logique de penser que les hollandais auraient fait en sorte de refuser de discuter d'une indépendance globale de l'Indonésie. Ils n'auraient accepté que des indépendances locales. Et donc, même en cas de succès d'une rébellion, ça aurait abouti à la création de plusieurs états indépendants, et pas à l'Indonésie actuelle. Alors, l'élite aurait pu imposer ce genre de narratif (rébellion nationale conduisant à la création de l'Indonésie actuelle) sans l'intervention du Japon. Mais ça aurait été très louche. Avec l'intervention du Japon, ça l'était moins. Enfin…, si on n'allait pas trop regarder dans les détails. Sinon, vu que les néerlandais étaient tout près de l'Australie, et y sont restés pendant des siècles, on peut se demander comment il se fait qu'ils ne l'aient pas colonisée. Mais, il fallait que ça ne soit pas eux les colonisateurs, parce qu'ils manquaient cruellement d'hommes. Par ailleurs, ils avaient déjà fort à faire avec l'Indonésie. Encore une fois, l'élite aurait pu passer outre ces problèmes et leur faire coloniser quand même l'Australie. Mais ça aurait introduit une bizarrerie gênante. Et ça ne pouvait pas être les portugais, parce qu'ils étaient en pleine déliquescence, et eux-aussi avaient trop peu d'hommes. Donc, il était préférable que ça soit l'Angleterre. Celle-ci était suffisamment peuplée pour qu'une colonisation relativement rapide ne pose pas de questions. Et il y a une deuxième raison pour laquelle ça devait être l'Angleterre qu'on verra dans l'annexe 2. Au passage, l'élite a fait dire à des historiens que certains portugais et hollandais auraient découvert l'Australie avant les anglais. C'est pour éviter la bizarrerie que les anglais aient découvert l'Australie en premier, alors que les portugais et les hollandais étaient dans la région depuis nettement plus longtemps. Quant à savoir qui a vraiment découvert l'Australie, mystère. Est-ce que l'élite connaissait déjà son existence avant même d'arriver en Asie ? Ou est-ce que ce sont les portugais ou les hollandais ou les espagnols qui l'ont découverte ? Difficile de le savoir. Mais, à moins que l'élite ne l'ait su par ailleurs, ça doit venir de ceux qui étaient dans la région depuis le début, c'est-à-dire des portugais, des hollandais ou des espagnols. Il est nettement moins probable que ça soit venu des anglais. Mais, ce qui est assez sûr, c'est que l'histoire de la découverte de l'Australie par Cook en 1770 est mensongère. Ça avait déjà dû être découvert avant. Mais, il fallait justifier que ça soit les anglais qui ont colonisé ce continent. 8) La Papouasie actuelle et future Le cas de la Papouasie est intéressant également. Elle est divisée en deux. La partie occidentale (Nouvelle-Guinée occidentale) est sous le contrôle de l'Indonésie. La partie orientale, la Papouasie Nouvelle-Guinée, est indépendante. Les deux côtés de l'ile sont très peu peuplés. C'est ce qu'on peut voir pour la Nouvelle-Guinée occidentale (Wikipédia) : "Cette région qui constitue 22 % du territoire indonésien n'est que très faiblement peuplée, ne comptant en 2010 que 3 593 803 habitants contre 237 millions pour l'ensemble de l'archipel indonésien (soit 1,5 % de la population totale). Elle est formée d'un ensemble de territoires le plus souvent très difficile d'accès et peuplée comme la partie orientale de l'île de populations majoritairement papoues. Sa position excentrée, ses traits culturels, historiques et géographiques en font une région à part de l'Indonésie." Les chiffres de 2020 seraient de 5,5 millions d'habitants (voir plus bas). Et pour la Papouasie Nouvelle-Guinée (Wikipédia) : "En 2015, la population atteint 7 619 321 habitants selon la Banque Mondiale, soit une densité de 16 habitants par km²." Donc, on a en tout environ 13 millions d'habitants (5,5 + 7,6), ce qui est très peu vu la taille de l'ile. Cela dit, quand on regarde la carte, on se demande ou peuvent être les 13 millions d'habitants. Même avec un chiffre aussi faible, ça ne semble pas coller. La plus grosse ville ne fait que quelques centaines de milliers d'habitants ; les autres seulement quelques dizaines de milliers. Et le reste, ce sont des villages de quelques dizaines d'habitants. Donc, il est possible que l'élite mente sur le nombre réel d'individus et qu'il y en ait encore moins que déclarés officiellement. Les chiffres concernant la religion et des ethnies sont également intéressants. La partie orientale de l'ile est constituée presque uniquement de chrétiens, dont 70 % sont protestants (Wikipédia) : "Le gouvernement et le pouvoir judiciaire défendent le droit constitutionnel à la liberté d'expression, de pensée et de croyance, et aucune législation visant à restreindre ces droits n'a été adoptée. Le recensement de 2011 a révélé que 95,6 % des citoyens s'identifiaient comme chrétiens, 1,4 % n'étaient pas chrétiens et 3,1 % n'ont pas donné de réponse. Pratiquement aucune personne interrogée ne s'est déclarée non religieuse. Le syncrétisme religieux est élevé, de nombreux citoyens combinant leur foi chrétienne avec certaines pratiques religieuses indigènes traditionnelles. La plupart des chrétiens de Papouasie-Nouvelle Guinée sont des protestants, représentant environ 70 % de la population totale." La partie occidentale (Wikipédia) : "Les principales religions d'après le recensement de 2000 sont le christianisme (78 %, dont protestantisme 54 % et catholicisme 24 %), l'islam (21 %), l'hindouisme et le bouddhisme (1 %)." Le Wikipédia anglais parle plutôt de 15 % de catholiques et 63 % de protestants. Apparemment, l'islam est minoritaire sur la partie occidentale. Seulement, les chiffres datent de 2000. Or, depuis 20 ans, la population musulmane a fortement augmenté dans la partie ouest. C'est ce qu'on peut voir ici : "La deuxième de ces causes est due au fait que la Papouasie occidentale est immense mais peu peuplée. Avec une superficie de près de 422 000 km2 représentant 22 % du territoire national, les deux provinces réunies de Papua et de Papua Ouest comptaient moins de 5,5 millions d’habitants en 2020, soit environ 2 % d’une population indonésienne qui a dépassé le seuil des 270 millions, et une densité démographique de seulement quelque 13 habitants au km2, contre 140 pour tout le pays. La seule île de Java, elle, compte près de 1 200 habitants au km2 pour plus de 150 millions de résidents, soit 56 % du total. Ce déséquilibre démographique a suscité une « transmigration » organisée et spontanée de plusieurs millions d’Indonésiens venus de Java surpeuplée, mais aussi des Célèbes et des Moluques voisines, ainsi que de partout dans l’archipel, pour chercher du travail et des moyens de survivre dans une terre pleine d’opportunité. La Papua a beau rester peu peuplée en termes absolus et relatifs, sa population, qui était encore inférieure à un million en 1970, a donc plus que quintuplé en cinquante ans pour franchir largement la barre des cinq millions en 2020 ! Cette véritable « invasion » de populations indonésiennes d’origine malaise et musulmane en terre mélanésienne et majoritairement chrétienne, avec tout ce que cela implique de tensions, de spoliations et de conflits de toutes sortes, pose d’énormes problèmes. En fait, on estime que plus de 40 % de la population de la Papua est aujourd’hui constituée de personnes allochtones, qui deviendront majoritaires à très court terme. Comme en Nouvelle-Calédonie où la situation est mutatis mutandis très comparable, les Mélanésiens ne se sentent plus chez eux." Le fait que les asiatiques représentent 40 % de la population en Nouvelle Guinée Occidentale est confirmé sur cette page Wikipédia : "Il faut cependant rappeler que les Javanais constituent 40 % environ de la population de ces provinces" Donc, au doigt mouillé, on peut penser que, maintenant, on est plus à 35 % de musulmans en Nouvelle-Guinée occidentale qu'aux 20 % du précédent recensement, puisque 87 % de la population indonésienne est musulmane. Et l'Australie est composée essentiellement de chrétiens, même si une grande proportion de la population dit désormais ne pas avoir de religion. Mais le fond est chrétien. Et en tout cas, ils ne sont pas musulmans. Donc, par rapport à ce qu'on a vu avant, on peut penser que dans le futur, la religion musulmane va se répandre également dans la partie Est de l'ile. Au bout d'un moment, des tensions de plus en plus vives apparaitront entre musulmans et non-musulmans. Bien sûr, les musulmans de la partie ouest, s'en mêleront et voudront attaquer la partie Est. Ils pourront éventuellement prétexter que ce sont les non-musulmans qui ont opprimé les musulmans. Là-dessus, le gouvernement australien interviendra pour soutenir les chrétiens de la Papouasie Nouvelle-Guinée, et il prendra le contrôle de l'ile. Et au final, les colons blancs remplaceront à la fois les indonésiens et les papous. On peut penser que c'est pour ça que l'ile est encore très peu peuplée. Ça sera plus facile à envahir et coloniser pour l'Australie. Il est possible que la Nouvelle-Guinée occidentale devienne indépendante avant que ces évènements ne se déroulent ; ainsi l'Australie pourra intervenir en Papouasie sans entrer en guerre avec l'Indonésie, en tout cas dans un premier temps. Ce qu'on nous dit sur l'évolution de la proportion de musulmans en Nouvelle Guinée occidentale permet de comprendre certaines choses. Il y avait 20 % de musulmans au début des années 2000. Mais, par ailleurs, on a vu qu'il y a une immigration continue d'indonésiens depuis 40 ou 50 ans. Donc, s'il n'y avait que 20 % de musulmans au début des années 2000, c'est qu'il y en avait très peu dans les années 70 ou 80, peut-être 5-10 %. Ce qui est intéressant ici, c'est qu'on peut voir qu'il y a encore 20 ans, la proportion de musulmans à l'ouest de l'ile n'était que de 20 %. Et elle doit être à 35 % maintenant. Ça montre bien que le plan de guerre entre l'Australie et l'Indonésie est pour dans relativement longtemps puisque L'élite semble faire en sorte que le pourcentage de musulmans monte assez lentement. S'il n'augmente que de 15 % tous les 20 ans, il ne sera pas à 80 % avant environ 2080. Et ensuite, il faudra du temps pour que la partie orientale commence à être envahie et que ça pose problème, peut-être 40 ou 50 ans. Donc, ça nous ramène à 2120. Cela dit, peut-être que l'élite profitera de la 3ème guerre mondiale, qui devrait avoir lieu vers 2049, pour accélérer les choses, ou au moins pour créer un premier coup de semonce. Donc, peut-être que les musulmans de Nouvelle Guinée Occidentale poseront problème déjà à ce moment-là. A voir. Et on a une deuxième raison au fait les sultanats de Ternate et de Tidore n'aient jamais été plus loin qu'un morceau de l'Ouest de la Papouasie. Il fallait que la Papouasie reste très peu peuplée, pour que l'Australie puisse la coloniser dans le futur. Donc, dès le départ, le but de l'élite était que les parties orientales et occidentales se fassent la guerre dans le futur. Mais pour qu'une telle chose arrive, il fallait qu'il y ait ces deux zones. Or, à la base, ça ne relevait pas de l'évidence. L'ile aurait très bien pu être contrôlée entièrement par tel ou tel empire européen. Et sans séparation, il aurait été très difficile de justifier par la suite le type de guerre que voulait l'élite, à savoir une guerre presque civile, mais impliquant également l'Indonésie. Donc, il fallait que la partie occidentale de l'ile fasse partie de l'empire néerlandais, mais pas la partie orientale. Et c'est pour ça qu'il fallait que les deux sultanats ne poussent pas plus loin que la partie occidentale. En effet, comme ils allaient devenir des vassaux, puis de simples colonies de la Hollande, les territoires qu'ils contrôlaient allaient passer aux mains de la Hollande. Donc, s'ils avaient contrôlé toute l'ile, c'est ce territoire que les hollandais auraient contrôlé. Et alors, plus de possibilité de développement séparé entre les parties Ouest et Est ; et pas de tensions entre elles. Et dans le cas où les deux sultanats n'auraient pas mis le pied sur l'ile, ça aurait posé problème. Que la Hollande prenne le contrôle de l'ile ou pas, c'est toute l'ile qui aurait été colonisée ou non. Et en supposant que l'ile soit devenue indépendante par la suite, c'est encore une fois toute l'ile qui aurait été indépendante. Donc, aucune tension possible entre l'Ouest et l'Est, puisque la population aurait été assez homogène aussi bien ethniquement que religieusement. Mais, avec la prise de contrôle de la partie Ouest de l'ile par les hollandais, il restait un problème. Vu le faible développement de la partie Est au 19ème siècle, il aurait été bizarre que la Hollande ne s'en empare pas au bout d'un moment. La partie orientale lui tendait littéralement les mains. Et si la Hollande avait envahi la zone orientale, alors, le problème aurait été le même. De nos jours, toute l'ile serait soit indonésienne, soit indépendante. Dans le premier cas, des tensions entre les musulmans de l'Ouest et les chrétiens de l'Est dans le futur relèveraient de l'Indonésie. Dans le deuxième cas, elles relèveraient de la Nouvelle-Guinée. Mais, dans les deux cas, il s'agirait d'affaires internes. Et dans ce cas, il n'y aurait pas de raisons que l'Australie intervienne pour soutenir la partie orientale contre la partie occidentale. Du coup, il fallait qu'un ou plusieurs autres pays européens s'emparent de la partie orientale de l'ile. Et c'est bien ce qui s'est passé. C'est ce qu'on peut voir sur Wikipédia : "En 1884, le Nord de l'actuelle Papouasie-Nouvelle-Guinée est annexé par l'Empire colonial allemand, puis le Sud est fait protectorat de l'Empire britannique cette même année. Le territoire passe entièrement sous souveraineté britannique après la Première Guerre mondiale, et est confié à l'Australie. La Papouasie-Nouvelle-Guinée obtient paisiblement son indépendance, et devient membre du Commonwealth des nations, en 1975." Ainsi, lors de l'indépendance de l'Indonésie, en décembre 1949, il n'y avait pas de risque que la partie Est rejoigne l'Indonésie. Ensuite, l'Australie pouvait accorder l'indépendance à la Papouasie en 1975. La question d'une éventuelle assimilation à l'Indonésie n'étais plus du tout d'actualité. Et elle l'était d'autant moins que les deux zones n'avaient pas la même composition ethnique et religieuse. Il est éventuellement possible que la partie occidentale devienne indépendante. Ça permettra d'avoir une guerre larvée entre l'Indonésie et l'Australie pendant de nombreuses années, avant qu'un conflit frontal ne survienne. En effet, même si la partie Ouest devient indépendante, l'Indonésie pourra décider d'intervenir pour défendre les asiatiques musulmans de la partie Ouest. Et effectivement, après vérification, on découvre qu'il y a un mouvement indépendantiste en Nouvelle-Guinée Occidentale (Wikipédia) : "L'Organisation pour une Papouasie libre (Organisasi Papua Merdeka / OPM), réfutant l'accord de New York, y mène une guerre de basse intensité depuis les années 1960. En plus des armes à feu, le mouvement utilise également des armes traditionnelles telles que les lances." Et on découvre également que la Nouvelle-Guinée Occidentale n'a pas été incorporée à l'Indonésie quand cette dernière est devenue indépendante en 1949 (ici). Il y avait un accord entre les Pays-Bas et l'Indonésie pour que la Nouvelle Guinée Occidentale la rejoigne en 1950. Mais les Pays-Bas n'ont pas respecté l'accord et son restés. Le prétexte étant que la population papoue ne fait pas partie du peuple indonésien et qu'il fallait donc une autodétermination pour que les habitants choisissent librement de rejoindre l'Indonésie ou d'être indépendants. Ainsi, il y a eu une courte période, entre 1949 et 1962 où l'ile était encore sous le contrôle des Pays-Bas. Il y a eu un petit conflit armé (certainement complètement inventé) en 1962 entre l'Indonésie et les Pays-Bas. Les USA ont fait pression pour que les Pays-Bas cèdent ce territoire à l'Indonésie. Et au final, la région est revenue à l'état indonésien en octobre 1962 (accord de New-York). Mais, cet épisode a introduit une justification à une éventuelle indépendance de la partie occidentale de l'ile dans le futur. Son rattachement à l'Indonésie ne s'est pas fait via un référendum, c'est à dire avec l'accord du peuple, mais sous la pression militaire et diplomatique. Donc, l'élite peut tout à fait justifier l'existence d'un mouvement indépendantiste dans cette région. Il y avait bien un référendum d'autodétermination de prévu pour 1969 de la part du gouvernement indonésien. Et il a bien eu lieu à cette date. Mais, apparemment, ça a été une parodie de référendum, comme on peut le voir sur Wikipédia : "En 1969 se tient un « Act of Free Choice » censé être ce plébiscite. En fait, les participants se limitent à 1 026 membres de conseils désignés par le gouvernement indonésien et censés représenter la population du territoire. Ils votent à l’unanimité pour le maintien dans l’Indonésie." Il y a une page Wikipédia dédiée à ce plébiscite : "L'Acte de Libre Choix fut officiellement constitué par un vote de 1 025 hommes et femmes, choisis par l'armée indonésienne en Nouvelle-Guinée occidentale, à qui il était demandé de voter en levant la main ou en lisant des textes préparés à l'attention d'observateurs des Nations Unies." Bien sûr, ça donne une raison de plus à l'existence du mouvement indépendantiste. L'élite fournit évidemment d'autres justifications au mouvement indépendantiste que ce simple problème de plébiscite. Sinon, ça ne serait pas convaincant. Il y a déjà un volet économique. La gigantesque mine de cuivre et d'or d'Ertsberg a été ouverte en 1973, puis, en 1988, celle de Grasberg, juste à côté ; et leur exploitation a été attribuée à la compagnie américaine Freeport Sulphur, devenue Freeport-McMoRan. Elle a une fiche Wikipédia : "Freeport-McMoRan Copper & Gold Inc. est une société américaine basée à Phoenix dans l'Arizona. Opérant dans le secteur minier, elle est l'un des principaux producteurs mondiaux de cuivre et d'or". Bien sûr, derrière cette entreprise, il y a l'élite. Mais, on peut voir qu'elle est particulièrement liée au complexe militaro industrielle US : "La compagnie comprend parmi ses principaux actionnaires ou membres de son conseil d'administration des figures très influentes de la vie politique américaine : Henry Kissinger, Robert A. Lovett (ex-ministre de la Défense), John Hay Whitney, Godfrey Rockefeller (neveu du milliardaire homonyme), ou encore Arleigh Burke (ex-chef d'état-major de l'US Navy)." Cette mine (Grasberg) est très importante pour l'état indonésien comme on peut le voir sur National Geographic : "Cette région du monde héberge en effet l’une des plus grandes mines d’or et de cuivre au monde : celle de Grasberg. [Ndlr: en 2015, c’est le premier contributeur au budget de l’État indonésien]". Or, cette mine entraine évidemment des problèmes environnementaux, ce qui justifie une opposition de la part des papous. Le volet environnemental n'est pas limité à la mine. Il y a également des problèmes de déforestation liés à l'exploitation de l'huile de palme et de l'industrie du papier. L'exploitation minière entraine également un volet social (Wikipédia) : "En outre, pour cette exploitation, Freeport fait surtout appel à du personnel venu d’autres régions d'Indonésie." Donc, les papous se sentent lésés parce que les emplois générés par l'exploitation minière profitent à d'autres. Par ailleurs, il y a un volet racial, avec une immigration de plus en plus importante d'indonésiens de type asiatique, comme on l'a vu plus haut. Celle-ci est en partie liée à la présence de l'exploitation du cuivre et de l'or. Mais, elle semble venir surtout de la natalité élevée des indonésiens, ce qui pousse nombre d'entre eux à venir tenter leur chance en Nouvelle-Guinée. C'est ce qu'on peut voir sur le site de National Geographic : "De nombreuses îles indonésiennes débordent de population. À titre d’exemple, on compte 1 200 habitants au km² sur l’île de Java. La Nouvelle-Guinée occidentale, avec ses 13 habitants au km2, apparaît comme une terre à peupler. Le gouvernement a donc notamment financé l’installation de migrants indonésiens chez les Papous. À cela s’ajoutent des migrations plus spontanées d’Indonésiens en quête d’opportunité. Aujourd’hui, 40 % de la population de Nouvelle-Guinée occidentale est originaire d’en dehors de l’île. [Ndlr : en 1960, ils étaient seulement 5 % de la population]. Les allochtones devraient bientôt devenir majoritaires, ce qui compliquera d’autant plus la représentation des intérêts papous." Donc, les papous se sentent envahis, ce qui crée une situation explosive (au moins sur le papier). Et logiquement (ici) : "De nombreux Papous se sentent victimes de discrimination et considèrent les Indonésiens comme des envahisseurs. Mais leur mouvement est réprimé, même en cas de protestation pacifique." Donc, plusieurs raisons justifient l'existence d'un mouvement indépendantiste. Et la répression extrêmement féroce de la part du gouvernement indonésien justifie l'existence d'une guérilla. Guérilla qui pousse le gouvernement indonésien à être encore plus féroce. On parle de centaines de milliers de morts causés par l'armée indonésienne depuis les années 60. Au passage, le gouvernement indonésien, à cause de son histoire récente, était supposé au même moment être anticolonialiste. Cherchez l'erreur ! Bien sûr, cette histoire de massacres est certainement une invention complète. Mais, l'important est que les gens y croient. Par ailleurs, il y a apparemment une présence policière très importante, et il y a certainement des discriminations diverses envers les papous. Donc, il doit y avoir une légère oppression qui rend crédible pour les papous l'histoire de centaines de milliers de morts. Et il y a une immigration réelle d'asiatiques. Donc, ça fait croire aux papous que le gouvernement indonésien veut les éliminer. Ça justifie encore plus la guérilla (autre invention certainement) et plus généralement le mouvement indépendantiste. Et pour le reste du monde, le fait qu'il soit quasi impossible de visiter la Nouvelle Guinée Occidentale fait évidemment conclure que la répression est aussi impitoyable que le disent les journaux. Donc, le rattachement tardif à l'Indonésie, plus la présence de mouvements indépendantistes, plus la soi-disant répression sauvage, laisse à penser que la partie occidentale de l'ile finira par devenir indépendante, ce qui permettra à l'Australie et à l'Indonésie de se faire une guerre indirecte, larvée, avant de passer à un conflit ouvert. Ça n'est pas une certitude, parce que l'élite a à sa disposition plusieurs options. Mais, c'est une possibilité. A noter qu'on trouve aussi ça sur Wikipédia : "Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée accepte en 2023 un accord avec les États-Unis faisant de l’archipel une gigantesque base avancée pour l’armée américaine. Celle-ci dispose dès lors d'un accès « sans entrave » à six ports et aéroports, où elle pourra positionner troupes et matériel. Les États Unis auront l’« usage exclusif » de certains périmètres, où ils pourront construire leurs propres installations." Pourquoi les USA font-ils ça ? L'explication officielle est apparemment que les USA sont inquiets de la montée en puissance de la Chine. Ils pensent que celle ci a une volonté d'hégémonie dans la région. Donc, ils renforcent leur présence militaire pour pouvoir intervenir en cas d'agression chinoise à Taiwan, en Indochine, aux Philippines ou ailleurs. L'accord de coopération militaire tripartite AUKUS entre les USA, l'Australie et la Grande Bretagne, rendu public le 15 septembre 2021, sert également à pouvoir contrer la Chine au cas où. Donc, a priori, ça n'est pas l'Indonésie qui est en ligne de mire. Seulement, l'Indonésie veut adhérer aux BRICS. C'est ce qu'on peut voir sur Wikipédia : "À la date du 10 août 2023, 23 pays ont officiellement soumis leur demande pour rejoindre les BRICS : l'Algérie, l'Argentine, le Bahreïn, le Bangladesh, la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, l'Égypte, le Honduras, l’Indonésie, l'Iran, le Kazakhstan, le Koweït, le Nigeria, la Palestine, l'Arabie saoudite, la Serbie, le Sénégal, la Thaïlande, les Émirats arabes unis, le Venezuela et le Viêt Nam." Cette demande d'adhésion en elle-même indique que l'Indonésie se range du côté de la Chine et donc contre les USA et l'Australie. Bien sûr, ça n'est pas une déclaration de guerre. Et l'Indonésie ne semble pas avoir de volonté d'envahir ses voisins. Mais, ça montre que l'Indonésie s'éloigne fortement des USA et se rapproche de la Chine. A cause de ça, l'installation des forces armées US en Papouasie Nouvelle Guinée n'est pas aussi neutre que ça vis-à-vis de l'Indonésie. Mais, que ça soit neutre ou pas actuellement, ces bases permettront aux USA d'intervenir en cas de guerre entre l'Australie et l'Indonésie, ce qui justifiera une victoire de l'Australie. Alors que si l'Australie était seule à se battre contre l'Indonésie, sa victoire pourrait apparaitre comme louche. Et avant ça, les USA pourront intervenir en cas de conflit armé entre la Papouasie Nouvelle Guinée et l'Indonésie, ou entre la Papouasie Nouvelle Guinée et une éventuelle Nouvelle Guinée Occidentale devenue indépendante. Et dans le cas où d'une Nouvelle Guinée Occidentale indépendante, elle pourrait même intervenir si un conflit interne se déclenche entre la communauté asiatique et la communauté papoue. Un problème lié à l'installation de ces forcées armées, c'est que si les USA deviennent hostiles à l'Indonésie, ils risquent de perdre les droits d'exploitation des mines de cuivre et d'or. Déjà, une première explication possible est que comme l'Indonésie veut adhérer aux BRICS, les USA considèrent que leurs intérêts économiques locaux passent au second plan et qu'il vaut mieux se positionner contre l'Indonésie, même au risque de perdre l'exploitation des mines. Cela dit, quand on creuse un peu plus le sujet des mines, on apprend sur Wikipédia que : "Le président indonésien Joko Widodo fait racheter par l’État 51 % des parts de la filiale indonésienne de Freeport-McMoRan, qui détient d'immenses gisements d'or et de cuivre mais dont les revenus ne profitent pas à l'Indonésie. Celle-ci, dénonçant une « spoliation », mobilise nombre d'hommes d'affaires et politiciens américains, dont le vice-président Mike Pence qui critiqua ouvertement Joko Widodo". Ce rachat a été finalisé fin 2018, comme on peut le voir sur Wikipédia : "En 2018, l'entreprise s'est classée au 176e rang de la liste Fortune 500. Au cours de cette année, le président indonésien Joko Widodo a également prévu de prendre le contrôle de 51 % du capital de Freeport Indonesia, remettant de fait le contrôle de Freeport Control au gouvernement indonésien. Le gouvernement indonésien devra effectuer des paiements d'un montant de 3,85 milliards de dollars au cours du processus de prise de contrôle. Le gouvernement indonésien a finalisé le processus le 21 décembre 2018." Et dans cet article de janvier 2019 : "Les autorités indonésiennes et l’entreprise Freeport – McMoran ont clôturé le rachat par PT. INALUM, l’entreprise publique choisie par le gouvernement pour contrôler l’industrie minière du pays. Cette nationalisation amène PT. INALUM à posséder désormais 51,23 % de parts de PT. Freeport Indonesia, contre 9,36 % auparavant.". Donc, en 2019, l'état indonésien a imposé unilatéralement un rachat de 51,23 % des actions de la filiale de Freeport, c'est-à-dire, en fait, une nationalisation. Et apparemment, fin 2023, le rachat est passé à 61 % (ici) : "Le président Joko "Jokowi" Widodo a rencontré le président de Freeport McMoRan, Ricard Adkerson, à l'hôtel Waldorf Astoria de Washington DC, aux États-Unis, le 14 novembre 2023. Au cours de la réunion, Jokowi s'est réjoui des discussions sur l'augmentation de la participation de l'Indonésie dans PT Freeport Indonesia (PTFI) de 51 % actuellement à 61 %, ainsi que sur l'extension du permis d'exploitation minière qui a atteint le stade final." Ainsi les médias pourront expliquer qu'avec la nationalisation de la filiale, les intérêts économiques locaux des américains ont fortement diminué. Si on ajoute à ça le fait que l'Indonésie veut adhérer aux BRICS, ça justifiera que les USA prennent leurs distances avec l'Indonésie. L'installation de troupes américaines en Papouasie Nouvelle Guinée pourrait être vue comme du néo-colonialisme. Mais, selon Wikipédia : "Le pays a vécu des conflits frontaliers avec l'Indonésie". Donc, il est logique que le gouvernement accepte l'aide des USA face aux indonésiens. Et du coup, la possible accusation de néo-colonialisme disparait comme par enchantement. Les médias pourront avancer que la menace indonésienne parait beaucoup plus importante que la menace américaine pour le gouvernement de Papouasie Nouvelle Guinée. Il reste le problème du fait que les USA aient laissé le gouvernement indonésien réprimer de façon impitoyable les papous de la partie occidentale de l'ile afin de défendre leurs intérêts politiques et économiques. Ça devrait maintenir une certaine hostilité de la part du gouvernement de Papouasie Nouvelle Guinée. Mais, les médias mettront certainement en avant que, pour ce dernier, l'aide des USA face à l'Indonésie est bien plus importante que les anciennes rancœurs. Le gouvernement sera présenté comme pragmatique et réaliste, et ceux qui entretiennent l'aversion envers les USA comme passéistes. Et ainsi, l'argument sera balayé d'un revers de main. En résumé, la situation que l'élite a créée sur l'ile de Nouvelle Guinée, lui permettra de déclencher des conflits entre papous et asiatiques indonésiens, ce qui entrainera à plus ou moins long terme une guerre ouverte entre l'Indonésie et une alliance Australie-USA. Peut-être que l'alliance perdra au début. Mais, elle finira par gagner. A partir de là, soit l'alliance colonisera en premier une ou plusieurs iles indonésiennes, puis passera à la Nouvelle Guinée ; soit elle colonisera la Nouvelle Guinée, puis passera à l'Indonésie. Note : On peut être pratiquement certain qu'il y a des gisements d'or et de cuivre tout aussi importants dans des tas d'endroits sur terre. Et l'élite sait très bien où ils sont (au moins pour une bonne partie). Et c'est bien sûr valable pour tous les métaux. Donc, quand un gisement est exploité, et pas un autre ailleurs sur terre, le choix dépend des objectifs politiques de l'élite, pas de ses objectifs économiques. Si les mines de Nouvelle Guinée ont été exploitées, c'est parce que l'élite a les objectifs politiques présentés dans cette section. Sinon, elle aurait pu choisir un gisement ailleurs dans le monde, plus intéressant pour ses objectifs politiques. L'élite a un tel niveau de pouvoir qu'elle ne détermine pas sa politique en fonction de diverses contraintes économiques. Elle invente des fausses contraintes économiques pour fournir une justification à ses plans politiques. L'élite adapte l'économie à ses objectifs politiques, pas l'inverse. Ici, l'élite veut à terme déstabiliser la région. Et trouver, puis exploiter une mine très importante d'or et de cuivre est une des causes qui lui permettent de justifier ça. C'est ce qui se passe aussi pour le pétrole. Si des gisements gigantesques ont été trouvés au Moyen-Orient, c'est pour justifier une déstabilisation de cette région (avec d'autres causes bien sûr : nationalistes, raciales, religieuses, sociales, environnementales, etc…). S'il n'y avait pas eu ce but politique, aucun pétrole n'y aurait été découvert. Note 2 : On a vu qu'il y avait probablement très peu de musulmans en Nouvelle-Guinée occidentale dans les années 70, peut-être 5-10 %. On comprend difficilement comment ça peut être le cas, puisque des sultans musulmans ont envahi l'ouest de l'ile dès 1500 environ. Et, comme on l'a vu, le sultanat du Tidore est resté longtemps un vassal de la Hollande. Ça n'était pas qu'une simple colonie. Ça n'est qu'en 1780 qu'il en est devenu une. Mais, quand on lit cette page Wikipédia, on s'aperçoit que même après 1800, les hollandais n'étaient pratiquement pas présents sur l'ile. "En 1660, les Néerlandais ont reconnu la souveraineté du sultan de Tidore sur la Nouvelle-Guinée. La Nouvelle-Guinée est donc devenue théoriquement hollandaise puisque les Hollandais détenaient le pouvoir sur le Tidore. En 1793, la Grande-Bretagne a tenté d'établir une colonie près de Manokwari, mais cette tentative a échoué et, en 1824, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont convenu que la moitié occidentale de l'île ferait partie des Indes orientales néerlandaises. En 1828, les Néerlandais ont établi une colonie à Lobo (près de Kaimana) qui a également échoué. Près de 30 ans plus tard, en 1855, des Allemands ont établi la première colonie missionnaire sur l'île de Mansinam, près de Manokwari. Bien que les Néerlandais aient revendiqué la côte sud à l'ouest du 141e méridien en 1828 et la côte nord à l'ouest de la baie de Humboldt en 1848, ils n'ont pas essayé de développer la région avant 1896 ; ils ont établi des colonies à Manokwari et Fak-Fak en réponse aux revendications de propriété australiennes sur la moitié orientale de la Nouvelle-Guinée. La Grande Bretagne et l'Allemagne avaient reconnu les revendications néerlandaises dans les traités de 1885 et 1895. À peu près au même moment, la Grande-Bretagne a revendiqué le sud-est de la Nouvelle-Guinée, connu plus tard sous le nom de Territoire de Papouasie, et l'Allemagne a revendiqué le nord-est, connu plus tard sous le nom de Territoire de Nouvelle-Guinée." Comme on peut le voir, entre 1793 et 1824, l'ile a été possédée par les anglais, qui n'ont pas dû réduire l'influence du sultanat. Et ensuite, ça n'est qu'en 1896 que les hollandais ont essayé de développer et coloniser la région, après un échec en 1828. Donc, pendant tout le 19ème siècle, l'ile est restée en l'état, sous l'influence du sultanat de Tidore. Les hollandais devaient diriger le pays d'assez loin. Concernant le sultanat de Tidore, on ça sur Wikipédia : "Au 19e siècle, le Tidore a été soumis à une implantation croissante de la domination coloniale. Un traité a été signé en 1817, en vertu duquel le sultan et les hauts dignitaires recevaient des subventions annuelles. Le Tidore a été inclus dans la région de Ternate avec Ternate, Bacan, Halmahera et les dépendances. Les tristement célèbres expéditions hongi, qui avaient éradiqué les arbres à épices non autorisés aux Moluques et maintenu les terres papoues dans la subordination, furent finalement abolies en 1859-1861. Le titre de sultan s'est éteint en 1905 et a été remplacé par une régence. Les droits du Tidore en Nouvelle-Guinée occidentale furent officiellement maintenus, mais les résidents hollandais de Ternate tentèrent de réduire l'influence du Tidore dans ces régions, car elle n'était pas considérée comme étant dans l'intérêt des Papous." Le Tidore est resté un sultanat jusqu'en 1905. Il a donc eu tout le temps de continuer à imposer la religion musulmane pendant le 19ème siècle. Et il avait déjà eu 280 ans pour l'imposer, entre 1500 et 1780, date à laquelle il est devenu une colonie de la Hollande. A partir de 1780, ça n'était évidemment plus aussi facile qu'avant. Mais, quand même, vu qu'il avait certaines libertés, il devait être possible de favoriser les musulmans et de faire venir des asiatiques musulmans sur l'ile. Donc, il aurait dû y avoir 30 ou 40 % de musulmans dans les années 1970, ou même plus. Et les hollandais auraient dû bien accueillir une arrivée naturelle d'asiatiques musulmans sur l'ile (enfin, trois-quarts d'asiatiques ; les habitants des Moluques ont apparemment une part de sang noir), parce que les habitants des Moluques et des Célèbes étaient supposés être plus civilisés et donc plus à même de remplir des tâches complexes de gestion administrative et technique. Et, ça ne se limitait pas à ces deux iles. Les hollandais auraient pu faire venir des asiatiques encore plus civilisés, situés à l'Ouest de l'Indonésie. Et puis, dans les autres iles où les sultanats se sont établis à la même époque, il y a 87 % de musulmans. Donc, c'est étonnant que là, il n'y en ait que 5 à 10 %. Surtout que, finalement, les sultanats de Ternate et de Tidore se sont étendus en Nouvelle-Guinée occidentale pratiquement en même temps qu'ils s'étendaient sur les Célèbes et les Moluques. Donc, à priori, il n'y avait pas de raison qu'ils n'arrivent pas à obtenir un pourcentage élevé de musulmans aussi sur cette ile. Peut-être pas 87 %, mais au moins 40 ou 50 %. Donc, il y a une bizarrerie. Je pense que ça vient de la raison suivante. On a vu qu'à l'avenir, l'élite veut un conflit racial et religieux en Nouvelle-Guinée ; on aura les asiatiques musulmans indonésiens contre les indépendantistes noirs chrétiens ou animistes. Pour qu'une telle chose arrive, il était intéressant que, dès l'indépendance de l'Indonésie, le rattachement de cette partie de l'ile à l'Indonésie ne tombe pas sous le sens. Et il fallait qu'il y ait des arguments solides d'un côté et de l'autre. Du côté de l'état indonésien, l'élite pouvait justifier que cette partie de l'ile lui revienne, parce qu'elle avait été sous la domination du sultanat de Tidore, qui avait possédé une grande partie des Moluques. Or, les Moluques étaient désormais indonésiennes. Donc, sous cet angle, il était logique que la Nouvelle Guinée occidentale revienne à l'Indonésie. Le sultanat de Tidore, ou en tout cas, ses possessions sur les Moluques, avait été intégré à l'Indonésie. Il était d'une certaine façon normal que le reste de ses possessions, c'est-à-dire la Nouvelle Guinée occidentale, revienne à l'Indonésie. Dans ces conditions, si la Nouvelle-Guinée occidentale avait été à 50 ou 60 % musulmane, il aurait été totalement normal que ça revienne à l'Indonésie sans que ça ne pose de question. Donc, pour que le rattachement à l'Indonésie fasse l'objet de débats et que la Hollande puisse présenter un autre point de vue tout aussi légitime, voire plus, il fallait qu'il y ait peu de musulmans. Avec seulement 5 à 10 % de musulmans et à peu près autant d'asiatiques, la Hollande pouvait défendre l'idée que cette région n'était ni racialement, ni culturellement, ni religieusement indonésienne et donc qu'elle n'avait aucune raison de rejoindre l'Indonésie. C'est pour ça que l'élite a fait en sorte que la religion musulmane concerne si peu d'individus sur cette partie de l'ile, même en 1949, après des siècles de sultanat. Et c'est pour ça que l'élite a fait en sorte que la Hollande refuse de céder la Nouvelle-Guinée occidentale dans un premier temps, et donne l'explication qu'on vient de voir à ce refus. Sans ce refus de la Hollande et sa mise en avant du problème racial, culturel, et religieux, finalement, peu de monde l'aurait remarqué. Jusque-là, tout se passait à peu près correctement entre les communautés. Cette réaction de la Hollande montait en épingle ce problème. Bien sûr, l'élite aurait pu faire sans ce refus de la Hollande. Elle aurait pu faire monter par la suite les mouvements indépendantistes aborigènes simplement en utilisant les moyens économiques, sociaux, raciaux, etc.., qu'on vient de voir. Mais, c'était mieux avec. Et le fait que les deux points de vue se défendent participait à justifier une discorde entre les aborigènes et l'état indonésien durant les décennies, voire les siècles suivants. Le fait d'avoir organisé une parodie de référendum allait dans ce sens. Le fait que les hollandais aient rétabli le sultanat de Tidore en 1947 n'a pas été très malin, puisque ça devait évidemment favoriser les prétentions indonésiennes sur la Nouvelle-Guinée occidentale. Et après vérification, on constate que c'est bien ce qui est arrivé, comme nous le dit Wikipédia : "Ce n'est qu'après le déclenchement de la révolution indonésienne que les autorités néerlandaises ont permis l'intronisation d'un nouveau sultan, Zainal Abidin Alting (r. 1947-1967). Après l'indépendance de l'Indonésie en 1949, les anciennes institutions monarchiques ont été abolies. Cependant, le statut historique du sultan a joué un certain rôle dans le renforcement des revendications indonésiennes sur la Nouvelle-Guinée néerlandaise." Mais évidemment, ça n'a pas été une "erreur" de la part de la Hollande. C'était organisé par l'élite, pour donner une raison de plus à l'état indonésien de revendiquer ce territoire. Et il fallait que les Pays-Bas fassent ça en 1947 et pas 3 ou 4 ans après, parce qu'en 1949, l'Indonésie était indépendante. Et elle n'allait évidemment pas rétablir le sultanat. Et alors, ça aurait enlevé une raison à l'Indonésie de revendiquer la Nouvelle-Guinée occidentale. On peut supposer que les historiens officiels vont nous dire que les Pays-Bas ont voulu faire des concessions locales à un moment où ils étaient en difficulté par rapport au mouvement indépendantiste. Ou alors, sentant qu'ils étaient en train de perdre la partie, ils ont voulu miner la nouvelle république indonésienne en remettant en place des gouvernements locaux. Ou alors, ils auraient déjà eu comme projet de garder la Nouvelle-Guinée occidentale et ils auraient pensé que faire renaitre le sultanat de Tidore pouvait les aider à le faire. Seulement, loin de les aider, ça aurait eu le résultat inverse. Mais bon, avec ce qu'on sait maintenant, aucune de ces explications n'est convaincante. On peut ajouter que le faible nombre de musulmans permettra de déclencher la guerre entre aborigènes et indonésiens bien plus tard, à un moment qui arrangera plus l'élite. En effet, celle-ci semble vouloir la déclencher vers la fin du 21ème siècle. S'il y avait eu 30 ou 40 % de musulmans en 1970, faire augmenter ce chiffre aurait signifié provoquer le conflit dès 2020 ou quelque-chose comme ça, ce qui serait arrivé beaucoup trop tôt par rapport à l'agenda de l'élite. Alors qu'avec seulement 5 ou 10 %, ça permettait de le retarder à 2070 ou 2080. On arrive à 35 % de la population maintenant et peut-être 60 out 70 % dans un futur relativement lointain. Et c'est probablement à ce niveau de remplacement que le conflit se déclenchera. Le fait qu'il y ait eu si peu de musulmans dans les années 60 ou 70 est contradictoire avec le fait que les sultanats aient contrôlé si longtemps la région. Mais, pour l'élite, ça ne pose pas de problème, parce que personne ne s'intéresse à l'histoire de cet endroit du monde et ne va relever la bizarrerie. Par ailleurs, comme les agents de l'élite ont de l'imagination, ils pourront justifier ça de plusieurs manières différentes. Peut-être qu'ils l'ont déjà fait et que je n'ai pas trouvé les documents expliquant la chose. Mais, même s'il n’y a jamais eu rien de tel, l'élite peut inventer des livres et des articles antidatés si le problème devient gênant. Note 3 : On peut se dire que c'est bizarre que les Pays-Bas aient tergiversé aussi longtemps pour faire le référendum sur l'autonomie de la Nouvelle-Guinée occidentale. Ils ont quand même eu 13 ans pour le faire. Et pourtant, ils ne l'ont jamais fait. Mais, pour l'élite, il était nécessaire que ça se passe comme ça. Si les hollandais avaient organisé un vote, quel que soit le résultat, ça n'aurait pas été dans le sens du plan de l'élite. Si le résultat avait été en faveur de l'indépendance, alors, il n'aurait pas été possible de submerger cette partie de l'ile avec des millions d'asiatiques musulmans. Et donc, pas de raison d'avoir un conflit avec l'Indonésie par la suite. Si le résultat avait été en faveur de l'intégration dans l'ensemble indonésien, alors, le mouvement indépendantiste aurait eu beaucoup moins de légitimité. Les habitants auraient décidé démocratiquement de rejoindre l'Indonésie. Et donc, les indépendantistes auraient agi contre la volonté que le peuple aurait exprimée lors du vote. Par ailleurs, un tel résultat aurait été extrêmement louche. En effet, vu qu'il y avait encore peu de musulmans et d'asiatiques en Nouvelle-Guinée occidentale, il y avait 99 % de chances que le peuple vote en faveur de l'indépendance. Donc, si résultat avait été l'intégration dans l'Indonésie, il n'aurait pu être obtenu qu'en trichant. Or, vu la position des Pays-Bas, ils n'auraient eu aucune raison de tricher dans ce sens-là. Au contraire, s'ils avaient dû trafiquer les élections, ils auraient fait en sorte que le pays vote pour l'indépendance. Donc, il fallait absolument que le référendum soit organisé après la prise de contrôle de l'ile par l'Indonésie. Là, un référendum archi truqué permettait de rendre légitimes les mouvements indépendantistes. Et le fait qu'il soit complètement trafiqué dans ce sens-là n'était pas étonnant, puisque le gouvernement indonésien ne voulait manifestement pas que la Nouvelle-Guinée occidentale devienne indépendante. Et pour que l'absence de référendum semble "normale", il fallait donc que le gouvernement hollandais donne l'impression de vouloir en réalité garder la Nouvelle-Guinée occidentale, malgré son discours sur la volonté de donner le choix aux autochtones, qui laissait penser qu'il acceptait de renoncer à ce territoire. Alors, bien sûr, si on n'est pas dans le conspirationnisme, on peut adhérer à cette version de l'histoire et dire qu'en réalité, les hollandais ne voulaient pas abandonner l'ile et donc ont inventé une histoire de référendum, pour gagner du temps. Seulement, il se trouve que le gouvernement hollandais de l'époque était travailliste, c'est-à-dire, de gauche, comme on peut le voir sur Wikipédia : "Les élections de 1948 ont débouché sur une nouvelle coalition dirigée par le travailliste Willem Drees. Il dirigea quatre cabinets successifs, Drees I, Drees II, Drees III et Drees IV, jusqu'en 1958." Et par ailleurs, ce même gouvernement avait organisé l'autonomie des Antilles Néerlandaises (voir Wikipédia). "En 1948, les Pays-Bas approuvent le principe d'une autonomie des Antilles néerlandaises, proclamée en 1954 (État fédéral autonome des Antilles néerlandaises)." Donc, on avait affaire à un gouvernement de gauche, à priori favorable à la décolonisation, et qui avait effectivement mis en place une décolonisation sur des iles qu'il aurait pu tout à fait garder sans qu'aucune grande puissance ne vienne le menacer de représailles. La France, par exemple, a conservé sans problème ses possessions dans les Antilles. Mais, pour la Nouvelle-Guinée, ce même gouvernement aurait été en fait un colonisateur retors s'accrochant désespérément à sa colonie. Il y a un petit problème de cohérence là. Mais, si on reste dans le narratif officiel, logiquement, le fait qu'il ait donné l'indépendance aux iles antillaises, ajouté au fait qu'il était de gauche, veut dire que le gouvernement hollandais était honnête quand il disait qu'il se préoccupait du sort des populations papoues et qu'il voulait organiser un référendum. A priori, il ne s'agissait pas du tout d'un gouvernement réactionnaire voulant à tout prix garder ses possessions. Par ailleurs, s'ils n'avaient pas eu l'intention de partir, alors, au moment où ils ont été obligés de le faire, ils auraient dû organiser le référendum, pour être en accord avec les principes qu'ils avaient mis en avant. Et s'ils avaient voulu vraiment garder cette partie de l'ile, ils auraient pu organiser le référendum juste pour se venger d'avoir été évincé. Un vote, ça s'organise rapidement. Donc, en quelques mois, ou même quelques semaines, ça aurait pu être mis en place. Et s'il n'y a rien eu de tel, c'est parce que, comme dit plus haut, ça n'arrangeait pas du tout l'élite. Et si les USA n'ont pas fait pression pour organiser un référendum avant 1962, c'est, encore une fois, qu'il fallait que le référendum se fasse après la prise de contrôle par l'Indonésie, pour que la Nouvelle-Guinée occidentale ne puisse pas devenir indépendante. Pourtant, il aurait été dans l'intérêt des USA qu'il y ait un gouvernement indépendant en Nouvelle-Guinée occidentale, puisqu'il aurait été beaucoup plus facile de négocier avec lui pour l'exploitation minière. Non seulement il aurait été beaucoup moins puissant et donc plus facile à contrôler, mais le pays étant encore peu développé, le nouveau gouvernement aurait eu besoin des USA pour ses diverses infrastructures. Par ailleurs, le gouvernement indonésien a été aidé par l'URSS dans sa mini guerre contre la Hollande, comme on peut le voir sur Wikipédia : "En 1962, l'armée indonésienne envahit la Nouvelle-Guinée néerlandaise (seul territoire que les Néerlandais avaient pu maintenir des Indes néerlandaises). Si la marine néerlandaise remporta la bataille de la mer d'Arafura, le soutien soviétique contraignit La Haye à signer le 31 juillet 1962, l'accord de New York…" Et si c'est le cas, c'est parce que le gouvernement indonésien était lui-même communiste. Donc, pour les USA, il valait mieux un petit pays indépendant facilement manipulable qu'un rattachement à l'Indonésie communiste qui leur était hostile. Donc, on ne voit pas pourquoi les USA ont fait pression sur les Pays-Bas pour que celle-ci remette la Nouvelle-Guinée occidentale à l'Indonésie. Alors, on pourrait se dire qu'à l'époque les USA ne connaissaient pas l'existence des réserves minières en Nouvelle-Guinée occidentale, et donc ne s'intéressaient pas à ce territoire. Mais si, ils les connaissaient, parce que les réserves de la mine ont été "découvertes" deux ans avant le départ des hollandais, comme on peut le voir sur la page Wikipédia de la mine de Grasberg : "L’expédition qu’il conduit avec Del Flint découvre d’énormes gisements de cuivre en 1960". Sachant ça, les USA auraient donc dû préférer que la Nouvelle-Guinée occidentale soit indépendante plutôt qu'elle appartienne à l'Indonésie, puisque, comme dit plus haut, ils pouvaient obtenir de bien meilleures conditions d'exploitation avec un petit pays peu développé qu'avec l'Indonésie communiste soutenue par l'URSS. Et du coup, ils auraient dû demander qu'un référendum soit organisé par les hollandais. Et comme par hasard, le gouvernement indonésien a basculé à droite en 1966, 3 ans avant le référendum. Pourquoi l'élite a fait ça ? Eh bien, si le gouvernement était resté communiste, les USA n'auraient eu aucune raison de ne pas dénoncer cette parodie de référendum. Mais, comme le gouvernement indonésien était désormais du côté des USA, et qu'en plus, il avait donné les droits d'exploitation de la mine à une compagnie américaine, les USA avaient des raisons de ne rien dire. Voici ce que dit Wikipédia de la politique du gouvernement Soeharto (1966 1998) : "Le nouveau régime renoue avec le camp occidental. L'Indonésie réintègre l'ONU, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, que Soekarno lui avait fait quitter et met fin à la confrontation indonésio-malaisienne (appelée Konfrontasi en indonésien) en 1966. Une violente répression s'abat en Papouasie, faisant 30 000 morts. Les intérêts économiques américains sont privilégiés. En avril 1967, le régime accorde à Freeport Sulphur le droit de prospecter les immenses gisements cuprifères et aurifères des mines d'Ertsberg et de Grasberg — plus grande mine d'or et l'une des principales mines de cuivre au monde." On peut se dire aussi qu'il est louche que le gouvernement indonésien ait absolument voulu s'emparer de la Nouvelle-Guinée occidentale. Normalement, vu que les communistes en général étaient contre la colonisation et que les indonésiens venaient juste d'être libérés des hollandais, ils auraient dû être pour son autodétermination. D'autant plus que les arguments du gouvernement hollandais étaient tout à fait justes. Racialement, culturellement et religieusement, la Nouvelle-Guinée occidentale n'appartenait pas à l'Indonésie. En plus, le traité initial avait bien exclu la Nouvelle-Guinée occidentale de l'accord d'indépendance. Donc, on ne voit pas très bien pourquoi le gouvernement indonésien tenait autant à le récupérer. 9) Les aborigènes d'Australie et de Papouasie On a vu qu'il ne devait pas y avoir grand monde en Indochine et en Indonésie, quand les européens sont arrivés. En Australie, soit il n'avait carrément personne, soit il y avait quelques indonésiens qui ont été expulsés, ou exterminés, ou simplement métissés. Du coup, on peut penser que les aborigènes, aussi bien d'Australie que de Papouasie ont été amenés d'Afrique par les européens. Ce sont ces derniers qui les ont installés sur ces territoires au moment de la colonisation de l'Australie, vers le 18ème siècle. Pourquoi faire ça ? C'est que s'il y avait eu des asiatiques à ces endroits, mais qu'ils avaient été très peu nombreux et très peu développés, ça aurait été très bizarre, puisque les populations d'Indonésie ou d'Indochine, toutes proches, étaient développées depuis au moins 1000 ou 1500 ans. Mais, s'il y avait eu des royaumes plus ou moins développés et plus ou moins vastes en Nouvelle-Guinée et en Australie, la présence des européens aurait alors été illégitime. Je ne parle pas ici d'une simple colonisation militaire, mais bien d'une colonisation de peuplement. Donc, l'élite ne pouvait pas installer des asiatiques à ces deux endroits. Soit c'était bizarre, soit ça rendait la colonisation illégitime. Mais, s'il n'y avait absolument personne, c'était bizarre également. Vu que les royaumes indonésiens, n'étaient pas loin de la Nouvelle-Guinée et de l'Australie, et qu'ils étaient assez développés, ils auraient dû coloniser ces endroits. La solution était d'installer des noirs. Comme les africains étaient très peu développés à l'époque, il allait apparaitre normal que la Papouasie et l'Australie soient encore dans un état ultra primitif à l'époque de la colonisation. Pour les différencier un peu des noirs d'Afrique, ils ont dû prendre une peuplade déjà légèrement différente physiquement, comme le sont les pygmées. Et ils ont dû sélectionner des individus avec un type physique particulier à l'intérieur même de cette peuplade et les ont fait se multiplier. Ainsi, ils ont obtenu une ethnie suffisamment différente physiquement des africains pour que l'histoire d'une migration ancienne soit crédible. On peut penser aussi qu'ils ont utilisé quelques hommes au physique très typé pour engrosser des centaines ou des milliers de femmes, ce qui a donné évidemment une population avec des visages un peu différents de ceux des africains. Exemple, vous prenez quelqu'un avec un physique un peu bizarre comme Ron Perlman. Vous le faite se reproduire avec 1000 femmes. Vous prenez les descendants qui ont le plus ce type de visage ; vous les faites se reproduire ensemble, et vous obtenez une nouvelle "ethnie". Et pour l'élite, c'était très facile. Ils ont bien déporté des millions d'africains vers les USA et l'Amérique du Sud. Donc, en envoyer quelques milliers en Australie ne posait aucun problème. Au passage, comme ce projet d'installation de populations noires a dû prendre 50 ou 100 ans pour être réalisé (le temps d'obtenir une peuplade au physique particulier), ça veut dire que l'Australie n'a pas été découverte en 1770, mais au minimum vers 1720 ou 1670, et éventuellement avant. Pour les langues différentes, il suffisait de prendre des enfants en bas âge et de leur apprendre la langue voulue. Et bien sûr, il n'y a jamais eu des centaines de langues différentes, comme on voudrait nous le faire croire. Les agents de l'élite ont dû créer seulement une dizaine de langues. L'astuce ici, c'est de nous dire qu'il y avait des centaines de langues, mais que la plupart ont disparu et que maintenant, il n'en reste moins d'une dizaine. Alors, il semblerait qu'en plus de la dizaine de langues en question, il y ait encore une vingtaine de langues parlées chacune par quelques dizaines de locuteurs. Mais, à mon avis, quand ils montrent des personnes âgées les parler à la télévision, ils doivent utiliser des acteurs. Ça doit être beaucoup plus facile que de créer des langues. Les acteurs vont balancer quelques phrases inventées pour l'occasion et ça suffira. Ça n'est pas impossible qu'ils aient créé une vingtaine de langues supplémentaires. La division langages de l'élite semble assez productive. Et à l'heure de l'informatique, ça doit être plus aisé qu'avant. Mais, à priori, je partirais plutôt sur l'idée qu'ils utilisent des acteurs. Ça explique cette très grosse bizarrerie d'avoir des noirs en Australie, en Papouasie et dans quelques autres iles de la région. Parce qu'on ne comprend pas du tout comment ils auraient pu arriver là il y a 40.000 ans, comme nous le dit l'histoire officielle. D'ailleurs, beaucoup de gens ne comprennent pas trop ce mystère. Surtout qu'ils n'ont voyagé nulle part ailleurs. Donc, ils n'auraient jamais émigré où que ce soit. Mais, là, il y a 40.000 ans, ils vont à presque 10.000 km de chez eux en pirogues. Extraordinaire pour le moins. 9.1) La vraie raison de leur faible nombre au début du 20ème siècle Wikipédia dit que la population autochtone comptait 400.000 individus à l'arrivée des anglais, en 1788 : "La population autochtone est alors d'environ 400 000 individus, en 1911" Sur le Wikipédia anglais, c'est nettement moins précis, puisque ça va de 300.000 à 1 million. "À cette époque, on estime que la population indigène comptait entre 315 000 et 1 100 000 personnes." Ici (Criminalité économique et atteintes à la dignité de la personne: Tome VII, Mireille Delmas-Marty, p.245): "En 1911, il ne restait que 31.000 Aborigènes dans les réserves, alors que l'on estime leur population entre 250000 et 750000 en 1788." Faute de chiffre précis, je vais prendre arbitrairement celui de 400.000. Mais, pour diverses raisons, en seulement un siècle, leur population s'est effondrée pour atteindre environ 117.000 personnes. Ici : "Les experts estiment le nombre d'aborigènes et d'insulaires du détroit de Torres à plus de 770 000 au moment de l'invasion en 1788. Il est tombé à son niveau le plus bas, soit environ 117 000 personnes en 1900, ce qui représente une diminution de 84 %." On a aussi ce graphique, qui donne une estimation un peu différente au plus bas (moins de 100.000 aborigènes dès 1900 et jusqu'en 1950) : Donc, disons qu'il y avait 100.000 aborigènes en 1901. Et celui-là : Là, on n'aurait plus eu que 200.000 aborigènes dès 1850. Par extrapolation, en supposant que le déclin ait été linéaire, il n'y en aurait plus eu que 150.000 en 1875, pour atteindre 100.000 vers 1900. Selon l'histoire officielle, la population a donc décliné en un siècle pour atteindre seulement 100.000 individus en 1901. C'est un effondrement incroyable de 85 % si on part de 400.000 individus ; et encore plus (90 %) si on part de 1 million. Mais, avec ce qu'on vient de voir, on comprend de quoi il retourne. Il n'y a eu aucune chute de la démographie. En réalité, en 1788, la population de départ n'était pas de 400.000 individus, mais probablement d'environ 10.000. Elle n'a donc pas diminué, mais au contraire augmenté jusqu'à atteindre 100.000 individus. Les européens n'ont installé que quelques milliers d'individus en Papouasie et en Australie. Du coup, même s'ils avaient une natalité élevée, ils sont restés peu nombreux pendant 100 ans. Et il fallait qu'ils soient peu nombreux, parce que s'ils avaient été des millions, ça aurait fait concurrence à la colonisation blanche. Avec quelques dizaines de milliers d'individus, leur nombre restait suffisamment marginal pour que ça ne gêne pas cette dernière. 9.2) Les problèmes de l'explication officielle concernant l'effondrement démographique des aborigènes Pour expliquer cet effondrement, Wikipédia nous dit : "Le premier gouverneur, Arthur Phillip, a été chargé d'établir des rapports avec les Aborigènes et de vivre dans l'amitié et la bonté avec eux mais les maladies européennes, l'alcool et l'expansion coloniale ont rapidement exercé un effet destructif sur la population indigène." Donc, il n'y aurait pas eu d'hostilité de la part des anglais, contrairement à ce qu'on avait aux USA vis-à-vis des indiens. Ce sont, les maladies, l'alcool et l'expansion coloniale qui auraient décimé les aborigènes. En tout cas, il ne semble pas y avoir eu de volonté d'extermination. En effet sur Wikipédia, il est dit : "Le rôle de Protecteur des Aborigènes est issu d'une recommandation du rapport de la commission spéciale de la Chambre des communes du Royaume Uni. Le 31 janvier 1838, Charles Grant, secrétaire d'État à la Guerre et aux Colonies, envoie le rapport au gouverneur George Gipps. Le rapport recommandait l'engagement de Chefs protecteurs des Aborigènes. Ces derniers devraient apprendre les langues aborigènes d'Australie et leur travail consisterait à veiller aux droits des Aborigènes, à les protéger contre la spoliation de leur territoire et contre tout acte de cruauté, d'oppression et d'injustice. Le protectorat de Port Phillip est mis en place avec George Augustus Robinson comme Chef protecteur et quatre protecteurs à temps plein." Pas vraiment l'attitude de gens qui veulent exterminer ou même seulement spolier les autochtones. Mais, le gouvernement anglais pouvait se la jouer libéral, parce qu'il savait la vérité au sujet des aborigènes. Il savait qu'en réalité, les soi-disant aborigènes étaient environ seulement 30.000 à l'époque et qu'ils ne représentaient aucune menace démographique pour la colonisation de l'Australie. Cela dit, comme on en est à l'heure de la culpabilisation des blancs, il y a quand même des accusions de massacres perpétrés par les colons. Il n'y aurait pas eu une politique d'extermination franche. Mais, localement, il y aurait eu de nombreux massacres spontanés. Et le gouvernement australien aurait souvent laissé faire, ce qui aurait encouragé les colons. On va voir plus loin que, même en reprenant les chiffres officiels, on aboutit à un chiffre dérisoire par rapport à l'effondrement démographique des autochtones. Les supposés massacres ne peuvent donc pas être à l'origine de cette chute du nombre d'aborigènes. C'est pour ça que l'histoire officielle la justifie par les autres causes que sont la maladie, l'alcool et l'expansion coloniale. Du coup, on se demande bien comment la quasi disparition des aborigènes a été possible, avec les 3 raisons invoquées par les historiens officiels. Concernant les maladies microbiennes, les conspirationnistes avancés savent désormais que ça n'existe pas. Donc, hypothèse non valable. Ce qui fait que l'histoire officielle perd son meilleur argument. Et même si on y croit, le problème, c'est que dans les simulations, il est dit que c'est au début de la colonisation, à la fin du 18ème siècle, que la très grande majorité de l'effondrement démographique causé par les maladies s'est réalisée. Sauf que là, la plupart des aborigènes n'avaient encore que très peu de contacts avec les colons. Et ils devaient être assez isolés les uns des autres pour que les maladies contagieuses ne se répandent pas entre les différentes tribus. 1 millions d'individus répartis en petites tribus sur un espace grand comme 2 fois l'Europe, ils ne devaient pas se rencontrer souvent. Et les rares colons qui étaient en contact avec eux ne devaient pas tous être malades à chaque fois qu'ils les rencontraient. Donc, ça ne peut pas venir de là. A noter qu'apparemment, les indonésiens, n'ont pas été particulièrement affectés par les microbes en question, de mêmes que les philippins ou les japonais. Ça devait être des microbes à pathogénicité variable. C'est vrai qu'on pourrait dire que les indonésiens avaient été en contact avec les microbes pathogènes des européens depuis longtemps parce qu'ils faisaient du commerce avec les arabes. Mais, on a vu que certains historiens officiels disent que les indonésiens étaient en contact avec les aborigènes d'Australie depuis le 16ème siècle. Donc, les maladies européennes auraient dû toucher les aborigènes bien avant l'arrivée des européens et ils auraient dû être immunisés. A noter aussi que les autochtones australiens, eux, n'avaient pas de maladies transmissibles particulières qui auraient pu décimer les colons européens. Ben voyons. Pour l'alcool, on ne voit pas trop le problème. On sait bien que l'alcool favorise les relations sexuelles. Ça n'inhibe pas, ça désinhibe. Donc, ça aurait dû au contraire conduire à ce qu'ils fassent plus d'enfants. D'ailleurs, en Europe, on n'a jamais entendu dire que l'alcoolisme entraine une faible natalité, au contraire. Vu tout ce que nos ancêtres buvaient, si ça diminuait la natalité, l'Europe n'aurait que quelques centaines de milliers d'habitants. L'alcool tue effectivement. Mais, ça le fait lentement. Il faut au moins 20 ou 30 ans pour que ça arrive à le faire. Une personne alcoolique peut mourir à 50 ans d'une insuffisance hépatique. Mais, entretemps, elle aura eu tout le temps de faire des enfants. Donc, la chute du nombre d'aborigène ne vient clairement pas de là. Enfin, ça ne doit pas venir non plus de la colonisation, parce que l'Australie est très vaste, et très riche en ressources alimentaires, et les colons ont mis du temps à dépasser le million d'habitants. Ça n'est arrivé qu'un peu après 1850. Donc, durant tout le temps de l'effondrement démographique (1790-1900), les aborigènes avaient largement de quoi manger. Et c'est d'autant plus vrai que le gouvernement les nourrissait. La réalité, c'est qu'il n'y a jamais eu d'effondrement démographique parce qu'il n'y a jamais eu d'aborigènes à la base et que les africains importés n'étaient qu'environ une dizaine de milliers en 1800. On va remettre en cause de façon plus détaillée l'argument de la famine et celui des massacres dans les deux sections suivantes. Et on va voir qu'ils consommaient bien de l'alcool, mais dans un cadre différent de ce qu'on nous en dit. 9.3) L'explication par la famine causée par l'expansion coloniale La troisième explication est donc l'expansion coloniale. Celle-ci aurait privé les aborigènes de leurs sources de subsistance, ce qui aurait conduit à des famines ayant décimé une bonne partie d'entre eux. Le problème aurait été exacerbé par le fait qu'ils ne pratiquaient pas l'agriculture, comme on peut le voir sur Wikipédia : "Les peuples aborigènes ne pratiquaient pas l'agriculture et étaient des nomades se nourrissant du produit de la chasse et de la cueillette" Mais, déjà, on ne voit pas pourquoi il y aurait eu manque de nourriture puisqu'il y a toujours eu largement assez de place pour les autochtones et les colons durant tout le 19ème siècle. Par ailleurs, au début, les colons étaient très peu nombreux et n'avaient pas encore besoin de beaucoup de terres. A la fin du 19ème siècle, c'était au contraire les indigènes qui étaient très peu nombreux et qui n'avaient plus besoin de beaucoup de terres. Et au milieu du 19ème siècle, les colons n'étaient pas encore très nombreux (332.000), et le nombre d'autochtones avait déjà fortement décliné (Ils étaient déjà à moins de 200.000). Donc, même lorsque les courbes se sont croisées, il y avait assez de terre et de nourriture pour tout le monde. Pour mettre les choses en perspective, on avait donc environ 500.000 habitants en 1850 (colons + aborigènes), sur un territoire 14 fois plus grand que la France, et 2 fois plus grand que l'Europe. Et en 1850, la France arrivait à nourrir sans problème 36 millions de personnes. Alors d'accord, la grande majorité du territoire australien a un climat désertique. Mais, il doit y avoir l'équivalent d'au moins 2 fois la France de cultivable. Donc, ça ne posait absolument aucun problème aux 500.000 colons et indigènes de cohabiter. Et puis, à l'époque, une moitié des autochtones était située dans la moitié nord, alors que les colons étaient surtout dans le sud. Donc, dans le sud, il devait y avoir seulement 100.000 aborigènes en 1850. Ça limitait encore un peu plus les problèmes de concurrence pour la nourriture. Par ailleurs, comme l'agriculture demandait énormément de bras, on ne pouvait pas cultiver des territoires gigantesques. Si ça s'était passé à la fin du 20ème siècle, quand la mécanisation permettait de n'avoir que 2 % de la population travaillant aux champs, d'accord ; quelques fermiers blancs auraient pu accaparer des terres immenses au dépend des autochtones. Même chose si les blancs avaient fait venir des tas d'esclaves d'Afrique ou d'ailleurs pour cultiver leurs terres. Mais là, non. Donc, il ne servait à rien aux colons d'avoir des propriétés énormes. Et à partir de là, il n'y avait aucun problème pour que les deux communautés cohabitent. Alors, il y a le problème des troupeaux de bovins et d'ovins qui auraient soi disant dévasté les zones où se nourrissaient les aborigènes. Mais, ces zones sont tellement vastes que, même là, il y avait de la place pour tous. En plus, comme pour les cultures, les troupeaux ne pouvaient pas être extrêmement grands. De nos jours, c'est possible parce que les éleveurs possèdent des voitures et même des hélicoptères. Ça permet de contrôler de très grands troupeaux. Mais, à l'époque, avec simplement des chevaux, la taille des troupeaux était limitée. Par ailleurs, le transport maritime étant encore très cher, on n'exportait pas la viande à l'étranger. Donc, le marché était encore seulement national, en tout cas pour les bovins (vaches). Forcément, ça limitait la taille des troupeaux de vache, qui devaient être les plus consommatrices d'espace. Pour nourrir 300.000 colons, il n'y avait pas besoin de millions de têtes de bétail. Même en 1878, il n'y avait encore que 2 millions de colons. A ce moment-là, on était déjà pratiquement arrivé au minimum de la population aborigène. Ainsi, là encore, il y avait de la place pour les deux populations et ça n'était donc pas la famine qui faisait que les aborigènes étaient peu nombreux. Alors, il y avait un commerce de moutons, qui apparemment, était déjà florissant à l'international au 19ème siècle. Mais, là aussi, il y avait le problème du personnel pour s'en occuper et de la taille maximum des troupeaux. Et il y avait le problème du transport. On n'avait pas d'énormes porte-containers à l'époque. Et la marine marchande est restée principalement à voile jusqu'à la fin du 19ème siècle. Donc, la capacité de transport était encore faible. Donc, l'élevage de mouton ne devait pas consommer toute la place disponible. Sur la page Wikipédia consacrée à l'agriculture de l'Australie, on nous dit : "En 2018, l'Australie était le premier producteur mondial de tramousse (714 000 tonnes), le deuxième producteur mondial de pois chiches (1 million de tonnes), le 4e producteur mondial d'orge (9,2 millions de tonnes) et avoine (1,2 million de tonnes), le 5e producteur de colza (3,9 millions de tonnes), le 9e producteur de canne à sucre (33,5 millions de tonnes) et blé (20,9 millions de tonnes) et 13e producteur mondial de raisin (1,66 million de tonnes). La même année, le pays a également produit 1,2 million de tonnes de sorgho, 1,1 million de tonnes de pomme de terre, en plus de petites productions d'autres produits agricoles, tels que riz (635 000 tonnes), maïs (387 mille tonnes), tomate (386 mille tonnes), orange (378 mille tonnes), fèves (377 mille tonnes), banane (373 000 tonnes), pois (317 000 tonnes), carotte (284 000 tonnes), oignon (278 000 tonnes), pomme (268 000 tonnes), lentille (255 000 tonnes), melon (224 000 tonnes), pastèque (181 000 tonnes), mandarine (138 000 tonnes) etc." Excusez du peu. Et ça, c'est avec des troupeaux de bovins et d'ovins désormais gigantesques, qui consomment de l'espace où, au moins dans certains cas, il pourrait y avoir de l'agriculture. Or, comme dit plus haut, en 1848, il n'y avait que 332.000 colons (Wikipédia). On peut donc penser qu'il y avait encore très largement la place pour la survie des deux populations. Surtout qu'on nous dit que dans les années 1950, l'agriculture représentait 80 % des exportations (ça a été réduit à 18 % par la suite, mais seulement parce que les produits miniers ont connu une très forte croissance). Ce qui veut dire que l'Australie produisait largement plus que ce dont elle avait besoin. Or, en 1950, il y avait 8 millions d'habitants. Donc, en 1850, avec environ 500.000 habitants (colons + aborigènes), et même en 1900, quand les colons étaient 3,7 millions, il y avait très largement de quoi nourrir tout le monde. On ne voit donc pas très bien pourquoi les autochtones seraient morts de faim. Par ailleurs, ici , on trouve une information intéressante : "Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les gouvernements coloniaux ont adopté des lois destinées à "protéger" les aborigènes, perçus comme une race en voie de disparition, afin de réduire la violence sur les frontières, les ravages causés par les maladies et d'offrir un environnement "humain" à ces derniers. L'idée était qu'en légiférant pour créer certains territoires pour les aborigènes, les affrontements pour la terre cesseraient et les aborigènes deviendraient moins dépendants des rations du gouvernement en utilisant la terre pour cultiver." Donc, les réserves étaient supposées donner aux aborigènes la possibilité de se nourrir seuls et de ne plus dépendre des rations fournies par le gouvernement. On se demande bien pourquoi, puisqu'ils étaient supposés maitriser parfaitement la vie dans ces contrées. Et par ailleurs, comme on l'a vu, les colons n'étaient pas encore assez nombreux pour accaparer toutes les terres. Donc, il en restait largement assez pour que les aborigènes puissent s'alimenter. Quoi qu'il en soit, si les aborigènes étaient nourris par le gouvernement, et que par ailleurs, on leur a donné des terres, il y a encore moins de raisons qu'ils soient morts de faim. En continuant mes recherches sur les rations, j'ai fini par comprendre plusieurs choses. Ici, on a plus de détails sur les rations : "La distribution de rations gouvernementales aux aborigènes, commencée dès les premiers jours de la colonisation européenne, s'est poursuivie bien au-delà du début du XXe siècle. En novembre 1838, pour célébrer l'arrivée du gouverneur George Gawler, une cérémonie a été organisée avec le peuple Kaurna dans les parcs d'Adélaïde. Les colons ont prononcé des discours, les Kaurna ont interprété des chants et des danses, et du bœuf cuit au four, des biscuits, du riz, du sucre et du thé ont été offerts. Cet événement a créé le précédent d'une distribution annuelle de rations à Adélaïde, coïncidant avec l'anniversaire de la reine le 24 mai, qui s'est poursuivie jusqu'en 1861 environ. En 1841, après le violent affrontement entre les aborigènes et les passeurs sur la rivière Rufus, le gouverneur George Grey nomma l'explorateur Edward Eyre sous-protecteur des aborigènes et magistrat résident à Moorundie, sur la rivière Murray. Il doit ramener la paix dans le district, notamment en distribuant périodiquement des rations de farine et des couvertures. Un système similaire est mis en place à la même époque dans le district de Port Lincoln, sur la péninsule d'Eyre. Les distributions sont devenues plus systématiques à la fin des années 1840, avec l'établissement de nouveaux dépôts dans les districts frontaliers, généralement dans les commissariats de police, en réponse aux flambées de violence. À mesure que la colonisation s'étendait, privant les aborigènes de l'accès à leur pays et à leurs ressources, les rations étaient distribuées à la fois comme une forme de compensation et comme un moyen d'influence. En 1859, il y avait environ 14 dépôts en activité. La ration alimentaire quotidienne est d'une livre de farine, de deux onces de sucre et d'une demi-once de thé. D'autres aliments, vêtements et articles matériels (tels que des filets et des lignes de pêche) sont distribués occasionnellement. Les distributions étaient réservées aux personnes âgées, malades ou infirmes, aux orphelins et aux femmes ayant des enfants de moins de 12 ans. Les personnes valides ne recevaient des rations que si elles ne pouvaient pas trouver de travail ou subsister par la pêche et la chasse. L'un des rares résultats tangibles de la commission d'enquête de 1860 sur les aborigènes a été d'étendre le système de distribution de rations, de sorte qu'en 1867, 58 dépôts fonctionnaient dans toute la colonie. Dans les districts peuplés du sud, la plupart des dépôts étaient, comme auparavant, situés dans les postes de police, tandis que dans les districts du nord, la majorité d'entre eux se trouvaient dans les stations pastorales. Les rations ont continué à être distribuées aux aborigènes pendant une bonne partie du vingtième siècle. La quantité et la qualité des rations distribuées dans les missions et dans les districts sédentaires se sont progressivement améliorées au cours de cette période, mais dans les régions reculées, la farine, le thé et le sucre sont restés les aliments de base. La pratique de la distribution de rations a pris fin au début des années 1960, lorsque les aborigènes sont devenus éligibles aux mêmes prestations gouvernementales que les autres membres de la communauté." Donc, au début, on ne donnait pas de rations tout le temps. C'était seulement annuel. Mais rapidement, ça a été de plus en plus fréquent. Cela dit, c'était destiné aux personnes âgées, aux infirmes, aux orphelins et aux femmes avec des enfants de moins de 12 ans. Ou alors, aux personnes n'arrivant pas à trouver un travail ou à subsister avec la pêche et la chasse. A priori, on pourrait se dire que puisque les hommes n'étaient pas aidés, peut être qu'ils mourraient de faim effectivement. Donc, l'aide alimentaire n'aurait été qu'une façade. Cela dit, ils auraient pu avancer qu'ils n'arrivaient pas à vivre de la pêche et de la chasse et qu'ils n'arrivaient pas à trouver un travail non plus, ce qui aurait dû leur permettre d'avoir accès aux vivres distribuées par les européens. Alors, peut-être qu'on leur refusait quand même l'aide alimentaire. Mais en fait, on va voir un peu plus loin qu'ils n'avaient pas besoin de l'aide en question, tout simplement parce qu'ils ne mourraient pas de faim. Ce qu'on a ici est un élément clé (Rations, coexistence, and the colonisation of Aboriginal labour in the South Australian pastoral industry, 1860–1911, Robert Foster, Aboriginal History, Vol. 24 (2000), pp. 1-26) : "À la fin du XIXe siècle, les aborigènes constituaient la principale source de main-d'œuvre de l'industrie pastorale du sud de l'Australie. La valeur de leur travail découlait du type unique de relation qui s'est développé entre les Européens et les aborigènes dans les stations pastorales. Cet article examine la contribution de deux aspects jusqu'ici négligés de la politique gouvernementale à la formation de ces relations : la distribution systématique de rations et la protection des droits coutumiers des aborigènes sur les terres pastorales. L'importance que les éleveurs accordaient à ces facteurs est démontrée dans la dernière partie, qui examine comment ils ont résisté avec succès aux tentatives du gouvernement de réglementer l'emploi des autochtones et de perturber le statu quo." Donc, les aborigènes étaient la principale source de travailleurs dans l'industrie pastorale de l'Australie du sud. L'industrie pastorale, c'est l'élevage d'animaux. D'abord, il faut faire un point sur ce que l'histoire officielle semble dire de la situation des indigènes à ce moment-là. Ceux-ci voyaient leur nombre décroitre rapidement, à cause des maladies, de l'alcool et des famines liées à la prise de possession de leur territoire par les colons. En lisant ça, on se dit que les tribus autochtones étaient petit à petit chassées de leur territoire et ne pouvaient plus se nourrir par manque d'espace vitale. On se dit alors que les rations étaient nécessaires pour leur survie. Et pas seulement les femmes avec des enfants ou des handicapés, etc… Tous les aborigènes avaient besoin de ces rations. Et par ailleurs, on leur a donné des réserves pour leur permettre enfin d'avoir un espace vitale suffisant pour continuer à vive comme avant. Et on l'a fait parce qu'on pensait que c'était une race mourante. Mais donc, s'ils étaient alors confinés dans des réserves, ils n'avaient plus de contact, pour l'essentiel, avec des colons. Mais avec cet extrait, tout change. En fait, ils n'étaient pas du tout cloitrés dans leurs réserves, puisqu'ils représentaient la principale source de main-d'œuvre dans l'industrie de l'élevage. Alors, on pourrait se dire que peut-être que ça ne représentait pas grand-chose en termes de nombre de travailleurs. Mais, à la fin du 19ème siècle, les aborigènes n'étaient plus que 100.000 en tout. Et dans le sud de l'Australie, il n'y a apparemment jamais eu plus de 5 % de la totalité de la population indigène durant ce siècle. Ce qui signifie qu'ils n'étaient que 5.000 en tout en Australie du sud, dont 2.500 hommes. Donc, on peut penser que la plupart des aborigènes présents dans cette région étaient employés dans cette industrie. Ce qui veut dire que la plupart des aborigènes de cette région vivaient en contact avec les colons. Ils ne vivaient pas loin d'eux, cloitrés dans des réserves. Au moins dans la journée, ils se mélangeaient avec les autochtones puisqu'ils travaillaient pour eux. Et s'ils avaient un travail, ils étaient forcément rémunérés pour ça. Donc, une fois de plus, on ne voit pas du tout comment ils auraient pu mourir de faim. D'un seul coup, c'est une autre histoire qui apparait. A mon avis, voilà comment les choses se passaient. En plus de permettre de falsifier l'histoire de l'Australie, une autre utilité des aborigènes pour le plan de l'élite était de servir de semi-esclaves. En fait, l'état australien n'avait pas du tout l'intention de les tuer. Ils devaient servir dans l'immédiat comme travailleurs bon marché. Donc, il était hors de question de les laisser mourir de faim et de voir leur nombre se réduire. On comprend alors pourquoi les rations étaient à destination des femmes avec enfants, des handicapés, etc.., mais pas des hommes capables de travailler. Dans l'explication précédente, si tous les aborigènes mourraient de faim dans leurs réserves, on ne voit pas pourquoi l'état n'aurait pas aidé aussi les hommes adultes. Ne pas le faire serait revenu à les faire mourir de faim. Là, on comprend. Si on ne donnait pas les rations aux hommes capables de travailler, c'est tout simplement parce que l'écrasante majorité des hommes travaillait et avait de quoi s'acheter à manger. Donc, l'état avait un système de solidarité normal. On aidait les faibles. Mais, l'essentiel de la population était en état de subsister seul. Et du coup, on ne l'aidait pas. C'est de la politique sociale classique. On comprend aussi la vraie raison des réserves. Elles devaient être faites pour empêcher les deux peuples de se mélanger. Comme ils travaillaient ensembles et fréquentaient les mêmes lieux, il pouvait y avoir formation de couples. Donc, l'élite les a mis dans des réserves. En fait, elle les a mis dans des ghettos, mais en donnant à ça une allure positive. Ça n'était pas présenté comme une mesure raciste, mais au contraire, comme une mesure de préservation des aborigènes, considérés soi-disant en voie d'extinction. Les réserves permettaient que les deux populations n'interagissent pratiquement que dans le cadre du travail, ce qui limitait la possibilité que des couples se forment. Ça limitait les menaces pour la pureté de la race blanche en Australie. Et ça limitait aussi le métissage des aborigènes. Or, comme l'élite en avait besoin comme travailleurs bon marché, il ne fallait pas qu'ils soient remplacés par des métis qui n'auraient pas accepté de travailler pour si peu. Le problème de ce rôle de semi-esclaves, c'est que comme la population des colons progressait bien plus vite que celle des aborigènes (grâce à l'immigration massive), au bout d'un moment, ces derniers n'ont plus été assez nombreux pour les travaux les plus pénibles. Donc, il a fallu utiliser des immigrés non-blancs et non aborigènes. Et si les aborigènes ne cultivaient pas ou ne pratiquaient plus la chasse et la cueillette sur leurs terres, c'est qu'ils étaient employés ailleurs. Ça n'est pas qu'ils avaient perdu leur savoir ou qu'ils avaient de mauvaises terres. C'est qu'ils n'avaient pas le temps. C'est comme dire d'un ouvrier qualifié qui a un grand jardin que le fait qu'il ne le cultive pas implique qu'il n'est pas assez nourri. Non, c'est qu'il n'a pas besoin de ça pour se nourrir. Pour en revenir au sujet initial, on constate que la justification de l'effondrement démographique par la famine ne tient pas. Les aborigènes n'ont jamais eu aucun problème de famine et personne n'est mort de faim. Donc, le supposé effondrement ne vient pas de là. Sinon, on comprend pourquoi on donnait des rations et pas de l'argent aux femmes avec enfants en bas âge, handicapés, etc... Un certain nombre d'hommes auraient pris l'argent et l'auraient dilapidée dans de l'alcool, tabac, prostituées, et autres plaisirs et distractions. Et il ne serait pas resté grand-chose pour les femmes et les enfants. Donc, on donnait directement des rations. Bon, éventuellement, les hommes pouvaient prendre les rations et les échanger contre de l'alcool. Mais la facilité d'échange était un peu moindre. En tout cas, on constate que le projet de colonisation blanche était plus important que d'avoir des semi-esclaves. En effet, l'élite devait avoir besoin d'une main-d'œuvre bon marché et prête à faire les travaux les plus durs nettement plus nombreuse que ça. Donc, si le but des aborigènes avait simplement été de servir de semi-esclaves, alors, l'élite aurait fait venir beaucoup plus d'immigrés non-blancs par la suite. Mais, ça aurait diminué la pureté raciale de l'Australie. L'élite a préféré avoir un pays blanc et du coup essentiellement des immigrés blancs. Donc, le rôle de semi-esclave était secondaire par rapport à l'objectif de colonisation par des blancs. 9.4) Les soi-disant guerres de frontières australiennes Une quatrième raison à la chute du nombre d'aborigènes durant le 19ème siècle, plus officieuse, est que les aborigènes se seraient fait tuer par les colons. Alors, on reconnait qu'il n'y a apparemment pas eu de volonté d'extermination de la part des autorités australiennes. Au contraire, celles-ci semblaient avoir une attitude assez respectueuse vis-à-vis des autochtones. Mais, ça n'est pas pour autant que le sujet est clos. En effet, on relance le problème par ailleurs en disant qu'il y a eu comme une guerre larvée, initiée la plupart du temps au niveau local, mais plus ou moins couverte par le pouvoir central. Donc, on aurait eu une situation hypocrite de la part du gouvernement, où officiellement, il semblait protéger les indigènes, mais officieusement, il laissait faire des massacres au niveau local. En continuant mes recherches sur le sujet, je suis tombé sur la page Wikipédia des guerres de la frontière en Australie. Le titre fait croire qu'il y a eu un conflit armé à la frontière entre les terres contrôlées par les colons et celles où se trouvaient les indigènes. Sauf que, problème, ça entre en contradiction avec ce qu'on a vu par ailleurs sur le fait que les aborigènes étaient assez protégés par le gouvernement australien déjà au milieu du 19ème siècle. Mais, on comprend mieux de quoi il retourne avec cet extrait : "Longtemps refoulées par la mémoire blanche australienne officielle, les guerres de la frontière ont commencé à faire l'objet d'un débat public avec la parution en 1981 du livre de l'historien Henry Reynolds, De l’autre côté de la frontière. Jusqu'alors prévalait le mythe d'une «colonisation pacifique», qui occultait le processus de spoliation des terres, et l'existence même de peuples autochtones." En réalité, cette histoire de guerre des frontières date essentiellement de 1981, avec la parution du livre de l'historien Henry Reynolds : "De l’autre côté de la frontière". Avant ça, apparemment personne n'en avait jamais entendu parler. La thèse qui prévalait alors était que la colonisation avait été essentiellement pacifique. Et effectivement, c'est le cas. Les aborigènes servaient essentiellement de main d'œuvre bon marché. Ils étaient donc intégrés dans la société de l'époque, même si c'était au bas de l'échelle. Et comme ils étaient encore très peu nombreux, ils ne posaient aucun problème à la colonisation blanche. Personne ne voulait les exterminer. Donc, la théorie est récente. Et on voit difficilement comment personne n'en aurait entendu parler avant et que tout d'un coup, un historien découvrirait tout ça. L'idée est que la vérité aurait été refoulée jusque-là, comme une chose honteuse. Sauf qu'on ne voit pas pourquoi les autorités s'en seraient caché. Il leur aurait de toute façon été difficile de le faire. Et il aurait dû y avoir de nombreux témoignages et livres écrits sur le sujet déjà à l'époque. Mais, on voit bien le timing. 1981, c'est le début de l'antiracisme hystérique moderne imposé par l'élite dans tout l'espace occidental. Et donc, comme par hasard, un livre a surgi tout d'un coup pour expliquer que les blancs australiens étaient des méchants colons spoliateurs, voire exterminateurs. Théorie qui prévaut encore aujourd'hui. C'est évidemment un livre créé par les agents de l'élite. D'ailleurs, ici, il est dit : "Dans l'ensemble, ni les Européens ni les peuples autochtones n'ont abordé le conflit de manière organisée, la « guerre de la frontière » étant davantage un conflit entre des groupes de colonisateurs et des groupes autochtones séparés plutôt qu'une guerre systématique, même si parfois elle impliquait des soldats britanniques et plus tard des unités de police. Tous les Australiens autochtones n'ont pas résisté à l'empiètement européen sur leurs terres ; beaucoup ont également servi dans des unités de police et ont été impliqués dans des attaques contre d'autres tribus. Les colonisateurs ont souvent réagi avec violence, entraînant un certain nombre de massacres aveugles. Les activités européennes qui ont provoqué des conflits importants sont notamment le squat pastoral (l'annexion de pâturages, voir Squatting (Australian history) (en)) et les ruées vers l'or en Australie." Donc, voilà, aussitôt le soufflé se dégonfle. On passe d'un titre ronflant de guerre des frontières à de simples disputes locales. Quant aux massacres aveugles, la montagne accouche également d'une souris. On a une page Wikipédia qui donne la liste des massacres d'indigènes. J'ai fait un tableau pour pouvoir plus facilement calculer le nombre de morts. Année Nombre d'indigènes tués New South Wales 1791 ? 1794 4 1794 7 1795 8-9 1795 5 1797 ?, 5 1799 4 1806 9 1816 16, peut-être 25 1818 6 1824 16 1826 20 (source, journal intime d'Henry Wilson) 1827 12 1827 6 1832 4 1835 ? (rapport de 1922) 1835 2 1836 7 1838 8 à 50 (sources officielles, 120, ou 200-300, ou 40-70 pour d'autres sources) 1838 28 (seul massacre ayant entrainé la condamnation des colons. Ce qui explique qu'ensuite, ceux-ci aient caché leurs meurtres) 1838 ? 1838 9 1838 14 1840 20 1841 30-40 1841 ? 1842 100 1838-1851 15 massacres, nombre de victimes inconnues 1847 23 1849 5 1849 ? 1854 40 1895 6 (un seul colon impliqué dans une affaire d'empoisonnement) Total 428-480 Victoria 1830-1834 60-200 1838 100 1838 10 1839 49 1839 35-40 1839 10 1840-1850 300-1000 1840-1860 442 1840 20-51 1840 40-75 1842 5 1843 100-150 1846 7-9 Total 1238-2141 Australie de l'ouest 1830 1 (plusieurs autres les jours suivant) 1834 14-25 1836 12 1841 centaines 1854 ? 1865 20 1867 (plutôt 1869, Bataille de Minderoo) 20-50 1868 15-150 1872 1 1887 ? 1888 6-70 1890-1926 Centaines ? 1893 53 1895 20 Total 162-402 (plus des centaines. Disons 550-800 en tout) Australie du sud 1842 ? 1848 9-11 1849 10 1880s 200-500 Total 219-521 Queensland 1842 30-60 1847 50-60 1848 4 1849 100+ 1849 ? 1850s ? 1850 Centaines 1856 100 ? 1857-1858 300 1860s 15-20 1860 15 1861 2-40 1861 6-8 1861 170 1863 15 1864 8-9 1865 18 1867 300 (témoignages 30 ans après l'évènement) 1867 200 1867 7 1869 ? 1872 200 1872 Pratiquement une tribu entière 1873 ? 1874-1875 Pas de massacre apparemment 1878 75 1879 300 (estimation faite 22 ans après) 1879 28 1884 200 (allégation du 21ème siècle) 1884 ? 1884 40 ? 1884-1885 ? 1888 200 (peut-être) Total 2283-2569 Territoire du nord 1827 5, plus peut-être 0-30 d'une autre attaque 1874 10-40 1875 150 1878 17 1882 ? plusieurs 1884 50 + 3 + 150 + 14 + 7 = 224 1885 21 1886 64 1880s-1890s Plusieurs massacres, ? 1890 60 Total 551-581 Massacres après la fédération Australie de l'ouest 1906-1907 ? 1911 10 1915 Plusieurs 1922 12 (basé sur les témoignages oraux de vieux aborigènes) 1924 ? basé sur des témoignages oraux collectés en 1989 1926 10-20 Total 32-42 1918 Queensland 50 (basé sur des témoignages oraux collectés dans les années 80) 1911 Territoires du nord 30 1918 1928 7 31 officiels (100-200 selon les témoignages des aborigènes collectés apparemment bien après) Total 68 Donc, on a environ entre 5000 et 6700 morts au maximum durant le 19ème siècle. Et là, on a une liste apparemment assez exhaustive. Mais, même en supposant qu'il y en ait eu d'autres, ici, on parle des massacres les plus notables. Donc, si on n'avait la plupart du temps que 30 ou 40 tués en moyenne pour ceux-là, qu'est-ce que c'était pour les "massacres" non répertoriés ? 5 ou 10 morts ? Moins ? En tout cas, en supposant qu'il y ait eu quelques autres massacres non répertoriés et de faible importance, on ne devrait pas dépasser les 8000 ou 9000 morts avec les données officielles. Légèrement problématique pour une "guerre" qui a fait soi-disant 100.000 morts. En effet, on nous dit par ailleurs sur le Wikipédia anglais que : "Le premier conflit a eu lieu plusieurs mois après le débarquement de la première flotte en janvier 1788, et les derniers conflits frontaliers se sont déroulés au début du XXe siècle, certains ayant même eu lieu jusqu'en 1934. On estime qu'au moins 100 000 indigènes australiens et 2 000 à 2 500 colons ont trouvé la mort dans ces conflits. Les conflits se sont déroulés dans un certain nombre d'endroits en Australie." Et en fait, vu que ça ne faisait pas le compte, je pense qu'on a pris tout ce qu'on pouvait prendre pour la liste de Wikipédia. On a raclé tous les fonds de tiroir possibles. Il y en a même qui ont été clairement inventés après coup. Donc, il ne doit y avoir que très peu d'autres supposés massacres, même de faible ampleur. Peut-être que l'élite nous en inventera d'autres par la suite, avec éventuellement des sources antidatés. Mais, si elle ne le fait pas, on peut penser qu'il n'y a pas grand-chose d'autre. Et vu qu'à la base, il y avait 400.000 indigènes, ça fait seulement 1,4 % de l'ensemble initiale. Mais bien sûr, les 400.000 du début n'étaient pas là pendant tout le 19ème siècle. Il y a eu plusieurs générations qui se sont succédé. On peut estimer qu'il y a eu en tout environ 800.000 aborigènes durant le 19ème siècle, compte tenu du déclin rapide de cette population. Ça divise le chiffre précédent par deux ; et on obtient 0,7 % d'indigènes tués par les colons au 19ème siècle. Là encore, ça n'est clairement pas de là que vient l'effondrement démographique. Histoires de massacres inventées à l'époque ou à postériori ? Bien sûr, en dehors de quelques meurtres liés à des conflits entre individus, la plupart de ces massacres ont été totalement inventés. Et c'est particulièrement le cas pour ceux avec des centaines de morts, dont des femmes et des enfants. Mais, c'est vrai aussi pour la plupart de ceux avec quelques dizaines de victimes. Il est possible qu'il y en ait eu quelques-uns ayant entrainé 10 ou 15 victimes, suite à des conflits ayant dégénéré. Mais ça a dû être très rare. Ce qu'on peut se demander, c'est si ces histoires de massacres ont toutes été inventées à postériori (avec des fausses sources antidatées, ou des "témoignages" recueillis bien après les soi-disant évènements, etc..) ou si on a commencé à les raconter déjà à l'époque. En effet, ça implique des raisons différentes à l'invention en question. A mon avis, les deux sont possibles. Il se peut que l'essentiel ait été inventé au 20ème et au 21ème siècle, quand le projet antiraciste a commencé à prendre de l'ampleur. Le but aurait alors été de culpabiliser les blancs. Et à mon avis, ça n'était pas très difficile à faire. Pratiquement tous ces soi-disant massacres se passaient aux frontières de l'Australie coloniale (d'où le nom "guerres de la frontière"), c'est à dire dans des endroits encore peu développés, qui ne devaient pas posséder de journaux locaux à l'époque. Donc, les "témoignages" étaient essentiellement ceux des officiels : la police ou l'armée. Ce qui signifie qu'ils peuvent très bien avoir été créés à postériori puisque seuls les agents de l'état, autrement dit des agents de l'élite, ont accès aux archives de la police. Il y a de toute façon des évènements apparemment racontés bien après coup. Par exemple, pour la bataille de Minderoo en 1869, la source qui est donnée par le gouvernement est celle d'un journal daté du 20 octobre 1918 (The Sunday Times de Perth). Mais, ils peuvent très bien avoir déjà commencé à inventer des massacres à l'époque. Comme l'élite planifie à très long terme, elle savait qu'elle allait lancer le mouvement antiraciste à la fin du 20ème siècle. Donc, elle pouvait créer des falses flags dès le début du 19ème siècle. Mais, en plus de servir pour les futurs plans de l'élite, ça pouvait servir pour les plans de l'époque. L'élite ne voulait évidemment pas que les deux populations se mélangent. Alors, ici, c'était les blancs qui massacraient les autochtones. Donc, à priori, les colons n'avaient pas à avoir peur des indigènes, puisqu'ils étaient les plus forts. Mais, les raisons des supposés massacres étaient souvent que les indigènes avaient agressé des colons. Donc, les aborigènes apparaissaient comme naturellement hostiles. Et bien sûr, le fait de faire régulièrement des massacres impliquait qu'en réaction, les autochtones ne devaient pas aimer les colons. Donc, même si les colons étaient les plus forts, l'hostilité supposée de la part des aborigènes ne favorisait pas du tout le rapprochement des communautés dans la vie de tous les jours. Les colons ordinaires devaient avoir peur des aborigènes et devaient limiter au maximum les contacts avec eux dans les zones frontières. Ainsi, les deux communautés restaient séparées. Les incohérences des guerres de la frontière Ce qu'on peut se dire, c'est que, comme de nos jours, les colons devaient être surtout dans quelques villes. Donc, dans les campagnes, ils devaient être très peu nombreux au début. C'était les aborigènes qui étaient les plus nombreux (si on reste dans le cadre officiel). Donc, voyant ce que les colons leur faisaient, ceux ci auraient dû s'allier. Et ils auraient été largement assez nombreux pour faire reculer les colons jusque dans les villes. Et ils n'auraient pas dû être seulement 400.000, mais facilement 3 ou 4 millions, vu leur ancienneté sur ce territoire. Mais 4 millions, ça commençait à faire beaucoup pour justifier une domination des colons. Donc, il fallait qu'ils ne soient que 400.000. C'est pour ça qu'on a dit qu'ils n'étaient que chasseurs cueilleurs et qu'ils n'avaient donc pas accès à beaucoup de nourriture. Là, non seulement leur faible nombre se justifiait ; mais leur éparpillement aussi. S'ils avaient été cultivateurs, ils auraient pu former des groupes biens plus denses, des gros villages, voire des petites villes. Et bien sûr, étant cultivateurs, ils auraient possédé leur terre. Ou la communauté ou un seigneur l'aurait possédée. Et là, difficile de les en chasser. Alors que des chasseurs-cueilleurs nomades n'ont pas de notion de propriété. Cela dit, même en étant chasseurs-cueilleurs, ils auraient dû être beaucoup plus nombreux que 400.000, vu la taille du pays. Ils auraient dû être au moins 3 millions. D'ailleurs, les agents de l'élite ont vu le problème, et maintenant, l'estimation de leur nombre en 1790 est plutôt de 800.000 à 1 millions chez certains historiens. Mais, comme là, ils commençaient à être assez nombreux pour poser des vrais problèmes aux premiers colons, les historiens en question disent qu'il y a eu un premier effondrement du nombre d'indigènes en seulement 10 ou 20 ans à cause des maladies microbiennes. Donc, on en revient à un nombre d'environ 400-600.000 au tout début du 19ème siècle. Et on comprend pourquoi l'élite leur a inventé une ancienneté de 40.000 ans. Déjà, c'est que s'ils étaient arrivés il y a 1000 ans, ils auraient dû laisser des traces de présence en Asie. Alors qu'en 40.000 ans celle-ci pouvait avoir entièrement disparue. Mais en plus, s'ils étaient arrivés là il y a 1000 ans, en passant par l'Asie, ils auraient dû apprendre l'agriculture par les asiatiques. Et là, ça aurait à nouveau posé le problème du nombre d'aborigènes en 1790, de la densité de leur population et de la possession des terres. Un autre problème avec la guerre des frontières, c'est que, jusqu'à l'arrivée des armes à plusieurs coups et à rechargement rapide, les armes à feu des colons étaient un handicap en fait. C'était bien pour les batailles rangées (et encore). C'était neutre si les deux adversaires avaient les mêmes armes. Mais, c'était un désavantage face aux indigènes. Les armes étaient très lentes à recharger, et très imprécises. Il devait falloir plusieurs coups pour arriver à tuer l'adversaire à causes des tirs ratés. Donc, les indigènes avaient largement le temps d'arriver au contact et de tuer un certain nombre de colons. Alors, c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment eu de batailles massives. Mais, lors de certains "massacres" perpétrés par les colons, alors qu'ils n'étaient pas beaucoup plus nombreux que les aborigènes, ces derniers auraient dû pouvoir infliger des pertes importantes aux colons. Mais, on n'entend pratiquement jamais parler de ça. Les colons arrivaient, et par la magie des armes à feu, ils massacraient les colons. Au pire, il y avait un ou deux blessés ou morts chez les colons. Mais, même ça semble très rare. Enfin, on peut reprendre un des arguments utilisés pour le problème de la famine. Les colons plus les aborigènes n'étaient environ que 500.000 en 1850. Et il doit y avoir l'équivalent d'au moins 2 fois la France de cultivable. Donc, les 500.000 colons et indigènes pouvaient cohabiter sans problème. Et ce d'autant plus qu'une bonne partie des colons étaient dans des villes, donc concentrés sur une très petite partie du territoire. 9.5) Les générations volées Pour ajouter un argument supplémentaire aux explications précédentes, l'élite nous a sorti l'histoire d'une politique d'assimilation physique et culturelle. Ce sont les fameuses "générations volées". Le gouvernement australien aurait pris les enfants métis à leur famille et les auraient placés dans des familles de colons, pour qu'ils aient une culture occidentale. On attribue aussi au gouvernement l'intention de blanchir ces métis en les faisant se reproduire avec des colons. C'est ce qu'on peut trouver sur Wikipédia : "L'expression « Générations volées » (en anglais : Stolen Generations) désigne les enfants d'Aborigènes australiens et d'Indigènes du détroit de Torrès enlevés de force à leurs parents par le gouvernement australien de 1910 jusqu'à 1970. Ces enfants étaient le plus souvent des métis de mère aborigène et de père blanc ou inversement. Ils furent placés dans des orphelinats, des internats, ou bien confiés à des missions chrétiennes ou à des familles d'accueil blanches." "En 1997, un rapport intitulé Bringing them home (« Ramenez-les à la maison ») détaille l'histoire de ces pratiques, publie des témoignages, et suggère qu'environ 100 000 enfants appartiennent aux « générations volées »." Même en restant dans le cadre officiel, on est en droit de douter fortement de la réalité de cette politique. Déjà, la logique interne du truc pose problème. On aurait retiré des métis de la population aborigène pour faire disparaitre celle-ci. Mais c'est plutôt l'inverse qu'il aurait fallu faire dans le cadre d'une politique d'extermination. En faisant avoir des enfants métis aux aborigènes, et en les maintenant dans les tribus, on blanchissait ces derniers progressivement. Alors qu'en les retirant, on maintenait la pureté raciale des aborigènes. Alors, l'idée était que les aborigènes pure souche allaient s'éteindre, vu leur nombre en chute libre, et qu'en blanchissant les métis, on finirait de faire disparaitre la race aborigènes. Mais, s'ils vivaient dans les tribus aborigènes, il n'y avait pas de raison que les métis survivent plus que les pures souches. Et comme on vient de le voir, ça accélérait la disparition de ces derniers. Et de toute façon, il y avait le risque que les aborigènes ne disparaissent pas, comme c'était prévu, et que leur nombre se remette à augmenter. Dans ce cas, il était bien plus intéressant d'avoir un peuple se métissant de plus en plus. Et justement, à partir de 1930 environ, leur nombre a recommencé à s'accroitre. Donc, pendant les deux tiers du temps durant lequel a duré cette politique (1910 1970), c'est-à-dire 40 ans, le postulat de base (disparition des aborigènes) ne s'appliquait plus. En plus, ça ne cadrait pas trop avec les théories eugénistes de l'époque en réalité. En effet, les théories en question ne disaient pas du tout que les blancs devaient se mélanger avec les non blancs. Ceux-ci étaient vus comme un danger pour la pureté de la race. Et s'il fallait 6 blancs pour transformer un indigène en blanc sur 6 générations, le rapport n'était pas bon du tout. Sauf pour les femmes métis, éventuellement, puisque là, un homme blanc pouvait leur faire un enfant et avoir des blancs par ailleurs avec sa femme officielle. Mais, si elles engendraient des garçons, le problème se reposait à la génération suivante. Donc, c'était absurde. Et on ne voit pas pourquoi ils auraient fait ça, puisque de toute façon, le nombre d'aborigènes était en train de s'effondrer. A ce moment-là, ils n'avaient pas besoin de faire quoi que ce soit pour que les aborigènes disparaissent. Il leur suffisait juste d'attendre. Et si les aborigènes disparaissaient, les métis allaient certainement disparaitre eux aussi, soit pour les mêmes raisons que pour les aborigènes, soit par métissage. Et ce sans aucune intervention étatique. Donc, la politique en question ne servait pas à grand-chose. Par ailleurs, pratiquement aucun raciste ne peut avoir comme pensée d'unir volontairement des blancs et des métis. On peut également avoir un gros doute sur le nombre de ces métis. En 1910, il devait y en avoir un nombre très limité. Déjà parce qu'à cette époque, la réputation était encore très importante pour les femmes. Donc, une femme n'allait pas prendre le risque de se marier avec un aborigène ou de faire un enfant métis hors mariage. Ça limitait le problème pratiquement aux seules relations colons/femmes aborigènes. Mais, la plupart des hommes blancs n'allait pas se marier avec une indigène. Il ne reste donc que les relations sexuelles hors mariages, à savoir essentiellement la prostitution et les relations avec les employées de maison. Seulement, plusieurs choses limitaient ça. Déjà, à l'époque, les hommes blancs trouvaient les femmes autochtones laides. Donc, la plupart n'avaient pas envie de coucher avec elles. Ensuite, concernant les employées de maison, la réputation était importante aussi pour les hommes. Et avoir un enfant hors mariage, avec en plus une aborigène, aurait fait scandale. Donc, les hommes évitaient de se retrouver dans ce genre de situation. Concernant la prostitution, elle était activement combattue au début du 20ème siècle. Déjà, à cause du puritanisme ambiant. Et aussi parce qu'on était au maximum de l'hystérie antimicrobienne. On craignait la propagation de la syphilis et autres MST, ce qui conduisait logiquement à vouloir limiter au maximum la prostitution, qui était vu comme un vecteur majeur de diffusion des maladies vénériennes. Et effectivement, on peut voir sur Wikipédia : "Période fédérale 1901-1970 Après la fédération, le droit pénal a été laissé aux mains des Etats. Mais le droit pénal relatif à la prostitution ne date que d'environ 1910. Ces lois ne rendaient pas l'acte de prostitution illégal, mais criminalisaient de nombreuses activités liées à la prostitution. Elles s'inspiraient des lois anglaises adoptées entre 1860 et 1885 et portaient sur le racolage, les restrictions d'âge, la tenue de maisons closes et la location de logements." Et puis, au début du 20ème siècle, les blancs étant très largement plus nombreux que les aborigènes, il y avait largement assez de prostituées blanches. Et vu que les hommes blancs préféraient certainement coucher avec des blanches ou des asiatiques (il y avait des prostituées japonaises apparemment), ils couchaient avec des prostituées de ces races-là ; et pas avec des aborigènes. Il y avait probablement des prostituées aborigènes. Mais, elles devaient coucher principalement avec des hommes aborigènes. Par ailleurs, à cette époque, les prostituées devaient utiliser des spermicides, des douches vaginales et autres méthodes pour éviter d'avoir des enfants (voir cet article). Et quand elles tombaient enceintes, elles devaient avoir recours à des avorteuses. Et ça devait d'autant plus être le cas qu'au début du 20ème siècle, la prostitution libre était tellement combattue qu'il restait essentiellement des bordels. Donc, les responsables de ces établissements devaient très bien savoir comment faire pour éviter les grossesses indésirables et à qui s'adresser pour pratiquer des avortements clandestins. Forcément, ça limitait très fortement le nombre d'enfants engendrés par des prostituées. Et effectivement, dans le même article sur la contraception dans les bordels du 19ème siècle, il est dit : "Les prostituées, moins fertiles que la normale ? Le paradoxe, c’est qu’on tolère qu’il y ait de la contraception dans les bordels, mais qu’on ne sait vraiment pas comment elle s’applique réellement. Les médecins hygiénistes de l’époque ont une vision complètement biaisée de ce que vivent les prostituées. Par exemple, ceux qui ont étudié en détail leur anatomie, comme Parent Duchâtelet (un médecin hygiéniste connu pour son monumental livre De la Prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l’hygiène publique, de la morale et de l’administration en 1836), ont bien constaté que ces filles-là sont nettement moins fécondes que les respectables femmes mariées." "Car, la réalité, c’est bien entendu que les filles des bordels recouraient à la contraception et se gardaient bien d’expliquer comment elles s’y prenaient aux médecins venus les contrôler. Motus et bouche cousue, on n’en parle pas, ça n’existe pas ! Cela dit, comme vous allez le voir ci-dessous, il est aussi vrai qu’une partie d’entre elles n’étaient réellement pas ou plus fécondes, et ce, pour tout un tas de raisons." Donc, voilà. Même la source principale de métis, à savoir la prostitution, devait en fournir un nombre très faible. Au final, vu que les aborigènes étaient dans les 100.000 à l'époque, on peut tabler sur quelques milliers de métis, peut-être 5.000 grand maximum, entre 1910 et 1950. Après la 2ème guerre mondiale, avec la libéralisation des mœurs, peut-être qu'il y en avait un peu plus. Mais, au total, on n'a pas dû en avoir plus de 15.000. Et la plupart ont dû naitre après les années 40. D'ailleurs, sur le Wikipédia anglais, est citée une autre source, qui donne une estimation bien moins importante ; chose qui n'est pas faite sur la version française : "L'universitaire Robert Manne a déclaré que le chiffre inférieur d'un sur dix est plus probable ; il estime qu'entre 20 000 et 25 000 enfants autochtones ont été enlevés au cours des six dernières décennies," Donc, il est clair que tout ça est complètement faux. Il y a peut-être eu quelques milliers de métis mis dans des orphelinats, internats, missions chrétiennes, etc… Mais, ça devait être tout simplement parce que les parents blancs n'assumaient pas leur enfant métis, généralement conçus hors mariage. Vu la stigmatisation de l'époque, ça pouvait se comprendre. Par ailleurs, il faut voir que les aborigènes étaient alors la classe la plus basse de la société. Donc, comme vu plus haut, les enfants métis devaient venir en grande partie de la prostitution des femmes aborigènes. En dehors de ça, ça pouvait venir de femmes et d'homme blancs qui étaient aussi tout en bas de la société. Et vu la stigmatisation des aborigènes, la plupart des blanches et des blancs qui faisaient un enfant avec eux étaient des marginaux ou des cas sociaux. Donc, éduquer les enfants en question dans des internats était en réalité souvent faire preuve d'humanité. Ça pouvait leur donner un bien meilleur avenir que dans leur famille. Quand il y avait une famille évidemment. Pour les enfants des prostituées des bordels, on peut lire encore ici que généralement, ils étaient mis dans des familles d'accueil. Et dans ce contexte, il s'agissait probablement très souvent d'exploiteurs d'enfants (esclavage, mendicité, prostitution, etc…). Par rapport à un destin aussi sordide, être dans un internat d'état, c'était généralement une amélioration énorme. C'est ça la réalité la plus probable. L'histoire de la politique systématique de saisie des métis pour faire disparaitre les aborigènes est une invention après coup. Mais pas une invention qui vient de nulle part. Ça vient de l'élite. D'ailleurs, on remarque que toute cette histoire semble avoir débuté en 1981 avec un pamphlet intitulé "the stolen generation" écrit en un seul jour par Peter Read, un étudiant de 3ème cycle (postgraduate) en histoire. Donc, encore une fois, juste au moment où on passait à l'antiracisme hystérique. Et on note que ça ne venait pas des aborigènes, qui n'avaient jamais parlé de ça jusque-là. Par exemple, on apprend ici qu'il y avait des activistes indigènes radicaux à la fin des années soixante. Mais ils n'ont jamais évoqué ce problème. "L'idée que les politiques d'enlèvement avaient une composante raciste et visaient à mettre fin à l'aboriginalité n'est pas apparue dans les témoignages des aborigènes. En effet, jusqu'à ce que l'expression "générations volées" apparaisse pour la première fois en 1981, il n'existait aucune tradition populaire parmi les aborigènes qui utilisait l'expression ou le concept. Dans les années 1910 et 1920, les parents de certaines stations aborigènes financées par l'État en Nouvelle-Galles du Sud et en Australie-Méridionale n'étaient pas d'accord avec le fait que le gouvernement trouve un emploi pour leurs enfants adolescents en tant qu'apprentis engagés pour quatre ans. Mais ces plaintes ne concernaient pas l'enlèvement de bébés ou de jeunes enfants. En outre, ces parents savaient que leurs enfants partiraient pour une durée déterminée et reviendraient ensuite." Apparemment, le premier ouvrage qui a donné des estimations chiffrées, donc un peu sérieux, a été le rapport " Bringing them home" publié en 1997, soit 27 ans après la fin de cette politique. Donc, évidemment, la plupart des preuves avaient été effacées, et on ne pouvait plus se baser que sur des témoignages. Comme c'est pratique. Donc, il était facile après coup de faire oublier que le problème venait des parents qui n'assumaient pas leurs enfants métis ou relevaient de l'aide aux personnes en grande difficulté (pauvreté extrême, marginaux, alcooliques, cas sociaux divers), et de faire croire à une politique raciste. Mais, on peut se dire qu'il est important pour l'élite de faire croire à une politique d'extermination, ou au moins une politique raciste. Déjà, ça sert sa politique antiraciste actuelle. Mais en plus, elle peut ainsi mieux masquer le fait qu'en réalité, loin de vouloir les exterminer, elle les a fait venir d'Afrique et elle a fait en sorte qu'ils se multiplient. Si les gens se disent que l'élite a voulu exterminer les aborigènes, il leur sera absolument impossible de penser qu'à la base, c'est elle qui les a fait venir, leur a inventé toute leur culture et a fait en sorte d'augmenter fortement leur nombre. Concernant l'effondrement démographique du 19ème siècle, on nous dit que la politique en question a été menée d'environ 1910 à 1970. C'est donc après que la démographie des aborigènes ait atteint son point le plus bas que ça a commencé à être mené. Il ne peut donc y avoir aucun rapport entre cette politique et la chute du nombre d'aborigène de 1790 à 1900. C'est vrai que Wikipédia dit que ça aurait commencé à être pratiqué dès 1869, avec "l'aboriginal protection act", dans l'état de Victoria (et seulement dans cet état). Mais, déjà cet état n'a jamais contenu plus de 5-6 % d'autochtones. Donc, ça n'a eu aucun impact sur l'effondrement démographique des aborigènes. Et de toute façon, en 1869, l'effondrement était déjà très avancé. Par ailleurs, l'acte en question donnait seulement la possibilité de placer certains enfants aborigènes (à priori des orphelins). Et ce de façon complètement indirecte, en disant que le gouverneur avait le pouvoir de choisir le lieu de résidences des aborigènes et l'éducation de leurs enfants. Aucune politique active de confiscation des enfants métis n'était précisée dedans. Donc, la situation en 1869 n'a rien à voir avec ce qu'on veut nous faire croire. A noter qu'avec ce genre de propagande, il y a bien sûr les articles entièrement consacrés au sujet qui donnent les précisions qui permettent de se rendre compte que le problème n'était pas si grave. Mais, à côté de ça, il y a 100 fois plus d'articles et de livres où le sujet n'est traité qu'en quelques phrases, ou au mieux un paragraphe entier. Et parfois, on ne donne pas de précisions sur le fait que ça ne concernait essentiellement que les enfants métis, ce qui fait que le grand public croit que le gouvernement voulait faire disparaitre les aborigènes par le métissage forcé de tous leurs enfants. Donc, là, les gens croient à une politique d'extermination physique. Ou alors, on précise que ça ne concernait que les enfants métis, mais on ne dit pas combien il y en avait. Du coup, les gens croient qu'il y en avait beaucoup et que si ça n'est pas à proprement parler une politique génocidaire, ça montre une attitude raciste et hostile envers les aborigènes, ce qui entraine le doute sur le reste de la politique gouvernementale vis-à-vis des aborigènes. Si on ajoute à ça les informations partielles sur les soi-disant massacres, les gens peuvent facilement croire qu'il y avait une politique génocidaire, peut-être en partie cachée, mais réelle. Et même si toutes les informations sont fournies, ça va souvent être tourné d'une certaine façon pour faire croire qu'il y avait une hostilité de la part des autorités envers les indigènes. 9.6) Les réserves d'indigènes Le problème des réserves d'indigènes n'est pas très clair de prime abord. Déjà, une première difficulté vient du fait qu'on a tendance à se référer aux réserves des indiens des USA. Mais il semble que ça ne soit pas du tout la même chose. Apparemment, ça n'était pas quelques larges territoires, comme en avaient les indiens d'Amérique. C'était de très nombreux petits domaines, qui faisaient dans les quelques dizaines d'hectares, mais souvent moins. C'est ce qu'on peut voir sur cette page Wikipédia qui liste les réserves en Nouvelle Galles du Sud. Et la plupart du temps, ça n'était pas du tout des territoires autonomes, mais des zones administrées par des religieux ou des agents du gouvernement. Donc, ça n'était pas des zones libres, comme l'étaient les réserves des indiens d'Amérique. C'était des zones où ils étaient sous le contrôle des blancs. En quoi consistait ce contrôle ? On a une réponse ici : "Les réserves et les missions avaient des règles strictes concernant ce que les aborigènes pouvaient et ne pouvaient pas faire. Les aborigènes n'étaient pas autorisés à parler leur langue ou à poursuivre les traditions et les cérémonies, et ils étaient punis s'ils étaient vus en train de faire ces choses. Par conséquent, les colonisateurs nous ont volé une grande partie de notre langue, de notre culture et de nos traditions." Et ici : "Les missions, les réserves et les stations ont été conçues pour effacer l'identité culturelle des peuples. Les gens étaient séparés de leur terre et de leur famille, et n'étaient pas autorisés à parler leur langue, à poursuivre leurs pratiques culturelles ou à les enseigner à leurs enfants." Donc, on comprend mieux d'où vient l'explication de la disparition des centaines de langages aborigènes. En effet, sur Wikipédia , on nous dit qu'il y avait dans les 250 langues aborigènes en 1788 : "En 1788, la First Fleet des colons britanniques arrive à Sydney. À cette date l’Australie était peuplée par 250 tribus, occupant tout le continent, chacune avec sa propre langue, ses lois et ses frontières tribales ; c’est la plus ancienne culture survivante sur terre." Du coup, on peut envisager des réponses à trois problèmes qui se posaient : 1. Comment les aborigènes pouvaient-ils travailler chez les colons s'ils vivaient isolés d'eux ? 2. Pourquoi est-il difficile de trouver des cartes des réserves ? 3. Comment se fait-il que l'écrasante majorité des 250 langues aient disparu ? Pour le premier problème, le fait de savoir qu'on avait en fait des micro réserves permet de comprendre comment il était possible que les aborigènes travaillent pour les colons. En effet, s'il y avait eu des larges réserves, ils auraient été isolés des colons et ils auraient été trop éloignés pour travailler chez ces derniers, sauf ceux situés juste à côté de leur réserve. Avec des micro réserves implantées un peu partout, il n'y avait pas de problème de ce genre. Ils n'étaient pas isolés des colons. Pour le deuxième problème, on comprend pourquoi on n'a que très peu de cartes. C'est que comme il y avait des centaines de réserves, il est difficile de toutes les répertorier. Et il est difficile de faire des cartes de toute l'Australie avec la localisation des réserves. Avec quelques grandes réserves, ça ne pose pas de problème. Mais, là, c'est beaucoup moins facile. Pour les langues, en réalité, l'élite a bien supprimé leur culture, mais en fait, elle leur a supprimé leur culture africaine ; pas leur culture aborigène, puisqu'elle n'a jamais existé. S'il ne reste pas grand-chose des 250 langues aborigènes, c'est qu'il n'y a jamais eu 250 langues à la base. En réalité, on leur a retiré probablement une ou deux langues (africaines), puis on leur a créé une dizaine de langues aborigènes. Mais, comme ils étaient supposés être en Australie depuis 40.000 ans, peu nombreux et isolés les uns des autres, il fallait que chaque grande tribu ait sa propre langue. Vu qu'au 19ème siècle, en Europe, il y avait encore des centaines de dialectes et de patois locaux malgré une civilisation bien plus avancée et une densité de population bien supérieure, ça aurait été bizarre que les aborigènes n'aient que quelques langues. Et les réserves servent à expliquer comment les soi-disant 240 langues ont pu se perdre. Sans ça, il aurait été très étrange que les aborigènes en aient oublié autant. Mais là, ça devient logique. Officiellement, les diverses autorités australiennes leur ont interdit de les parler, ce qui fait que la plupart ont été perdues. En réalité, Les agents de l'élite ont directement enseigné l'anglais à une bonne partie des aborigènes, afin qu'ils puissent travailler au service des colons. Pas besoin de s'embêter à leur apprendre une fausse langue aborigène, puis à leur apprendre l'anglais. Ils ont d'abord fait des villages avec seulement des enfants auxquels ils ont appris directement l'anglais. Ensuite, ils ont dû utiliser l'excès de population de telle réserve pour aller fonder une autre réserve avec des indigènes qui ne parlaient que l'anglais. A une autre partie des indigènes, beaucoup moins importante, on a appris uniquement une fausse langue aborigène, pour avoir une preuve de la réalité des aborigènes. Il devait s'agir pour la plupart d'aborigènes ayant été installés dans des zones où il n'y avait pas ou peu de colons. Et pour une troisième partie, on leur a appris à la fois une fausse langue et l'anglais, histoire d'avoir à la fois des preuves de "l'histoire" aborigène et des indigènes pouvant travailler pour les colons. Ce qu'on peut se dire aussi, c'est que les réserves permettaient d'apporter des aborigènes qui en réalité n'étaient pas là avant et qui parlaient l'anglais. On créait une réserve, on apportait un contingent de soi-disant aborigènes ayant été acculturés par les responsables des réserves. Et du coup, les colons ne se posaient pas de questions sur comment il se faisait qu'ils ne parlaient plus leur langue. Alors que s'ils avaient été dans la nature, il n'y aurait eu aucune raison qu'ils ne parlent que l'anglais. Et on peut se dire que pour les objectifs de l'élite, ce système de réserves multiples et de petite taille était bien pratique, parce qu'il permettait à la fois d'avoir une population séparée des colons, et travaillant pour les colons. Après le travail, les aborigènes vivaient isolés des blancs. Mais durant la journée, ils travaillaient pour les blancs. Et tous ceux qui ne n'avaient pas de travail salarié restaient dans la réserve, comme les mères de famille et les enfants. C'était à la fois isolé et en contact. Et les réserves permettaient de résoudre le problème de l'appartenance de la terre. Quand les colons arrivaient quelque-part, les aborigènes avaient déjà été mis dans des réserves. Comme ça, les colons pouvaient s'emparer des terres sans rencontrer d'opposition de leur part. Et aussi sans souffrir de problèmes moraux. Parce que certains auraient pu se dire que la terre ne leur appartenait pas. Et ils ne devaient pas avoir envie d'expulser les aborigènes. Mais là, comme ces derniers étaient déjà dans des réserves, il n'y avait aucun problème de ce genre. Toutes les terres autour des réserves étaient libres d'aborigènes, et donc, il n'y avait aucun souci moral à s'en emparer. En plus, les aborigènes étaient déjà présents pour offrir leur force de travail aux colons. Et pour expliquer que les réserves aient déjà été présentes au moment où arrivaient les colons, il y avait les missions chrétiennes. Les missionnaires arrivaient sur des zones vierges de colons et soi-disant évangélisaient les aborigènes dans des réserves. En réalité, ils faisaient venir des excédents d'aborigènes des autres réserves, ou des enfants issus des grandes réserves où on "fabriquait" des aborigènes, et les installaient là. En effet, il y avait 3 types de réserves, comme on peut le voir ici : "D'une manière générale, il existait trois types d'espaces réservés par les différents gouvernements pour que les aborigènes puissent y vivre. Ces définitions varient d'un état ou d'un territoire à l'autre, mais on peut les définir grosso modo comme suit : Les missions étaient souvent créées par des églises ou des individus religieux pour héberger les aborigènes, les convertir au christianisme et les préparer à des emplois subalternes. La plupart des missions ont été créées sur des terres concédées par le gouvernement à cette fin. Les réserves étaient généralement des parcelles de terre mises de côté pour que les aborigènes puissent y vivre et n'étaient pas gérées par le gouvernement ou ses représentants. Les personnes vivant dans des réserves non gérées pouvaient recevoir des rations et des couvertures de la part du gouvernement de l'état ou du territoire, mais restaient souvent responsables de leur propre logement. Les stations ou "réserves gérées" étaient généralement gérées par des fonctionnaires nommés par le gouvernement. L'enseignement (sous la forme d'une préparation à la vie active), les rations et le logement étaient fournis, et les responsables des stations contrôlaient étroitement qui pouvait ou ne pouvait pas y vivre. Les directeurs exerçaient généralement un contrôle total sur la vie des aborigènes et des insulaires du détroit de Torres, y compris sur la tutelle légale de leurs enfants." C'est à vérifier, mais on peut penser que les missionnaires chrétiens arrivaient en premier. Les autorités leur amenaient des aborigènes. Au début, c'était surtout des enfants ; ensuite, un mélange d'enfants et de mères avec enfants ; puis, des adultes. Et comme au moins au début, ils ne savaient pas se débrouiller dans la nature, ils dépendaient entièrement des colons pour se nourrir. Donc, les autorités leur fournissaient la nourriture. Ça aidait à ce qu'ils ne se rebellent pas. Les missionnaires les habituaient à travailler et à se conformer à la société australienne. Et du coup, quand les colons arrivaient, les aborigènes étaient directement disponibles pour leur fournir leur force de travail. Et bien sûr, les missionnaires leur avaient enseigné l'anglais. Les réserves non administrées étaient à destination des indigènes à qui on avait enseigné une fausse langue aborigène. Eux aussi devaient arriver avant la colonisation de la région. Et leur rôle était d'avoir une preuve de la présence ancienne des aborigènes. Cela dit, on devait avoir enseigné l'anglais à un certain nombre, en plus d'une langue indigène. Donc, une partie pouvait travailler pour les colons. Et même ceux qui ne parlaient pas l'anglais devaient pouvoir effectuer des tâches simples. Puis, une fois que les colons étaient présents en nombre, les réserves administrées devaient prendre le relais. Ça permettait d'avoir une autorité plus dure. Ce qui devait être nécessaire, une fois que les autochtones étaient en contact avec la vie moderne. L'ordre d'arrivée devait être flexible. On pouvait avoir en premier une réserve (administrée ou pas), ou une mission chrétienne. Mais, globalement, on devait plutôt avoir une mission chrétienne ou une réserve non administrée, puis une réserve administrée. Mais bon, c'est étudier plus en profondeur. Au passage, dans la liste des réserves de la Nouvelle Galles du Sud, on constate que les créations les plus anciennes se situent vers 1880. Avant ça, la majorité des aborigènes ne vivaient pas dans des réserves ou des missions. Et le système s'est mis en place petit à petit. En 1890, il n'y en avait pas encore beaucoup. Donc, l'histoire officielle ne peut pas attribuer l'effondrement démographique des aborigènes durant le 19ème siècle à la création des réserves. Et de toute façon, vu qu'ils étaient nourris par les colons, il aurait été difficile qu'ils périclitent par manque de nourriture. C'est vrai que l'histoire officielle évoque l'existence de missions et de réserves avant la mise en place à grande échelle des réserves d'état. Ici, on parle de missions et de stations dès les années 1780 : "Les réserves, missions et stations aborigènes ont joué un rôle important dans l'histoire de l'Australie. Elles ont été créées pour aider les populations indigènes à s'intégrer dans la société européenne et pour leur donner accès à l'éducation et aux soins médicaux. Malheureusement, nombre de ces institutions ont été marquées par le racisme et la discrimination. Les premières ont été créées dans les années 1780 et ont laissé un héritage à long terme de préjudice envers les communautés des Premières nations." Ici, on parle de mission et de réserves mise en place à partir des années 1840. "Avant l'introduction des missions et des stations gouvernementales, des protectorats ont été établis pendant une courte période dans quelques endroits. L'idée principale de ce système était la "protection" (et l'assimilation éventuelle) de la population. Plusieurs stations de protectorat ont été créées à partir de 1840, notamment le Protectorat de Merri Creek et le Protectorat de Loddon à Fraklinford. Pendant une courte période, ces stations ont prospéré, mais elles n'ont pas été soutenues par les colons locaux et le gouvernement, de sorte que le système de protectorat a été considéré comme un échec et a été démantelé en 1848." L'article donne une liste de cinq missions et une réserve créées avant la fin des années 1860. En voici deux : "Ebenezer (1859 - 1904) La mission Ebenezer a été fondée en 1859 par les révérends Friedrich Hagenauer et F.W. Spieseke, missionnaires moraves allemands. La mission était située près de la rivière Wimmera, dans la région de Wotjobaluk. L'objectif était de "civiliser" les aborigènes locaux et de les convertir au christianisme. Après l'adoption par le Parlement de la loi de 1886 sur la protection des aborigènes, qui a contraint les personnes considérées comme des " métis " à quitter les missions et les stations, le nombre d'habitants d'Ebenezer a chuté et la mission a finalement été fermée en raison du faible nombre d'habitants, la plupart d'entre eux ayant été contraints de s'installer à Lake Tyers. Lake Tyers (1861 - 1971) La mission de Lake Tyers a été créée en 1861 par John Bulmer, un missionnaire de l'Église d'Angleterre. Elle est située au bord du lac Tyers, sur les terres de GunaiKurnai. Au fur et à mesure que d'autres missions et stations fermaient dans les environs de Victoria, les habitants qui y vivaient ont été transférés au lac Tyers. En 1971, la mission de Lake Tyers a été rendue à la communauté aborigène et est désormais connue sous le nom de Bung Yarnda." Mais, ces missions et réserves étaient évidemment en nombre limité. Donc, avant 1880 et même 1890, la plupart des aborigènes vivaient bien dans des zones libres. Cela dit, ça c'est si on reste dans l'histoire officielle. Mais, si on l'analyse selon ma théorie, l'histoire selon laquelle le système des réserves a été mis en place massivement à partir de 1880 est certainement fausse. Dès 1790, les aborigènes étaient pratiquement tous dans des réserves. Il est très peu probable que l'élite ait envoyé les premiers milliers d'aborigènes dans la nature, les ait laissés se multiplier pendant environ 100 ans jusqu'à ce qu'ils soient environ 80.000, puis les ait regroupés dans des réserves. Donc, cette limite de 1880 est surement mensongère. Et on comprend pourquoi. Dans l'histoire officielle, les aborigènes ne pouvaient pas être pratiquement tous dans des réserves dès le début du 19ème siècle. Comme les aborigènes étaient officiellement dans les 400.000, il aurait été impossible que quelques dizaines de milliers d'européens aient pu trouver la plupart des tribus et les obliger à rester dans des réserves. Dans le narratif officiel, il fallait que le système des réserves se mette en place de façon massive longtemps après l'arrivée des européens. Mais, en réalité, dès le départ la plupart des indigènes étaient dans des réserves. Peut-être que l'élite a laissé un petit pourcentage d'aborigènes dans la nature, pour leur donner un air de réalité vis-à vis des colons. Mais, pour la plupart, ils étaient déjà dans des réserves. Mais, comme au début, ils étaient seulement dans les 10.000, il y avait évidemment très peu de réserves. Il n'y a jamais eu 400.000 aborigènes dans la nature. Comme l'élite impose sa version des faits au monde, elle a évidemment caché ça. Et c'était facile, puisque peu de monde pouvait savoir de quoi il retournait. Et de toute façon, le fait que ce soit des réserves pouvait être masqué. Elles pouvaient se présenter comme de simples villages ou tribus. Et la présence d'un chef blanc pouvait également être cachée sous l'appellation de missionnaire. Qu'est-ce qui différencie une réserve d'un village ou d'un groupe de villages apparemment libres, mais en réalité sous la coupe d'un colon ? Pas grand-chose ; simplement un titre et un mandat officiels pour le responsable blanc, donc, une reconnaissance officielle. Mais, à tel endroit, il pouvait y avoir facilement un village ou plusieurs villages dirigés par un colon sans titre officiel. Et le fait que le nombre de réserves ait augmenté progressivement au fur et à mesure du 19ème siècle, puis du 20ème vient simplement du fait que les aborigènes étaient de plus en plus nombreux et qu'il fallait donc adapter le nombre de réserves. 9.7) Répartition géographique des aborigènes en 1788 Concernant la répartition de la population autochtone au début de la colonisation, l'élite n'a pas fait d'erreurs. Au début de ma recherche, j'ai cru qu'elle en avait fait. Mais en fait non. Elle l'a répartie de façon relativement homogène et logique. Voici la répartition de la population en 1788 (Wikipédia) : Et voici la carte des états australiens modernes : Voici les cartes Google : Donc, l'élite a inventé une répartition respectant à peu près la logique, avec une grande partie des aborigènes vivant dans les régions les plus fertiles. 9.8) Le mythe des aborigènes concernant leur arrivée en Australie Les agents de l'élite aiment bien faire de l'humour caché. Ici, ils ont fait un clin d'œil avec les mythes des autochtones concernant leur arrivée en Australie. Voir Wikipédia : "À Gumbalania, en Terre d'Arnhem, une légende évoque le voyage maritime au bout duquel les premiers hommes posèrent le pied sur le continent austral et rend compte des origines de son peuplement : Yingana, la mère de la création, est venue de très loin, de l'extrême-nord (Keukpi) transportant avec elle beaucoup de bébés dans des paniers. Quand la mer s'est calmée et que le vent est tombé, elle est arrivée près d'un rivage, s'est arrêtée, a déposé un premier bébé lui donnant une langue, un Moyeti, un nom de peau, un clan, un rite. C'était le premier. Puis elle a poursuivi son voyage, en a déposé un deuxième lui donnant un clan et un rite différent. Et ainsi de suite vers le sud et vers l'est." Et effectivement, à part Yingana, c'est plus ou moins ce qui s'est passé. Les agents de l'élite ont emmené des africains en bateau vers l'Australie, la Papouasie et d'autres iles du Pacifique. Ils ont emmené des enfants dans tel village (en fait plutôt une réserve officieuse), leur ont donné une langue, un nom de clan et des rites. Et ils ont recommencé dans d'autres lieux. En fait, même pour Yingana, il y a une part de vérité, puisque les agents de l'élite qui les ont emmenés sont venus du nord. 9.9) Utilité des aborigènes dans le futur On peut penser que les aborigènes serviront de soldats dans la guerre contre les indonésiens. Ceux-ci martyriseront les aborigènes de Nouvelle-Guinée. Et logiquement, les aborigènes d'Australie seront solidaires de leurs frères du nord. Donc, lorsque l'Australie arrivera à prendre le dessus sur les indonésiens, ça justifiera qu'ils soient en première ligne à faire le sale boulot et éventuellement à se faire massacrer, alors que les soldats blancs, eux bénéficieront d'une fausse guerre avec un minimum de morts. Cela dit, peut-être qu'ils bénéficieront aussi d'une fausse guerre. L'élite pourra très bien s'en débarrasser après d'une autre façon (faible natalité et métissage). Mais ils seront certainement en première ligne. En 2023, ils sont environ 1 million. Et on peut penser qu'il y a environ 500.000 métis. Quand les guerres éclateront, ils seront probablement au moins 2 millions et 1 million de métis. Ça fait 1,5 millions d'hommes, dont disons 50 % en âge de se battre. Avec un taux de recrutement de 100 % (enrôlement obligatoire), il y aura 750.000 soldats qui pourront être envoyés en première ligne. Il y a donc une deuxième raison au fait que l'élite les ait laissés se multiplier en Australie. Elle avait besoin qu'ils soient relativement nombreux pour les futures guerres dans la zone indonésienne. Alors que si elle avait voulu qu'ils disparaissent totalement, s'ils étaient bien seulement 100.000 en 1900, ça lui aurait été très facile de le faire. Il lui aurait suffi de diminuer leur fécondité et de les faire se métisser totalement. Et si l'élite a mis des aborigènes sur d'autres iles (Nouvelle-Guinée, Timor, etc..), c'était là-aussi pour servir de prétexte pour les futures guerres régionales et pour servir de chair à canon. Et on peut se dire que le fait que l'élite facilite désormais le métissage entre les blancs et les aborigènes sert aussi le plan. En effet, les métis serviront de tête de pont à la colonisation blanche en Nouvelle-Guinée et au Timor. Le peuple juif a été créé lui-aussi plus ou moins dans le même genre il y a quelques siècles. L'élite y a inclus des blancs, des arabes, des turciques (type turc). Et il y a bien sûr un bon nombre de métis arabo-blancs et turcs-blancs. Donc, ils sont suffisamment arabes et turcs pour avoir une légitimité à aller s'installer au Moyen-Orient sans que ça ne soit vu comme de la colonisation blanche. Et la fausse histoire qu'on leur a créée pour l'occasion est également crédible, ce qui les motive pour se battre contre les arabes. Alors qu'elle le serait beaucoup moins s'ils étaient tous blancs. Donc, ils peuvent servir de tête de pont à la colonisation blanche au Moyen-Orient. Et la présence de métis et de blancs permettra de faire le lien avec les blancs non-juifs qui arriveront plus tard. En résumé Donc, les aborigènes n'avaient aucune raison de voir leur nombre s'effondrer. Et si l'histoire officielle a menti à ce sujet, c'est qu'en réalité, leur nombre n'a pas diminué, mais augmenté. S'ils étaient environ 100.000 en 1900, c'est qu'ils ne devaient être que 10.000 en 1790. Chose impossible dans le cadre officiel. Mais, si en réalité, il n'y avait personne en Australie et que l'élite a fait venir des africains, là, c'est tout à fait possible. Et si elle l'a fait, c'est parce qu'il fallait qu'il y ait une présence humaine en Australie, mais que ça ne soit pas des asiatiques. Il fallait une présence humaine parce que sinon, il aurait été très bizarre qu'avec l'ancienneté de la civilisation asiatique en Indonésie, ils n'aient pas atteint l'Australie. Donc, certaines personnes auraient pu commencer à avoir de mauvaises idées quant à l'ancienneté de la civilisation asiatique, et pire, de la présence humaine sur terre. Et il ne fallait pas que ça soit des asiatiques, parce que sinon, vu leur civilisation avancée, ils auraient dû être beaucoup plus nombreux. Ils auraient eu la notion de propriété individuelle. Ils auraient un ou des états constitués, des villes. Etc… Tout un tas de choses qui auraient rendu beaucoup plus difficile de justifier une colonisation. Avec des aborigènes primitifs, nomades, sans notion de propriété, peu nombreux et très dispersés, c'était beaucoup plus facile. Et par ailleurs, des aborigènes maintenus dans un état de faible développement pouvaient servir de semi-esclaves pour les blancs pendant des centaines d'années. Alors que, vu les civilisations avancées qu'étaient supposés avoir développé les asiatiques, et celles encore plus avancées que l'élite allait leur faire construire au 20ème siècle, ça aurait été difficile de justifier une telle chose avec ces derniers. Donc, avoir des aborigènes était utile aussi pour ça. Conclusion Donc voilà, l'élite a falsifié l'histoire de l'Indochine, de l'Indonésie et de l'Australie. Pour l'Indochine, c'était pour expliquer pourquoi la Chine ne l'a pas envahie totalement, et pourquoi elle-même n'a pas envahi l'Indonésie, puis l'Australie. Pour l'Indonésie, c'était pour expliquer pourquoi la Chine et l'Indochine ne l'ont pas envahie et pourquoi elle n'a pas envahie l'Australie. Et également pour expliquer pourquoi il y a des musulmans à cet endroit, ce qui permettra d'expliquer plusieurs guerres à l'avenir. Et pour l'Australie, c'était pour expliquer pourquoi il y a des noirs à cet endroit (les soi-disant aborigènes). La présence des aborigènes en Papouasie et d'autres iles de la région permettra dans le futur d'obtenir des guerres avec l'Indonésie. Et ces mêmes aborigènes (dont ceux d'Australie) iront en première ligne lors de ces guerres. Et si l'élite a fait coloniser l'Australie par des blancs et pas par des asiatiques, c'est parce que son objectif est d'attaquer l'Asie par le nord (la Russie) et par le sud (l'Australie) pour à terme remplacer la population asiatique par une population blanche. Si l'objectif de l'élite était seulement économique, elle ne se serait pas embêté et elle aurait fait peupler l'Australie par des asiatiques. Avec le présent ouvrage et le précédent sur l'histoire de la Chine, on a désormais une vision complète de l'histoire de la région asiatique ; et également de ce qui va probablement s'y passer dans les 500 ou les 1000 prochaines années. Que ce soit durant l'une ou l'autre période dépendra de l'agenda de l'élite ; à savoir, si elle fait coloniser l'Asie par les blancs avant de le faire pour l'Afrique, ou après. Ce qu'on a vu ici permet de mieux comprendre ce que veut l'élite. En effet, c'est LA question principale une fois qu'on a compris qu'il y a une élite qui dirige le monde. Certains (Anthelme Arvière) pensent que l'objectif est économique. Ils chercheraient à développer tous les endroits de la terre, pour gagner toujours plus d'argent. Mais, si c'était le cas, alors l'élite aurait décidé de coloniser la Sibérie et l'Australie avec des asiatiques. Ils sont présents en masse juste à côté. Pas besoin d'y faire venir très laborieusement des blancs. La question de savoir qui est l'élite joue ici. Actuellement, si on en reste à une hypothèse terrestre, il y a deux possibilités : soit ce sont les juifs, soit c'est un autre groupe. Si l'élite, ce sont les juifs, l'hypothèse principale concernant leur but, ça serait qu'ils haïraient les blancs, parce que ceux-ci les ont martyrisés pendant les 2 derniers millénaires (expulsions, pogroms, ghettos, etc…). Du coup, ils voudraient les exterminer par l'immigration et le métissage. Autre raison avancée : les leaders juifs voudraient régner sur la terre. Mais, les blancs leur feraient concurrence. Donc, en les métissant, ils seraient les seuls à régner sur des peuples métissés, acculturés et abrutis. Seulement, vu que, dans cette hypothèse, les blancs sont déjà totalement sous la coupe des juifs, on ne voit pas l'intérêt de faire ça. Donc, c'est plutôt l'hypothèse de la vengeance qu'il faudrait retenir. Seulement, dans l'hypothèse de l'élite juive, celle-ci a clairement pris le pouvoir depuis la fin du 18ème siècle et même avant. Et pour les anglais, ça serait dès Cromwell. Et le plan d'extermination des blancs auraient été conçu par les leaders juifs avant leur prise de pouvoir. Donc, si le but était bien l'extermination des blancs, alors, les leaders juifs n'auraient jamais fait coloniser l'Australie par des anglais blancs au 19ème siècle puisque l'Angleterre était depuis longtemps sous contrôle. Et comme la Russie était aussi sous contrôle depuis facilement 1800, elle n'aurait pas envoyé des blancs très purs en Sibérie durant le 19ème siècle. Et même si on croit que la prise de pouvoir s'est faite seulement en 1917, lors de la révolution russe, alors, non seulement l'URSS aurait dû arrêter l'immigration blanc, mais même la remplacer par des asiatiques. Mais, elle a continué l'immigration blanche. Donc, l'hypothèse juive ne tient pas la route. Donc, le but n'est pas économique. Et il n'est pas d'exterminer les blancs. Une autre hypothèse pourrait être que l'élite veut métisser le monde entier, ce qui inclut évidemment les asiatiques. Et elle voudrait le faire avec une part de blanc, d'où la présence des blancs en Sibérie et en Australie. Mais, si c'était le cas, il lui suffirait d'avoir recours à l'immigration. Pas besoin d'avoir des régions blanches à proximité de l'Asie. Par contre, si l'objectif est le remplacement pur et simple, il y a forcément besoin de zones peuplées de blancs à proximité de l'Asie. Parce que là, on peut imposer une épuration ethnique après des victoires militaires. Avec simplement l'immigration, ça n'est pas possible. Par ailleurs, si le but était de métisser les asiatiques aussi avec des blancs (en plus des indiens, des indonésiens, etc..), ça nécessiterait des centaines d'années pour être réalisé. Or, vu que la race blanche se fait métisser à grande vitesse par les noirs et les arabes en Europe, et par les latinos et éventuellement les noirs en Amérique du nord, ce plan serait irréalisable. Les russes de Sibérie auraient disparu depuis très longtemps avant qu'il ne puisse être appliqué. On ne voit pas pourquoi la Russie serait maintenue à l'écart du métissage général pendant si longtemps, juste pour pouvoir métisser en partie les asiatiques avec des blancs. Et puis, on ne voit pas pourquoi l'élite voudrait métisser le monde, puisqu'elle le domine déjà tel qu'il est. Le métissage n'a aucun intérêt en termes de contrôle des populations. Donc, la seule hypothèse restante, c'est celle d'un objectif d'extermination des asiatiques et de remplacement par les blancs. L'élite n'est pas juive. Elle est blanche. Et elle veut remplacer les non blancs par des blancs. Et pour l'Asie, elle a fait en sorte de positionner des populations blanches au Nord et au Sud. Ainsi, en déstabilisant la région durant des centaines d'années, elle finira par réussir à remplacer les asiatiques par des blancs. Annexe 1 : la porcelaine de Chine C'est Anthelme Arviere qui en a parlé le premier dans le message suivant (16 juin 2020) : "Lettre du père d'Entrecolles de 1712. publiée par du Halde en 1735, exposant les détails de la production de porcelaine chinoise à Jingdezhen... Le fameux père jésuite François-Xavier d'Entrecolles, "né à Limoges", va partir en Chine et découvrir la porcelaine. De Chine, il en lancera le commerce en Europe... Comme, par hasard, à son retour à Limoges ou la Kaolinite est déjà ramené d'un gisement de Haute-Vienne, il lance la production de porcelaine. Vous avez compris la manigance de cette petite histoire croustillante… En réalité, le père d'Entrecolles est parti exploiter le peuple chinois pour mettre en concurrence les producteurs locaux. Mise en place de l'économie de transfert enrichissant les marchands et laissant sans rien les producteurs… On revit exactement la même configuration en cette fin de Temps avec le même schéma commercial Occident - Chine." Alors, une partie du savoir d'Arviere vient des récentistes russes. Donc, il est possible que cette idée ne soit pas de lui. Mais, ça m'étonnerais que les russes se soient penchés sur le père d'Entrecolles et la porcelaine française. Donc, je pense que c'est lui qui a pensé à ça le premier. Donc, officiellement, le père d'Entrecolles a soi-disant découvert le procédé de fabrication de la porcelaine chinoise et l'a importé en France. En réalité, c'est l'inverse. Le procédé était connu par l'élite, et il a été exporté en Chine. Alors, il est possible que l'élite ait fait produire la porcelaine en premier en Chine, puis en Europe. Mais, il est tout aussi possible qu'il l'ait fait produire d'abord en Europe, puis en Chine. Dans ce second cas, la porcelaine chinoise ne daterait que du début du 18ème siècle. Mais, même dans le premier cas, la production chinoise ne serait pas très ancienne. Elle daterait probablement du milieu du 17ème siècle, ou quelque-chose comme ça. Et pour les importations de porcelaines chinoises, l'élite devait en réalité les faire produire en Europe. Ainsi, elle économisait sur le transport et les vendaient à prix d'or. Dans le cas où les porcelaines, mais aussi les laques, aurait été conçues en Europe, puis produites en Chine et exportées vers l'Europe, on peut se faire la réflexion suivante. On peut se demander pourquoi inventer une histoire pareille ? Financièrement parlant, ça n'avait aucun sens pour l'élite. Si les porcelaines ont été mises au point en Europe, ça ne servait à rien pour l'élite de faire croire qu'elles venaient de Chine et de les vendre à prix d'or. Parce que, le problème ici, c'est que ce commerce fonctionnait en circuit fermé, de l'élite vers l'élite. En effet, il n'y avait que les membres de l'élite qui avaient assez d'argent pour s'acheter ces objets. Ils ne pouvaient pas les revendre au peuple, à cause de leur prix extrêmement élevé. Donc, ils n'avaient aucune raison pécuniaire d'inventer cette histoire. En achetant à prix d'or des objets qui valaient en réalité beaucoup moins cher, les membres de l'élite se seraient auto arnaqués. Quand l'élite se vend à elle-même, autrement dit quand le circuit économique est propre à la seule élite, le but ne peut pas être le profit. Bien sûr, on pourrait dire que certains membres en arnaquaient d'autres. Mais, il est évident qu'une telle chose ne peut pas se passer dans l'élite. Ils ne s'arnaquent pas entre eux. Donc, la raison à l'invention de cette histoire ne peut pas être financière. Et dans ce cas, le seul but possible, c'était de valider l'histoire officielle de la civilisation chinoise. Et dans le cas où ça aurait été conçu en Europe et produit en Europe, là, c'est évidemment encore plus clair. Le mensonge sur l'origine ne pouvait avoir comme raison que la validation du mensonge historique. C'est comme les antiquités grecques, romaines, égyptiennes ou chinoises, etc.., produites par des membres de l'élite (par exemple les Visconti, selon Arvière). Les autres membres de l'élite savent très bien que ce sont des faux produits par certains d'entre eux et que ça n'a pas la valeur estimée officiellement. Mais, le vrai but est le maintien du mensonge officiel concernant l'histoire. Cela dit, dans ce cas, la situation est un peu différente. De nos jours, les antiquités peuvent servir à faire des économies d'impôts dans un certain nombre de pays. Donc, l'élite peut justifier le maintien de ce commerce par l'explication de l'enrichissement. Par ailleurs, le marché de l'art antique est régulièrement en expansion puisque la valeur des antiquités continue à augmenter. Donc, l'élite a pu mettre en place une raison financière à l'achat d'antiquités. Mais, il n'y avait pas ça au 18ème siècle. Annexe 2 : la raison pour laquelle c'est l'Angleterre qui a colonisé l'Australie et les USA Avec ce qu'on a vu de l'avenir de l'Australie, on comprend une autre raison pour laquelle il fallait que ce soit les anglais qui la colonisent. Il fallait un pays qui puisse se faire soutenir par les USA durant les futures guerres asiatiques. Parce que l'Australie seule face à l'Indochine, ça n'est pas très convaincant. Mais avec l'aide des très puissants Etats-Unis, ça l'est beaucoup plus. Et le fait que l'Australie soit anglo-saxonne, comme les USA, permet de justifier ce soutien nettement plus facilement. On a deux pays frères de culture et de civilisation. Et il est donc normal qu'ils se soutiennent. On le voit d'ailleurs actuellement, il y a une proximité d'intérêts entre l'Angleterre, les USA et l'Australie, qui est justifiée par le fait que ce sont des pays anglo-saxons. C'est une situation qui n'est pas cachée. Et le principe s'applique évidemment dans les deux sens. Puisqu'il fallait que l'Australie et les USA aient la même langue et la même culture, Il fallait que les USA soient anglo-saxons. Si l'Australie avait été anglo-saxonne mais pas les USA, la justification en question tombait à l'eau. Par ailleurs, le fait que les USA soient anglo-saxons permettait de justifier plus facilement l'aide à l'Angleterre pendant les deux premières guerres mondiale, puis l'intervention directe contre l'Allemagne. Les USA et l'Australie auraient pu être français. Mais, il est possible qu'il y ait des histoires de distribution des zones d'influence entre les différents pays européens. Et on peut penser qu'une bonne partie de l'Afrique reviendra à la France. Donc, à la fois les USA plus l'Afrique, ça aurait fait beaucoup pour la France. Et puis, il était plus facile de justifier le fait que l'Angleterre soit une grande puissance maritime. Comme c'est une ile, elle peut se permettre de développer sa marine. Alors que comme la France était appelée à jouer un rôle important sur le continent, on pouvait moins facilement lui faire jouer le rôle de très grande puissance maritime. En tout cas pas de façon permanente. Or, il fallait qu'il y ait un pays avec une très grande puissance maritime durant le 18ème et le 19ème siècle, pour justifier la colonisation des USA, de l'Australie, de l'Inde, de la Birmanie et d'autres pays. Et même au 20ème siècle, il fallait une puissance maritime occidentale en plus de celle des USA, pour justifier des combats en Asie du sud-est durant la 2ème guerre mondiale. Et même au 21ème siècle, l'Angleterre pourra jouer un rôle intéressant en tant que puissance maritime, puisqu'elle aidera probablement l'Australie dans ses guerres contre l'Indonésie. Donc, il fallait que ce soit l'Angleterre qui colonise les USA et l'Australie et pas la France. Et on comprend aussi pourquoi il fallait que les USA deviennent indépendants de l'Angleterre. Ça permettait d'avoir plus de flexibilité pour les objectifs de l'élite. Et puis, sinon, l'Europe, via l'Angleterre, aurait semblé trop hégémonique. Un bloc Angleterre-USA aurait été beaucoup trop puissant et l'objectif de domination trop visible. Par ailleurs, pour les deux guerres mondiales, ça aurait posé problème, puisque les USA étaient supposés intervenir à chaque fois à la fin de la guerre. Si l'Angleterre et les USA n'avaient fait qu'un, ces derniers seraient intervenus dès le début de la guerre. En fait, l'Allemagne ne se serait peut-être engagée ni dans la première, ni dans la deuxième guerre mondiale, vu les formidables puissances auxquelles elle aurait fait face. Annexe 3 : les objets manufacturés chinois S'il n'y a pas eu de commerce arabe vers l'Orient, en tout cas disons pas avant le 19ème siècle, alors c'est forcément les européens qui ont ouvert en premier les routes commerciales avec la Chine et l'Indonésie. Faux commerce en réalité, en tout cas au début, puisqu'il n'y avait que des tribus en Asie. Ce sont les européens qui ont développé l'agriculture et la technique de ces pays et ont initié la production des biens agricoles ou manufacturés qui ont été exportés en réalité à partir du 17ème ou de 18ème siècle. Avant cette époque, il n'y avait pas de commerce entre l'Europe et l'Asie. L'histoire a été falsifiée à ce sujet. Concernant la Chine, elle exportait des produits agricoles comme la casse, la badiane et le Jasmin (le thé est arrivé après). Enfin, selon l'histoire officielle bien sûr. Ça aurait pu suffire pour expliquer le commerce des européens avec la Chine. Mais, comme par ailleurs, l'élite voulait inventer une civilisation chinoise brillante et techniquement avancée, il était évidemment préférable d'en valider l'existence par un commerce de produits manufacturés dont les européens ne maitrisaient pas la fabrication. Donc, l'élite a fait croire que certaines inventions en réalité européennes étaient chinoises. Bien sûr, il fallait que ça soit des biens à très haute valeur ajoutée. En effet, la Chine était tellement loin et les bateaux étaient tellement limités en capacité de transport que seules des ressources de ce type pouvaient être intéressantes. Au final, l'élite a fait croire que les porcelaines, le travail de la soie, les laques, et quelques autres produits de ce genre étaient des inventions chinoises. Mais, cette petite avance technique se limitait à la Chine. Pour les autres civilisations asiatiques, l'élite ne voulait pas de civilisation plus avancée que la nôtre. Donc, elles étaient limitées à des produits végétaux ou animaux, ou miniers. C'est pour ça qu'on a inventé l'histoire du commerce des épices. C'était une ressource à haute valeur ajoutée issue de l'agriculture qui pouvait justifier un échange commercial. Et il y avait des épices uniques à telle ou telle zone à divers endroits de l'Asie (l'Inde pour le poivre et la cannelle, L'Asie du sud-est pour le gingembre, etc…), ce qui justifiait que les européens soient présents dans de nombreux pays asiatiques. C'était le cas aussi pour l'Indonésie, qui avait trois épices qui ne poussaient que là : le clou de girofle, la noix de muscade et le macis. Et évidemment, elles étaient extrêmement recherchées. Ce qui permettait de justifier le commerce avec les européens, mais aussi les arabes. Et ensuite, ça permettait de justifier l'adoption de la religion musulmane en Indonésie. Au final, c'est qui apparait clairement, c'est que les expéditions européennes en Asie ont toujours eu pour but la colonisation. Ça n'a jamais été pour le commerce. Celui-ci n'était qu'un prétexte. C'est une histoire pour mieux avancer masqué et pouvoir placer ses pions. Auteur : Hexzane527 5 mars 2024